2ème
partie
Note de l’auteur :
merci à toutes celles et tous ceux qui m’ont adressé beaucoup de messages
d’encouragement…et d’impatience pour la suite !!! J’espère qu’elle vous plaira…
Villa des Brumby
2 ans plus tard…
08/07 10h
PM
Mac était assise dans le fauteuil et avait ramené
ses jambes vers elle. Elle zappait machinalement les chaînes de la TV mais
pensait à autre chose. Une fois de plus, Mic était retenu au bureau. Enfin, ça
la rassurait de croire que c’était bien ça. Sa vie de femme mariée n’était pas
comme elle se l’était imaginée. Si la première année avait été idyllique, les
choses s’étaient ensuite dégradées.
Elle avait d’abord peu pensé à ses amis, toute à la
découverte de sa nouvelle vie, de son nouveau pays et de son nouveau job. Elle
avait eu quelques fois Harriet au téléphone pour avoir des nouvelles mais rien
de plus. Jamais elle n’avait appelé Harm…mais lui non plus. La seule chose
qu’elle savait à son propos par Harriet c’était qu’il allait bien et qu’il
était toujours seul.
Après avoir pleinement profité de leur vie de
jeunes mariés, le couple avait décidé d’avoir un enfant mais Mac tardait à
tomber enceinte et Mic semblait le lui reprocher. Ils avaient même consulté un
spécialiste qui leur avait assuré que tout était normal des deux côtés :
il fallait juste être patient. Depuis lors, Mic s’était éloigné d’elle. Il
l’appelait souvent comme ce soir pour lui dire qu’il était retenu, qu’il
rentrerait tard et elle se retrouvait seule. Elle le soupçonnait d’ailleurs
d’avoir une maîtresse. Ça faisait maintenant presque trois mois qu’ils
n’avaient plus fait l’amour et Mic se dérobait à chaque fois qu’elle essayait
de lui en parler. Elle faisait tout pour sauver son mariage mais visiblement,
elle était la seule à faire des efforts. De plus, son travail ne la passionnait
pas beaucoup et elle ne retrouvait pas le stress du Jag qui lui manquait.
Peut-être s’était-elle finalement trompée en épousant Mic.
Ce soir, elle attendrait qu’il rentre…elle devait
lui parler. Elle était retombée par hasard sur la photo d’elle et Harm prise le
jour de son mariage et elle avait pris la décision d’aller rendre visite à ses
amis et à Chloé. Elle avait des jours à prendre et si Mic ne voulait pas
l’accompagner, elle irait seule. Tant pis pour lui…
Elle fut réveillée par quelqu’un qui lui secouait
l’épaule. C’était Mic. L’année dernière, il l’aurait réveillé d’un baiser mais
là…Elle vit l’heure sur le magnétoscope : 2hAM.
-
Pourquoi tu n’es pas allée te coucher ? lui dit il
sur un ton de reproche.
-
Tu as travaillé tard…
-
Oui, on a beaucoup de boulot en ce moment.
-
Ça fait quelques mois que ça dure…
-
Où veux-tu en venir ?
Comme à chaque fois qu’elle essayait d’avoir une
conversation avec lui, il se mettait sur la défensive.
-
Rien. Mais reconnais que tu n’es pas souvent là.
-
Écoute Sarah, je suis payé pour ce que je fais ! Je
ne peux pas partir alors que le service est débordé !
-
Oui…excuses-moi.
-
Bon, si on allait se coucher ?
-
Mic…je…je vais partir quelques jours aux USA pour
voir…mon oncle, mes amis, Chloé…
-
Et Rabb bien sûr ! dit-il méchamment.
-
Mic ! Ça fait deux ans que je ne les ai pas vu.
Imagine comment le petit AJ a dû changer…et Chloé !
-
Tu as eu des photos !
-
Tu ne peux pas comprendre…Si on était restés à
Washington, tu n’aurais pas aimé revenir ici voir ta famille, tes amis ?
-
Si, bien sûr…mais j’ai l’impression que tu me fuis…
-
Tu peux me suivre si tu veux… l’interrompit-elle.
-
Non, je ne peux pas…tu vas le rejoindre c’est ça ?
-
Mic ! Qu’est-ce que tu imagines ?
Elle ne comprenait pas du tout sa réaction excessive.
-
Qu’est-ce que j’imagine ! Arrêtes de me prendre
pour un imbécile Sarah ! Depuis qu’on est ici, je suis sûr que tu n’arrêtes pas
de penser à lui.
-
C’est faux !
-
Ne m’interromps pas ! Peut-être pas au début c’est
vrai. Mais avoues que ce n’est pas le beau fixe entre nous et hop…tu décides
d’aller voir tes amis ! C’est trop facile…Tu crois que je vais te laisser faire
?!
-
Tu ne peux pas m’en empêcher !
-
Non je ne peux pas. Mais je suis ton mari et j’ai
encore mon mot à dire !
Mac avait peur. Elle n’avait jamais vu Mic aussi
furieux. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il réagisse aussi violemment.
-
Tu n’iras pas…en tout cas pas sans moi. Qui sait ce
qui pourrait te passer par la tête en le revoyant.
-
Mic, tu me connais si mal…
-
Oh non ! Au contraire, je te connais très bien. Tu
n’as jamais pu vraiment l’oublier. Je l’ai bien senti ! Il suffirait qu’il
vienne te chercher pour que tu le suive sans poser de question. D’ailleurs, je
crois que c’est pour ça que tu ne peux pas tomber enceinte. Tu as toujours
l’espoir qu’il…
-
Mic ! Tu es injuste !
Mic s’approcha d’elle et lui attrapa le bras.
-
Tu n’iras pas sans mois compris !
-
Lâches-moi, tu me fais mal.
Elle sentait les doigts de Mic serrer de plus en
plus fort. Elle avait peur qu’il la frappe.
-
Tu as compris ? dit-il en serrant plus fort.
Mac était aux abois…elle sentait les larmes monter
mais elle ne voulait pas pleurer…en tous cas, pas devant Mic. Elle ne
comprenait vraiment pas sa réaction excessive. Voyant une larme couler le long
de sa joue, Mic la relâcha soudainement et elle retomba dans le fauteuil en se
frictionnant le bras.
-
Excuses-moi Sarah. Je suis fatigué. Je vais me
coucher. Bonne nuit.
Et il la laissa là, avec sa douleur et son
incompréhension.
09/07 8hAM
Mac était encore couchée mais ne dormait pas. Elle
n’avait pas fermé l’œil de la nuit repensant sans cesse à la scène que Mic lui
avait fait la veille. Elle l’entendait aller et venir entre la chambre et la
salle de bain. Il finit par venir s’asseoir au bord du lit et l’appeler :
-
Sarah…Sarah !
Mac ouvrit les yeux.
-
Chérie…je voulais m’excuser pour tout à l’heure…je
suis désolé…je ne sais pas ce qui m’a pris mais l’idée que toi et Harm
puissiez…
Il avait vraiment l’air désolé. Mac posa un doigt
sur ses lèvres.
-
Chut…ce n’est pas grave Mic…c’est déjà oublié. Mais
tu dois me faire confiance. Je suis ta femme.
-
Oui, tu as raison. Mais c’est que tu m’as déjà
laissé tomber une fois pour lui…
-
Oui mais c’est toi que j’ai épousé je te rappelle.
Mic lui sourit. Ça faisait des mois qu’ils
n’avaient pas eu une conversation aussi longue et Mac se sentit soulagée.
-
Tu peux y aller…ça ne me pose pas de problème.
Peut-être que je te rejoindrais. De toute façon, je te connais…tu y serais
quand même allée.
Mac le gratifia d’un sourire. Il l’embrassa.
-
Je dois y aller. A ce soir.
Mac savait pertinemment qu’il ne la rejoindrait pas
mais heureuse de sa bénédiction pour son voyage, elle se laissa retomber sur
les oreillers le cœur léger. Elle allait planifier son escapade et cette
perspective l’enchantait. Mais avant de prendre ses billets, elle devait
s’assurer que tous ses amis seraient bien présents lors de sa venue, et ce
discrètement. Elle avait du mal à imaginer son voyage si Mic était resté sur
ses positions.
Cependant, la scène de la veille lui laissait une
étrange sensation. Elle avait découvert une facette de Mic qu’elle ne
connaissait pas et qui lui faisait peur. Ça leur ferait du bien d’être séparés
quelques temps…
Domicile des Roberts
Washington
12/07 8hAM
Mac était arrivée la veille au soir chez Bud et
Harriet et les amis avaient passé un long moment à bavarder de tout et de rien.
Le petit AJ quant à lui avait été ravi de retrouver sa tata qui n’avait pas
manqué de lui ramener tout un tas de cadeaux.
Aujourd’hui, Bud était déjà parti au Jag après
avoir été longtemps sermonné la veille pour ne pas vendre la mèche sur la venue
de Mac. Harriet qui avait pris sa journée était ravie de se retrouver seule
avec Mac pour avoir une discussion de filles. Harriet avait remarqué un
changement chez Mac. Elle était moins gaie et volubile qu’à l’accoutumée.
C’était surtout ses yeux qui étaient différents. Ils avaient perdu la petite
étincelle qui les faisait jadis briller. Il lui tardait que son amie se réveille
pour la questionner.
Mac fit son apparition les yeux encore tout
endormis.
-
Bonjour Harriet. Bud est déjà parti ?
-
Bonjour. Oui, il y a quelques minutes. Alors, bien
dormie ?
-
Oui…mais je crois qu’il va me falloir quelques
jours pour me remettre du décalage !
-
Thé ou café ?
-
Café Harriet s’il vous plait.
-
On pourrait peut-être se tutoyer non ? Après tout,
on ne travaille plus ensemble.
-
Vous…tu as raison.
-
Alors…comment se passe la vie de jeune mariée ?
Toujours pas de petit Brumby junior ?
-
Non…on a essayé pourtant mais…on ne désespère pas.
Les médecins ont dit que tout était normal.
-
Tant mieux. Et la vie à Sydney c’est comment ? Le
travail ?
-
C’est chaud, très chaud ! La neige et la pluie me
manquent parfois ! J’ai moi-même du mal à croire que je puisse dire ça ! Le
travail n’est pas aussi passionnant qu’au Jag…mais ça va. C’est vrai que je
trouve le temps un peu long…
-
Mais Mic est là…il a du vous présenter ses amis.
-
Oui mais…il rentre souvent tard et…on ne sort pas
beaucoup.
Mac baissa la tête vers sa tasse.
-
Mais…ça va entre vous ?
Mac releva la tête vers Harriet. Elle sentit les
larmes venir et ne fit rien pour les retenir.
-
Sarah dis-moi…ça te fera du bien.
-
C’est que…depuis quelques mois, tout ne va pas si
bien que ça. Il me reproche de ne pas tomber enceinte mais Harriet…ça fait
trois mois qu’il ne m’a pas touché ! Il rentre tard et quand il est là, c’est
comme si j’étais invisible. Je crois qu’il me trompe avec une de ses collègues.
Quand je lui ai parlé de venir à Washington, il m’a fait une scène terrible…il
a été violent…j’ai cru qu’il allait me frapper. Il m’a dit des choses
horribles…que si je revenais ici c’était uniquement pour revoir Harm et pour
coucher avec lui et…
Les sanglots de Mac la submergèrent et elle tomba
dans les bras d’Harriet qui tenta de la calmer. Mac n’aimait pas du tout cette
femme pleureuse que Mic était en train de faire d’elle et s’en voulait de ne
plus pouvoir maîtriser ses émotions.
-
Chut…se sont des choses qui arrivent dans un
couple…les marques sur ton bras…c’est lui n’est-ce pas ?
Mac opina de la tête.
-
Chute, ça va s’arranger…
Mac se calma peu à peu. Elle s’écarta d’Harriet et
essuya ses yeux.
-
Tu as raison…cette petite séparation va nous faire
du bien. S’il te plait, pour tout le monde je suis tombée dans les escaliers.
Mic doit absolument comprendre que je l’aime !
Harriet acquiesça mais remarqua le peu de
conviction que son amie avait mis dans sa dernière phrase. Peut-être Mic
avait-il raison de se faire du souci. Mais Mac avait l’air si triste…
-
L’Amiral et le Capitaine vont être tellement
content de te voir !
-
Comment va Harm ?
-
Bien…comme ça peut aller. Il travaille beaucoup. Il
est toujours le premier arrivé…et le dernier parti.
-
Il n’a personne ?
-
Non, je ne crois pas. Mais tu sais, il ne s’est
jamais beaucoup étendu sur sa vie privée !
-
C’est vrai !
-
Je ne sais pas si je fais bien de te dire ça
mais…je crois qu’il ne s’est pas encore remis de ton mariage…et plus encore de
ton départ. Je n’ai jamais compris ce qu’il y avait exactement entre vous mais
il est clair que votre relation lui manque énormément. Il erre dans les bureaux
tel un fantôme.
-
Un jour, il faudra que je t’explique tout ça…c’est
une longue histoire !
Les deux femmes se sourirent et terminèrent de
déjeuner en silence.
12/07 11hAM
Harriet était entrée la première de façon à
annoncer la venue de Mac discrètement sans que les manifestations amicales
viennent éveiller les soupçons de Harm. Il faut dire que c’était assez facile
compte tenu que quand il était présent, il restait enfermé dans son bureau. Mac
voulait lui faire la surprise en allant le trouver directement. En sortant de
l’ascenseur, elle fit un signe à l’assemblée tout en leur indiquant de ne pas
faire de bruit. Elle se dirigea vers le bureau de Harm et frappa à la porte.
Son cœur semblait vouloir sortir de sa poitrine tellement il battait fort et
vite ! « Il faut que tu te calmes ma fille » pensa-t-elle, « ce n’est que Harm,
ce bon vieux Harm, ton ami.»
-
Entrez, lui répondit une voix familière, Merci
Harriet, posez ça ici, dit-il en désignant le coin de son bureau.
Il n’avait même pas levé les yeux !
-
Je crains qu’il n’y ait erreur sur la personne
Capitaine !
Harm arrêta immédiatement d’écrire, n’osant pas
lever les yeux de peur d’être déçu. Pourtant, il aurait reconnu sa voix entre
mille…Il finit par relever la tête de son dossier.
-
M…Mac ! Ça alors…
-
Bonjour Harm, répondit-elle en lui décochant un
magnifique sourire.
Il se leva précipitamment renversant au passage son
fauteuil. Il n’en croyait pas ses yeux ! Elle était là…devant lui. Son cœur
faillit s’arrêter. Il avait tellement espéré ce moment dans ses rêves les plus
fous. « Vite, la prendre dans mes bras avant que Brumby arrive ! » pensa-t-il.
Ils s’étreignirent un long moment et pour un instant, tout fut comme avant,
comme s’ils s’étaient quittés la veille. Mac retrouvait sa place dans ces bras
qui l’avaient si souvent consolé. Ils finirent par se séparer mais Harm garda
ses mains dans les siennes et l’examina des pieds à la tête de son regard si
perçant.
-
Le soleil semble plutôt vous réussir Marine !
Elle était tellement belle. Elle n’avait pas
changé. Peut-être avait-elle un peu mincie et sa peau était dorée par le soleil
ce qui faisait ressortir ses yeux. « Si…se sont ses yeux qui ont changé » pensa
Harm, « ils n’ont plus la même lueur ».
-
Vous êtes bien conservé aussi Harm ! Peut-être
quelques cheveux blancs en plus !
Ils rirent de bon cœur, heureux de retrouver leur
ancienne complicité et oubliant ce qui les avait séparés deux ans plus tôt. Sur
le pas de la porte, Bud et Harriet les regardaient avec amusement. Ça faisait
bien longtemps qu’ils n’avaient pas vu le Capitaine aussi heureux !
-
Mic n’est pas là ? demanda Harm d’un air surpris.
-
Non…il a été retenu dit-elle très vite en lançant
un regard vers Harriet.
Mais son manège n’échappa pas à Harm. Il se
retourna vers les Roberts.
-
Vous étiez au courant tous les deux ?
-
Oui Capitaine. Mac loge chez nous.
-
Eh ! bien mes félicitations Bud. Pour une fois,
vous avez bien tenu votre langue !
Tous se mirent à nouveau à rire.
-
Et bien, et bien, que se passe-t-il ici ? Personne
n’a de travail ?
La voix de l’Amiral les fit tous se retourner comme
un seul homme. Il s’avança un sourire aux lèvres.
-
Mac, je suis heureux de vous revoir.
Et il la serra dans ses bras.
-
Bien, je pense que vous avez tous du travail…Mac,
je vous enlève.
-
Mais Amiral…objecta Harm.
-
Ne vous inquiétez pas Capitaine, je vous la
rendrais pour déjeuner !
Mac fit un petit signe à Harm et suivi l’Amiral
dans son bureau. Harm se rassit un peu contrarié mais tellement heureux de
l’avoir revu. Pendant deux ans, il avait attendu ce moment ne sachant pas s’il
arriverait un jour. Et maintenant, elle était là, à Washington ! Il n’avait eu
que quelques nouvelles par Harriet mais jamais directement. Il n’avait jamais
osé l’appeler ou lui envoyer un mail…pour lui dire quoi ? Il repensa au regard
que Mac avait eu pour Harriet à l’évocation de Mic. Il se demandait ce qui se
passait et pourquoi Brumby ne l’avait pas accompagné. De plus, il avait
remarqué les bleus sur son bras. Il espérait avoir bientôt une réponse. Il
essaya de se re-concentrer sur ses dossiers mais ce fut sans grand succès, ses
pensées se retournant toujours vers Mac, sa jupe longue moulante et son petit
top vert !
Bureau de l’Amiral
11h45 AM
-
Alors Colonel, comment ça se passe en Australie ?
-
Bien Amiral, bien. Du soleil, la mer…
-
Votre nouvelle fonction ?
-
Pour être honnête, ce n’est pas aussi intéressant
qu’ici mais…ça va. Ce n’est pas très intensif.
-
Je vois. Et…le reste ? La jeune mariée va bien …pas
de bonne nouvelle à annoncer ?
-
Non Amiral…on préfère attendre encore un peu,
mentit-elle.
-
Ah…
Il avait remarqué tout de suite que quelque chose
clochait et le fait que Mic ne l’aie pas accompagné confirmait ses soupçons. En
effet, l’Australien n’était pas du genre à la laisser voyager seule…il était
tellement possessif !
-
Tout va bien avec Mic ?
-
Vous savez Amiral…il y a des hauts et des bas…
Elle avait l’air tellement triste qu’il n’insista
pas.
-
Alors dites-moi. Pour combien de temps êtes-vous
parmi nous ?
-
Et bien, je comptais rester chez Bud et Harriet une
quinzaine de jours, puis j’irais voir Chloé chez ses grands-parents. Mon vol
retour est prévu le deux août.
-
Bien…bien…Je crois que je peux faire quelque chose
pour vous, dit-il avec un sourire énigmatique en appuyant sur son interphone.
Tiner, envoyez-moi le Capitaine Rabb s’il vous plait.
Une idée un peu folle venait de germer dans son
esprit mais il voulait tenter le coup.
-
Tout de suite Amiral, répondit Tiner.
Mac ne comprenait pas où il voulait en venir et
l’interrogea du regard.
-
Ne vous inquiétez pas Mac, je ne vais pas vous
remettre au travail !
Sachant Mac dans le bureau de l’Amiral, Harm fut là
en quelques secondes ce qui fit sourire son supérieur. Le Capitaine lui faisait
penser à un enfant auquel on autorisait à nouveau d’utiliser un
« jouet » qu’on lui aurait trop longtemps confisqué !
-
Et bien Capitaine ! Si vous étiez aussi rapide dans
la rédaction de vos rapports, on n' aurait pas autant de retard dans les
affaires !
-
Amiral, je…
-
Ne vous croyez pas obligé de vous justifier
Capitaine ! Bon…si je vous ai fait venir c’est parce que Mac a besoin de vous…
Cette dernière fit un bond dans son fauteuil et
Harm se retourna vers elle avec un air interrogateur.
-
Mais Amiral, je n’ai…
-
Laissez-moi finir Colonel.
-
Bien Amiral.
Elle accompagna sa réponse d’un haussement
d’épaules vers Harm lui signifiant ainsi qu’elle ignorait où il voulait en
venir.
-
Mac vient de me dire qu’elle devait se rendre dans
15 jours chez Chloé…Je pense que vous devriez l’y accompagner. Ça fait deux ans
que vous n’avez pris aucune de vos permissions Capitaine et je pense que ça
vous fera du bien de couper un peu…De plus, le Colonel semble avoir besoin que
l’on veille sur elle.
Il désigna de la tête le bras blessé de Mac.
-
Je suis tombée dans les escaliers, ce n’est rien.
Les deux hommes se regardèrent à moitié convaincus.
L’Amiral poursuivit :
-
De toute façon, je ne vais pas pouvoir repousser
indéfiniment ces jours !
-
Avec tout le respect que je vous dois Amiral, je ne
pense pas que se soit une bonne idée. Si Brumby l’apprenait…
-
Je me fous de Brumby, il n’a qu’à être là ! Et puis
Capitaine, ce n’est pas une idée…c’est un ordre !
-
A vos ordres Amiral ! répondit Harm en saluant son
supérieur non sans laisser échapper un sourire de satisfaction.
Après tout, il aurait aimé avoir à obéir plus
souvent à un ordre direct aussi agréable et inattendu !
-
Vous pouvez disposer Capitaine. Je garde un peu le
Colonel.
-
Bien Amiral.
Harm prit congé et l’Amiral se retourna vers une
Mac qui ne s’était pas encore remise de ce qui venait de se passer.
-
Ça vous convient Mac ?
-
Amiral…je suis d’accord avec le Capitaine. Si Mic…
-
Écoutez Colonel…je ne voudrais surtout pas me mêler
de ce qui ne me regarde pas mais…il me semble que Mic devrait être ici, avec
vous…et il n’y est pas. De plus, je pense que vous avez certaines choses à vous
dire avec le Capitaine depuis deux ans non ?
-
Oui mais…
-
Pas de mais Mac. Il vous accompagnera…et je suis
sûr que ce petit séjour sera bénéfique pour tout le monde. Allez, je vous
libère, il doit trépigner d’impatience. Mais je compte bien vous revoir avant
votre départ !
-
Bien sûr Amiral. Merci Monsieur.
Quand Mac eut quitté la pièce, AJ se laissa
retomber dans son fauteuil. Il espérait qu’il avait pris la bonne décision et
que son petit stratagème ne tournerait pas au vinaigre. Ces deux là devaient
absolument s’expliquer pour pouvoir aller de l’avant, ensembles ou séparément.
Lac des castors
29/07 4hPM
Harm et Mac s’étaient vus presque tous les jours
depuis leurs retrouvailles. Ou tout du moins, autant que l’emploi du temps
chargé du Capitaine le leur avait permis. Ils avaient parlé de tout et de
rien…mais jamais de Mic. Harm estimait que ce n’était pas à lui de lancer le
sujet même si une quantité de questions lui brûlaient les lèvres.
Maintenant, ils se retrouvaient seuls chez les
grands-parents de Chloé, loin du Jag et de l’Australie. Peut-être se
laisserait-elle aller à la confidence.
Aujourd’hui, ils étaient allés se baigner dans un
lac non loin de la ferme. Harm était assis sur la rive et regardait les deux
amies s’amuser dans l’eau. Les retrouvailles entre les deux « sœurs »
avaient été très émouvantes d’autant que la jeune fille ne s’y attendait pas du
tout.
Il observait Mac les yeux mi-clos : dans trois
jours, elle repartirait, le laissant à nouveau seul avec ses regrets. Il avait
tant à lui dire mais encore fallait-il qu’il trouve le courage de le faire. Et
puis, en avait-il le droit ? Ces quelques jours avaient été fantastiques et il
aurait donné n’importe quoi pour que ça continue…mais voilà, elle était mariée
avec un autre et vivait sur un autre continent…peut-être même un peu à cause de
lui. Pour l’instant, Mac semblait heureuse et c’est tout ce qui comptait.
Elle sortit de l’eau et vint s’ébrouer à côté de
lui alors que Chloé avait entreprit de traverser le lac à la nage.
-
Vous devriez vous laisser tenter Harm. Elle est
délicieuse !
-
Non merci. Je préfère la terre ferme !
-
Et c’est un pilote qui dit ça !
Elle s’assit à ses côtés et ils regardèrent Chloé.
-
Elle a grandit n’est-ce pas ?
-
Oui…c’est une vraie petite femme maintenant !
-
J’ai l’impression que j’ai manqué beaucoup de
choses en deux ans. C’est comme avec le petit AJ.
-
Ne vous inquiétez pas, dès que je le vois, je lui
parle de vous, pour ne pas qu’il vous oublie.
-
Ah oui ? Et qu’est-ce que vous lui dites ?
-
Vous aimeriez savoir hein ? Désolé c’est top
secret, des histoires de gars…
Elle lui donna une tape sur le bras avant de se
laisser tomber sur sa serviette en maugréant :
-
Ah les hommes !
Il se retourna pour lui répondre mais elle avait
fermé les yeux. Il se contenta de la regarder afin de graver chaque détail dans
sa mémoire.
Le même jour
10h PM
Après le repas, les grands-parents de Chloé se
retirèrent pour aller se coucher ainsi que Chloé que sa baignade avait épuisé.
Harm et Mac restèrent donc seuls et entreprirent une partie de Dames sur la
terrasse. Comme d’habitude, Mac l’emportait haut la main ! Peu à peu, la
fraîcheur tomba et ils décidèrent de rentrer. Mac alla se chercher un gilet
pendant que Harm installait le jeu sur la table basse du salon. Quand elle
revint, ils reprirent leur partie en silence. Ils étaient bien et n’avaient pas
besoin de se parler. Harm remarqua toutefois que Mac se tenait régulièrement le
cou depuis leur retour du lac.
-
Vous vous êtes fait mal ?
-
Je crois simplement que j’ai du faire un faux
mouvement. Ce n’est plus de mon âge de batifoler comme ça dans l’eau !
-
Venez ici, on va essayer d’arranger ça.
Il tapota de la main la place libre sur le sofa à
côté de lui.
-
Non merci Harm… je vous assure ça ira…N’oubliez pas
que je suis un Marine ! J’en ai vu d’autres !
-
Allez Mac, ne vous faites pas prier. Vous savez
bien que j’ai des doigts de fée !
Mac se laissa donc tenter et s’installa à ses
côtés. Il commença à lui masser la nuque en redescendant vers ses épaules. Mac
ferma les yeux sous les doigts agiles de son ex-collègue. Harm fit glisser le
gilet pour simplifier son massage. Il ne put réprimer une grimace devant le
bras de Mac qui avait maintenant viré au violet.
-
Vous ne vous vous êtes pas ratée dans ces
escaliers.
-
Non. Mais j’ai eu de la chance…
-
Oui…
Harm était plus que sceptique sur l’origine de ce
vilain bleu. Au contact de ses mains sur ses épaules maintenant nues, Mac ne
put retenir un frisson.
-
Ça va mieux ?
-
Hum, hum…
Harm sourit et continua de dénouer les cervicales
de Mac. Ses mains se seraient bien égarées plus loin mais…Il sentait ses lèvres
irrésistiblement attirées par cette nuque et se pencha pour y déposer un
baiser. Il retrouva sa lucidité à temps et se redressa brusquement. Mac sentant
qu’il avait interrompu son massage avait rouvert les yeux et, dans le reflet de
la télévision, avait vu le geste de Harm. Elle avait senti également son
souffle trop proche de sa peau, ce qui l’avait profondément troublée. Elle
pensa qu’il était préférable qu’elle aille se coucher avant que l’un ou l’autre
ne perde la tête.
-
Je…je pense qu’il vaut mieux que j’aille me
coucher. Je suis épuisée. Bonne nuit Harm. Merci pour le massage.
Elle lui déposa un léger baiser sur la joue avant
de partir.
-
Bonne nuit Mac.
Harm se laissa retomber contre le dossier du sofa
et la regarda s’éloigner à regret. Qu’est-ce qui lui avait pris ? Il savait
qu’il n’avait pas le droit d’agir comme ça : elle était mariée ! Mais
c’était plus fort que lui…une partie de lui perdait totalement le contrôle
lorsque Mac était si proche de lui. Plus que trois jours pensa-t-il, trois
jours, et elle repartira…
01/08 3h PM
Cet après-midi, Chloé était à un anniversaire. Harm
et Mac décidèrent de partir faire une ballade dans les environs. Le temps était
lourd et l’orage menaçait d’éclater à tout moment. Mais c’était leur dernière
journée et ils comptaient bien en profiter au maximum. Ils partirent donc à
travers champs, les grands-parents de Chloé leur ayant indiqué un point de vue
à voir absolument. Ils marchaient côte à côte, silencieux, chacun plongé dans
ses pensées…qui étaient identiques. Ils pensaient au lendemain où il faudrait
encore se dire adieu. Mac décollait à 20h, et ils devaient quitter Chloé dans
la matinée.
Mac rompit le silence la première et commença à
parler de son travail : bizarrement, c’était la première fois qu’ils
abordaient le sujet. Mac lui expliqua sa fonction au sein de l’Ambassade et
pourquoi elle n’était pas pleinement satisfaite de ce poste. Mais c’était le
seul moyen pour elle de rester dans l’aéronavale.
Ils entendirent soudain un énorme roulement dans le
ciel et de grosses gouttes se mirent à tomber. L’orage éclata avant qu’ils ne
puissent réagir et ils se mirent à courir, cherchant un endroit où s’abriter.
Mac n’était pas vraiment habillée pour une telle entreprise, sa robe qui lui
collait à la peau à cause de l’eau entravant sa course. Harm lui pris la main
et la tira avec lui en direction d’une grange qu’il venait de repérer au bout
du champs. Ils s’engouffrèrent à l’intérieur et Harm repoussa la porte derrière
eux. Ils mirent un moment à reprendre leur souffle car la pluie était très
violente et ils avaient eu l’impression de se noyer !
Harm retira sa chemisette trempée et la suspendit à
un clou. Puis il se retourna vers Mac constatant qu’elle pouvait difficilement
ôter un vêtement pour se sécher un peu sans se retrouver nue. Sa robe était
plaquée contre son corps et était devenue transparente. Avec ses cheveux
qu’elle avait ébouriffés pour faire tomber les gouttes elle était ravissante.
Et le tableau qu’elle renvoyait n’était pas pour déplaire à Harm.
-
Et bien Marine ! On peut dire que vous avez pris
l’eau !
-
Vous n’êtes pas mieux Harm !
-
C’est vrai.
Il alla s’asseoir dans la paille. Mac resta debout
essayant d’essorer comme elle le pouvait sa robe détrempée et de distraire son
esprit du torse nu d’Harm.
-
Harm ? Vous pouvez vous retourner s’il vous plait
le temps que je retire ma robe pour la sécher un peu ?
-
A vos ordres Colonel !
Harm se détourna à regret essayant tout de même de
reproduire la scène dans son esprit débridé.
-
C’est bon, dit-elle en venant s’asseoir à ses
côtés.
Elle n’avait pas reboutonné sa robe jusqu’en bas et l’ouverture laissait apparaître ses cuisses galbées et bronzées. Harm pouvait sentir sa chaleur et le contact léger de son bras contre le sien ne le laissaient pas indifférent. Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas eu de femme et la proximité de Mac le lui rappelait cruellement. Depuis deux ans, il avait bien eu quelques aventures mais rien de sérieux, rien qui ne le satisfasse autant que la relation qu’il avait avec Mac. Ces aventures avaient été purement physiques et il ne se cachait pas qu’avec chacune d’entre elles, c’est à Sarah qu’il av