Partie 1

 

 

 

Vendredi 25 octobre 2001
20h25 GMT
TUNIS

 

Le Lieutenant Colonel Sarah Mc Kenzie, avocate au bureau du Juge Avocat Général était là, adossée à un mur, les jambes étendues. Son visage était blanc, crispé. Sa respiration était lente et saccadée. Une quinte de toux lui déchira soudainement les entrailles. La piéce était sombre, il y avait eu des traces de luttes, des meubles renversés. Cela faisait au moins dix minutes qu’elle était là.
Son arme de service, un pistolet automatique 9 mm était dans sa main droite. Le canon de l’arme fumé lègèrement. Sa main gauche, elle, était ensanglantée,  placée au niveau de son abdomen. Un filet de sang coulé lentement entre ses doigts. Elle avait reçu une balle peu de temps avant. Un corps sans vie se trouvait face à elle. C’est elle qui avait tué cet homme. Maintenant, elle ne pouvait plus bouger. Elle était si fatiguée. Sa veste d’uniforme de marine devenait rapidement rouge. Elle souffrait mais ne disait rien. Ce n’était pas la première fois qu’elle recevait une balle en service.
Depuis qu’elle avait rejoint le JAG, cinq ans auparavant elle avait mené bien des combats mais c’était devant les tribunaux. Il y avait eu aussi ceux beaucoup plus dangereux dans lesquels l’avait impliqué Webb. Mais elle s’en était sortie à chaque fois.
Elle se sentait fatiguer et se rendait compte qu’elle perdait de plus en plus de sang. Elle mourrait donc dans l’ambassade américaine en Tunisie. Loin de son pays, loin de ses amis. Loin des personnes qu’elle aimait. Elle ne regrettait rien, rien de ses choix, elle avait agi en marines comme on lui avait enseigné, il y a de cela des années.
Elle était à bout, elle glissait irrémédiablement dans les ténèbres. C’est alors qu’elle ouvrit les yeux dans un dernier effort et vu un homme dans un uniforme blanc de capitaine de frégate. Il était si beau, si grand, si fort. Il courait vers elle. Sarah n’y croyait pas, c’était Harmon Rabb, l’homme qu’elle aimait depuis si longtemps.
Dans un souffle elle sussurra «Harm ».
Elle perdit connaissance, n’entendant pas qu’on l’appelait.

- « Colonel, Colonel…. Répondait…. Colonel, tenez bon les secours arrivent ! »

Mais elle n’entendait déjà plus rien. C’était le Sergent Artilleur Galindez qui l’appelait, il avait mis ses mains sur sa blessure et appuyait afin de stopper l’hémorragie. Il avait le visage blème. Maintenant il criait «colonel tenez bon ! ! ! ». Mais, elle ne répondait plus.
Le colonel avait perdu beaucoup de sang. Un médecin ainsi qu’une civière arrivait dans la pièce. Victor maintenait la pression pendant que les secours prenaient son poul. Vu à leurs mines, cela ne présageait rien de bon.

- « Mais qu’est-ce-que je fou ici ! Bordel ! !… Colonel, tenez bon je vous en prie. » Cette dernière phrase avait été dite dans un souffle.

Rapidement les infirmiers la placèrent sur la civière, une perfusion était tenue par le médecin qui donnait des ordres. « Allez dépéchez-vous ! Il faut qu’elle soit opérée rapidement sinon on l’a perdra… ». Et ils partirent laissant le sergent sur place, ses mains étaient maculées de sang. Il resta un instant là sans bouger. Il se baisssa et pris l’arme du colonel.
Pendant tout ce temps il ne s’était même pas rendu compte que plusieurs marines armés de fusil M16 se trouvaient dans la pièce. L’un d’eux était en train de couvrir un corps d’un drap.
L’ambassadeur McKay se présenta devant le sergent, le sortant de sa torpeur.

- «Sergent, le colonel Mc Kenzie a été transportée à l’hopital universitaire de Tunis…, il resta un moment silencieux. Je voulais vous remercier personnellement sergent, vous m’avez sauvé la vie ainsi que le colonel… »
Voyant la mine du sergent, il n’ajouta rien.
Victor Gallindez réagit à ce moment.

- « Merci, Monsieur, mais nous n’avons fait que notre devoir… Excusez-moi, je dois avertir l’amiral Chegwidden immédiatement de la situation. 
-  Bien sûr, sergent, venez avec moi vous téléphonerez de mon bureau. 
-  Merci monsieur. »

Pendant le trajet il pensa à ce qu’il allait dire exactement à l’Amiral. Il savait pertinemment que le Jag était une vraie famille. Le colonel Mc Kenzie y avait beaucoup d’amis.
Le sergent Gallindez se souvint un bref instant de sa première rencontre avec elle, elle était alors Major. Il avait appris à l’apprècier, elle l’avait imprésionné par son courage et n’avait à aucun moment regretter d’avoir intégré le JAG. Mais il savait qu’elle était forte et qu’elle se batterait.
Il  composa le numéro du JAG, la voie de Tyner lui répondit.

- « Tyner, c’est le Sergent Gallindez passez-moi rapidement l’Amiral !
- Est-ce que ça va sergent votre voix est…
- Je vous ai demandé de me passer l’amiral alors obéissez  ! »

Sans s’en rendre compte, il avait haussé le ton de sa voix, il s’en voulait mais il prit une longue inspiration pour reprendre son calme. Maintenant il attendait.

- « Sergent, ça a intérêt à être important pour m’interrompre pendant une réunion.
- Oui Amiral c’est très important. »

La voix du sergent Gallindez était chargée d’émotion
Devant le ton du sergent, l’Amiral était très attentif. Il se trouvait en salle de réunion du JAG. Autour de la table se trouvaient les Lieutenants Roberts et Singer, ainsi que le Capitaine de Corvette Mattoni.

- Je vous écoute sergent mais où est le colonel Mc Kenzie ?
- Monsieur c’est au sujet du colonel…

Un silence s’installa n’y tenant plus l’amiral lui demanda

- Et bien sergent qu’est ce qui se passe avec le colonel ?
- Monsieur elle a reçu une balle et a été transportée à l’hopital
- Qu’est-ce que c’est que cette histoire Gallindez, elle est blessée.

Les personnes présentes dans la pièce voyaient le visage de l’amiral blémir et à leur tour ils échangèrent des regards lourds de significations. Ils avaient bien entendu le colonel était bléssée.
Réagissant alors A J. Chegwidden demanda :

- Ne quitter pas sergent, je vais vous prendre dans mon bureau.

Sur ce il se leva, tous se levèrent au garde à vous et il quitta la pièce sans un mot.
De retour dans son bureau

- Bon sergent je vous écoute.

Le sergent Gallindez lui expliqua les dernières heures, le sauvetage de l’ambassadeur par le colonel et la fusillade.
A la fin de cette explication, une question lui revenait sans cesse.

- « Dans quel état se trouve le colonel ?
- Et bien monsieur, elle a perdu beaucoup de sang. Et d’après ce que j’ai compris du médecin, son état est grave…monsieur, si je puis ajouter… j’ai vu beaucoup de blessures par balle et celle du colonel n’est pas très belle.
- Très bien sergent, je prends le premier avion. Dès que vous avez des nouvelles appelez-moi !
- A vos ordres amiral »

Et il raccrocha

- Tyner ! cria-t-il dans l’interphone
- Oui amiral
- Réservez une place pour le premier avion pour  Tunis et appelez Mattoni et Roberts.
- A vos ordres.

Rassemblant quelques affaires, on frappa à la porte.

- Amiral vous m’avez demandé.

Mattoni et Roberts arrivé dans sa foulée étaient au garde à vous face à l’amiral. Ce dernier ne pouvait cacher son anxiété.

- Oui en effet. Je dois me rendre à Tunis. Le capitaine Rabb étant Dallas pour une Cour martiale, Capitaine Mattoni vous prenez le commandement du Jag, le lieutenant Roberts vous secondera.
- A vos ordres, répondirent-ils

Il pris sa mallette et allait quitter la pièce lorsque Bud se décida

- Monsieur d’une voix à peine audible.

L’Amiral se retourna

- Oui lieutenant ! sur un ton qu’il aurait voulu plus doux
- Excusez-moi mais comment va le colonel

Il hésita.

- Pas très bien Lieutenant, elle a reçu une balle.

Sans rien ajouter, il quitta son bureau laissant les officiers cois.

Deux heures plus tard il se trouvait dans l’avion en direction de Tunis.

- Pourquoi elle se demanda-t-il ? Elle se battra, elle est forte… bien que ces derniers temps, elle n’était pas au mieux de sa forme.

 

Jeudi 17 octobre 2001
02h10 GMT
APPARTEMENT DE MAC, GEORGESTOWN

 

Mac se trouvait dans son appartement avec son chien Djogo, elle réfléchissait. Mic était retourné en Australie depuis près de un mois, elle ne l’avait même pas retenu. Elle comprenait. Il avait surtout compris qu’il ne pourrait jamais l’avoir pour lui  seul. Il avait espéré le jour où elle avait accepté de l’épouser. Mais tout ceci était loin.
Mac avait repris sa place au Jag un peu mal à l’aise face à ses amis. Le mariage n’avait pas eu lieu. Elle avait compris que rien n’aurait pu enlever Harm de son cœur. Elle l’aimait et il l’aimait. Ils se l’étaient avoués le soir des fiançailles de Mac. Leurs derniers adieux en date. Ca avait le début de la fin pour sa relation avec Mic

- Tout est si compliqué maintenant se dit-elle.

Depuis le retour de Harmon Rabb au JAG après une longue convalescence, ils avaient repris leur petit jeu. Elle ne voulait pas le brusquer mais cette situation la faisait souffrir. Il fallait que cela cesse à tout prix. Ils n’avaient pas eu le temps de discuter véritablement depuis son retour. Un petit malaise persistait sur leur relation, si relation il y avait. Ce dont elle doutait de jour en jour.
Mac se leva brusquement, prit son blouson et quitta son appartement.

 

Jeudi 17 octobre 2001
03h30 GMT
APPARTEMENT DE HARM

Harm était assis sur son canapé, une bière à la main, lui aussi réflichissait, il essayait de rassembler toutes les pièces du puzzle qu’était sa vie.
Après son accident d’avion il n’avait reconnu que Mac, en la voyant son visage s’était illuminé. Renée était dans la pièce mais il ne l’avait pas reconnu, très blessée ella avait quitté la chambre d’hopital laissant les deux officiers en tête-à-tête. Ils avaient échangé que quelques paroles mais il s’en souvenait très bien.
Depuis Renée était partie de son côté, elle ne lui avait pas pardonné et lui ne l’avait pas retenue.
Maintenant il se souvenait de brides de sa vie mais à son plus grand étonnement les scènes de vie qu’il revoyait en flash incluaient toujours Mac. Surtout des scènes se déroulant sous un porche et du regard que Mac lui portait. Il la sentait si proche de lui à ce moment.
Sa mémoire lui faisant encore défaut parfois, il avait appris en reprenant son travail au Jag que le colonel Mc Kenzy devait se marier et que le mariage avait été retardé suite à son accident puis annulé simplement. Lorsqu’il avait entendit le mot mariage, Harm avait craint le pire.
Il se prit la tête entre les mains pour que les souvenirs lui reviennent plus vite mais sans résultat.
Tout d’un coup quelqu’un frappa à la porte. Il se leva, regarda sa montre se demandant qui pouvait venir à pareille heure. Il ouvra la porte et quelle ne fut sa surprise en voyant la jeune femme.

- Bonsoir Harm, puis-je entrer
- Bien sûr, en s’écartant du pas de la porte. Et la laissant pénétrer dans l’appartement.

La jeune femme enleva sa veste, la posa sur le canapé de cuir noir et se dirigea vers la cuisine américaine,  s’asseyant sur un tabouret sans attendre l’invitation de son hôte.

- Un thé ?
- Oui avec plaisir.

Aucune parole ne fut échangée tandis que Harm chauffait de l’eau. Il était tendu.
Au bout de quelques minutes, le thé versé et n’y tenant plus Harm ouvrit les hostilités.

- Que me vaut l’honneur de cette visite ?
- Tu me manquais Harm. Je voulais te parler avant que de quitter le pays. Je voulais qu’on s’explique.
- Tu pars où ?
- En Afrique du Nord.

Elle le regardait amoureusement. Les séquelles physiques qu’il avait au niveau du visage avaient quasiment disparu.
Harm se retourna une tasse de thé dans chaque main. Le regard de la jeune femme le mettait mal à l’aise. Il baissa les yeux.

- Je t’écoute Renée.

Renée avait essayé de ne plus penser à lui, de le chasser de ses pensées. Elle avait tout fait pour l’oublier depuis des semaines sans résultat. Elle avait préparé ce qu’elle allait lui dire depuis une semaine. Qu’elle l’aimait, qu’elle lui pardonnait tout. Qu’elle voulait tout recommencer avec lui. Elle lui avait dit qu’elle quittait le pays. Ce n’était pas un mensonge, elle ne prendrait sa décision qu’à la fin de leur discussion. Mais devant cet homme qu’elle connaissait par cœur, elle perdait tous ses moyens. Elle avait tant souffert quand il ne l’avait pas reconnu à Besteda. Mais depuis un mois s’était écoulé.

Mac était à la porte de Harm depuis deux minutes, elle entendait des voix provenant de l’appartement. Hésitante, elle tendit la main afin de frapper. Elle avait peur de voir qui se trouvait en compagnie de Harm. Elle savait que Renée l’avait quitté quelques semaines auparavant. Ils n’en avaient pas discuté pour autant. Depuis quelques secondes elle n’entendait plus rien, elle se dit qu’elle avait révé et finit par frapper.

Harm leva les yeux en direction de la porte

- Excuses-moi, Renée

Il ouvrit la porte.

- Mac, dit-il sur un air étonné.

Vu la mine de Mac, il compris qu’elle avait vu Renée qui n’avait pas bougé de son tabouret. Elle s’était retournée et regardait fixement Mac.
C’était elle ! Elle qui lui avait pris l’homme qu’elle aimait. Devant  le visage troublé de la marine, elle décela  la douleur d’une femme amoureuse baffouée. C’était imperceptible mais elle l’avait vu.
Elle avait sa vengeance. Elle se leva et se dirigea vers l’entrée avec un large sourire.

Mac l’avait vu dès qu’il avait ouvert la porte,  son cœur s’affola. Elle n’y croyait pas. Renée était revenue dans la vie de l’homme qu’elle aimait. Elle comprenait maintenant la réaction de Harm au bureau ou plutôt sans manque de réaction. Elle avait mis cela sur le compte de sa convalescence. Mais elle s’était trompée lourdement. Le sourire de Renée ne laissant rien présager de bon. En tout cas pas une simple visite de courtoisie. Elle venait vers eux, non il fallait qu’elle parte.
« Oui, il faut que je fuis », pensa Mac.
Harm était toujours à la porte, il vit le visage de Mac se décomposer. Il se retourna et vit Renée se dirigeait vers eux.
Reprenant son aplomb, Mac se repris

- « Harm, excusez-moi, j’étais dans le quartier mais je vois que vous avez de la visite. Je vais vous laisser. »

Alors qu’elle finissait le plus difficilement sa phrase elle vit le bras de Renée entouré la taille de Harm.

- Bonsoir Renée, et excusez-moi encore Harm. Bonsoir » Elle quitta précipitemment le pallier de l’appartement. Heureusement pour elle, il ne la suivit pas mais elle entendit :
-  Attendez Mac ! , cria Harm

Harm n’avait pu la suivre, Renée le retenait par la taille. Il la fusilla du regard. Mais elle ne lacha pas. Il se retourna, Mac était loin maintenant.
Reprenant son calme, il regarda à nouveau Renée, elle avait du souffrir. Elle avait le même visage que Mac lorsqu’elle avait vu Renée.

Mac s’était retrouvée dans sa corvette en un rien de temps. Elle  frappa violemment à plusieurs reprises sur le volant. Elle s’était trompée. Tout cela n’était qu’un cauchemar. Elle l’avait perdu. Des larmes coulaient sur son visage décomposé. Elle aposa son front sur ses mains posées sur le volant. Et elle pleura.
Ce n’est qu’au bout de quelques minutes qu’elle se calma. Elle s’essuya les yeux. Elle démarra sa voiture et quitta les lieux sans avoir jeté un dernier coup d’œil aux fenêtres de l’appartement de Harm. Les lumières étaient toujours allumées.
Il n’était pas venu la chercher.

Le lendemain matin, Harm se rendit très tôt au bureau du JAG, il désirait voir Mac et lui parlait. Il entra dans son bureau pour déposer ses affaires. Il se dirigea vers la fenètre. Il eut un flash, il voyait Mac qui lui demandait ce qu’il voulait le plus, il s’entendit  dire : «ce que je veux le plus Mac c’est de ne jamais vous perdre ». Mac le regardait intensement et lui répondit : «je vous promets que quoi qu’il puisse arriver, vous ne me perdrez jamais ». Une voix le sortit de sa rêverie.

- Vous êtes matinal capitaine.
- Oh ! Bonjour Bud, une fois n’est pas coutume.

Le lieutenant Roberts regagna son poste, Harm se retourna vers sa fenêtre et se dit dans un filet de voix, «pardonnez-moi Mac et tenez votre promesse. »
Il s’assaya et  tenta de travailler. Il avait du mal à se concentrer. Sans cesse il levait la tête afin de voir l’arrivée du colonel Mc Kenzie. Mais toujours personne à l’horizon. L’activité du bureau était à son comble. Prétextant une vague excuse, il se dirigea vers le bureau de Mac, frappa feignant de lire un dossier. Il leva les yeux et constata que son bureau était vide. Il appela alors le Sergent Artilleur Galindez.

- Sergent, vous ne savez pas où se trouve le colonel ? J’ai un dossier pour elle.
- Le colonel Mc Kenzy a appelé ce matin, capitaine, elle s’est rendue  à la base de Quantico pour l’audition de témoins.
- Merci sergent.

Il retourna à son bureau et s’occupa de ses dossiers le reste de la journée.

Durant le week-end il se rendit à l’appartement de Mac, mais personne ne s’y trouvait. Il lui téléphona mais ne tombait que sur son répondeur. Mais il ne lui laissa aucun message. Il voulait lui parler directement et pas par l’intermèdiaire d’une simple boîte vocale.

 

Il espèrait la voir le lundi, alors il vola avec «sarah », tentant d’oublier la femme de sa vie sans grand résultat. Il la désirait tant. Il ne voyait qu’elle, il l’aimait… il l’aimait tant. Il l’avait enfin compris lorsqu’il l’avait vu deux jours auparavant sur le pallier de son appartement. Mais Renée avait tout gâché.

 

Lundi 21 octobre 2001
14h25 GMT
QUARTIER GENERAL DU JAG
FALLS CHUCH, VIRGINIE

 

A peine arrivée, le Capitaine de frégate Harmon Rabb Junior regarda désespérement dans le bureau de Mac et  constata qu’elle n’était toujours pas arrivée. Il se dirigea vers son bureau pour y déposer sa malette et sa casquette. Le téléphone sonna, son cœur s’emballa. Et si c’était elle ? Il décrocha, ce n’était que Tyner, l’amiral désirait le voir.
Elle sera peut-être dans son bureau et ils auront  une mission tous les deux.
Il frappa à la porte de l’amiral Chegwidden. La réponse d’entrer se fit entendre et il pénétra dans le bureau et se mit au garde à vous. Il était seul. Un peu déçu mais ne laissa rien paraître.

- Capitaine asseyez-vous.
- A vos ordres.

L’amiral ouvrit un dossier placé sur bureau

- Capitaine, dans deux heures vous prendrez l’avion pour Dallas… Le lieutenant Goodman a été retrouvé mort dans ses quartiers, tué de trois balles.  L’enseigne Danson a été arrêté pour ce meurtre. On a retrouvé l’arme dans ses quartiers. Vous assurerez la défense de Danson… C’est tout capitaine. Des questions…
- Non monsieur,
- Dans ce cas, rompez, capitaine.

En disant cela il lui tendit le dossier de l’affaire. Il se mit au garde à vous et quitta le bureau. Il espérait avant de partir voir le colonel Mc Kenzie. Ne la voyant toujours pas il demanda au sergent qui lui précisa qu’elle était en audience pour une cour martiale à l’étage du dessous.
Il n’avait pas le temps de lui parler, il retourna à son bureau et griffonna quelques mots sur un morceau de papier qu’il glissa dans une petite envelloppe. Il la plaça sur le bureau de Mac avant de partir faire ses bagages.
Les portes de l’ascenceur se refermaient derrière Harm, lorsqu’un courant d’air secoua tout le quartier Général du Jag, des papiers volèrent, des portes de bureau claquèrent.

Le message d’Harm s’envola et attérissa dans la corbeille à papiers de Mac. On aurait pu y lire :

« Il n’y a rien entre Renée et moi,
tout est fini depuis longtemps
Je voudrais vous parler à mon retour de Dallas
Mac, je vous aime
Harm »

           
Le Lieutenant Colonel McKenzie représentait le ministère public dans cette affaire de désertion. Il n’y avait pas de chat à fouetter. Le Lieutenant Roberts assurait la défense du  quartier maître Gibson.
Mac était impresionnée par le savoir-faire de Bud, il devenait un excellent avocat, il irait loin se dit-elle tandis qu’il finissait sa plaidoirie.
Le procés se terminait, et Mac appréhendait son retour au bureau elle ne voulait pas voir une certaine personne. Elle avait réussi  à l’éviter le vendredi précédent prétextant des auditions. C’était vrai, mais son déplacement n’était pas si urgent.
Le week-end, elle partit voir Chloé, visite impromptue mais qui lui avait rechargé les batteries. Elle avait besoin de réfléchir avant tout, loin de toutes les choses qui pouvait lui rappeler le beau marin de ses rêves. Chloé avait bien grandi depuis son départ de Washington. Elle retrouva très vite sa complicité avec la jeune fille qui n’arrêtait pas de parler. Ce qui la fit rire. Ce sont dans ces rares moments que Mac ne pensait plus à Harm, elle ne souffrait plus pendant ces brefs moments.
Elle était dans ses pensées lorsque le juge renda le verdict : Coupable et remise à la vie civile, sans peine de prison.
Mac se leva et alla féliciter son ami

- Félicitations Bud, bon travail
- Je vous  remercie beaucoup Madame

Ils prirent la direction du quartier général du Jag, Mac avait les traits tirés, elle semblait fatiguer, le Lieutenant Roberts l’avait remarqué et ne savait pas s’il devait en parler. Toujours silencieux, Mac se dirigea vers son bureau, Bud hésitant se décida et la suivit.
Il frappa sur le montant de la porte, Mac était derrière son bureau et s ‘apprêtait à sa s’asseoir. Elle leva les yeux et vit Bud

- Oui je vous écoute Bud
- Madame, veuillez m’excuser…Il entra dans la pièce et s’approcha de son bureau évitant que leur discussion puisse être entendue par le reste du personnel du Jag
-  Madame, je sais que cela ne me regarde pas mais vous avait l’air fatigué, très fatigué, est-ce que tout va bien ?

Bud avait dit tout cela dans un souffle, c’était son amie mais elle était avant tout lieutenant colonel dans les marines et lui que simple lieutenant.
Mac le fusilla du regard et vit que son ami se faisait du souci pour elle aussi de sa voix douce elle lui répondit

- Je vais bien Bud, je n’ai pas beaucoup dormi c’est tout. Ce week-end j’étais dans le Vermont, je suis allée voir Chloé.

Elle vit le visage de Bud s’éclairé, il était rassuré.
Ils discutèrent quelques instants avant que chacun ne reprenne son travail.
Pendant tout ce temps, Mac avait constaté que le bureau de Harm était fermé, et apparemment il ne se trouvait pas ici. Soulagée mais un peu déçu, elle se concentra sur ses dossiers  le reste de la journée.
Il était tard quand elle quitta le Jag, les agents d’entretien avaient dèjà nettoyé tous les locaux et elle se retrouvait maintenant seule dans un grand silence. Elle n’avait qu’une pensée, Harmon Rabb.

- Ca ne peut plus continuer comme ça, j’en ai assez dit-elle à haute voix.

Elle avait appris au cours de l’après-midi que le capitaine Rabb s’était rendu à Dallas pour une cour martiale et ne reviendrait que dans quelques jours. Il ne lui avait rien dit, ne lui avait pas laissé un seul message.
Arrivée à cette conclusion, elle rangea son bureau, et le quitta avec sa tête des mauvais jours. Tout était terminé.
Rentrer chez elle, elle prit une douche, débrancha son téléphone et se coucha. Le sommeil fut très agité…

« Mac, Vous avez un homme qui vous aimera toujours », la voix de Harm la  calma et son sommeil se fut plus apaisant.