
00 : 04 GMT
Quelque part sur les routes de
La Jolla,
San Diego – Californie.
Ocean McNamara, avait enfin
terminé sa journée de travail. Ocean était une jeune photographe très
talentueuse, qui connaissait la valeur qu’avait la vie car elle avait eu une
douloureuse expérience il y a deux ans de cela. C’était pendant la période de
Noël, elle travaillait sur un projet photo en Europe. Mais elle avait promit à
ses parents qu’elle serait avec eux pour le réveillon de Noël. Ocean avait tout
fait pour être présente seulement elle dut prévenir sa mère qu’elle serait en
retard car l’avion était cloué au sol pour cause de tempête de neige. Tamara et
Evan McNamara passèrent donc cette soirée sans leur fille. Ils allèrent se
coucher vers une heure du matin. Tamara avait demandé à son mari d’éteindre les
bougies du sapin, celui-ci avait répondu qu’il le ferait, mais il était passé
par la cuisine pour boire un dernier verre d’eau avant de monter se coucher et
il a oublié les bougies du sapin. Tamara était déjà endormie lorsque Evan entra
dans son lit. Une heure plus tard, pour une obscure raison que personne ne connaîtra
jamais, une bougie vacilla et mit le feu aux tentures. Il ne fallut pas
longtemps pour que les flammes se propagent dans toute la pièce. Un épais nuage de fumée commençait à envahir
la maison. Les flammes léchaient à présent la rampe d’escalier, elles
atteignirent rapidement l’étage. La fumée commençait à se glisser sous la porte
de la chambre… Tamara gémit légèrement et se retourna. Evan quant à lui dormait
comme un loir. Sa femme finit par se réveiller à cause que la chaleur qui avait
envahi la pièce, mais malheureusement il n’y avait pas que la chaleur qui avait
envahi la pièce. Les flammes les entouraient de toutes parts, il leur était
impossible de tenter quoi que ce soit pour sortir de cet enfer…
La jeune femme était arrivée
chez elle vers 2h30 et elle ne put que constater les dégâts et le chaos. La
police empêchait l’accès à la rue, des ambulances faisaient virer la couleur du
ciel tantôt au bleu tantôt au rouge tout comme les sirènes des voitures de
police et les camions de pompier. Cela faisait une heure que ceux-ci avaient
été avertis par des voisins du couple McNamara. Les voisins avaient été
réveillés par une lumière venant d’en face de chez eux… et une heure plus tard
la rue grouillait de monde : badauds qui bien sûr étaient attirés par ce
spectacle de désolation, d’autres personnes qui connaissaient Tamara et Evan.
Puis il y avait encore d’autres gens dont Ocean qui était retenue par les policiers mais également par une
sorte de scotch jaune citron sur laquelle était indiquée « Police zone
interdite » Ocean McNamara expliqua en pleurs que la maison qui était en
train de se consumer était la sienne et qu’elle aurait dû y être en compagnie
de ses parents pour fêter Noël… Elle était là, à regarder les flammes qui
essayaient de résister aux trompes d’eau qui s’abattaient sur elles. La jeune
femme était tétanisée. Elle se mit brusquement à hurler… Ocean aperçut les
ambulanciers emmener deux civières sur lesquelles étaient posées un sac de
plastique noir, assez épais, d’environ 2 mètres de long fendu au milieu par une
fermeture à glissière. Soudain le monde sembla ralentir autour d’elle, elle
venait de réaliser que les deux silhouettes embaumées dans les sacs noirs
étaient ses parents. Le monde pour elle avait cessé de tourner ce jour là, tout
ce qu’elle croyait être sécurité, bonheur venait de disparaître à jamais…
Cela faisait un peu plus de deux
ans que cette tragédie avait eu lieu. Et Ocean McNamara avait dû se battre jour
après jour pour refaire surface et mener une vie normale après ça. Mais elle y
était arrivée et brillamment en plus ! Aujourd’hui elle était une photographe de renom dans le monde de
la photo. Ocean était souvent partie à l’étranger pour faire des photos.
« Rainbow », l’agence pour laquelle la jeune femme travaillait,
recevait constamment des appels car de nombreuses personnes voulaient faire
appel à ses services. Elle s’était déjà
retrouvée aux quatre coins du monde : Paris, Istanbul, Sydney, Washington,
Kingston, Londres,… et à chaque fois en revenant de ses voyages, elle rapportait
des photos superbes exactement ce que la personne qui le lui avait demandé
recherchait. Cette femme avait réussi à faire son petit bout de chemin, il lui
arrivait même d’exposer ses œuvres. Et les quelques fois où elle avait exposé
avait été une grande réussite. Mais même si sa vie était bien remplie et
qu’elle avait toujours beaucoup à faire, il restait toujours une ombre triste
dans ses yeux car, même si du temps avait passé, la blessure et le vide qu’elle
ressentait étaient bien présents. Ocean avait vraiment beaucoup de mal à
accepter la disparition de ses parents. Elle avait aussi un sentiment de
culpabilité. Elle s’en voulait de ne pas avoir été là ce soir-là, le drame
aurait été évité si elle avait été là, pensait-elle… Ocean McNamara fut brusquement
ramenée à la réalité par un bruit assourdissant, mais elle n’eut pas le temps
de réaliser.
01 : 35 GMT
Aux urgences d’un hôpital à La
Jolla,
Le Dr Samuel Beckett attendait l’arrivée devant les portes
coulissantes des urgences, il avait les bras croisés car il faisait froid. La
neige avait commencé à tomber tout doucement trente minutes auparavant, mais à
présent de gros flocons tombaient du ciel. L’hôpital venait de recevoir un
appel urgent par radio, une ambulance arrivait avec à son bord un patient dans
un état très critique. Les ambulanciers avaient même rajouté qu’ils n’étaient
pas certains que la personne serait encore en vie à leur arrivée. Car ils
l’avaient déjà perdue une fois durant le trajet jusqu’à l’hôpital. L’ambulance
arriva trente minutes plus tard, toutes sirènes hurlantes. Le docteur Beckett
se précipita vers l’ambulance et interrogea immédiatement ces derniers sur
l’état du patient tout en les aidant à l’extraire du véhicule. Il vit qu’en
réalité c’était une patiente qui était dans un état critique.
— Que
s’est-il passé ?
— Un
camion lui est rentré dedans de plein fouet. Des témoins disent qu’il a perdu
le contrôle de son engin au moment où il roulait sur une plaque de verglas et
comme la visibilité était très mauvaise…
— Quel est
son état ?
— Stable
pour le moment, mais nous l’avons déjà perdue une fois dans l’ambulance. Elle a
également de multiples fractures aux jambes et aux bras ainsi qu’un gros
hématome à l’arrière de la tête.
— Très
bien, y a-t-il autre chose ?
— Non. Ah
oui elle a eu énormément de chance.
Ils l’emmenèrent à l’intérieur à toute vitesse. D’autres
médecins entrèrent en action. On lui enleva la couverture thermique que les
secouristes avaient placée sur elle pour empêcher que sa température corporelle
ne descende trop rapidement. Un des médecins prit le portefeuille de la jeune
femme juste avant que l’on ne retire la couverture. Le docteur Johnson, celui
qui avait prit le portefeuille le tendit à
une infirmière et il chargea celle-ci de trouver son identité et
d’avertir sa famille. L’infirmière s’exécuta. Les médecins lui firent la
batterie des tests habituels lorsque des patients comme elle arrivaient aux
urgences. On lui fit des radios de pratiquement toutes les parties du corps.
Lorsqu’ils examinèrent les clichés, les docteurs virent quelque chose qui ne
leur plut pas du tout. Pour l’instant, c’était le docteur Beckett qui examinait
les clichés et il y vit quelque chose de pas très joli. En effet la radio
montrait qu’un nerf était allé se loger entre deux vertèbres de la colonne
vertébrale. Cela signifiait qu’il fallait opérer, seulement cette opération
était très délicate et si jamais le chirurgien faisait la moindre erreur, Ocean
se retrouverait paralysée à vie, ce serait sans appel ! Samuel appela un
confrère afin de lui demander son avis, le docteur Jim Morgan arriva en
quelques secondes. Les deux collègues et amis de longue date regardèrent la
radio posée sur un écran lumineux qui montrait
très bien la colonne de la jeune femme ainsi que le problème qui se
posait. Cela n’augurait rien de bon,
pourtant l’opération était la seule chose à faire. Il n’y avait pas d’autre
choix possible. Les deux médecins savaient ce que la jeune femme allait endurer
après cette chirurgie et la convalescence serait longue et pénible et tout ce
qu’ils espéraient c’est que cette belle jeune femme inerte et meurtrie, couchée
sur la table de radiographie ne serait pas seule pour affronter cette épreuve.
Le docteur Jim Morgan discuta quelques minutes encore avec son confrère et ils
tombèrent tous deux d’accord : mieux valait agir immédiatement plutôt
qu’attendre… Toute la troupe de praticiens s’activa et donna des ordres précis
aux infirmières. On emmena Ocean afin de la préparer pour l’intervention.
Beckett avait prévenu le chirurgien en chef Allison Jameson. Celle-ci se
trouvait à présent dans la pièce adjacente à la salle d’opération, les deux
pièces étaient séparées par une vitre. Allison Jameson se lavait
consciencieusement les mains et les avant-bras comme elle le faisait avant
chaque opération. Elle était l’une des meilleures dans sa spécialité. Elle
n’ignorait pas que reposait sur elle le reste de la vie d'Ocean McNamara. Que
cette opération rate ou soit un succès dans les deux cas, la vie de la jeune
photographe serait changée à jamais…
— Bon
allons-y se dit-elle. Tout est prêt ?
— Oui
— Quelqu’un
s’est chargé de prévenir la famille ?
— Oui j’ai
demandé à une infirmière, intervint le docteur Johnson.
— Très
bien. Il est important que quelqu’un soit auprès d’elle pour la soutenir.
— Ne vous
en faites pas, on s’en occupe.
L’infirmière Amy Jones aida le praticien à nouer son
masque. Tout le monde était à son poste et attentif. L’anesthésiste surveillait
attentivement le cadran qui indiquait le nombre de battements cardiaques d’Ocean.
La jeune femme était allongée sur la table dans le bloc opératoire; elle était
sur le ventre un drap vert la recouvrait dans lequel avait été découpé un carré
juste au-dessus de l’endroit où Allison Jameson devait opérer. Et ce ne serait
pas une tâche facile. Pendant ce temps, à l’étage inférieur, l’infirmière de
l’accueil inspectait les affaires d’Ocean McNamara. L’infirmière Wilson ne
trouva pas grand chose, pourtant elle finit par trouver un petit papier dans le
portefeuille de la jeune photographe sur lequel était indiqué : personne
à contacter en cas d’urgence. Wilson composa le numéro inscrit
sous le nom de la personne mentionnée sur le papier.
00 : 00 GMT
Quartier Général du JAG
Falls Church, Virginie
La journée s’achevait enfin. Tout le personnel en était
ravi car cette journée avait été longue, très longue. Les dossiers à compléter.
De la paperasserie, et tout le monde devait en faire aujourd’hui, l’Amiral
Chegwidden qui en avait déjà tous les jours à faire en avait encore plus.
Celui-ci était encore occupé à rédiger. En ce moment, il rédigeait une lettre
pour le secrétaire d’état à la Marine, Sheffield. Celui-là était encore pire
que son prédécesseur, Alexander Nelson. Toujours occupé à radoter et à demander
de résoudre les problèmes avec diplomatie comme si l’amiral ne savait pas
comment gérer les affaires délicates !
AJ se replongea dans ses papiers mais pas pour très longtemps car il
venait à peine de réussir à se concentrer que le téléphone se mit à sonner.
— Amiral
Chegwidden…
— Oui c’est
moi.
— Alors
papa tu ne reconnais plus la voix de ta fille ?
— Francesca !
Quel bonheur de t’entendre.
— Papa
tout va bien ?
— Oui
pourquoi me demandes-tu ça ?
— Parce
que ta voix paraît fatiguée.
— Tu as
raison. Je suis fatigué. Ici c’est la folie totale on croule sous la paperasse.
Mais dis-moi et toi comment vas-tu ?
— Je vais
très bien papa. Je suis à Vienne en ce moment pour un défilé. Mais comment va
le capitaine Rabb ?
— Et bien,
il va très bien. Il est toujours aussi tête de mule. Mais il va très bien aux dernières nouvelles.
— Et, papa
comment, va le lieutenant Roberts ?
— Très
bien. Il a repris le service actif depuis peu et c’est toujours un aussi bon
avocat et je dirais qu’il devient meilleur à chaque jour qui passe.
— Tant
mieux. J’en suis heureuse, il a eu des moments si difficiles à passer.
— Ça c’est
indéniable. Il nous a donné à tous une merveilleuse leçon de courage et de vie.
— Mais,
dis-moi, quand comptes-tu venir rendre une petite visite à ton vieux
père ?
— Papa !
Tu n’es pas vieux. J’ai quelques jours de congé dans deux semaines et que
dirais-tu si je venais te faire un petit bonjour !??
— Excellente
idée !! Je suis impatient de te voir.
— Papa je
suis navrée, mais je vais devoir te laisser, il faut que j’y retourne.
— Très
bien ma chérie, merci d’avoir appelé.
AJ Chegwidden raccrocha le combiné du téléphone et se
replongea à contre cœur dans ses papiers. Il en avait vraiment assez. Des
papiers, des papiers, encore et toujours des papiers à remplir, à trier sans
cesse. Cela faisait toute la journée qu’il était enfermé dans son bureau
entouré d’une montagne de dossiers à trier. Albert Jethro Chegwidden se laissa
allé en arrière dans son fauteuil en cuir. Enleva ses lunettes et ferma les
yeux. Se laissant aller dans ses pensées. Pendant ce temps, dans les autres bureaux,
les officiers du JAG vaquaient à leurs occupations : certains rangeaient
des dossiers, d’autres faisaient du classement pendant que d’autres encore
prenaient une tasse de café ou un snack dans la cuisine. Harm et Mac, eux,
étaient dans leur bureau respectif. Mac relisait un dossier délicat quand le
téléphone posé sur son bureau se mit à sonner. Elle décrocha après la première
sonnerie.
— Bureau
du Colonel Sarah Mackenzie.
— Mac ?
— Chloé !
Ma puce, comment vas-tu ?
— Je vais
très bien et toi ?
— Moi
aussi. Où es-tu ?
— Chez
grand-mère. Papa est encore en mission. J’aimerais tant qu’il soit ici avec
moi.
— Oui je
sais ma puce. Mais il pense très fort à toi.
— Oui je
sais.
— J’espère
que je pourrai venir te voir bientôt.
— Oui moi
aussi. Tu fais le bonjour à Harm pour moi s’il te plaît ?
— Ne t’en
fais pas, d’ailleurs j’allais juste me rendre dans son bureau.
— Très
bien je vais te laisser alors, ne faites pas de bêtises tous les deux
hein !?? dit-elle en riant.
— Chloé !
— Je
t’aime.
— Moi
aussi.
Sarah raccrocha. Seigneur, Chloé avait tellement mûri
depuis qu'elle avait retrouvé son père grâce aux recherches de Bud. Depuis, la
jeune fille qu'elle devenait était beaucoup plus heureuse, plus épanouie qu’au
tout début, lorsque Chloé lui avait été confiée. En y repensant, un sourire éclaira
le visage du Colonel Mackenzie. Elle se leva et se dirigea vers la porte, elle
l’ouvrit et s’avança vers le bureau de Harm. Celui-ci avait le nez plongé dans
un dossier. Mac l’observait dans l’embrasure de la porte. Sentant une présence,
Harm leva les yeux en direction de la porte et afficha immédiatement un
magnifique sourire en la voyant. Il se désintéressa de son dossier pour
quelques instants.
— Bonjour
Mac. Tout va bien ?
— Oui.
Chloé vient tout juste de m’appeler. Elle est chez sa grand-mère, et elle m’a
fait promettre de vous remettre le bonjour. Et vous ça va ?
— Oui …
enfin … j’aimerais pouvoir clore l’affaire sur laquelle j’enquête en ce moment.
Mais je crois que ce ne sera pas pour tout de suite. De plus mon client n’est
pas très coopératif. Il agit vraiment comme s’il était coupable de cette
agression. La jeune fille est toujours à l’hôpital est encore incapable de
parler.
— Je vois
: rien de bien réjouissant en perspective.
— Exact.
L’affaire sur laquelle le Capitaine Rabb devait mener
l'enquête était assez délicate. Car la fille d’un Amiral trois étoiles avait
été agressée et, selon toutes vraisemblances, violée. La jeune fille avait été
retrouvée gisant inconsciente dans une ruelle aux abords de Baltimore. Ses
vêtements étaient en lambeaux et son visage, ainsi que le reste de son corps,
était également couvert d’ecchymoses. Encore quelques heures de plus allongée
dans cette ruelle est la fille de l’Amiral Evans serait morte…Mac s’apprêtait à
lui répondre quelque chose, mais elle ne put le faire car le téléphone sur le
bureau du Capitaine se mit à sonner.
— Bureau
de Capitaine Rabb.
— Harm mon
chéri, c’est moi.
— Maman
comment vas-tu ?
— Très
bien et toi ?
— Je vais
bien. Je suis submergé de travail comme toujours.
— Je me
suis décidée à t’appeler moi-même car tu ne me donnes jamais de tes nouvelles.
Et dis-moi comment va Mac ?
— Très
bien maman. Mac va très bien.
Harm regarda sa collègue en lui souriant, la jeune femme
lui rendit son sourire.
— Maman
comment va Franck ?
— Très
bien fait lui le bonjour de ma part tu veux ?
— Je n’y
manquerai pas mon chéri. Tu as des nouvelles d’Ocean McNamara ?
— Non
maman. Tout ce que je sais c’est qu’elle fait une carrière fantastique. Son nom
est souvent cité dans les journaux, mais tu le savais aussi. Maman il faut que
je te laisse. J’ai un autre appel.
— D’accord
mon chéri. A bientôt.
Harm pressa le bouton du téléphone que permettait de
répondre à l’autre appel. Sarah voulut sortir du bureau pour qu’il réponde
tranquillement au coup de téléphone, mais Harm l’en empêcha. Elle ne dit rien
et s’essaya dans une des chaises qui étaient face à lui. Le Capitaine ne
comprit pas vraiment pourquoi, mais il voulait qu’elle reste près de lui …
pourtant ce n’était qu’un appel téléphonique, mais une sorte de pressentiment
lui dit que cet appel ne serait pas très bon. Et il avait raison.
— Bureau
du Capitaine Rabb.
— Bonjour
vous êtes bien le Capitaine Harmon Rabb, Jr ?
— Oui
c’est bien moi. A qui ai-je l’honneur ?
— Je suis
Laura Wilson. Je suis infirmière dans un hôpital à La Jolla. Une patiente vient
d’être admise aux urgences. Elle a eu un très grave accident de la route. Et
comme votre numéro se trouvait dans son portefeuille …. La jeune patiente
s’appelle Ocean McNamara.
— Que
s’est-il passé ?
— Je ne
connais pas tous les détails, mais elle a été admise dans notre service
d’urgences il y a peu. Elle a été victime d’un grave accident de la route. Un
camion l'aurait percutée de plein fouet. Mademoiselle McNamara est en ce moment
au bloc opératoire.
A ces mots, le visage de Harm se referma complètement et
ses yeux s’emplirent de peur. Il faillit même laisser tomber le combiné du
téléphone. Mac, voyant qu’il ne réagissait plus, lui prit doucement le combiné
des mains et demanda à qui elle avait l'honneur. Wilson ne pouvait normalement
rien lui dire, mais Sarah Mackenzie lui expliqua que son collègue était en état
de choc. Laura décida donc d’expliquer la situation à Mac. Celle-ci écouta
attentivement, tout en surveillant Harm qui était toujours sans réaction, sauf
qu’à présent il était accoudé au meuble devant lui et qu’il se tenait la tête
entre les mains. Mac raccrocha et se leva sans rien dire, se dirigea vers la
porte, la ferma et baissa les persiennes. Doucement elle s’avança à nouveau
vers son meilleur ami. Celui-ci était toujours accoudé au bureau, la tête entre
les mains. Elle posa une main sur l’épaule gauche de son équipier qui comptait
tant pour elle. Il leva la tête et ce qu’elle vit alors lui déchira le cœur :
Harm avait levé sur elle des yeux rougis par les larmes. Son collègue n’aurait
jamais permis qu'on le voie pleurer, surtout pas Mac. Elle se rapprocha encore
et sans rien dire, il enlaça ses bras autour de la taille de la jeune femme, il
la serra très fort. Sarah ne dit rien, mais répondit à son étreinte en
l’enlaçant à son tour. Mac pouvait le sentir pleurer vraiment car tout le corps
de son meilleur ami était secoué par des sanglots et elle avait à présent
beaucoup de mal à retenir ses propres larmes, même si elle ignorait encore le
pourquoi du comment des liens qui liaient Harm à cette jeune femme qui venait
d’avoir un grave accident de la route. Sarah Mackenzie avait toujours de la
peine lorsque Harmon Rabb Jr allait mal et, pour le moment, il allait
visiblement très mal. Ils restèrent ainsi enlacés pendant un moment encore,
puis Harm recula légèrement. Il sécha ses larmes et reprit une expression
digne. De son côté, Mac sécha également les larmes qu’elle n’avait pu retenir
et qui avait tout doucement tracé leurs sillons sur ses joues.
— Nous
formons un beau duo d’avocats il me semble, dit-elle en séchant toujours ses
larmes.
— Vous
avez raison. Mac, il faut que je parte pour La Jolla au plus vite.
— Je sais
Harm. Allez voir l’Amiral.
— J’y vais
tout de suite.
Il se leva et se dirigea vers la porte. Il se retourna
lorsqu’il fut devant la porte, la main déjà posée sur le bouton de porte.
— Harm…
attendez !
— Oui, Mac
?
Sa collègue et amie s’approcha de lui, se mit tout
doucement sur la pointe des pieds et essuya délicatement une larme qui se
perdait encore sur la joue de celui qui comptait tant à ses yeux. Le capitaine
Rabb posa tout doucement sa main sur celle de Sarah.
— Merci
Mac…
— De rien.
Et puis, je ne pense pas que l’Amiral Chegwidden risque d'apprécier que son
meilleur élément entre dans son bureau la larme à l’œil…
— Oui, je
ne pense pas que ce serait excellent pour ma réputation.
— Je ne
crois pas, non, et comme vous lui en faites toujours voir …, dit-elle en lui
souriant doucement.
Harm sortit de son bureau et prit la direction de celui de
son supérieur hiérarchique. Arrivé devant le bureau du quartier-maître Jason
Tiner, il demanda à ce dernier si l’Amiral pouvait le recevoir, le
quartier-maître pressa un petit bouton et posa la question à son supérieur
hiérarchique. Quelques secondes plus tard, le Capitaine Rabb entendit AJ
répondre qu’il pouvait entrer. Harm entra donc dans le bureau de son supérieur
mais sans se mettre au garde à vous. AJ Chegwidden fut surpris que Harmon Rabb
ne l’ait pas salué comme l’exigeait le protocole. Quelque chose devait le
tracasser sérieusement car depuis presque huit ans qu’il avait Harmon Rabb Jr
sous ses ordres, celui-ci n’était jamais entré dans ce bureau sans le saluer…
Le Capitaine n’attendit même pas que l’amiral lui demande
ce qui n’allait pas.
— Amiral,
je suis navré de vous déranger, mais j’aurais besoin que vous m’accordiez une
permission.
— Et pour
quelle raison ferais-je ça ?
— Monsieur,
je viens de recevoir un appel d’une infirmière qui travaille dans un hôpital à
La Jolla pour me prévenir qu’une amie très chère a eu un très grave accident de
la route il y a quelques heures.
L’amiral remarqua la tristesse qui se lisait dans les yeux
de son officier. Il ignorait qui était la personne à qui était arrivé cette
terrible chose, mais il était évident qu’elle comptait pour le Capitaine de
Frégate.
— Très
bien, Harm, je vous accorde deux semaines.
— Merci
monsieur.
Et là, le Capitaine de Frégate Rabb sortit du bureau de
l’amiral sans saluer une nouvelle fois son supérieur. Il n’avait pas fait vingt
mètres qu’il emboutit Harriet, ce qui eut pour effet de faire tomber tous les
dossiers que celle-ci portait. Harm s’excusa, tout confus, et aida le
lieutenant à tout ramasser. Il alla même déposer les dossiers sur le bureau de
la jeune femme. L’amiral Chegwidden qui avait assisté à la scène fronça les
sourcils : quelque chose n’allait vraiment pas avec son officier. Mac avait
également vu ce qui s’était produit et n’aimait du tout ça. Elle n’avait
toujours pas quitté le bureau de son meilleur ami. Il avait la tête ailleurs…
—
Harm ?
— Hein ? Pardon ?
— Harm
vous devriez vous asseoir.
— Vous
avez raison.
Le Capitaine Rabb s’installa dans le fauteuil derrière son
bureau et soupira. Mac le trouva brusquement fatigué, il avait appuyé sa tête
contre le dossier et avait fermé les yeux. Sarah Mackenzie ne supportait pas de
voir son partenaire comme ça sans pouvoir faire quelque chose pour l’aider.
— Harm ?
— Oui.
dit-il d’une petite voix.
— Que
comptez-vous faire ?
— Il vaut
que j’aille là-bas Mac, il faut que j’aille à La Jolla !
— C’est ce
que je pensais…
A ce moment-là, le lieutenant Roberts arriva.
— L’amiral
vient de me dire que je devais venir vous voir à propos d’une de vos enquêtes…
— A oui,
ce sera à vous de reprendre le dossier de l’affaire Evans. Cette affaire est
assez délicate comme vous le savez, mais je vous fais confiance et je suis
certain que vous y arriverez Bud. Tenez, voici le dossier.
— Merci
Capitaine. Merci de votre confiance.
— Bud vous
n’en êtes plus à votre première affaire, que celle-ci soit délicate ou non, et
puis, si vous deviez avoir le moindre problème, vous pourrez demander de l’aide
au Capitaine Turner.
— Très
bien.
Le lieutenant Roberts sortit avec le dossier et se dirigea
vers son bureau en regardant la chemise qu’il avait entre les mains. Et il fut
surpris de voir que l’étiquette sur la couverture de la chemise indiquait
Bradshaw et non Evans. Le Capitaine de Frégate Rabb lui avait remis le mauvais
dossier. Depuis qu’il connaissait Harm, le Capitaine ne s’était jamais trompé
une seule fois dans les dossiers des affaires sur lesquelles il enquêtait,
surtout lorsqu’un autre officier devait reprendre l’affaire en mains. Le
lieutenant fit donc demi-tour et retourna dans le bureau de son supérieur et
ami, il frappa deux petits coups rapides sur le chambranle de la porte restée
ouverte.
— Capitaine ?
— Oui
Bud ?
— Excusez-moi,
mais vous m’avez remis le mauvais dossier. Vous m’avez donné la chemise en
carton contenant le cas Bradshaw…
— Je suis
vraiment navré, Bud. Tenez, le voici. Excusez-moi encore lieutenant.
Lorsque le lieutenant Roberts fut sorti, Mac observa Harm
et prit une décision qui allait changer beaucoup de choses dans la destiné des
deux officiers… mais ça lui, tout comme elle, l’ignorait encore à ce moment-là.
La décision qu’elle prit bouleverserait leur vie à tout jamais. Sarah Mackenzie
demanda à son collègue ce qu’il comptait faire dans un proche avenir.
— Je vais
rentrer chez moi et faire mon sac. Je pars pour la Californie, Mac, il faut que
j’aille la voir, je dois la soutenir. De toute manière, je ne serais pas d’une
très grande efficacité si je restais ici…
— Très
bien, je vois. Puis-je vous laisser seul un moment ?
— Mac, je
vous en prie, je suis un grand garçon !
— Oui,
justement, c’est ce qui m’inquiète Harm. Ne bougez pas d’ici avant que je ne
revienne !
— Très
bien, très bien…
La jeune femme sortit du bureau de son collègue et se dirigea
vers le sien, vérifia quelque chose et ressortit pour ensuite prendre la
direction du bureau de l’Amiral Chegwidden. Le quartier-maître Tiner vint à sa
rencontre et lui dit que ce dernier désirait lui parler. Mac répondit que
c’était justement là qu’elle se rendait. Elle entra dans le bureau et voulut se
mettre au garde à vous, mais il lui dit de s’asseoir.
— Colonel,
j’aimerais vous parler du Capitaine Rabb.
— Oui
Amiral moi aussi en fait, je venais justement vous voir pour cette raison
lorsque Tiner m’a dit que vous vouliez me parler.
— Il n’a
pas l’air d’aller bien… savez-vous quelque chose que j’ignore ?
— Et bien,
monsieur, je me trouvais avec lui dans son bureau lorsqu’il a reçu cet appel de
l’hôpital de La Jolla. L’expression de son visage s’est assombrie
instantanément et j’ai bien cru qu’il allait s’écrouler, je lui ai pris le
combiné téléphonique des mains, j’ai expliqué à l’infirmière qui j’étais et
elle m’a fait un point de la situation et elle a aussi précisé que c’était le
seul numéro que l’on avait trouvé dans les affaires de la jeune femme.
— Le
Capitaine vous a-t-il dit quelque chose depuis ?
— Non,
juste qu’il devait se rendre là-bas au plus vite. Mais je ne pense pas qu’il
soit en état de faire quoi que ce soit tout seul, Amiral. Tout à l’heure, il a
remit un mauvais dossier au lieutenant Roberts…
— Oui et
lorsqu’il est venu dans mon bureau il n’a pas salué, ni même en sortant.
— Amiral,
je vous demande la permission de pouvoir l’accompagner, je refuse de le laisser
seul. Je sais qu’il refusera de l’admettre, mais il a besoin d’aide.
L’amiral regarda l’officier assise devant lui et la fixa
un long moment avant de répondre.
— Je pense
que de toute façon même si je vous disais non, vous iriez quand-même n’est-ce
pas ?
— Oui
Amiral.
— Je sais,
cela a toujours été ainsi avec vous deux : vous traverseriez l’enfer l’un
pour l’autre s’il le fallait. Dit-il un sourire se dessinant sur ses lèvres.
Allez-y, Colonel, et surveillez-le.
— A vos
ordres Monsieur ! Dit-elle en se mettant au garde à vous avant de tourner
les talons et de sortir.
Mac retourna dans son propre bureau en fermant la porte de
celui-ci car elle avait quelque chose de très important à faire avant de
retourner voir Harm. Le Colonel Mackenzie alla s’asseoir derrière son meuble de
travail. Elle nota quelques phrases sur une feuille, se leva et ressortit pour
aller voir le lieutenant Harriet Sims à qui elle remit le papier sur lequel
elle venait de griffonner ces quelques phrases. Ensuite, elle s’en retourna
dans ses quartiers pour passer un coup de téléphone afin de connaître l’heure
de décollage du prochain avion en partance pour San Diego et réserver deux
billets. Sarah Mackenzie retourna ensuite dans le bureau de son meilleur ami.
Elle resta quelques instants dans l’embrasure de la porte à le regarder sans
rien dire. Il était toujours assis dans le fauteuil, les yeux fermés, sa tête
reposée sur le dossier.
— Ça va
Matelot ?
— Hey Mac,
ça peut aller oui, dit-il en lui souriant lacement.
— Allez,
venez, nous allons boire une tasse de café et je vous ramène chez vous, et ne
discutez pas c’est inutile !
— Mais…
— Ne
discutez pas !
Harm ne lui répondit rien car il savait que discuter ne
changerait rien du tout. Il contourna son bureau et avança vers Mac, elle le
laissa passer et ferma la porte derrière eux en lui souriant. Harm voulut se
diriger vers la cuisine mais la jeune femme lui prit le bras…
— Non,
Matelot, pas ici. Votre journée est terminée. Et la mienne aussi, l’Amiral
Chegwidden m’a demandé de veiller sur vous.
— Ah
bon ??!!
— Allons-y,
venez, nous allons boire un bon café et je vous raccompagne chez vous.
— Oui, je
sais, on ne discute pas. Dit-il en souriant.
— Exact,
lui répondit celle-ci en lui rendant son sourire.
L’Amiral qui les observait depuis la porte de son bureau
eut un petit sourire ‘ces deux-là, toujours à être là l’un pour l’autre et
ils n’ont même pas conscience des sentiments qu’ils éprouvent’ Chegwidden
venait juste de se rasseoir dans son fauteuil lorsque l’on frappa à sa porte.
— Amiral,
excusez-moi de vous déranger.
— Repos
lieutenant, j’ai toujours du temps pour vous.
— Merci
Monsieur. Le Colonel Mackenzie, m’a donné des instructions, Amiral, et je viens
vous demander la permission de m’absenter pendant deux heures.
— Puis-je
voir ces instructions, lieutenant ?
— Les
voici, Monsieur.
AJ prit la petite feuille que