Chapitre n°1 : le fond du gouffre

            Mac et Harm sont dans le bureau de ce dernier et discute d’une affaire en cour. Comme à leur habitude, la discussion qu’ils entreprennent ne peut pas rester strictement professionnelle… Le ton monte dans une ambiance qui reste toute fois détendue.

« Mac, arrêtez un peu ! Vous même vous ne comprenez pas votre client ! Il dit aimer cette femme et pourtant il lui tourne le dos quand elle a réellement besoin de lui !… Ca ne m’étonne pas qu’une femme sensible comme elle en soit venu au suicide pour réagir face à ce cruel abandon ! »

« Harm, parfois la volonté d’aider n’est pas suffisante…il faut aussi que la personne qui a besoin d’aide accepte de se faire aider… » lui dit-elle d’une voix faible faisant allusion au fait qu’Harm refuse son soutien pour faire face au coma de Mattie.

« …Ainsi, détrompez-vous. Je comprends tout à fait mon client ! » finit-elle en sortant du bureau de son collègue.

Les jours passaient, puis les semaines…L’état de Mattie ne s’était pas amélioré, il n’avait pas non plus empiré mais le simple fait de la voir ainsi allongée, sans pouvoir rien y faire, rendait Harm complètement fou. Tout cela jusqu’au jour où il reçut un appel lui annonçant que la jeune fille avait repris connaissance.
Mac se souvenait parfaitement de ce jour. Il avait quitter une audience au plein milieu de la journée sans rien dire à personne, sans même l’avoir prévenue, elle. Après avoir appris les raisons de ce départ précipité de la bouche de Jen et non de celle de Harm, Mac s’était tout de même sentit soulagée. Maintenant que Mattie était de nouveau consciente, peut-être qu’Harm se confierai de nouveau à elle, peut être allaient-ils retrouver leur complicité d’antan. Cependant, rien de tout cela ne s’était passé… Harm passait tout son temps libre auprès de Mattie et avait complètement délaissé Mac. Quand la jeune fille avait perdu conscience, Harm avait réalisé l’importance qu’elle avait à ses yeux, et il voulait à présent en profiter un maximum. Mac ne voulait pas se l’avouer mais elle était en quelque sorte jalouse de Mattie… Elle s’en voulait tellement : jalouse d’une adolescente !Qui sort du coma qui plus est ! Elle n’en avait pas le droit, elle devrait être heureuse pour Mattie et pour Harm. Cependant, elle s’était senti tellement mise à l’écart, comme insignifiante… elle en souffrait énormément mais peu importait… Harm était heureux.

Hopital de Bethesda

Mardi 15 Avril 2005, 12.30

    « Harm ! Arrête de dire des bêtises ! Je ne pourrais jamais faire une brillante carrière dans l’armée, des pics de vitesse en F14, être une excellente avocate, avoir une superbe vie amoureuse et être une bonne mère de famille ! ! Regarde toi enfin ! La brillance carrière, les pics de vitesse, être un super avocat, tout ça tu l’es !… Mais en ce qui conserne la vie amoureuse, c’est une autre histoire ! Non mais franchement on dirait un désert !… Depuis combien de temps es-tu tout seul ? Et puis… que devient Mac ? »

Le sourire d’Harm s’estompe directement

« Je n’ai pas envie de parler de Mac… donc s’il te plaît… »

« Mais, s’il te plaît quoi ? Pourquoi n’as tu pas envie d’en parler ? c’est incroyable ça ! »

« Parce que… parce que je ne sais pas ! Je ne suis pas prêt voilà tout ! »

« Mais il faudra bien que tu le sois un jour ! et proche ce jour ! Car je te signale qu’elle ne va pas t’attendre éternellement…et le jour où tu en prendra conscience, il sera trop tard !… Et puis moi j’ai envie de la revoir. Donc ne compte pas sur moi pour l’éviter. »

Depuis, Mattie avait appelé Mac. Cette dernière en était ravie d’avoir des nouvelles et avait immédiatement proposé de passer la voir à l’hôpital.

Hôpital de Bethesda

Jeudi 17 avril 2005, 11.15

Mac venait d’arriver dans la chambre de Mattie et avait apporté une pizza bien grasse pour le déjeuné.

« Hey ! »

« Mac ! ! Ca fait plaisir de vous revoir ! »

« Sûrement pas autant que pour moi ! Regarde ce que je nous ai amené pour l’occasion ! »

« Mac, vous êtes géniale ! !… Mais comment avez-vous fait pour réussir à rentrer dans cette forteresse avec une des meilleures pizza de Washington entre les mains ? »

« Ah ça !… c’est mon secret !… mais l’infirmier de garde n’a pas été très dur à convaincre ! » répond-elle avec un clin d’œil.

Cela faisait à présent environs une heure que Mac et Mattie parlaient de tout et de rien, comme si l’adolescente n’avait jamais perdu connaissance. Elles finissaient à présent leur repas.

« Mac, cette pizza est un don du ciel ! Si j’avais su que vous apporteriez un tel délice je vous aurais appelé plus tôt !… »

Un silence gêné s’installa et fut rompu par Mac

« Ecoute… je suis désolée de ne pas être venue plus tôt te voir mais… je ne voulais pas bousculer Harm, il semblait avoir besoin de prendre du recul et du temps et puis il voulait sans doute… »

« … profiter de moi » finit Mattie songeuse.

«  Harm n’est qu’un imbécile ! J’espère ne jamais tomber sur un homme comme lui dans le futur !… enfin, psychologiquement parlant… parce que physiquement !… » dit elle avec un sourire taquin

« Mattie ! ! » réagit Mac choquée.

« Colonel, il ne faut pas se voiler la face. Malgré ses 40 ans passés, Harm reste tout de même un beau spécimen !… mais le supporter 24 heures sur 24, toute l’année…il faut soit avoir un caractère bien trempé, soit être éperdument amoureuse de lui ! »

« Tu exagères un peu, non ? Regarde moi, je le supporte bien ! »

« Oui mais vous avez un sacré caractère et puis… »

« Et puis quoi ? »

« Et puis… vous avez les épaules solides donc vous lui faites ravaler sa fierté ! Non mais franchement Colonel, Harm est entêté, trop fier, et en plus de tout cela c’est un végétarien endurci !… Les hamburgers ? ? Il ne connaît pas, et à part sa salade et ses lasagnes… »

« Je vois qu’on parle de ma cuisine ici ! » dit Harm en rentrant dans la pièce.

« Harm ? ! Tu ne devrais pas être au tribunal ? »

« Si, mais l’audience a été repoussé… »

« … et tu n’aurais pas pu prévenir ? ! » rétorqua Mattie, très surprise par la venue d’Harm, mais surtout mal à l’aise du fait de la présence de Mac.

« Mattie… ce n’est rien. « 

Il pose son premier regard sur Mac qui venait de relever les yeux puis lui sourit avant de s’asseoir de l’autre côté du lit de Mattie.

« Alors comme ça je suis entêté, trop fier et tu n’aimes pas mes lasagnes ?… »

Les trois amis se mirent alors à rire ensemble.

Vendredi 18 avril

QGC du JAG, 10.24

 

Mac sortait de son bureau et se dirigeait vers le tribunal d’un pas pressé lorsqu’ Harm l’interrompit.

« Mac ? ! »

Celle-ci s’arrête et se retourne au simple son de la voix de son ami.

« Est ce que je peux vous parler un instant ? »

« Euh…c’est à dire que je dois être au tribunal dans environs cinq minutes mais si cela peut tenir dans ce laps de temps, je n’y vois pas d’inconvénient ! »

« Parfais. Je vais vous accompagne à l’ascenseur. »

Ils se regardent et se sourient.

« Je voulais vous remercier pour ce que vous avez fait hier…d’être aller voir Mattie. Je sais que je n’ai pas été très expressif ni très respectueux envers vous à ce sujet mais… »

« Harm, ce n’est pas la peine. J’ai compris. Et puis… il me semble vous avoir moi aussi demandé du temps il y a quelques moi, je ne fais que vous rendre la pareille et puis… »

Elle fut interrompus par l’ouverture des portes de l’ascenseur.

« Désolée… mais le juge m’attend ! » finit-elle un grand sourire aux lèvres

 

Les jours passaient. Harm et Mac se rapprochaient peu à peu. L’avocat avait prit conscience qu’il n’avait pas le droit de rejeter Mac de sa vie, pas après tout ce qu’ils avaient vécu ensemble, même s’il ne voulait pas accepter son aide de peur qu’elle le prenne pour quelqu’un de faible. Si Mac avait su la raison de ce refus elle lui aurait répondu qu’il n’était pas faible, tout simplement humain… mais elle ne le savait pas.
Cependant, un certain jeudi 24 avril 2005, Harm reçu un appel qui le bouleversa. Il prit sa veste et sortit de son bureau précipitamment, le regard dans le vague. Voyant son ami dans cet état, Mac sortit immédiatement de son bureau et s’empressa de le rattraper.

« Harm ! »

Celui-ci se retourna et la regarda sans aucune expression, le regard vide. Mac comprit immédiatement : quelque chose de grave était arrivé, mais quoi ? Aucun mot ne pouvait décrire l’expression présente sur le visage d’Harm à ce moment, et Mac savait qu’aucun mot ne pourrait aider ou soulager Harm, au contraire. Ainsi, aucun mot ne fut échangé et Harm s’en alla, s’effaçant derrière les portes de l’ascenseur qui se refermaient.

Jeudi 24 avril 2005

Hopital bethesda, 16.48

Mac avait à peine prit le temps de se changer et s’était rendu directement à l’hôpital. Elle n’avait eu aucune nouvelle d’Harm depuis le matin et elle était on ne peut plus inquiète. Une chose est sûre… quelque chose de grave est arrivée se dit-elle.
Une fois arrivée dans le bâtiment, l’avocate se dirigea vers la chambre qu’occupait Mattie et quand elle s’apprêtait à entrer, elle fut stopper par un infirmier, le même qu’elle avait du convaincre pour qu’il la laisse entrer avec la pizza.

« Madame ! Je serai vous je n’entrerais pas… »

Mac le regarda interrogative.

« L’homme qui est à l’intérieur est devenu complètement fou ! Et il a tenu à ce qu’on le laisse seul avec la jeune fille… Il a même voulu me frapper pour me faire sortir ! »

Mac soupira et lui sourit tristement. Elle venait de comprendre. Mattie était morte. Elle se sentit faiblir mais non. Il fallait être forte !… pour lui. Elle prit une grande inspiration et s’apprêta à faire face à un Harm méconnaissable, qui allait sans doute lui reprocher avec de rudes paroles d’être venue. Elle s’apprêta à affronter la pire dispute, mais surtout la plus dure qu’ils n’avaient jamais eu. Cette fois, elle retint sa respiration et entra…

… Le spectacle que Mac avait devant les yeux lui fit oublier de reprendre sa respiration. Elle s’attendait à avoir devant elle un Harm méconnaissable, et c’était le cas. Seulement, ce n’était pas la furie à laquelle elle s’apprêtait à faire face… L’image de Harm à ce moment précis lui fendit le cœur. Elle n’avait devant elle l’homme trop fier qu’elle avait l’habitude de voir, elle avait devant elle l’homme tout court… mais l’homme triste, horriblement triste et vulnérable. Harm était assis par terre, adossé contre un mur, les coudes reposés sur ses genoux et se tenant la tête dans les mains. A cette vision, Mac ne put empêcher quelques larmes de couler mais elle les essuya d’un revers de main et se dirigea vers Harm. Doucement, elle se laissa glisser auprès de lui. Elle ne dit rien, elle lui montre simplement qu’elle est là, à ses côtés… Sans un mot, elle place sa main sur la sienne et contrairement à ce qu’elle pensait, Harm ne retire pas sa main mais au contraire il la ressert fermement. Un flot de larmes le souleva… La présente de Mac lui faisait du bien, mais lui faisait également prendre conscience que tout cela était bien réel.

« Elle est morte, Mac… » laissa-t-il échapper en un souffle.

Mac plaça sa main sur le dos de son ami et le caressa délicatement pour essayer de le soulager. Délicatement, elle le prit dans les bras et Harm se laissa faire. Face à cette marque d’affection, il éclata en sanglot ce qui déchirait une nouvelle fois Mac. Que pouvait-elle faire ?… Rien. Simplement être là, pour lui. Elle resserra son étreinte et se mit à basculer d’avant en arrière pour le calmer.

« Chut… Ca va aller, Harm… chut…je suis là » finit elle dans un murmure.

Même jour, 20.56

Appartement de Mac

Les deux amis étaient rentrés chez Mac, puisque cette dernière refusait de laisser Harm seul chez lui. Dès leur arrivée, elle avait proposé à Harm quelque chose à boire et celui-ci avait demandé un thé, bien que Mac savait qu’il aurait sans doute préféré un bon verre de bourbon mais qu’il ne demandait pas du fait de sa présence… Ainsi Mac s’en alla dans la cuisine afin de faire chauffer de l’eau, et quand elle revint, deux tasses à la main, elle trouva Harm assit sur son sofa, le regard vide fixé en face de lui. Mac ressentit une grande peine pour son ami. De la peine car elle était consciente qu’Harm venait de perdre une partie de lui même, mais également parce qu’elle était consciente qu’elle ne pouvait rien faire pour atténuer cette peine… à part être auprès de lui, tant qu’il acceptait sa présence. Elle s’assit donc à côté d’Harm et le tendit la tasse. Le simple frôlement de Mac contre son bras le fit sursauter ce qui confirma à cette dernière que Harm se trouvait ailleurs. Il prit la tasse sans rien dire, se noyant à présent dans les cercles que formait l’eau encore en mouvement. Il était comme hypnotisé. Ils restèrent ainsi, sans aucun mot échangé, pendant de longues, très longues minutes, jusqu’au moment où la tête de Harm vacilla due à la fatigue… Mac le regarda quelques instants, la tête légèrement reposée sur sa poitrine, se soulevant au rythme de sa respiration. Elle fut attendrit de le voir si paisible pendant ce court moment. Elle lui enleva la tasse qu’il avait dans les mains et la déposa sur la table basse puis lui caressa délicatement le bras.

« Harm… » chuchota-t-elle.

« Harm… vous vous endormez… »

Le doux son de la voix de Mac le réveilla et il la regarda sans comprendre.

« Harm, vous êtes épuisé… Allez vous reposer quelques heures sur mon lit… »

« Mac, non je ne peux pas… » répondit-il d’une voix faible.

« Si, vous pouvez ! Et puis vous n’en avez pas le choix… »finit-elle d’une voix pleine d’affection.

Harm ne se fit prier plus longtemps, il était épuisé et puis il savait que Mac n’allait pas abandonner, alors autant profiter de ces quelques instants de tendresse que l’on lui porte.
Il ne lui fit d’ailleurs pas très difficile de s’endormir dans le lit de Mac… Il y était tellement bien. Il était certes épuisé mais tout dans ce lit l’apaisait : le contact agréable des draps, le parfum agréable de la pièce, mais surtout l’odeur des draps… son odeur. Dans cette chambre, tout ressemblait à Mac, c’est d’ailleurs sûrement pour cela que tout est si apaisant.

Appartement de Mac, même jour
22.56

Mac était quant à elle retournée dans son salon et s’était assoupis sur le canapé. Cependant, elle fut sortit de son sommeil léger par des bruits provenant de sa chambre. Elle s’empressa d’y aller et trouva Harm qui ne cessait de bouger dans ce grand lit qui semblait pourtant minuscule quand il était à l’intérieur. La jeune femme s’assit sur le rebord du lit et plaça sa main sur le bras de son ami et le secoua légèrement puis plus brutalement afin de le réveiller et de le faire sortir de ce cauchemar.

« Harm… Harm réveillez-vous ! Harm ! C’est un cauchemar ! ! »

C’est alors que Harm se réveilla en sursaut, tout haletant, des gouttes de sueur perlant sur son visage.

« Chut… Harm c’est moi. Ce n’était qu’un cauchemar… »

« … vous parlez d’un cauchemar… Le cauchemar c’est maintenant que je le vis. »

Face à cette parole, forte en sens, Mac se figea et se sentit blessée. Son regard s’attrista et elle se leva du lit. Lorsqu’elle fut à la hauteur de la porte Harm l’interpella.

« Mac… ce n’est pas ce que je voulais dire… »

« Ouais….. » finit elle dans un souffle.

Harm s’en voulait d’avoir pu dire une telle chose. Elle ne méritait vraiment pas ça, surtout après tout ce qu’elle faisait. Il se laissa tomber sur les oreillers et ferma les yeux. Il fut réveillé quelques instants plus tard par l’affaissement du matelas. Il ouvrit les yeux et vit Mac qui lui souriait un gant de toilette à la main.

« Tenez, mettez ça sur vos yeux ça vous fera du bien… »

Harm s’exécuta et plaça le gant sur son front. Mac avait raison, c’était agréable. Mais il se senti coupable de pouvoir ressentir une telle once de plaisir en ce moment, alors que Mattie était… Tous les souvenirs lui revinrent à toute vitesse et ces simples souvenirs lui ramenèrent les larmes aux yeux. Voyant ce qui se passait et voulant laisser plus d’intimité à Harm, lui laisser le temps de faire son deuil, Mac se leva délicatement du lit.

« Mac… j’ai besoin de vous… »

Mac n’en revenait pas. Harm venait de lui demander son aide. Il venait de lui demander d’une voix si faible…Elle prit une inspiration et retourna sur le lit, mais cette fois-ci, elle s’y installa plus confortablement. Elle s’adossa contre le dossier du lit et souleva doucement Harm afin de le prendre dans ses bras. Surprise, Harm s’accrocha désespérément à elle, comme à une bouée de sauvetage… Mac déposa sa tête sur celle de Harm, et se balança une nouvelle fois afin de le calmer. Quand sa respiration se fut calmer, Mac déposa un baiser sur les cheveux d’Harm.

« Hey… ca va aller. On va y arriver… ensemble. »

Suite à cette phrase, Harm se dégagea de l’étreinte de Mac et la regarda longuement sans rien dire. Il restait captivé par ses beaux yeux marrons et d’un seul coup, il ne pouvait plus s’en séparer. Sans quitter ses yeux, il s’approcha délicatement du visage de Mac. Celle-ci ne comprenait pas ce qui se passait. Tout était confus et elle ne savait pas réellement comment réagir. Cependant, quand le visage de Harm devint si prêt qu’elle pouvait sentir son souffle, elle ne dit rien, elle ne fit rien non plus. Elle le laissa s’approcher tendrement de ses lèvres…
Le contact des lèvres de l’autre était si agréable pour chacun des deux que le baiser fut amplifier d’un comme un accord. Cependant, quand leurs lèvres durent se séparer et qu’Harm se pencha de nouveau pour prolonger ce baiser, Mac l’en empêcha du bout de l’index. Elle le regarda affectueusement.

« Harm… vous devez d’abord vous occuper de vous… ensuite on avisera… »

Encore une fois, aucune parole ne fut nécessaire, de simples regards leur suffisaient.

« Et puis, je ne vais pas m’enfuir… je serai là le moment voulu… »

Elle lui sourit et déposa un baiser sur le front d’Harm. Ils échangèrent une nouvelle fois un regard puis elle disparut derrière la porte, éteignant les lumières et laissant la chambre plongée dans l’obscurité.

 

Vendredi 9 Mai 2005

JAG

Deux semaines s’étaient écoulées depuis la mort de Mattie. Deux semaines… Voilà le temps qu’il était resté enfermer dans son appartement, sans donner aucune nouvelle, sans répondre au téléphone. Tous ses amis étaient inquiets pour lui, inquiets et tristes… Harm Rabb Junior perdait pieds, il abandonnait. Aucun d’entre eux n’eut cru cela possible. Bud ne comprenait pas. Harm était si fort, enfin, il semblait l’être. Il voulait lui apporter son aide : perdre un enfant, il savait ce que cela faisait, il savait à quelque point on se sent coupable, coupable d’être encore en vie alors que lui ne l’est plus… De plus, Harm l’avait toujours soutenu dans les moments les plus durs de sa vie, il l’avait toujours considéré comme un modèle, et aujourd’hui il voulait lui rendre tout ce qu’il lui avait donné. Mais aucun signe de l’avocat. Ne pouvant plus tenir, il entra dans le bureau de Mac.
B :  « Colonel… Est ce que je peux ? »
M : « Oui, bien sûr Bud ! Que se passe-t-il ? Vous avez l’air d’être préoccupé ces derniers temps »
B : « C’est à dire, Madame… » Bud fit une pose et revint sur sa décision. Il ne pouvait pas lui demander.
- « Non, ce n’est rien. Désolé de vous avoir déranger. » Il s’apprêta à sortir
- « Bud !! Fermez la porte et asseyez vous. » l’interpella autoritairement Mac. L’avocat s’exécuta et un silence s’installa.
- « Non, je n’ai eu aucune nouvelle du capitaine Rabb récemment. »
- « Mais comment saviez-vous… »
- « Je ne suis pas dupe, Capitaine. Je sais bien que la ‘disparition’ de Harm inquiète tout le monde dans ce bureau… Je sais aussi que vous croyez tous que je sais quelque chose mais que je ne dis rien, égoïste que je suis !… »
- « Non, Madame ne dites pas ça… »
- « Arrêtez Bud. Ca se voit que ce n’est pas vous qui supporter tous les regards interrogateur de vos collègues et amis… tous ces regards qui cherchent le moment où vous allez faiblir et laisser échapper quelques détails croustillants sur le brillant Capitaine de Frégate qui a l’air totalement effondré… Je sais bien que ce n’est pas votre cas et que vous vous inquiéter réellement pour Harm mais je ne sais rien : il ne répond pas plus à mes appels qu’aux votre. »
- « Très bien, merci, Madame. » Bud se leva
- « Bud ?! Si je sais quelque chose, vous serez le premier à être au courant dans ce bureau… il vous fait confiance. »

 

 

Même jour, 21h39

Appartement de Harm

La visite de Bud avait fait prendre conscience à Mac que cela ne pouvait plus continuer ainsi. Harm se terrait chez lui comme s’il avait tout perdu. Mais c’était loin d’être le cas. Il lui restait ses amis, ils étaient là !
Elle prit une profonde inspiration et frappa trois coups secs à la porte.
Aucune réponse. Mac frappa de nouveaux. Toujours aucune réponse. Elle commença à s’énerver

« Harm !! Je sais que vous êtes chez vous !!! Ouvrez !…. Mais bon sang qu’est ce qui vous prend ? Vous n’allez pas rester cloîtré chez vous toute votre vie !… » Elle poussa un soupir d’agacement.

« Très bien ! Si pensez être plus têtu que moi, Harmon Rabb, vous vous trompez ! Je ne quitterai pas cet immeuble avant de vous avoir parlé… Vous devrez bien sortir un jour… j’espère… » Finit elle à voix basse.

Elle se laisse tombée contre le mur et place sa tête dans ses genoux et s’assoupit. Elle fut réveillée par des rires qui venaient du couloir. Elle jette un coup d’œil et aperçoit Harm avec une belle blonde pulpeuse aux bras. Mac resta sans voix et elle eut du mal à se relever.