Je suis sur le divan depuis presque deux heures…je réfléchis et doucement ma hâte se transforme en peur, je suis en plein doute …Harm s’est rapproché de moi , je suis aujourd’hui sûre de ce que je ressens pour lui, je l’aime…je m’accroche à lui chaque jour qui passe pour ne pas tomber mais je n’ai pas le droit de lui voler sa vie, je ne peux pas le laisser gâcher son existence à cause de moi…il a toujours voulu être père…non, je ne peux pas…
Il faut que je m’éloigne de lui petit à petit même si je dois en mourir je ne veux pas briser ses rêves…les miens n’ont que peu d’importance, ils sont déjà bien loin…

Sept heure arrive bientôt…je suis prête , je réfléchis à ce que je vais lui dire…j’espère ne pas pleurer,non…j’ai assez pleuré tout cet après-midi en me maudissant pour ce que je m’apprêtais à faire : éloigner de moi l’homme que j’aime…l’homme qui m’aime…depuis tellement longtemps.

Il est sept heure…je suis prête, j’ai juste mis un jean et une blouse toute simple…pourquoi m’habiller en princesse…après tout je ne vais pas le séduire, je vais juste …me détruire et le décevoir …mon cœur bat à la chamade, je n’ai même pas réfléchi à ce que j’allais lui dire, c’est sûrement mieux ainsi, de toute manière il ne comprendra pas alors à quoi bon.
On frappe à la porte, mon cœur s’arrête, je me lève et je vais lui ouvrir…Lui, …qu’est-ce qu’il est beau…Je n’y arriverai jamais…

Mac : bonsoir…
Harm : bonsoir …ça va mieux ?…
Mac : oui…

Il déposa les sacs sur le pan de travail et il commença…

Harm : vous allez adorer
Mac : qu’est-ce que c’est ?
Harm : ha … Surprise !

Je souris …sûrement encore ses lasagnes végétariennes…j’hésites longtemps mais finalement, je prends une bonne respiration et je m’apprête à faire ce que je vais regretter toute ma vie mais c’est ainsi…je trouve une réplique plus ou moins potable et je me lance…

Mac : Harm, je sais qu’il y a …
Harm : ne discutez pas Marine, à table …

Il me fait un superbe sourire et m’offre une chaise, je ne peux pas achever, de toute manière j’ai oublié ce que je comptais lui dire mais c’est impossible ; comment voulez-vous que je fasse ça… « Harm, je suis éperdument amoureuse de vous mais le sort en a décidé autrement, je ne peux pas vous priver de ce qu’il y a de plus beau au monde » non…c’est impossible…c’est froid, c’est sans …sentiments et pourtant pour vraiment l’éloigner c’est ce que je dois faire. Il mérite un foyer avec des enfants qui courent partout, les cadeaux sous le sapin à Noël, les anniversaires, …moi je ne peux pas, je ne peux plus.
Je suis perdue mais un Marin’S doit toujours arriver à son but même si il n’est pas d’accord avec sa mission…il doit faire face. Je ferai face.

Harm : Mac ?
Mac :…
Harm : Mac !?
Mac: …???
Harm: à quoi pensez-vous…?
Mac : à ma vie…
Harm : …
Mac : …

Je suis appuyée contre le mur juste en face de lui, on a parlé du bureau, du nouveau J.A.G mais je n’ai pas réussi à lui dire, …
Il range un peu, je lui ai dit que j’allais le faire mais il n’a rien voulu entendre …

Mac : Harm…
Harm : oui ?
Mac : je…je voulais qu’on parle un peu…
Harm : à quel propos ?
Mac : hé bien…à propos de nous … ou plutôt pas vraiment… mais…

Il arrête ce qu’il est en train de faire, il a compris que ce qui va suivre ne sera pas un partie de plaisir…
Il se met en face de moi… et il est calme, il cherche encore à m’adoucir parce que à cet instant là j’oublie presque de respirer tellement j’ai peur…

Harm : on a le temps…
Mac : non…je ne crois pas…

Il ne comprend pas pourquoi j’ai changé de ton, je veux m’éloigner petit à petit, j’essaie d’être froide, j’essaie mais c’est difficile de perdre quelqu’un qu’on aime à ce point là…

Harm : qu’est-ce qui se passe ? …
Mac : …
Harm : …

Il plisse le regard…il se rapproche encore…encore. Et moi ?…je recule.

Mac : Harm, on s’est rapproché ces jours-ci…je ne crois pas que ce soit la meilleure chose…
Harm : je ne comprends pas, Mac…
Mac : nous ferions mieux de…
Harm : …arrête

Il s’approche encore un peu, un tout petit peu…juste assez pour effleurer mes lèvres…juste assez pour me faire succomber…il passe un main dans ma nuque…c’est de trop…vraiment de trop…il m’embrasse avec tellement de douceur et moi…moi, je lui rend son baiser, je me laisse aller contre lui, il me serre …NON…qu’est ce que je fais ? Je me sens tellement bien là mais…stop…je dois dire stop…non…SI…pour lui…

Je me recule encore, ses lèvres sont accrochées aux miennes mais je m’éloigne puis je le lâches alors que mon corps et mon cœur me crient de faire tout le contraire…je suis debout près de la fenêtre, dehors il pleut…les gouttes glissent le long des vitres comme les larmes perlent sur mes jouent…il n’a pas bougé, il se demande juste qu’est-ce qu’il se passe dans ma tête… si seulement je le savais…

Harm : …Mac…
Mac : je ne peux pas…on ne devrait pas…
Harm : pourquoi ?
Mac : …

Il vient juste derrière moi mais il ne fait rien…tant mieux : je ne pourrais pas pu lui résister…

Mac : je ne peux pas te faire ça…
Harm : me faire quoi ?… … Sarah… …

Il enlace sa main dans la mienne, je pleure…je pleure…sa voix résonne dans ma tête… « Sarah… »… « Sarah… »

Harm : je t’ai fait la promesse d’être toujours là…
Mac : …je ne peux pas…

Il ne comprend toujours rien à ce qui est en train de se passer…
Il va se rapprocher, …plus près…je dois couper sinon je vais tomber dans ses bras.

Mac : ne rends pas ça encore plus dur que ça ne l’est déjà…
Harm :…

Il sait que je ressens tout à fait le contraire, il le sent …je tremble quand il se serre à moi.

Mac : Harm…sors…stp…

J’essaie de parler entre mes pleurs…il ne veut rien entendre…il le faut pourtant, je souffre …j’ai mal mais bon sang pourquoi est-ce qu’il ne s’en va pas…pourquoi… ?

Mac : je t’en supplie…Harm…

Il se recule…je crois qu’il s’en va mais non…il me tourne vers lui et ses yeux qui brillent me transpercent le cœur …je l’aime…tellement…tellement trop…
Il passe sa main sur mon visage et essuie les larmes…

Harm : regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu ne m’aimes pas. Là, je m’en irai…

Je ne lève pas les yeux…mon Dieu mais c’est atroce de vivre, de ressentir ça …mon regard est toujours baissé, les larmes continuent de briser le son de ma voix…Je ne peux pas le lui dire …je ne peux pas, je veux juste qu’il parte …juste qu’il parte maintenant...

Mac : …stp…

Il lâche ma main…il a le cœur brisé, je crois…je ne sais pas si c’est le fait de me voir ainsi ou le fait de savoir que même si je l’aime…je ne peux pas…

Je sens qu’il s’éloigne petit à petit, ses pas se font plus lointains…j’entends la porte qui s’ouvre puis il reste là sans un geste, je me retourne, le visage couvert de larmes, marqué par un  tas de sentiments confus et tristes…il avale difficilement, me regarde droit dans les yeux …puis il baisse le regard  et referme la porte, les yeux embués.  
Je reste là, à me rendre compte quel monstre je suis…je respire vite, trop vite …comme je m’en veux…je m’assied sur le divan et je continue à pleurer…je crois que j’ai pleuré bien plus en deux jours que durant toute ma vie entière…Je l’ai fait…mais qu’est-ce que j’ai fait ???... !!!

 

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Il est toujours dans le couloir, il se calme…il ne comprends pas ce que je viens de faire…il réfléchit…il réfléchit…
Puis il comprend…
…Et là il est soulagé…
Il est soulagé parce que ce que j’ai fait c’est pour lui la plus belle preuve d’amour qui soit.

« Elle m’a éloigné d’elle, même si elle devait en souffrir chaque seconde de sa vie…tout ça parce qu’elle voulait que je sois heureux et …papa…mais ce qu’elle ne sait pas c’est que pour l’avoir elle je ferais tous les sacrifices qu’il est possible de faire ».

Il penche l’oreille et il m’entend…Il m’entend pleurer…et il ne le supporte pas.

 

 

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Je jette un coup d’œil par la fenêtre, sa voiture est toujours là pourtant ça fait plus de cinq bonnes minutes qu’il a refermé cette porte. Mon cœur s’emballe quand j’entends la poignée de la porte se tourner…il passe la porte avec une larme qui glisse sur le coin de sa joue, il me regarde désespérément …
Il ne reste là que quelques secondes…il lâche sa veste et court près du fauteuil; il me prend dans ses bras. Je ne comprends rien mais je m’en fiche …Il pleure, je pleure …il m’enlace …doucement…tout doucement…

 

Merci…C’est la seule chose qui me vient à l’esprit.

 

Harm : je ne peux pas partir…

Quand il dit ça, il me rapproche de lui et il passe sa main dans mes cheveux et ça suffit pour que je me remette à pleurer…Il dépose un baiser sur mes lèvres, un frisson parcourt mon corps tout entier…Il prend mon visage entre ses mains…

Harm : calme-toi…j’ai compris…mais je suis là…
Mac : …pourquoi ?
Harm : peu m’importe ce que nous a réservé l’avenir…je veux être avec toi…
Mac : je suis fatiguée de me battre contre le destin, Harm…
Harm : je sais …

Il caresse ma joue et je me blottit sur son torse…c’est de tendresse comme celle-là dont j’ai besoin, sa tendresse à lui…ses gestes, ses mains, ses lèvres…

Harm : je ne veux plus que tu souffres…même si il y a des barrières : ça n’a plus d’importance…j’ai besoin de toi…

Je respire tout ce qu’il me dit…moi qui avait voulu l’éloigner…je m’en veux encore tellement mais tout compte fait , il est en train de me dire tout ce qu’il ressent .

Il sacrifie un partie de ses rêves aussi en faisant cela…j’avais envie de me noyer dans ses yeux, de lui montrer que moi aussi je l’aime…et cet amour là il m’aurait fait faire n’importe quoi : traverser des mers et des océans, donner ma vie pour lui, sans même y réfléchir…mais là, juste là…j’ai envie de l’embrasser, de goûter encore à ses lèvres …et je le fais.
Je ne savais pas jusqu’à aujourd’hui qu’un simple baiser pouvait être si intense, si passionné…je crois qu’on a glissé petit à petit sur les ravages de la passion…ses lèvres, déjà brûlantes par le premier baiser , se sont enflammées au contact des miennes…il entoure ma taille de ses mains , il est tendre, il remonte ses mains dans mon dos puis il recule sa bouche de la mienne et il laisse l’empreinte d’un dernier baiser dans mon cou, se redresse, reprend son souffle et il murmure comme il le fait si bien pour me rassurer…

Harm : je t’aime…tu sais ça…

Le regard qu’il a eu en me disant ça je ne pourrai jamais l’oublier…
Je dépose un baiser sur la commissure de ses lèvres et je lui dit ce que je dois lui dire, je n’ai pas à chercher mes mots; il a tout dit.

Mac : et tu sais que je t’aime aussi…je suis désolée

Il recommence à m’embrasser, on se retrouve couché; je vous laisse deviner la suite : je suis un peu trop absorbée par sa tendresse…et cette fois je sais que notre baiser ne risque pas de s’arrêter avant longtemps…longtemps…
Peu importe ce qui nous attend puisqu’on est ensemble…

*...Quand une étoile s’éteint, elle n’éteint pas le ciel…*