Partie 5

 

Mardi 12 novembre 2001
14h00 GMT
QUARTIER GENEARL DU JAG
FALLS CHURCH, VIRGINIE

 

Le lieutenant colonel Sarah Mac Kenzie arriva de bonne heure à son bureau, elle n’avait pas encore fait sa lettre pour l’amiral. C’est donc avec beaucoup de difficulté qu’elle s’attela à la rédiger. En regardant les militaires s’activaient, elle se remémorra certains épisodes de sa vie. Le lieutenant Sims, son mariage, son fils. Le lieutenant Roberts et ses théories extravagantes. Tyner et sa gentillesse. Le sergent artilleur Gallindez, bravoure et dévouement. L’amiral, son ami avant tout d’être son commandant, il l’avait montré dans bien des cas. Et le capitaine de fregate Harmon Rabb Junior, l’homme qu’elle aimait et qu’elle avait perdu.
Elle avait perdu la notion du temps, son rendez-vous avec l’amiral avait lieu dans cinq minutes. Elle se leva, vérifia sa tenue, glissa sa demande de mutation dans un dossier et quitta son bureau.
Elle n’avait pas beaucoup dormi, et semblait exténuer. Des vacances seraient les bienvenue. A son arrivée dans l’antre de l’amiral, Tyner se leva aux gardes à vous et elle lui adressa un triste sourire.

-Tyner, l’amiral est libre ? J’ai rendez-vous avec lui.
-oui, madame, je le prévients de votre arrivée.
Une minute plus tard elle entra dans le bureau. Rapidement, l’amiral la fit asseoir. Il avait remarqué la mine fatiguée de son colonel.
-colonel, je viens d’avoir le contre amiral Banks au téléphone, responsable du Jag du pacifique. Ils ont besoin de quelqu’un rapidement. Je transférerai directement votre demande à son service.
-merci, monsieur. Elle lui tendit alors le dossier.

Il l’ouvrit et lu sa demande de mutation. Il avait espéré qu’elle ne la ferait pas.

-Mac, vous êtes sûre de vous.
-oui monsieur, j’y ai longuement réfléchi. Plus rien ne me retient ici dorénavant dit-elle dans un souffle. A J Chegwidden compris que Harm ne l’avait pas retenue.
-Ca sera tout alors Colonel, rompez.

Mac quitta alors le bureau le cœur léger une nouvelle vie s’offrait à elle. Tout du moins si elle avait le poste.
L’amiral A J Chegwidden s’adossa à son large fauteuil de cuir, soupira et dans un souffle dit « Et merde ! ». Il perdrait donc l’un de ses meilleurs officiers. Une de ses amies. Avait –il le droit d’interférer dans sa vie en prenant les devants avec le capitaine  Rabb. Durant toute sa carrière, il s’en voulait pour la première fois d’être le commandant de ce service. Mais avant tout il savait que le lieutenant colonel Mac Kenzie était capable et était un excellent second. Cette mutation profiterait à sa carrière. Elle avait prouvé à maintes reprises son dévouement et son professionalisme. S’il ne persuadait pas Harm, il ferait tout pour qu’elle ait ce poste. Elle le méritait.

Mac vaqua à ses occupations le reste de la journée. A aucun moment elle ne vit le marin. Epuisée, elle quitta le JAG de bonne heure, avec l’autorisation de l’amiral. Elle avait besoin de repos avant tout. De toute façon, elle ne courrait pas après l’amour de sa vie. Elle lui avait dit la vérité et il ne l’avait pas supporté. Tant pis pour lui. Durant ses longues hospitalisations, elle avait réfléchi à la perte de son enfant. Le médecin lui avait dit qu’elle était enceinte de plus d’un mois. Elle ne l’avait dit à personne, elle gardait cela pour elle. Elle faisait son deuil, seule. Elle n’avait même pas eu le temps de réfléchir ce qu’elle aurait fait, l’enfant lui avait été enlevé trop tôt. Elle voulait des enfants, c’est sûr. Elle en avait parlé avec Mic. Son horloge biologique tournait. Elle l’aurait gardé quoiqu’il puisse arriver, l’aurait élévé seule et l’aurait aimé. Mais c’était trop tard.
Dorénavent sa carrière serait sa priorité. Elle avait rejetté un homme qui l’aimait pour un autre qui la rejettait à présent. Décidement elle n’avait de chance en amour. Tous les hommes qui avaient traversé sa vie était mort ou l’avait quitté.

Le capitaine de frégate Harmon Rabb Junior évita soigneusement le Jag ce jour. Sauvé par une cour Martiale, il ne voulait pas affronter Sarah. Il ne cessait de penser « elle est enceinte d’un autre homme ». Que voulait-elle qu’il lui dise, que ce n’était pas grave, qu’il l’aimait. C’est vrai qu’il aimait mais…
Il retourna au Jag que vers 18h, les bureaux se vidaient. Il s’enferma dans son bureau, installé dans son fauteuil, il regardait par la fenêtre, plongé dans ses pensées. Il n’avait pas envie de rentrer chez lui, pourquoi faire. Dès son entrée il avait vu que le bureau de Mac était vide, il était soulagé d’un côté. Il n’avait pas envi de finir ses dossiers mais s’y força. Il valait mieux travailler que de penser à Mac. Plongé dans la lecture il ne remarqua même pas que l’amiral avait frappé à sa porte. Dès qu’il le vit, il se leva mais l’amiral pris les devants.

-Repos capitaine… Vous travaillez encore, capitaine.
-oui, monsieur j’avais encore quelques dossiers à lire. Je peux faire quelque chose pour vous, amiral.
-en effet, capitaine mais… Ca vous direz de venir boire une bière.
Un peu surpris le capitaine se repris rapidement.
-Pourquoi pas, monsieur ?

Il rangea ses dossiers pris ses affaires et ils quittèrent le Jag ensemble. Ils se donnèrent rendez-vous au Mac Murphies.
Ils s’installèrent à une table à l’écart des clients et commandèrent chacun une bière.

-Capitaine je ne voulais pas vous parler au Jag, ma démarche est personnelle.

Harm savait maintenant de quoi voulait parler l’amiral. Un peu surpris par l’attitude de son commandant, il savait que l’intervention de l’amiral était purement amical. Il ne lui en voulait pas.
-je vous écoute monsieur.
-eh bien, Le colonel Mac Kenzie est venu me voir ce matin pour me remettre sa demande de mutation pour le pacifique. Ils ont besoin rapidement de quelqu’un et Mac est parfaite pour ce poste. Elle m’en avait parlé à Tunis et je ne voudrai pas qu’elle parte pour les mauvaises raisons.
-le colonel m’en a parlé récemment, amiral.
-je ne transférerai sa demande que dans deux jours si elle le souhaite encore et si tel est le cas, j’useraide toute mon influence pour qu’elle obtienne ce poste, répondit l’amiral sur un ton autoritaire.

Il espérait qu’il ferait bouger le capitaine en lui parlant ainsi. Il outrepassait ses prérogatives. Il savait maintenant que la balle était dans son camp. Il avait décelé depuis un petit bout de temps la complicité qui existait entre les deux militaires. Et depuis le repas préparatoire du mariage de Sarah, il savait que quelque chose de beaucoup plus fort existait entre eux. Mais il enfonça d’avantage le clou.

-ne vous méprenez pas sur mes intentions, Harm. Mac est un de mes meilleurs éléments, peut-être que sa dernière mission l’a touché plus que l’on ne le pensait. Selon elle, plus personne ne la retient à Washington.

Il avait intentionnellement appuyé sur le mot «personne», il fixait Harm pour voir une réaction. Le capitaine l’avait écouté attentivement mais l’avait-il entendu et compris. Il l’espérait de tout son cœur.
Harm réfléchissait , il ne savait que répondre. La discussion dévia sur d’autres sujets et ils se quittèrent peu après.
Harm avait besoin de réfléchir avant tout.

Sarah et Harm dormirent très mal tous les deux, chacun pensant à l’autre.
Le lendemain se déroula comme s’il ne s’était rien passait deux jours auparavent. Ils s’évitaient soigneusement.  Les seuls échanges qu’ils étaient tenus d’avoir étaient courtois sans plus. Tout le monde au Jag s’en était rendu compte. Et le temps passait. L’amiral enverrait la demande de Mac le lendemain matin. Rien ne semblait remettre en cause cette donnée.
Epuisée, Mac demanda un jour de congés, elle devait se rendre à Bestesda pour de nouvelles analyses. Ce qui lui pendrait une grande partie de la journée. La tension entre les deux militaires était à son comble et Mac vivait très mal la situation. Ses traits étaient marqués, elle avait perdu du poids depuis Tunis, même son travail ne semblait plus l’interresser. Elle n’avait qu’une hate : quitter Washington. Elle en était  au point de se dire que si elle n’avait pas sa mutation, elle quitterait les marines afin de tourner la page définitivement. Elle trouverait du travail en tant qu’avocate dans le civil. Elle ne pouvait plus travailler avec lui.
Malheureusement, elle devait mettre en place un dossier épineux avec le lieutenant Roberts. Bud avait entendu parler du départ du colonel Mac Kenzie, il se précipita dans son bureau suivi de près de sa femme. Mac était en train de rassembler ses affaires lorsqu’ils entrèrent dans son bureau.

-Excusez-moi colonel.
-Je vous écoute Bud.
-C’est au sujet de l’affaire Ford, j’ai appris que vous ne veniez pas demain et…
-ah oui, je l’avais oublié. Je ne sais pas. On pourrait voir cela ce soir si vous êtes libre.
-madame si je permets, ajouta Harriet vous pourriez venir à la maison et dîner avec nous. J’en serai ravi.

Harriet se demandait à ce moment précis si elle n’avait pas poussé le bouchon un peu loin. Inviter son supérieur à dîner.
Mac leva les yeux, Bud ne savait pas où se mettre.

-Vous êtes sûr Harriet, je ne voudrai pas vous déranger.
-Nous en serions très heureux. Et vous pourriez travailler en dehors de ces murs. A.J. sera ravi de vous revoir aussi Colonel.
-Pourquoi pas alors.
-19h, cela vous convient madame.
-C’est parfait. Excusez-moi mais je suis déjà en retard. Je vous retrouve chez vous.

Il était 17h, lorsqu’elle rentra chez elle, elle avait besoin de faire un break. Cette soirée chez les Roberts lui ferait le plus grand bien. Se retrouver avec des amis et voir le petit A.J.. A cette pensée elle versa des larmes au souvenir de son enfant perdu.
Elle se prépara dans une tenue décontractée et se rendit chez les Roberts avec ses dossiers.

« Je vais me marier, Harm, que pensez-vous qu’il y ait entre nous », c’est sur ses paroles que Harm se réveilla, il était 22h. Il s ‘était endormi dans son canapé. Il avait rêvé de ces mots, c’est Mac qui les prononçait sous le porche du domicile de l’amiral. Et il compris enfin,  c’était devant ses yeux mais il avait refusé de le voir. Mac avait quitté Mic pour lui le jour de son mariage et lui l’a jugé. Il se précipita sous la douche et monta dans sa voiture. Il était 23h lorsqu’il se trouva devant la porte fermée de l’appartement de Mac. Il lui téléphona sans résultat, lui laissa des messages. C’était sa dernière chance, la lettre était envoyée demain dans la matinée. Et connaissant l’amiral il ferait tout pour qu’elle ait sa mutation. Il pouvait faire des exploits, sa réaffectation en service actif en tant que pilote en avait été la preuve.
Il l’attendrait. Il avait constaté que sa voiture n’était pas là. Elle ne tarderait pas.

Pendant ce temps, Sarah passa une agréable soirée avec Harriet et Bud. Dés le début son arrivée, elle leur demanda de l’appelait Mac. Ils n’étaient pas de service. C’est avec un peu de difficulté que les discussions commencèrent. Bientôt les éclats de rires fusèrent devant les péripéties du petit A.J.. Ils avaient de la chance, pensa Mac. Ils sont heureux.
Puis après le repas, le travail repris le dessus, Harriet les laissa étudier le dossier qu’ils devaient instruire ensemble. Ce n’est que vers minuit trente que Mac quitta la résidence des Roberts. Elle avait réussi à se détrendre en leur compagnie. Maintenant elle n’avait plus qu’une idée se coucher. Elle était vidée.
Elle rentra directement chez elle. Harm la guettait dans un petit restaurant face à l’entrée de la résidence. Dès qu’il la vit il régla l’addition et se précipita chez Mac.
Elle venait de poser ses dossiers et se dirigeait vers la salle de bain lorsque l’on frappa à la porte. Etonné de l’heure tardive elle se pencha vers le juda et vit Harm attendant. Elle hésita quelques secondes puis ouvra lentement la porte.

-Sarah, il faut que je te parle. Harm l’avait intentionnellemnt tutoyé espérant une réaction de sa part.
-Capitaine il est très tard et je suis épuisée.
-Ce ne sera pas long, Mac.
-Très bien, entrez.

Mac avait les traits tirés, des cernes sous les yeux preuve de manque de sommeil.. Elle semblait pouvoir tomber à tout moment.
Harm entra et resta debout, il ne savait pas trop quoi faire de ses mains.

-je vous laisse un instant je reviens. SI vous voulez, vous pouvez nous faire du thé, il se trouve dans le placard de gauche dans la cuisine.

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre qu’elle se dirigea vers la salle de bain. Elle devait se retrouver un instant seule pour se reprendre et se refaire un visage humain. Ce qu’elle vit dans la glace la poussa à passer son visage sous l’eau.
Quant à Harm, il se trouvait dans sa cuisine. Il avait eu tout le loisir de préparer ce qu’il allait lui dire. Il s’était préparé comme pour une cour martiale. Arguments, contre arguments, il ne la laissera pas partir sans se battre.
Mac revint rapidement et s’installa dans le canapé. Néanmoins les comprimés qu’elle avait pris quelques heures plus tôt ne tarderaient pas à faire effet. Son esprit était embrumé. Le sommeil la guettait, il fallait qu’elle résiste à tout prix. Cela faisait dèjà plus de dix minutes que Harm s’afférait dans la cuisine. Dans son malheur il en avait oublié d’allumer le gaz pour faire chauffer l’eau.
Lorsqu’il entra dans le salon avec ses deux tasses de thé fumant, Mac s’était assoupie. Il l’a comtempla un long moment. Mon Dieu qu’elle était belle pensa-t-il. Mon Dieu qu’il était idiot d’avoir tant attendu.  Il avait tant attendu ce moment dans le restaurant.
Il déposa sans bruit les tasses et continua d’admirer cette femme.
Il l’a pris dans ses bras et se dirigea vers la chambre. Mac ouvrit les yeux au moment où il la posa sur son lit et la recouvrait des couvertures après lui avoir enlevé ses chaussures.

-Restes, Harm.

 

Il passa amoureusement sa main sur son visage et lui répondit.

-oui.

Il avait dit ce simple mot en passant tout l’amour qu’il éprouvait.
Sarah  lui tendit la main et il la serra. Elle s’était à nouveau endormie. Il ne pouvait détacher son regard du sein.
Après un long moment il repartit dans le salon et rangea les deux tasses. Il prit un fauteuil, l’installa face à Mac et lui pris la main.
Ce n’est qu’au bout d’une heure qu’il s’assoupit à son tour. Il  lui tenait toujours la main.
Vers cinq heures sarah émergea de son sommeil réparateur et elle le vit. A son tour elle le fixa intensément. Plein de questions lui vinrent à l’esprit. Lui avait-il pardonné ?
La légère pression qu’elle exerça sur sa main, le reveilla. Il lui fit le plus grand sourire. Même au réveil, il était très beau.

-Pourquoi es-tu venu, Harm ?
-Pour m’excuser, Sarah. Je ne suis qu’un idiot... Je t’aime.

Il se leva et se mis à genoux face à elle. Mac s’était assis sur le lit.

-Je t’aime comme un fou, comme je n’ai jamais aimé et…

Elle lui posa un doigt sur les lèvres pour le faire taire.

-nous parlerons plus tard.

Elle plaça ses mains sur son visage et fit le tour de ses lèvres qu’elle révait d’embrasser. Elle se baissa, et l’embrassa tendrement. Rapidement le baiser devint toride. Harm passa ses mains sur son corps, elle l’a renversa sur le lit. Il avait envie d’elle, de la connaître entièrement. Il la voulait tout à lui. Ils firent l’amour comme si leur vie en dépendait, entièrement.

La tête de Mac était sur le torse son beau marin et sa main le carrassait langoureusement.

-Je t’aime Sarah Mac Kenzie, dit Harm l’entourant de ses bras virils.

Elle releva la tête et le regarda intensément.

-J’ai agi comme un idiot l’autre jour. Je ne veux pas que tu partes à l’autre bout du monde. Je veux faire parti de ta vie. Je veux finir ma vie avec toi, avoir des enfants avec toi… Je n’ai pas à te juger. Je me batterai pour te garder.
Mac l’écouta attentivement. Néanmoins au mot enfant, elle eut un léger frisson qui ne passa inapercu.
Sarah se leva, passa son peignoir, tandis que Harm la regardait un peu inquiet.

-Sarah qu’est-ce que j’ai dit. Ca ne va pas ?

Elle s’arrêta, elle lui tournait le dos.

-Non ça va… mais je vais être en retard. J’ai rendez-vous dans deux heures.
-Mac, regardes moi, s’il te plaît.

Avec hésitation elle se retourna, ses yeux étaient embués de larmes. Elle remercia la légère pénombre qui flottait dans la chambre.
Harmon se redressa et s’apprêtait à se lever pour la prendre dans ses bras.

-je vais prendre une douche, je ne suis pas encore partie.

Elle partit dans la salle de bain sans attendre la réponse de son amant. C’est sous la douche que Sarah pleura, plus rien ne semblait arrêter le flot de larmes qui la summergait.
Un peu perdu, Harm se dirigea vers la cuisine pour préparer le café. Il ne comprenait pas la réaction de Mac. Il avait beau repasser les paroles qu’il lui avait dit, il ne comprenait pas.
Vingt minutes plus tard, Mac réapparut en uniforme. Quant à Harm, il sirrotait son café, perdu dans ses pensées.

-Alors matelot, tu rêves ?
-Je t ‘attendais, je dois encore passer chez moi pour me changer, lui dit-il avec le plus grand sourire.

Il attendrait le temps qu’il faut pour qu’elle lui parle. Il ne voulait pas la brusquer.
Mac s’approcha de lui et l’embrassa tendrement sur les lèvres. Depuis le temps qu’ils travaillaient ensemble, Mac avait appris à connaître les réactions de son coéquipier. Elle se dirigea vers la cafetière et se versa une tasse de café.
Ils n’avaient pas besoin de parler pour se comprendre.

-Harm, tu sais que je t’aime mais laisses-moi le temps. Je suis passée par beaucoup de choses ces temps ci, et j’ai besoin de retrouver mes marques.
-Sarah, j’attendrais le temps qu’il faut. Mais… j’ai une question
-je t’écoute.
-je ne veux pas que tu partes. Je sais que tu as rendez-vous à Bestesda. Je voudrais que tu m’en parles si tu avais le moindre problème.
-je te le promets mais ne t’inquiète pas ce n’est qu’une visite de contrôle.
-autre chose, as-tu encore l’intention de demander ta mutation ?
-non, Harm je passerai voir l’amiral cet après-midi, lui répondit-elle en s’approchant d’elle. Et ils s’embrassèrent.
-je t’aime Sarah comme je n’ai jamais aimé.
-moi aussi, matelot.

Elle le quitta à regret.
Tandis qu’elle se trouva à Betesda, elle téléphona à l’amiral lui demandant un rendez-vous dans l’après-midi. Elle était légère.

 

JEUDI 13 NOVEMBRE 2001
22H15 GMT
QUARTIERS GENERAL DU JAG
FALL CHURCH, WASHINGTON DC

Le lieutenant Colonel Sarah Mac Kenzie se présenta au bureau de son commandant en priant qu’il n’est pas encore envoyé sa demande de mutation. Elle rectifia sa tenue et frappa, un peu nerveuse.

-entrez, entendit-elle

L’amiral était plongé dans la lecture de nombreux dossiers, en la voyant il posa ses lunettes et l’invita à s’asseoir.

-je vous écoute, colonel.
-monsieur c’est au sujet de ma demande de mutation.
-oui et bien quoi.
-je me demandais si vous l’aviez déjà envoyé.

Il s’adossa profondément dans son fauteuil et se retint de sourire.

-colonel, elle se trouve au courrier en partance. Pourquoi cette demande ?
-je me disais, monsieur…

Mac était de plus en plus mal à l’aise. Elle lui avait ce coup auparavant, et elle doutait qu’il la reprenne.

-… et bien, monsieur, je me demandais si il était encore temps de l’annuler.
-pourquoi ce revirement, colonel.
-il se trouve que…
Elle ne savait plus quoi dire.
-que quelqu’un vous retienne à Washingtom, répondit l’amiral un peu amusé de la situation.
-c’est à peu près cela, monsieur.
Il souriait à présent.
-je suis heureux de l’entendre, Mac.
-je vous remercie, monsieur.
-autre chose.
-non, monsieur
-alors romper, je vous attends demain.

Elle se mit au garde à vous et quitta la pièce. Au dernier moment elle se retourna, regarda l’amiral et lui dit avec le plus grand sourire.

-monsieur, merci pour tout.

Elle se dirigea vers le bureau de Harm qui malheureusement ne se trouvait pas là. Elle lui mit un petit mot et quitta le JAG.

 

VENDREDI 14 NOVEMBRE 2001
00H10 GMT
APPARTEMENT DE MAC, GEORGESTOWN

Elle avait préparé un repas aux chandelles. Les lumières étaient tamisées. Et elle l’attendait.
Il était là, à présent, il n’avait d’yeux que pour elle, et elle que pour lui.
Ils en étaient au désert lorsque Mac lui mit la main sur la sienne.

-Harm, je voudrais te dire quelque chose, c’est à propos de ce matin.
-si tu ne veux pas en parler ce n’est pas grave.
-non je veux en parler. Je sais que tu veux des enfants mais il me faut faire le deuil de celui que j’ai perdu.
-…
-je ne le savais même pas que j’étais enceinte. Ce n’est que lorsque j’étais hospitalisé que j’ai réalisé combien cela m’avait touché. J’avoue qu’il m’arrive encore souvent d’y penser et de pleurer.

Les larmes coulaient lentement. Mais Harm compris à quel point Mac s’était retrouvé seule pour affronter ce drame. Il se leva et la pris dans ses bras.

-je t’aime, Sarah lui dit-il tout simplement.
-je t’aime aussi Harm.

 

 

FIN