00h20 GMT

MAISON DES ROBERTS

Bud couchait son fils et Harriet s'attelait à préparer leur repas lorsqu'on sonna.

-Colonel Mac Kenzie

Harriet n'y croyait pas. Son amie avait disparu depuis des semaines et à présent elle se trouvait devant elle. Elle était complètement ébahie.

-bonsoir Harriet, je peux entrer.

-bien sûr, madame.

Elles s'installèrent dans le salon. Harriet était ravie de voir son amie. Elle s'était beaucoup inquiéttée pour elle. Mais une seule pensée ne la quitter pas. Pourquoi était-elle là ? Bud les rejoingnit, et il resta stoique devant la présence du colonel dans le salon.

-bonsoir Bud

-…, colonel

Harriet avait repris ses esprits.

-madame, vous avez dîné.

-non, Harriet mais…

-je serais heureuse que vous partagiez notre repas, colonel.

-d'accord mais à une seule condition, que vous m'appeliez Mac. Et ce n'est pas négociable.

Elles sourièrent. Bud n'avait pas bougé, cette scène semblait irréelle. Elles le laissèrent ainsi et se dirigèrent vers la cuisine. Mac mit la table bientôt aidé par Bud. Tous fut rapidement prêt.

-Mac, je suis très heureuse de vous voir, vous semblez aller bien.

-oui, je vais bien… Harriet, Bud, je voudrai que vous me parliez de Mic

Les époux se regardèrent, ils ne savaient pas comment réagir. Harriet répondit la première.

-colonel

-Mac, s'il vous plaît.

-… Mac, nous voulions vous en parler mais nous ne savions pas comment. Lorsque Mic est… mort, nous avons beaucoup hésité et vous êtes partie. Nous nous en sommes voulus.

-vous ne devez pas, Mic était votre ami.

Rassurer par ses paroles, ils évoquèrent avec nostalgie leur ami. La soirée se passa très bien et tard dans la nuit. Ils évoquèrent les semaines passées au Jag et Mac leur expliqua le pourquoi de son départ. Leur amitié en ressorti grandie.

Mac reprit ses marques durant les deux jours suivants, elle n'avait pas encore rejoint le Jag. Depuis deux mois, elle réflichait sur son avenir. Elle avait toujours fait passer sa carrière avant sa vie privée. Elle savait ce qu'elle devait faire, mais elle ne trouvait pas le courage. Elle avait toujours su que sa relation avec Harm était plus qu'une relation amicale. Mais elle ne savait pas si ce sentiment était partagé. Elle ne savait plus. Elle avait peur. Tant de choses, c'était produit ses derniers mois.

00h15 GMT

APPARTEMENT DE HARM

 

 

Mac avait remarqué la présence de la voiture de Harm, elle savait qu'il était là. Elle avait décidé qu'elle suivrait les conseils de Mic. Elle avait répété durant des heures ce qu'elle allait lui dire, mais à présent devant cette porte elle hésitait. Sa dernière entrevue avec Harm avait été tendue. Vétue d'un pantalon de jean's et d'un petit débarder, elle était prête pour l'affrontement. Elle se décida enfin et frappa.

-Mac, je suis content de vous voir, entrez.

Harm la laissa entrer et l'invita à boire un café. Sarah était très tendue. Elle ne savait plus par où commencer. C'était à chaque fois la même chose lorsqu'elle se trouvait en face de lui. Elle n'avait prononcé jusqu'à maintenant qu'un simple bonsoir.

Quant à Harm, il mourrait d'envie de lui parler, il espérait ce moment depuis des jours, mais il avait préféré la laisser se réadapter à la ville. Il avait mille questions à lui poser. Et ils se firent face, ne se quittant pas des yeux, espérant que l'autre commence.

Ce fut Sarah qui se lança.

-Harm, je voudrai que l'on parle, que nous nous expliquions… et je voudrai m'excuser…

-vous excusez de quoi Mac.

-de mon attitude au chalet en premier lieu

-Mac, je ne vous en veux pas. J'étais inquiet.

-il ne fallait pas…

Harm devint très sérieux

-Mac je peux vous poser une question

-bien sûr

-pourquoi n'êtes vous pas venu me voir quand tout à basculer ? Quand Mic est mort ?

Mac se plongea dans sa tasse de café, elle était atablée, assise sur un tabouret haut. Elle savait qu'elle ne devait pas fuir, pas ce soir. Il fallait qu'elle se confie pour mieux avancer dans la vie. Elle savait qu'il était la clé à de nombreuses questions. Elle se leva lentement et se dirigea tenant son mug de café vers la fenêtre. Harm ne la quitta pas des yeux.

-lorsque j'ai appris la mort de Mic, je n'y ai pas cru. Cela me semblait impossible. L'amiral a du me tirer les vers du nez pour le savoir… Je ne voulais voir personne, même pas vous Harm… Comme vous le savez, nos relations n'étaient pas au beau fixe. A mon retour, j'ai cru que ça allait passer, mais les insommies ont succédé au cauchemards… Et j'ai craqué.

Une larme coula le long de sa joue qu'elle essuya rapidement. Cela allait être plus dur qu'elle ne l'avait pensé. Harm l'avait rejoint et avait posé sa main sur son épaule.

-pourquoi n'êtes vous pas venue me voir à ce moment ?

-vous ne pouviez rien y faire Harm. Je culpabilisais pour la mort de Mic. Je me sentais responsable.

-mais de quoi, Sarah ?

Harm la força à le regarder. Ils n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.

-si je l'avais épousé, il ne serait pas reparti en Australie et n'aurait pas été tué.

Elle ne pouvait plus retenir ses larmes. Harm lui prit le mug de café et le posa sur le rebord de la fenêtre. Et doucement il l'enlaça. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes qu'elle se calma. Lentement il lui pris de la main le menton afin qu'elle le regarde dans les yeux.

-Sarah, Mic est parti, c'était son choix. Vous n'êtes en rien dans sa mort. Lorsqu'il a pris la mission, il savait ce qu'il risquait. Nous sommes des militaires et nous savons que nous pouvons mourir.

-je sais tout cela. Je l'ai accepté. Mais il ne méritait pas de mourir ainsi.

 

En disant cette dernière phrase, elle avait exprimé toute la colère qu'elle avait. Elle se décala de Harm. Toute cette conversation lui rappelait de mauvais souvenirs qu'elle voulait oublier.

Elle reprit son café, et le bu, se retournant vers la vitre. Il fallait qu'elle reprenne son calme avant tout. Que pouvait bien dire Harm après ces paroles. La mort était une chose cruelle et injuste. Mais on n'y pouvait rien. Harm la laissa se calmer et attendit.

-Mac, Mic était un homme bien, personne ne mérite de mourir comme cela mais c'était son destin. Comme s'était son destin de retourner en Australie.

En attendant cela, un faible sourire éclaira le visage de Sarah et sans se retourner, elle reprit calmement.

-vous savez lors du dîner de répétition, Bud nous avait dit : «votre union est une simple question de destin ». Lorsqu'il a dit cela il était complètement trempé, on aurait dit qu'il avait pris sa douche tout habiller… Et on a appris votre accident et cela a été le début de la fin du mariage. Et il a compris… qu'il ne serait jamais seul dans mon cœur.

Elle se retourna et le fixa dans les yeux. Harm n'avait pas bougé, il se tenait toujours derrière elle.

-Harm, que voulez-vous le plus au monde ?

Cette phrase avait été prononcée, il y a plus d'un an. Aucun des deux n'avaient oublié cette soirée, cette mise au point sous le porche de l'amiral.

-ce que je veux le plus au monde, Mac, c'est de ne jamais vous perdre.

-mais encore…

Aujourd'hui, cette réponse ne la satisfaisait plus. Ils étaient tous les deux libres. Leurs yeux ne s'étaient pas quittés.

-ce que je veux Mac, c'est que tout redevienne comme avant, notre amitié, notre complicité. Et nous verrons ensuite…

Harm vit dans les yeux de Mac que ce n'est pas cela qu'elle attendait. Elle semblait si déçue.

Mac baissa le regard et s'écarta de Harm. Elle avait sa réponse. Elle se sentait si trahie, si meurtrie. Il lui demandait d'attendre encore. N'avait-elle pas assez attendu cet homme ? SI. Ce soir était sa dernière chance, et il l'avait raté. Elle se dirigea vers le bar et prit sa veste. Harm commença à paniquer, il réalisa ce que cela signifiait.

- Mac, ne partez pas.

Elle lui fit un geste de la main de ne plus approcher. Elle devait se contrôler devant lui, ne pas craquer.

-j'ai compris, Harm, vous me demandez du temps. Vous me l'avez déjà dit une fois, souvenez-vous... Un homme que j'aimais m'a quitté parce qu'il ne comprenait pas la relation que j'avais avec vous. Ce lien spécial qui nous unissait…

-Sarah, ce que je voulais dire c'est que je ne suis pas encore prêt de passer à ce type de relation…

-Harm, je vais vous poser une seule question et je veux une réponse honnête…

Mac lui avait coupé la parole car elle sentait qu'il allait trouver une excuse bidon : peur pour leurs relations professionnelles…

-est-ce que vous m'aimez Harm ?

-oui, dit-il du bout des lèvres

Elle enfila rapidement sa veste et se dirigea vers la porte. Harm n'avait pas bougé de sa place. Avant de quitter l'appartement, elle se retourna et lui dit tout simplement bonsoir. Mais Harm l'attrapa par le bras au dernier moment et la força à le regarder

-Mac, je ne suis pas seul, mais…

-bonsoir Harm dit-elle déçu.

Lorsqu'elle quitta l'immeuble, une fine pluie tombée, Mac pleurait toutes les larmes de son corps. Sans le vouloir Harm lui avait asséné le coup de grâce. Il n'était pas seul. Elle avait sa réponse. Elle remonta dans sa voiture, espérant de toute son âme que Harm la rattrape. Mais lui, la regardait de sa fenêtre. Il n'avait pas encore pris conscience de toutes les conséquences de ses dernières paroles. Il l'avait repousser une fois de trop.

Elle roula pendant une heure. Elle savait exactement où elle en était.

Elle frappa à la porte de la maison de l'amiral Chegwidden, elle devait lui parler et le remercier.

-bonsoir amiral. Je ne vous dérange pas

-bien sur que non, Mac, je suis ravie de vous voir, entrez, je vous en pris

Il s'effaça de l'entrée pour la laisser entrer dans le salon.

-vous voulez un café, Mac.

-volontiers monsieur

Il revint rapidement avec un plateau. Il savait qu'elle était revenue de la montagne. Harm l'avait appelé dès son retour. Il savait qu'elle allait venir.

-comment allez-vous Mac ?

Elle savait que l'homme face à elle n'irait pas par quatre chemins.

-très bien monsieur, j'ai fait la paix avec moi-même. Je voudrai vous remercier pour votre aide, amiral. Je vous rends les clés de votre maison. Elle tient toujours debout, monsieur.

Elle souriait. L'amiral était content de la voir en pleine forme.

-Mac, je suppose que vous ne venez uniquement pour cela.

-en effet monsieur. Permission de parler librement.

-permission accordée, colonel.

-J'ai beaucoup réfléchi ses dernières semaines et je voudrai être muté. Je voudrais tout recommencer.

L'amiral n'y croyait pas. Il avait du mal entendre. Il s'énerva.

 

-Je vous demande pardon, colonel. Vous voulez encore une fois partir. Je vous préviens tout de suite, si vous partez, ne compter pas revenir au JAG.

Mac se doutait de la réaction de son commandant. Elle en acceptait toutes les conséquences. Elle reprit calmement.

-J'en suis consciente, monsieur... La mort de Mic m'a obligé à faire le point sur ma vie. Je m'en suis beaucoup voulu après. Je me sentais coupable. Et Mic m'a aidé à l'accepter…

Devant le regard médusé de son commandant, elle continua. A.J. se calma

-…Sa mère m'a fait parvenir une lettre qu'il n'avait pas eu le temps de m'envoyer.

-Mac, en avez-vous discuter avec Harm ?

-oui, monsieur et pour être honnête, il est une des raisons pour lesquelles je voudrai être muté.

-vous êtes sûr, Mac, ce serait un pas en arrière pour votre carrière.

-je le sais monsieur… Harriet m'a parlé d'un poste en Afghanistan.

-vous êtes vraiment sûr, Mac.

-oui, monsieur.

-dans ce cas, présentez-moi une demande de mutation et je la ferai suivre.

-bien, monsieur. Avec votre permission, je voudrais reprendre mon service dès demain.

-accorder, colonel.

L'entretien se finit rapidement et Mac prit congés de son commandant. Elle avait fait le bon choix. Elle en était sûre.

TROIS SEMAINES PLUS TARD

17H20 G.M.T.

QUARTIER GENERAL DU JAG

FALLS CHURCH, VIRGINIE

Mac avait repris son service sereinement. Elle s'était remise dans le bain rapidement. Mais elle n'avait rien dit à personne concernant sa demande de mutation.

Quant à Harm, il s'était expliqué avec Mac calmement. Il était soulagé. Elle comprenait qu'il lui fallait du temps, elle l'acceptait. Ils s'étaient rapprochés, avaient retrouvé une certaine complicité. Leur relation s'améliorait. Mac s'en contentait. Elle avait fait une croix sur Harm. Elle était en paix avec elle-même, elle ne l'attendrait plus. Harm espérait encore. Il n'avait pas encore eu le courage de rompre avec sa petite amie actuelle, Emilie. Il voulait avant tout retisser des liens avec Mac.

Tiner se présenta dans le bureau de Mac.

-colonel, l'amiral voudrait vous voir.

-merci Tiner, j'arrive tout de suite.

Rectifiant sa tenue, elle se dirigea vers le bureau de son commandant. Elle avait transféré sa demande de mutation dès son retour, et depuis ils n'en avaient pas rediscuté.

-repos, colonel. Asseyez-vous.

-merci, amiral.

-colonel, je viens de recevoir votre ordre de transfert pour l'Afghanistan… Un seul mot de votre part et vous restez.

-je vous remercie, monsieur, mais je n'ai pas changé d'avis.

-dans ce cas, colonel, vous êtes attendus à Andrews dans trois jours… Faites le point de tous vos dossiers avec le lieutenant Roberts et le capitaine Turner. Le capitaine Rabb ne devant être de retour que dans une semaine, nous parerons au plus pressé.

Mac se leva et se mis au garde à vous.

-à vos ordres, amiral… Monsieur, c'est un honneur d'avoir servi sous vos ordres.

-rompez, colonel

Elle quitta le bureau de son commandant se disant qu'une page de sa vie venait d'être tourné.

Le reste de la journée, elle s'afféra à faire le tri de ses dossiers en compagnie de Sturgis et de Bud. C'est à ce moment qu'ils apprirent la mutation de leur amie, essayant de comprendre.

Mac n'avait pas prévenu Harm coincé à Seattle pour une cour martiale pour le reste de la semaine. Elle le ferait le moment venu mais pas avant. Elle avait tant de chose à préparer avant son départ.

Deux jours plus tard, ils se retrouvèrent tous au Mac Murphie pour le pot de départ du lieutenant colonel Sarah Mac Kenzie. Tous étaient présent. Harriet était triste, elle avait aidé Mac à se préparer pour son départ. Elles s'étaient mises d'accord concernant la garde de Jingo. Harriet avait essayé de comprendre la décision de son amie. Elle tournait tout simplement une page de sa vie.

L'ambiance était détendue, chacun disait au revoir à Mac.

-amiral.

-oui, colonel.

-je voudrais vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi.

-je n'ai rien fait, Mac.

-bien au contraire, monsieur. Vous avez été un ami.

-Mac, je voudrai que vous me fassiez une promesse.

-tout ce que vous voulez, monsieur.

-faites attention à vous.

-à vos ordres monsieur… Amiral, permission de vous serrez dans mes bras.

-accorder, colonel.

Ils s'enlassèrent un bref instant et Mac lui dit dans l'oreille.

-vous me manquerez, amiral

Ils se regardèrent dans les yeux. L'amiral A.J. Chegwidden perdait un excellent avocat et officier, et surtout une amie, il souffla :

-vous aussi, Sarah.

Elle prit sa veste et se dirigea lentement vers la sortie, une larme coulait. Elle fit un geste à tout le monde et partit dans la nuit noire.

Tout compte fait, l'absence de Harm lui avait fait du bien. Elle n'aurait pas supportait d'autres adieux. Ils devenaient si douer en la matière. Elle aurait certainement craqué.

C'est Bud et Harriet qui la déposèrent à Andrews, elle ne savait pas combien de temps elle partirait. Les adieux furent difficiles. Mac préféra les écourter pour le bien de tout le monde. C'était mieux ainsi.

Elle ne devait embarquer que dans deux heures. Elle s'était changée et revétu son uniforme pour partir. Elle avait le plus reculé l'appel qu'elle devait donner. Après il serait trop tard. Elle voulait lui dire adieu.

-capitaine Rabb

-Harm, c'est Mac.

-ça va, Mac, je vous manquai ou quoi pour m'appeler à cette heure.

-oui et non, Harm…

-quelque chose ne va pas.

-non, Harm, je vous téléphonai pour vous dire au revoir…

-comment ça, au revoir. Qu'est-ce que vous voulez dire ?

-je m'en vais, Harm.

Harm commença à paniquer, il ne comprenait rien à ce que disait Mac. Il se trouvait à des centaines de kilomètres, sur une base militaire.

-Mac, je ne comprends rien à ce que vous dites.

-Harm, ce que j'essais de vous dire c'est que je quitte Washington.

-Ecouter, Mac, ne bougez pas, je prends le premier vol et nous parlerons.

-ce n'est pas la peine. Je serai dèjà parti lorsque vous arriverez.

-écoutez-moi Mac. Vous ne pouvez pas partir. Nous avons tant de chose à nous dire.

-Harmon, c'est trop tard. Je pars.

- non, Sarah, vous ne pouvez pas partir comme cela… Je vous aime.

-je le sais que trop bien. Et moi aussi je vous aime. Mais j'en ai assez d'attendre. Ce n'est pas de votre faute ou de la mienne ; c'est une simple question de destin.

Harm écoutait, essayant de reprendre son calme. Il prenait conscience peu à peu qu'il la perdait à tout jamais, qu'elle le quittait.

-Mac, où partez-vous ?

-j'ai obtenu une mutation et mon avion part dans moins d'une heure.

-vous ne répondez pas ma question.

-peu importe où je pars, je voulais simplement vous dire adieu

-pourquoi ne pas me l'avoir dit ?

-cela n'aurait rien changé, Harm.

-peut-être que si…

-Harm, je dois embarquer… Adieu.

Et elle raccrocha, des larmes perlaient au coin de ses yeux. Elle pensa «adieu mon amour ». Elle ferma son portable, prit son sac et embarqua dans l'avion.

Une nouvelle page de sa vie s'ouvrait.

Et les semaines passèrent.

Mac gardait contact avec les Roberts. Harm avait tenté de prendre contact avec elle depuis son départ. Il lui écrivait mais elle ne répondait pas. Mac voulait l'oublier pour se concentrer sur son travail.

Et les mois passèrent.

18 MOIS PLUS TARD

14H45 G.M.T

QUARTIER GENERAL DU JAG

FALLS CHURCH, VIRGINIE

Tous s'activaient au bureau lorsque les portes de l'ascensseur s'ouvrirent sur une jeune femme magnifique vétu d'un uniforme de colonel du corps des marines. Certains la reconnaissaient mais n'osaient pas y croire.

Le sergent Gallindez la reconnu dès qu'elle sortie de l'ascenseur, il cria « FIXE ». Tout le monde dans le bureau se leva et se mit au garde à vous pour l'acceuillir.

Ce privilège n'était réservé qu'aux amiraux. Mac fut surprise de cette attention. Elle s'arrêta à l'entrée du bureau et dit « REPOS ».

Le Sergent l'acceuilli chaleureusement.

-Ravi de vous revoir colonel

-moi aussi sergent.

Puis elle se dirigea rapidement vers le bureau de l'amiral. Tiner se mit au garde à vous dès qu'il la vit. Il semblait heureux de la voir. Tous avaient suivi ses hauts faits en Afghanistan, et ils étaient tous fiers d'elle.

-colonel Mackenzie, je suis heureux de vous voir.

-repos, moi aussi, Tiner. L'amiral est-il disponible.

-je vais vous annoncer, madame.

-laissez moi lui faire la surprise.

-à vos ordres, madame.

Elle frappa et attendit la réponse qui ne se fit pas attendre. Elle entra. Le juge avocat Général était plongé dans la lecture d'un dossier et n'avait pas encore vu son visiteur. Lorsqu'il découvrit qu'il s'agissait de Mac, il retira ses lunettes et se leva.

-Mac quelle belle surprise.

-bonjour, amiral…

Elle était restée devant le bureau, l'amiral s'était rapprochée d'elle.

-permission de vous serrez dans mes bras, amiral

-avec le plus grand des plaisirs, Mac.

Ils s'enlassèrent quelques secondes et se séparèrent

-depuis quand êtes-vous rentrer, Mac

-quatre heures et dix sept minutes, monsieur. Je ne pouvais pas passer par Washington sans vous saluer.

-j'en suis heureux, colonel.

-j'espère que je ne vous dérange pas, monsieur.

-pas du tout, Mac lui dit-il tout en souriant.

-pourrai-je inviter le juge avocat général à déjeuner.

-à une condition, c'est moi qui invite.

-dans ce cas, je ne peux pas refuser.

Ils quittèrent ensemble le bureau. A.J. donna l'ordre de ne pas le déranger.

Mac avait fait le tour du Jag des yeux, de nouveaux visages et de plus anciens lui souriaient.

A.J. avait choisi un petit restaurant non loin du jag. Il y avait beaucoup de militaires présents. Dès qu'ils virent les deux officiers supérieurs, ils se levèrent. D'un simple geste de la main, l'amiral leur signifia de rester assis.

Ils s'attablèrent et commandèrent.

-Mac, je vous félicite pour votre avancement et vos nombreuses décorations. J'ai suivi votre parcourt.

-merci, monsieur… J'ai été promu juste avant mon départ et je dois certaines décorations à Webb…

Devant le regard interrogateur de son ancien commandant, elle poursuivit.

-…je me suis retrouvée embarquer dans des affaires compliquées. La CIA y était impliquée, donc Webb. Ce qui m'a obligé à «collaborer » avec. Et vous savez qu'avec Webb, les affaires se compliquent tout naturellement. De fil en aiguille nous avons travaillé ensemble. Il me semble que nous avons fait du bon boulot.

-c'est ce que j'ai appris, Mac.

Leurs plats étaient arrivés, ils commencèrent à déjeuner dans le silence. Cela faisait tout drôle à Sarah de se retrouver chez elle, loin des champs de batailles, ne devant plus rester 24 heures sur 24 sur ses gardes.

-c'est la première fois que vous revenez aux Etats Unis depuis votre départ.

-en effet, monsieur. Je ne le réalise pas encore, je dois dire. J'ai deux mois de permission que je passerai dans le Vermont.

Après un moment de silence, l'amiral reprit

-ça a été dur, n'est-ce pas, Mac

-oui, monsieur… J'étais partie en tant qu'avocate et je me suis retrouvé officieusement à la tête d'un commando de marines et d'espions.

- … à mon retour du Vietnam, il m'a fallu beaucoup de temps pour me réadapter à la vie. Mais j'ai réussi… Après vos congès vous y retournerez.

- non, monsieur, j'attends ma nouvelle affectation. Ce sera soit l'Irak soit l'Europe. Je ne connais pas Paris, ce sera l'occasion dit-elle avec un large sourire.

-colonel, vous le saurez quand ?

-dans environ quinze jours, monsieur. Clayton Webb m'a avoué avant mon départ qu'il s'agirait certainement de l'Irak. Ils ont besoin de mes connaissances en farsi.

Ils discutèrent encore une heure de leur vie, entre amis. De retour au Jag, Mac rencontra Harriet qui lui sauta presque dans les bras. Elle l'invita le soir même. Cela faisait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus. Et même leurs messages e-mail durant ces longs mois n'étaient pas la même chose. De toute façon, Mac ne partait pas avant deux jours dans le Vermont alors pourquoi pas.

La soirée se termina tard le soir. Ils avaient beaucoup ri en voyant les facéties du petit AJ. Bud était ravi de voir son amie rire.

Elle avait regagné son appartement tard dans la nuit. Elle avait eu le temps de le ranger dans l'après-midi. C'est en rentrant qu'elle réalisa qu'elle était enfin chez elle, en sécurité.

Mais elle n'eut pas le temps de réellement s'installer lorsqu'on frappa à la porte. Il était près d'une heure du matin, elle était exténuée et tout ce qu'elle voulait faire était de prendre une douche et aller se coucher.

-bonsoir, Mac

-Harm, il se fait tard

-je sais, excusez-moi. Mais je voudrai vous parler et je sais que vous partez dans le Vermont demain.

Mac s'effaça de l'entrée et lui fit signe d'entrer.

-vous voulez du thé

-avec plaisir

Elle se dirigea vers la cuisine. Il n'avait pas changé depuis son départ ne cessait-elle de penser. Il avait toujours un charme fou.

Elle revint quelques minutes plus tard. Harm n'avait pas bougé. Elle s'installa dans le canapé et attendit qu'il s'assoit à son tour.

-pourquoi êtes-vous là Harm ?

-vous devriez le savoir… Je vous ai écrit mais vous ne m'avez pas répondu.

-j'étais très occupée, Harm.

-oui, je sais, toutes mes félécitations pour votre promotion.

-merci… Ecoutez, Harm, je suis fatiguée et je suppose que vous n'êtes pas venu uniquement pour cela. Que voulez-vous Harmon ?

-je… Je vous veux vous, Mac. Et cette fois, je ne fuirai pas. Je vous aime Sarah.

Mac était très surprise par les paroles de son ami. Durant des mois elle avait tout fait pour l'oublier. Mais là il était devant elle, lui disant qu'il aimait, qu'il la voulait. Elle avait tant attendu ces paroles.

Aucun des deux n'avaient touché à leur thé. Sarah se leva, et lui dit :

-Harm, il est trop tard…

En entendant cela Harm se leva à son tour, et se dirigea vers elle. Il ne voulait rien entendre de plus. Délicatement il l'embrassa, faisant passer tout son amour dans ce baiser. Mac s'écarta un peu de lui.

-non, Harm, vous ne pouvez pas débarquer encore une fois dans ma vie et tout chambouler…

Harm s'empara à nouveaux de ses lèvres passionnément, comme si c'était sa dernière chance de la concquérir. Mac ne fut pas insensible, elle allait sucomber. Harm la serrait de plus en plus.

Au bout de quelques secondes, elle reprit ses esprits et posa ses mains sur son torse. Ils se regardaient à présent dans les yeux, Harm l'enlassait encore.

-non, Harm, ce n'est pas possible. J'ai trop souffert …

Mac avait des trémolos dans la voix, elle n'était pas du tout sûre d'elle. Harm l'avait très bien ressenti. Il ne lacherait pas. Il ne la laisserait pas partir encore une fois. Il l'avait déjà perdu, il savait qu'elle l'aimait. Depuis 18 mois, il ne vivait plus. Il l'attendait depuis. Il la coupa avant qu'elle ne poursuive.

-je t'aime, Sarah

Et délicatement il l'embrassa de nouveau, avec une douceur qu'il ne se connaissait pas. Et Mac succomba.

Peu à peu les baisers devinrent passionnés.

Les caresses devinrent insistantes, les mains de Harm commençaient tout doucement à se glisser sous le tee-shirt de Mac. Ses lèvres se voulaient de plus en plus possessives.

Soudain, Mac réalisa ce qu'il était en train de se passer. Elle le repoussa assez fortement pour qu'il comprenne.

Harm la regarda dans les yeux, tentant d'y déceler le doute. Il avait encore ses bras autour de la taille de Mac.

Sarah avait posé ses mains sur le torse de son ami afin d'éviter qu'il ne recommence.

-Harm, vous devriez partir, dit-elle dans un souffle.

-Mac, je… Sarah, je vous aime et je…

Elle déposa délicatement sa main sur la bouche de Harm pour qu'il ne continue pas sa phrase.

-écouter, Harm, c'est trop tard, je vous ai attendu plus que je n'aurai du. Je ne veux plus souffrir… Harm, je vais partir, partir très loin d'ici et il ne faut pas.

Elle n'avait pas quitté ses yeux lorsqu'elle prononça ces mots, ces mots implaccables qui signifiaient tout.

Lentement il la libéra sans quitter son regard.

-je vous ai tant fait souffrir ? … Pourrez-vous un jour me pardonner ?

-j'y travaille depuis dix huit mois Harm.

Il se dirigea vers la sortie, réalisant qu'il l'avait perdue à tout jamais. Il enfila sa veste, mis sa main sur la poignée et se retourna une dernière fois vers elle.

Elle n'avait pas bougé, les bras le long du corps.

-Sarah, si je vous écris, vous me répondrez ?

C'était plus une supplique qu'une question.

-oui, je vous répondrai, Flyboy dit-elle avec un léger sourire.

-alors je vous écrirai… Bonne Nuit Sarah.

Sarah n'en revenait pas. Elle avait réussi à résister à l'homme qui hantait ses nuits depuis des années.

Lorsqu'elle avait quitté les Etats Unis, elle pensait avoir fait le bon choix. Le meilleur choix pour tous les deux. Elle pensait pouvoir l'oublier, d'accepter qu'il ne serait sien.

Durant les longues missions d'infiltration en Afghanistan, elle avait cottoyé la mort de près. Elle avait perdu des hommes, des amis. Elle avait été blessée, mais inconsciemment pour tenir le coup elle pensait à son pilote, ce pilote inaccessible.

Lorsqu'elle avait quitté son pays, elle s'était fait une promesse à elle-même : elle ne souffrirait plus jamais. Elle avait dèjà souffert suffisamment au cours de sa vie.

Et aujourd'hui dans son appartement, loin des champs de bataille, dans les bras de Harm, elle s'était si bien mais si vulnérable.

C'est le souvenir de cette souffrance, cette barrière mentale qui l'avait stoppé.

Oui aujourd'hui, elle ne souffrirait plus.

Oui aujourd'hui, ce fut la dernière fois que le capitaine de frégate Harmon Rabb vit le colonel Sarah Mac Kenzie.

Fin.