Je travaillais depuis plus de deux heures sur un dossier assez compliqué et je n’arrivais plus à me concentrer , il fallait absolument que je me réveille .Je partis donc dans la cuisine pour prendre un café , j’étais en train de me servir lorsque harm m’aborda :
H : hey, déjà un p’tit creux marine ?
M :non , une bonne tasse de café et je me remets au travail
H :dur dur hein l’affaire Martins …
M :à qui le dites-vous !
H :ne vous fatiguez pas Mac , je vais gagner …
M :désolé pilote mais il va finir sa vie à Levenworth. …
H :oublieriez-vous que son avocat est le meilleur défenseur du jag ?
M : hou…votre mère aurait dû vous appeler Modeste … !
H :je sais je sais …
Il m’énervait …mais comment pouvais-je résister à ce petit sourire au coin des lèvres qu’il avait lorsqu’il me taquinait ???...IMPOSSIBLE…
H :ha ! au fait…Vous avez vu l’amiral ce matin ?
M :heu…non , j’avais rendez-vous avec lui à neuf heures trente mais il n’est pas encore arrivé, il est probablement en retard.
H :oui sûrement après tout il n’est que dix heures…on se voit tout à l’heure au tribunal
M :oui à plus tard…
Il sortit mais il repassa sa tête dans l’entrebâillement de la porte :
H :et …n’oubliez pas , je vais gagner…
Il sourit et repartit …haa Harmon Rabb Junior toujours sûr de lui !!!mais il avait tort c’était moi qui allait gagner …. !!!
Il était onze heures trente et je m’apprêtais pour aller au tribunal .Harm arriva l’air inquiet :
H :mac, l’amiral n’est toujours pas arrivé et il n’a pas prévenu Coats ; c’est plutôt étrange .
M :vous avez essayé sur son portable ?
H :oui , aucune réponse
M :en effet c’est inhabituel
H :je vais aller chez lui , il y a quelque chose qui ne va pas .Vous m’accompagnez ?
M :mais… et l’audience ?
H :je vais demander un report au juge , elle connaît très bien l’amiral, elle comprendra….
M :j’arrive
Je rangeai mon dossier et je me dirigeai vers l’ascenseur avec Harm.
M :vous avez prévenu la juge ?
H :oui je lui ai tout expliqué , elle a dit qu’il n’y avait aucun problème.On doit la tenir au courant.
M :vous avez réessayer sur son portable ?
H :toujours pas de réponses , ça commence réellement à m’inquiéter .
Quand nous arrivâmes devant chez A-J la porte d’entrée était ouverte et sa voiture était garée sur le parking .
A l’intérieur , nous cherchâmes l’amiral mais il n’y avait personne ;tout était retourné , on avait apparemment fouiller la maison .
H :je savais bien que quelque chose n’allait pas …
M :mais quest-ce qu’il s’est passé ?
H :je ne sais pas …il faut qu’on le retrouve
Qui pouvait en vouloir à l’amiral ? Ce brillant homme , le juge avocat général toujours attentif à ses collègues et avide de conseils ???
H : regardez si il n’y a aucune trace , des indices qui nous mettraient sur une piste
M :ok
Je cherchai durant plus d’une heure avec harm dans toute la maison …Rien …tout avait été calculé
H :mac , vous avez vu son portable ?
M :non …attendez
Je sortis mon portable de ma veste et je composai le numéro de A-J .Je parcouru la maison mais je n’entendis aucun bruit donc son portable n’était pas chez lui .
H :il n’est pas ici , ça veut dire qu’il l’avait sur lui , appelez Webb pour qu’il puisse le localiser
M :je…heu…je vais inspecter les alentours .Prévenez-le
Je sortis de la maison avant qu’il n’ait l’occasion de me poser une question .L’air frais me fit frissonner ,je m’étais disputée avec Webb deux jours auparavant .Il ne m’avait même plus téléphoné , il était en mission comme toujours…je ne me rappelle même plus pourquoi cette dispute a commencé …cette habitude qu’il a de fuir une fois que les choses se compliquent un peu et puis le fait qu’il boive devant moi me font mal.Je crois que je l’aimais mais je suis lassée de passer ma vie à l’attendre .Je préférais prendre l’air que de devoir exprimer tout ce que je ressentais à harm même si je savais qu’il était le seul qui m’ait jamais comprise…pendant que je me perdais encore dans mes pensées pour des hommes et plus précisément un,je continuais à chercher sur le parking de l’amiral la moindre trace capable de nous mettre sur une piste sûre .Harm sortit de la maison :
H :j’ai eu webb , il va faire son possible et il me recontacte dès qu’il a des nouvelles .
Un objet attira mon attention au sol :
M :harm, venez voir ça
H :vous avez quelque chose ?
C’était une petite seringue déjà utilisée
M :valériane U.C 5ml , elle est vide
H :valériane ?.... ….
Il prit son portable dans sa poche :
H : Coats, c’est le capitaine Rabb
C : ^^^^
H :oui , je voudrais que vous fassiez des recherches pour moi sur la valériane et ses effets aussi svp
C : ^^^^
H :oui maintenant !
C : ^^^^
H : j’attends… … … …
C : ^^^^
H : vous en êtes certaine ?
C : ^^^^
H : ok, merci jennifer
C :^^^^
H :non ne dites rien pour l’instant ;je vous tiendrai informée si nous avons du nouveau
M :alors ?
H :la valériane est une plante utilisée en médecine , c’est un calmant et à forte dose c’est un somnifère . U.C pour ultra concentrée :probablement pour le maîtriser .
M :donc il est possible qu’il ait été seul
H :oui mais je ne vois pas pourquoi : une vengeance ? un règlement de compte ? un problème personnel ?
M : et il n’y a aucune trace
H : aucune …Celui qui a fait ça avait tout calculé dans les moindres détails.
M : je vais retourner au jag pour prendre tous les dossiers sur lesquels l’amiral a attaqué et a gagné pour une condamnation assez conséquente …si c’est une vengeance je trouverai sûrement quelque chose.
H : oui , c’est la seule chose à faire.Je vous raccompagne , je fouille les alentours et je reviens vous aider .Il faut aller vite…
Dans la voiture je ne dis rien , je réfléchissais à tout et à rien pour m’occuper l’esprit ;en réalité j’avais peur qu’il me pose des questions et…j’avais bien raison !
H :pourquoi êtes-vous partie dès que j’ai prononcé le nom de Webb ?
M :je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parlez…
H :mac !!
M :… … …
H :vous vous êtes disputés ?
M :nous avons plus important à penser
H :bon…comme vous voulez
Je ne dis plus rien tout le long du trajet .
Quest-ce qu’il pouvait être curieux !!
Cela m’énervait … … quoique... … Il était curieux de savoir ce qu’il se passait entre moi et Clayton ,il était jaloux parce qu’il tenait à moi et que Webb lui faisait concurrence mais malheureusement pour l’agent brillant de la C.I.A il ne faisait pas le poids , je ne le savais que trop bien …
De retour au bureau, j’avertis Coats mais je lui dis de ne pas trop en parler en espérant que moi et harm réussirions à le retrouver dans les heures à venir .Vers deux heures mon téléphone sonna :c’était mon petit curieux…
M :colonel Mackenzie
H :mac , c’est harm
M : alors , vous avez trouvé quelque chose ?
H :rien
M :de mon côté rien non plus pour l’instant .Il faut absolument que vous reveniez m’aider , il y a près de 200 dossiers à relire
H : oui mais vous pouvez déjà enlever tous ceux pour lesquels il a fait condamner l’accusé à la peine de mort, la prison à perpétuité, …vous voyez ?
M :ça fait quand même un sacré paquet !
H :j’arrive mac !
Il était 8h30 , cela faisait à peu près 6 heures que moi et harm analysions les dossiers un à un .Nous avions tout trié , il restait encore 1/3 des dossiers … nous avions pu en éliminer une grande partie : les personnes décédées ou toujours incarcérées n’avaient forcément rien à voir avec la disparition de notre supérieur.A u total il nous en restait 60 .
M :vous êtes sûr que c’est une vengeance ?
H :à peu près mais vous que pensez-vous ?
M : je ne sais plus harm , je suis épuisée …je n’arrive même plus à lire
H :moi aussi … rentrons
M :on partage le reste des dossiers ?
H :oui allez on y va . Je vous raccompagne ?
M : si vous voulez
Nous prîmes les dossiers restant et nous repartîmes pour récupérer quelques heures de sommeil. Dans la voiture j’avais du mal à garder les yeux ouverts , je crois que je m’endormis en quelques instants seulement …
H :vous êtes chez vous Marin
Il se tourna vers moi et lorsqu’il vit que j’avais les yeux fermés et que je dormais , il sourit , il sortit tout doucement de la voiture pour ne pas me réveiller .Il ouvrit la portière , s’accroupit près de moi et il caressa ma joue …
H :hey…
M :mmh
H :vous comptez dormir dans ma voiture ?
Je m’étais endormie mais quelle agréable façon de me réveiller !!
Je faisais exprès d’en rajouter un peu à ma fatigue …Cette caresse discrète je l’avais sentie …ça me troublait , ce n’était pourtant pas dans ses habitudes , …
M (en baillant ) :mh, bon j’y vais
Il me regardait toujours avec cet air attendri…mais que lui arrivait-il ??Je sortis de la voiture , il recula pour me laisser passer mais nous nous effleurâmes …c’était…assez étrange…Je me retournai et il me regarda comme il le faisait si souvent mais là il y avait quelque chose de différent , quelque chose en plus .Il ne détourna pas le regard , je l’observai moi aussi un long moment…Impossible de défaire nos regards l’un de l’autre.A ce moment là , je savais parfaitement que si il s’approchait de moi ne fut-ce que quelques centimètres je ne pourrais en aucun cas résister et c’est bien pour ça que je repris le contrôle temps que je le pouvais encore .
M :heu…je…merci Harm , vous passez demain matin ?
H :…oui , bonne nuit Mac à demain
M :bonne nuit
Je me dirigeai vers mon appartement un peu troublée par ce qui venait de se passer .Une fois de plus , je m’étais voilée la face ,j’avais tout fait pour résister alors que quand il me regardait je sentais cet étrange frisson me parcourir …
Rentrée , je pris une rapide douche et je me changeai pour reprendre le travail sans perdre de temps…
J’ouvris le premier dossier de l’immense pile qui m’attendait …1,2,3…à 2h45 je m’endormis sur le tas de dossiers.
L’amiral était dans une salle sombre , sans fenêtre et il était blessé à la tête , il somnolait .Un homme d’une quarantaine d’années arriva un 9mm à la main , il le pointa sur A-J qui se leva péniblement .Ses mouvements étaient ralentis …il ne put rien faire lorsque l’inconnu le poussa contre le mur et tira sur lui ; il s’écroula inerte entouré de sang.
Je me réveillai tremblante et trempée , heureusement ce n’était qu’un rêve mais …et si c’était une vision ??non c’était impossible , différent.
Je regardai l’heure , il n’était que 3h30 .J’essayai de relire quelques dossiers …impossible tout comme me rendormir …infaisable. Je commençais à m’angoisser A-J avait toujours su m’aider dans les moments difficiles de ma vie , j’avais pu compter sur son aide , ses conseils ... Où était-il ? Etait-ce déjà trop tard ?
Je pris mon portable pour joindre Harm :
H :Rabb
M :harm , c’est moi
H :hey mac …est-ce que ça va?Vous avez une drôle de voix
M :Je n’arrive pas à fermer l’œil , je m’inquiète et on ne peut rien faire
H :moi aussi mac .Bon écoutez , j’ai analysé tous mes dossiers .Quasiment tous peuvent être supprimés , le reste du travail sera simplifié .Si on résonne logiquement la plupart des condamnés n’ont certainement rien à voir avec tout ça :plusieurs sont décédées , d’autres étaient en service , porte-avions , Irak , médecins sur le terrain…bref seul 3 dossiers restent en ligne et chez vous ?
M : j’ai 4 dossiers à revérifier
H : travaillons ensemble , de toute manière dormir est mission impossible.
M :oui…je vous attends
H : j’arrive,à tout de suite
M : à tout de suite.
Je raccrochai un peu rassurée après avoir entendu le son de sa voix , je préparai du café pour nous aider à tenir le reste de la nuit .A 4h05 harm arriva chez moi ses dossiers à la main .
Moi je n’étais pas très bien, je me faisais du soucis mais par dessus tout j’en avais assez de devoir me montrer forte en raison de mon uniforme ou même mon grade…Ces derniers jours avaient été plus difficiles , ce que je demandais c’était tout simplement une vie stable , une vie de femme mariée avec des enfants , juste ça …J’étais fatiguée encore interpellée par le regard de harm hier soir…Cette vision de l’amiral allongé sans vie sur le sol resta plusieurs secondes devant mes yeux…Pourquoi ma vie était-elle si…compliquée ??Harm n’avait pas bien saisi mon regard perdu et épuisé mais il avait senti mon mal-être ,il était un peu dérouté puisque ce n’était pas mon caractère mais il abandonna ses dossiers sur le meuble du salon et me prit dans ses bras .Je me laissai aller , je ne pouvais plus aller contre ce sentiment j’étais rassurée et sereine quand il était là , tout près …si seulement les conditions avaient été différentes.Il faisait preuve de tendresse dans le moindre de ses gestes , je venais de réaliser que ce que je ressentais pour lui n’étais plus de l’amitié .Plus je m’en rendais compte et plus je me sentais mal…parce que cette relation était sans issue …Harm avait passé sa main dans ma nuque et ce frisson me parcourut une seconde fois .Mais nous ne pouvions pas être égoïstes , pas maintenant ; il fallait penser à l’amiral.
H :hey …
Je me calmai petit à petit...
H :Mac quest-ce qui ne va pas ?
M :rien rien tout va bien
H :non…
M :je l’ai vu harm
H :??qui Mac ??
M :…A-J…et il était mort , c’est trop tard…
H :non !vous dormiez ?
M :oui…
H : ce n’était qu’un rêve...L’amiral est en vie et nous le retrouveront
M :je ne sais pas Harm , le ravisseur n’a pas donné de nouvelles , pas de demande de rançon , ça nous indique son intention …
H :oublions les idées noires et concentrons nous plutôt sur les sept dossiers restant.
M :oui… …vous avez raison
H : Sarah ?
M :?
H :vous allez tenir ?Vous ne me semblez pas très bien ces derniers jours .
M : tout ira bien, je suis un Marin, je suis juste un peu fatiguée ; ça ira je vous assure …Merci
H :pourquoi Mac ?
M :…hé bien…ça va mieux…quand vous n’êtes pas loin
Il sourit .Miracle…je m’étais confiée mais…..Un petit peu… !!
Nous nous assîmes sur le divan pour la relecture des affaires.
Il était désormais 5h23 ;nous avions encore pu éliminer 4 dossiers sur les 7 .Andréa Miker , Thomas Kingston , Bart Duberfis et Max Martinson avaient un alibi en béton , c’est sûr ils étaient innocents et de plus les autres avaient fait preuve de violence lors de l’énonciation de leur jugement .Nous allions examiner le dossier suivant à savoir celui de Carl Baxter quand le téléphone sonna .
J’espérais de tout mon cœur que ce coup de fil nous annonce la découverte de l’amiral sain et sauf mais non…c’était cet idiot de Webb :
H : Rabb
W : désolé harm , j’étais en mission sur le terrain, j’ai fait le plus vite possible
H : des nouvelles de l’amiral ?
W :rien de bien précis malheureusement mais j’ai mis plusieurs équipes sur l’affaire .
H : dites toujours
W :j’étais sur le point de localiser le téléphone cellulaire de l’amiral quand il a été détruit .J’ai juste eu le temps de trouver la ville mais pas le quartier et encore moins la rue ou la maison…
H :et ?
W : apparemment au moment où nous avons commencé la localisation il se trouvait aux alentours de Philadelphie .
H :merci Webb , appelez moi si vous avez du nouveau . On cherche aussi de notre côté .
W :Sarah est avec vous ?
H :oui , nous travaillons ensemble
W : bien, …Je vous tiens au courant
H :oui à plus tard Webb.
Je m’étais décontractée, j’avais repris mon calme et mon esprit de Marin avait enfin refait surface .Et puis quelque chose avait changé entre moi et harm, son regard pour moi s’était attendri, nous étions plus proches ; il m’avait déjà pris dans ses bras mais pas de la sorte…je n’avais même pas vu qu’il avait raccroché et qu’il me regardait penser .Il prit ma main
H :Mac , vous êtes toujours avec moi ?
M :… …oui biensûr .Excusez-moi , je réfléchissais .
H : …à quoi ?
M :je…heu…Webb a eu des nouvelles ?
H :??... …oui mais pas très précises. Ils auraient su localiser le portable de l’amiral à Philadelphie mais il a été détruit avant qu’ils puissent accéder à des informations plus concrètes.
M :réfléchissons…il nous reste ces trois dossiers .Peut-être que…
H :que … ?
M : …Los Angeles…Prinston…
H:Mac??!!
M:gagné…Rodney Douglas est domicilié à Philadelphie
H :Peut-être que c’est un simple hasard et…qu’ils n’y étaient que de passage quand Webb les a localisés…
M :… Non
H :encore une intuition ?
M :… … … Je sais que c’est là qu’il faut aller et maintenant.
H :Mac , ce serait complètement irréfléchi de partir sur un coup de tête, on ne sait même pas où aller précisément. Non ce ne serait vraiment pas raisonnable.
M :Harm…
H :c’est à 2heures de route , nous n’avons même pas dormi ; attendons des nouvelles plus sûres de Webb et des équipes mobilisées.
M :vous ne me faites pas confiance …
H :biensûr que si mais …
M :alors partons tout de suite .J’en saurai peut-être plus sur place.
H :il faut que l’on dorme au moins quelques heures , nous aurons de meilleurs réflexes et puis d’ici là peut-être que vous en saurez plus…
M :!!!
H :je passe vous chercher à 8h30 ok ?Il est 6h , je crois que c’est assez si on ne veut pas perdre de temps.
M :restez donc ici ,le temps que vous fassiez l’aller-retour vous ne dormirez même pas une heure …
H :mais…
M :!!!???
H : bon d’accord mais …je prends le divan alors
M :vous croyiez peut-être que j’allais vous laisser mon lit !!
Cette plaisanterie détendit un peu l’atmosphère et nous rîmes de bon cœur. Ensuite je partis lui chercher une couverture et un coussin. Quand il fut installé, je partis moi aussi me coucher pour récupérer un peu de sommeil qui m’avait manqué ces derniers jours. J’enfilai vite mon long t-shirt ARMY et je me mis dans mon lit …
Cela faisait à peu près 40 minutes que je me tournais et me retournais, je réfléchissais sans cesse , je pensais , je me rappelais , …Harm ,A-J,…ma respiration étais de plus en plus saccadée…Je n’en pouvais plus. Je sortis du lit et je me dirigeai vers le salon en silence .Il me sembla qu’il dormait…J’étais debout face à la fenêtre , j’avais affreusement mal à la tête .C’était contre ma volonté , décidément je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Harm, au baby-deal , à ce baiser brûlant le jour de mes fiançailles avec Mic , à ce petit baiser si mignon et inattendu le soir de Noël mais aussi quand il m’avait prise dans ses bras tout à l’heure et surtout le fait que je me rendais compte de plus en plus que je… …que je L’AIMAIS… ; Pourquoi est-ce que cela me faisait si mal ?...
(Mac se parle) : Maîtrise-toi Sarah , allez… Tu n’est pas faible , tu es un Marin, reprends-toi bon sang !!
De chaudes larmes coulaient le long de mes joues malgré moi , impossible de reprendre le dessus. Décidément , ce n’était pas du tout mon jour…Je n’avais pas remarqué qu’il s’était éveillé et qu’il m’observait depuis déjà un bon moment alors quand je sentis son regard se poser sur moi , je serrai mes poings de toutes mes forces ,…Je ne voulais pas qu’il me voie dans cet état…J’essayai de me maîtriser un maximum en vain …
Il se leva et se dirigea vers moi tout doucement …dangereusement…
Il prit mes mains crispées dans les siennes et il entoura ma taille mais j’étais toujours aussi tendue et ces larmes perlaient encore sur mes joues .
H :Sarah , calmez-vous…hey chh…
Je crois que c’est à ce moment-là que je ne réfléchis plus à rien , il se mit face à moi en tenant toujours mes mains. Il posa son front contre le mien , je sentais son souffle sur mon visage ; sa respiration à lui était aussi rapide que la mienne . J’avais remarqué qu’il tremblait depuis que nos corps se rapprochaient :
M :Harm , …Pourquoi tremblez-vous ?...
H :… … …peu importe… … …
Il passa sa main sur mon visage pour y essuyer les quelques larmes puis il s’arrêta sur mes lèvres qu’il parcourut plus lentement … Pendant des secondes qui me parurent des heures , ils rapprocha ses lèvres de ma bouche .Nous restâmes ainsi sans oser trop en faire mais j’avais chaud, si chaud…C’en était trop pour moi : je passai ma main dans sa nuque , il m’attira tout contre lui …et ce timide baiser se transforma en une embrassade langoureuse pleine de désir et d’impatience. Cela faisait déjà plusieurs minutes que nous étions enlacés de la sorte . Lui , je ne l’avais jamais vu aussi tendre et attentionné :il passait sa main doucement le long de mon dos et remontait dans mes cheveux ; moi , j’avais passé ma main sous sa chemise et je caressais le bas de son dos …
Après encore quelques secondes , trop courtes , je me séparai de ses douces lèvres …En si peu de temps , j’étais déjà adepte de ses baisers.
Je me blottis dans son cou et il me berça toujours pour m’apaiser , maintenant j’étais sûre de moi , presque de lui…
Je me sentais assez coupable de ne pas penser à l’essentiel … à savoir A-J :
M :il faut que l’on parte pour Philadelphie …maintenant. Nous ne sommes d’aucune utilité ici et si Webb a des informations complémentaires , nous serons déjà sur place : c’est un gain de temps … …
H :Mac…
M :il a besoin de nous…
H : allons-y
Je repartis vers la chambre pour m’habiller mais il me retint , tenant toujours ma main ; il me regarda , sourit et la lâcha.
Nous partîmes en direction de Philadelphie vers 7h00 du matin. Sur la route , je fermai les yeux quelques instants seulement mais ce fut assez…J’eus une vision :je vis une usine désaffectée et un homme armé qui se dirigeait vers le plus étroit des bâtiments avec une porte rouge vif ;l’homme ouvrit la porte en riant : l’amiral était assis dans le coin droit de la petite pièce sombre , attaché avec une corde à une petite barre en fer qui faisait une boucle sur le mur crasseux… …
Je me retournai brusquement sur mon siège , ce qui eu pour effet d’effrayer Harm , il freina lui aussi brusquement et il se tourna vers moi :
H :Mac ? Qu’est-ce qui se passe ?
M …c’est une usine…la porte…
H : doucement…expliquez-moi
M : cette fois c’étais bien une vision, je…je l’ai vu, dans …une usine à l’abandon et l’homme, c’est Douglas. J’en suis sûre.
H :Ok ,regardez dans la boîte à gants : il y a des documents militaires ; cherchez la carte industrielle , elle est brune je crois .
M : mh…oui , je l’ai
Il s’arrêta sur le bas-côté pour que l’on puisse regarder à notre aise :
H :alors …Il y a les chantiers navals de Camden aux abords de Philadelphie …
M : non …J’ai déjà été à ceux de Norfolk , c’était différent et puis ce chantier est toujours actif aujourd’hui.
H :ok …Il nous reste la métallurgie et l’industrie chimique , une usine en ruine vous dîtes ?... … Si je me souviens bien la métallurgie a cessé de fonctionner il y a à peu près 4 mois , ça a fait un énorme coup médiatique …
M :alors c’est là qu’il faut aller .
H : encore une heure trente de route si je roule vite
M :ne traînons pas…
Nous arrivâmes à la métallurgie vers 9h00 :
H :vous avez votre arme ?
M :je viens de la charger
H :ok
… …
H : Sarah ?
M :oui ?
H :prudence…
Cette usine était gigantesque , j’essayais de m’ y retrouver un maximum avec les quelques notions de ma vision mais c’était si grand…Et puis tous les bâtiments se ressemblaient.
H :vous reconnaissez quelque chose ?
M :je ne sais pas , ça a été tellement vite…
H :mais c’est bien ici ?
M :oui , il me semble
Après 5 à 10 minutes de marche dans cet endroit poussiéreux , j’aperçu enfin ce petit bâtiment avec la porte rouge .
M :Harm , c’est là !
H :ok, on y va doucement
Il ouvrit la porte pendant que je le couvrais mais l’amiral était seul dans le coin , attaché exactement comme je l’ avais vu.
Nous nous dirigeâmes vers notre supérieur un peu inquiet car il ne tâche de sang au niveau de l’abdomen sur son uniforme.
H :amiral ??
M :Harm…
H :non Mac , il est vivant
M :monsieur ?
H :hooo…
M :est-ce que ça va aller amiral ??
A-J : capitaine …colonnel…mais comment ….comment m’avez-vous retrouvé ??
Harm fit un signe de tête vers moi
A-J : heureusement que vous êtes là Mac …
H :où est-il monsieur ?
A-J :c’est homme est complètement fou , écoutez : je l’ai fait condamné quand il avait 21 ans pour haute trahison , c’était une affaire de sécurité nationale .Il a échoppé de 20 ans pour avoir révélé aux service secrets russes des informations sur un projet classé top secret de l’aéronavale
M :oui , nous avons parcouru le dossier
A-J :Il veut des papiers pour avoir accès aux archives de la C.I.A .Je lui ait dit que je ne pouvais aucunement avoir accès à ces informations et il m’a tiré dessus !Il m’avait drogué , je n’ai rien pu faire , je n’en reviens pas !! Je me suis fais avoir comme un gamin !
H : calmez-vous…
A-J : il y a un train qui passe juste à quelques mètres de l’autre côté de l’usine , il arrive dans 13 minutes .Il ne voit plus clair ;il va tout faire sauter pour se faire entendre .
Je le détachai avec le couteau de poche de Harm , il avait perdu assez bien de sang .
A-J :il faut l’arrêter !
Il voulut se lever mais la douleur le fit tressaillir et nous dûmes le rattraper. Il essayait de nous convaincre qu’il allait bien mais son état général m’inquiétais tout de même .De plus il était agité parce qu’il ne pouvait rien faire …
H : monsieur , je vais aller le résonner .Vous , vous feriez mieux de partir pour l’hôpital afin de vous faire examiner .
A-J : c’est homme est complètement fou ! Vous ne pouvez pas y aller seul.
H :amiral , il nous reste 9 minutes .Je vais appeler Webb mais il faut que j’y aille .
A-J :je viens avec vous
H : vous arrivez à peine à marcher
A-J :…
…soyez prudent
H : merci amiral
J’attirai Harm dans le coin pendant que l’amiral s’appuyait contre le mur :
M :je viens avec vous
H :Mac , c’est dangereux
M :j’en ai vu d’autres
H : il faut que vous emmeniez l’amiral à l’hôpital , ça a l’air assez grave .Les secours mettraient trop de temps , l’usine est en retrait et nous n’avons pas de réseau ici . Filez…avant qu’il ne soit trop tard.
M :Harm ce type est cinglé !
H :il ne me reste pas beaucoup de temps …
Je ne voulais pas le laisser partir , plus maintenant …
H : tout ira bien , on a déjà dû affronter bien pire vous et moi , je vous promets qu’on se revoit après .Ne vous inquiétez pas.
Ses paroles sonnaient faux , je savais que quelque chose n’allait pas , je le sentais …
M :ok , tenez-moi au courant et …faites attention…
Je me dirigeai vers l’amiral mais il prit ma main comme à la maison , son regard était si fort qu’il remplaçait tout ce qu’il aurait pu me dire.
H : si jamais…
Il sortit une enveloppe de la poche de son uniforme. Il la mit dans ma main qu’il serra fort avant de s’en aller .
Je partis avec A-J vers l’hôpital le plus proche en espérant que Harm avait réussi à calmer ce fou. Je me demandais quand même ce qu’il y avait dans cette enveloppe …Une lettre ??Je me dis que je l’ouvrirai plus tard quand l’amiral serait hors de danger et ça même si il m’avait dit de ne l’ouvrir que si les choses tournaient mal.
Nous étions à l’hôpital Sainte Rita de Philadelphie , les médecins s’occupaient de A-J depuis une trentaine de minutes et je patientais dans la salle d’attente en attendant un coup de fil de Harm ou Webb mais non…rien…C’étais étrange , il devait me prévenir ; ça recommençais , je faisais les cents pas , je m’angoissais de nouveau :ce n’était pas normal , d’habitude , je n’étais pas d’un tempérament stressé , cela faisait plusieurs jours que ça n’allait pas , peut-être que c’était encore un pressentiment sur ce qui allait ou n’allait pas se passer , je ne savais pas , ça me déstabilisais car même dans des situations plus graves je n’avais jamais réagis de la sorte …ça voulait sûrement dire quelque chose , restait à savoir quoi ??
Le médecin arriva :
Mdc : colonel vous allez bien ?
M : …
Mdc :colonel ?
M : ho … heu …oui excusez-moi .Comment va l’amiral ?
Mdc : Il a eu de la chance . Il est sortit d’affaire , les organes vitaux n’ont pas été touché et c’était moins grave que ça en avait l’air : ce genre de blessure est souvent impressionnante…Cependant , je vais le garder 2 nuits en observation .
M : oui bien sûr…
Mdc : vous êtes sûre que ça va ? Vous voulez quelque chose ? vous ne me semblez pas dans votre assiette…
M : non merci beaucoup ça ira comme ça , je suis simplement fatiguée…
Mdc : bien , reposez-vous…au revoir colonel
M : au revoir et merci encore .
Je rentrai dans la chambre de l’amiral qui était éveillé :
M :vous allez mieux monsieur ?
A-J :oui merci beaucoup colonel , des nouvelles du capitaine ?
M : non mais ça ne devrait pas tarder.
A-J : oui…colonel ?
M : oui monsieur ?
A-J : merci…
M : il n’y a pas de quoi amiral…vous auriez réagi de la même manière
L’amiral alluma le poste de télévision , je sortis prendre l’air pour me changer les idées :cette odeur des hôpitaux , je la détestais …Mais à peine avais-je fait quelques pas que l’amiral me rappela soudain agité comme tout à l’heure .
A-J :Mac , Mac !!Venez voir ça !!Vite…
T.V : ‘‘ Bienvenue pour ce flash spécial , nous venons de recevoir cette information : une explosion assez importante vient d’avoir lieu à la métallurgie de Philadelphie , cette même métallurgie qui a fait faillite il y a quelques mois . Le train de 8h20 venait de passer , heureusement il était déjà beaucoup plus loin quand tout a explosé. Apparemment seules deux personnes auraient été touchées mais nous n’avons pas de nouvelles pour le moment. Nous vous communiquerons de plus amples informations dans quelques instants dès que notre envoyé spécial sera sur les lieux…’’
J’avalai difficilement ma salive et je m’assis pour ne pas tomber , il fallait que je réalise ce que je venais d’entendre …
L’amiral appela Clayton :
A-J : Mac , calmez-vous , je suis sûre qu’il va bien…
… …
A-J : Webb , que s’est-il passé ?
W :^^^^^
A-J :quoi ??
W :^^^^
A-J :et où est-il ?
W :^^^^^
A-J :oui oui on vous attends
J’arrivais à peine à parler , je me retrouvais ce soir là quand on m’avait annoncé qu’il s’était écrasé en mer …J’étais dans l’expectative et cette attente , cette douleur m’était insoutenable , peut-être encore plus aujourd’hui que ce jour là…
M : …que …qu’est ce qu’il s’est passé ?...Où est-il… ???
A-J : rien , il n’a rien voulu me dire mais il arrive…calmez-vous un peu , je suis sûr que tout va pour le mieux
M :non…
Qu’était-il arrivé ???...Webb arriva une demi-heure après avec une mine étrange :
M :où est Harm ?
W :je …on est arrivé trop tard , il a pourtant essayé de le calmer …Mais heureusement il a sauvé des centaines de personnes.
Le temps s’était arrêté pour moi , ce n’était pas possible !...Je sortis en courant de la chambre .
W : Sarah !
A-J : Webb , laissez-là !
Il fallait que j’y retourne , je ne savais pas pourquoi mais il le fallait. Je retournai dans la pièce pour y prendre mes clefs mais quand j’arrivai j’entendis la discussion entre A-J et Webb :
A-J : Ce n’est pas possible …Comment pouvez-vous en être sûr ?
W : On n’a pas retouvé de corps mais l’explosion a été si brutale que tout s’est effondré .Il n’auraient pas pu survivre , je suis vraiment désolé . Les D.V.I sont sur place , il auront beaucoup de travail pour les jours à venir…
Je rentrai dans la chambre en jetant à regard noir à Cayton , il était donc sans cœur , il annonçait une mort comme un score de football…Il était redescendu bien bas dans mon estime .Je ne voyais plus clair , je n’entendais plus rien , je pris les clefs sur la table :
A-J : colonel , où allez-vous ??
M : je dois le retrouver
A-J :mais il est …
M : non …je le sais
A-J : Mac , calmez-vous
Bud et Harriet entrèrent dans la pièce , elle remarqua que je pleurais alors elle fut étonnée …moi pleurer ?? …
Ha : mais madame que se passe-t-il ?
M : c’est Harm…
Ha : ho mon dieu…les… les deux personnes touchées dans l’explosion…
M :… …
A-J :oui…
M : je dois partir
A-J : colonel , vous ne retournez pas là-bas , sûrement pas dans l’état où vous êtes …
M : monsieur, avec tout le respect que je vous doit…
A-J : C’est un ordre colonel ; lieutenant Sims pouvez-vous raccompagner le colonel à Washington s.v.p
Ha : bien sûr monsieur , Bud reste avec vous
A-J : Mac , calmez-vous ; je vous tiens au courant …
Harriet me reconduisit . Dans la voiture je n’avais pas cessé de pleurer. Je ne réalisais pas encore bien ce qu’il venait de se passer , c’était un cauchemar , un horrible cauchemar…
Elle me raccompagna jusqu’à la porte :
Ha : voulez-vous que je reste madame ?
M :non, c’est gentil Harriet .
Ha : si vous avez besoin de quoi que se soit je suis là n’oubliez pas .
M :merci
Je pense que je n’avais jamais autant pleuré, je me dirigeai vers la cuisine : il y avait une bouteille de Whisky que Webb avait consommé de moitié sur la table, je la pris en main …Mais qu’est-ce que j’étais en train de faire? J’étais désespérée, je ne pouvais pas faire ça, Harm ne l’aurait pas voulu…Je la lançai sur le mur et elle se brisa.
Il me manquait , j’avais besoin de sentir sa présence , son odeur , …
Je repris mes clefs et je repartis chez lui .
J’’étais devant l’immeuble, en montant les escaliers j’avait cru que mes jambes allaient me lâcher. Devant son appartement, je me mis à pleurer et je me laissai glisser à terre en cognant ma tête contre la porte.
Mattie : Mac ?
M :… …
Mattie :Mac… ?Mais pourquoi pleurez-vous ?C’est Harm ?
M :c’est ma faute…
Mattie : ??
M : je savais que je devais y aller…
Coats : Colonel ? Que se passe-t-il ?
Mattie : je crois que c’est Harm…
M :il disent tous qu’il…. Il est …
Mattie : NON !! Pas lui…
Je voulus la suivre :
Coats : je vais m’occuper d’elle madame, vous devriez vous reposer
M : vous pouvez m’ouvrir ?
Coats : oui, bien sûr
Voilà, j’étais seule dans son appartement, chez lui, je le sentais maintenant, …Je me mis dans le fauteuil, je sortis la lettre et la posai sur la table basse. Puis je repartis dans sa chambre ,il y avait une chemise bleue , bleue comme ses yeux … J’y sentis son parfum , je le mis pour m’en imprégner …puis je repartis dans le salon , sur le meuble près de sa chaîne hi-fi , il y avait un c.d mais à l’arrière de cette pochette étaient écrit au milieu de ratures et autre lignes …Sarah…
Sarah ???? …c’était ce genre de vieil album avec des chansons d’amour qui vous donnent des frissons et vous font pleurer puis sombrer dans la mélancolie jusqu’au petit matin … …
Ce détail me troublait , pourquoi avait-il griffonné mon nom sur cette pochette…ces chansons… …
J’avais mal à la tête mais encore plus fort que la veille .A cet instant , je voulais mourir , je n’avais jamais le droit d’être heureuse …Harm était tout pour moi alors pourquoi lui , pourquoi pas moi ?Je regardais cette enveloppe posée là en me rappelant sa dernière parole :
Si jamais…
Si jamais quoi ??
De mes mains tremblantes , je la pris . A l’intérieur il avait mis une photo de nous deux ,souriant comme avant …l’air me manquait de plus en plus et il y avait aussi une lettre , je reconnus tout de suite son écriture…
« Mac,
J’ai mis beaucoup de temps à me décider à vous écrire…
Je n’ai plus rien à perdre , je crois que vous non plus…
Nous avons fait beaucoup d’erreurs et maintenant il faut avancer.
Peut-être qu’à l’heure où vous lisez cette lettre c’est déjà trop tard mais peut-être pas alors je vais vous dire tout ce que j’aurais dû dire il y a bien longtemps .
Je sais bien qu’entre nous , tout a toujours été compliqué et ça depuis le début .
Je vous avoue que je me demande sans cesse pourquoi est-ce que nous sommes si différents de tous ces gens …Je ne sais pas en quel religion il faut croire ni quel Dieu il est nécessaire de prier mais tout ce que je sais c’est que je ne remercierai jamais assez personne pour vous avoir mise sur ma route.
Sachez Sarah que je préfère avoir vécu quelques instants à vos côtés que de devoir vivre une éternité dans ce monde sans jamais croiser votre chemin .
Ces rares moments où j’ai eu le droit de caresser votre visage , de vous prendre dans mes bras …Ces rares instants où j’ai posé mes lèvres sur les vôtres sont gravés en moi pour toujours .
Je me surprends souvent à vous observez vous savez …et je crois que jamais je ne m’en lasserai.
Même si je dois en souffrir , je veux que vous soyez heureuse et c’est la seule chose importante à mes yeux…
Maintenant , quand je vous écrit , je ne sais pas ce que nous réserve l’avenir , je ne sais pas si un jour tout deviendra plus facile…mais je sais que certaines choses à un moment , dans une vie , ne peuvent plus se cacher , nous en sommes là , je crois …Je n’ai jamais su trouver les mots …
Maintes fois j’ai essayé…et je n’y suis pas arrivé…
L’écrire me semble moins compliqué… …
Je t’aime Sarah …mais tu le sais , tu le sens , tu le ressens…
N’oublie pas , je suis là…pour toujours…
Harmon. »
Voilà tout était dit… mais qu’est-ce que j’avais fait ? Je l’avais laissé partir sans rien dire , sans lui dire …l’essentiel.
Je ne pouvais plus bouger ,j’étais au plus mal parce que maintenant je savais…si seulement il pouvait savoir à quel point ces mots avaient de l’importance à mes yeux…Je pensais que ma vie , sans lui n’avait plus vraiment de sens puisqu’il était le seul qui motivait mes choix , qui me guidait quand j’étais dans le noir , quand je me sentais mal ...mais quelque chose ne tournait pas rond , il y avait quelque chose qui n’allait pas , je le sentais bel et bien en vie , il ne pouvait pas être mort , pas lui …Non !On frappa à la porte et la personne entra sans même attendre une réponse de ma part …
C’était Clay, il s’accroupit près de moi :
W :Je savais que je te trouverais ici
M :…
W :Sarah , je m’inquiétais !
M :…
W :…je…je suis désolé…
M :…
W :écoute , je lui avais dit de nous attendre .Il a réussi à sauver le train mais…
M :arrête !
W :je l’avais prévenu .Il croit toujours qu’il peut tout régler tout seul , si…
M :tais-toi ! Harm est vivant.
W :Sarah non…tu es aveuglée
M :vas t’en !!
W :Sarah !
M :VAS T’EN !
W :calme-toi bon sang !
W :je te dis de partir , laisse moi ! Tu as toujours été jaloux de ce qu’il y avait entre nous …tu le détestes. Sors d’ici !!
W : il est mort …ouvre les yeux !!!
M :SORS !!!
W :ok ok mais calme-toi
M :!!!!....
W : et…ne nous oublie pas, nous….nous deux…Sarah…
M :… … (Je détournai le regard)
W : …Ok…
Je claquai la porte et je frappai mon poing dessus jusqu’à ce que la douleur m’empêche de continuer.
M : tu n’as pas le droit de me laisser...
Je m’endormis à bout de nerfs , quand je n’arrivais plus à pleurer.
Il était partout devant mes yeux, il y avait des flammes mais je ne pouvais rien faire, j’étouffais, je tremblais …
Ha : madame,…Mac…calmez-vous, ce n’est qu’un rêve…
Elle me prit dans ses bras .
Ha : ça va aller…
M : Je n’y arriverai jamais sans lui Harriet
Ha : Clayton Webb m’a téléphoné , il était très inquiet .Il m’a dit que vous n’alliez pas bien .
M : il est vivant Harriet , pourquoi est-ce que personne ne me croit ?
Ha : je… on a retrouvé ses ailes et son arme aussi…je suis désolée, vraiment…je…
Cela faisait 2 jours que je n’avais ni manger ni dormi , je lisais et je relisais cette lettre des dizaines de fois .Mes yeux étaient rouges et gonflés , je n’étais plus vraiment moi-même. J’avais l’impression que d’un moment à l’autre il allait passer la porte et que je pourrais lui dire mais les heures passaient et je ne voulait pas me mettre dans la tête qu’il était mort.
Je regardais à l’extérieur…mais non , il n’arrivait pas .J’allai dans sa chambre , je me mis sur son lit , sur son coussin et je pus y sentir son parfum , ce parfum sucré qui me titillait les narines depuis toutes ces années quand il s’approchait de moi …des larmes coulèrent sur mes joues…Quel enfer…
M : reviens s.t.p…reviens…
Quelqu’un frappa à la porte …encore .Je me dirigeai lentement vers la porte, je crus tomber avant de l’ouvrir :
A-J : colonel, tout le monde se fait du soucis
M : je vais bien…Vous êtes déjà sortit ?
A-J : regardez dans quel état vous êtes Mac…vous avez mangé au moins ?
M : je n’ai pas faim
Il entra dans l’appartement avec un sac plastique.
A-J :il faut que vous mangiez. Tenez, je vous ai apporté ça
M :…merci…vous allez mieux ?
A-J :ça peut aller mais vous ça ne va pas bien…
M :je suis certaine qu’il est encore en vie…
A-J :non Mac
M :si…
J’avais toujours ces larmes qui coulaient sans arrêt, du matin au soir elles voilaient mes yeux. Mes nerfs n’allaient pas tarder à me lâcher.
Je ne pouvais pas accepter le fait d’avoir perdu la seule chose qui m’était indispensable .
A-J :je crois que Harm aurait voulu que vous aillez ça…
Il me tendit ses ailes de pilote , je les pris dans mes mains tremblantes, elle étaient brûlées sur le côté droit…ce fut le coup de grâce. Je m’effondrai et l’amiral me rattrapa :
A-J : doucement Mac , doucement
Quand je repris mes esprits , j’étais de nouveau sur le divan de Harm :
M :…
A-J : il faut que vous vous calmiez, allez prenez ça
Il me tendit un cachet que je pris immédiatement :
M :je suis désolée amiral.
A-J :vous n’avez pas à vous excusez , c’est difficile pour nous tous mais en particulier pour vous .
Mes yeux se déposèrent sur la photo posée sur la table , des larmes coulèrent sur mes joues pour la énième fois depuis 3 jours . L’amiral mit de côté l’armée et nos grades et me prit dans ses bras :
A-J : courage
Au bout de quelques minutes , le calmant commença à faire effet. Je me calmai et après avoir grignoté deux ou trois bouchées de ce que A-J m’avait amené , je m’endormis sans même m’en rendre compte.
Chegwidden était assis dans un des fauteuils , il réfléchissait , il se sentais coupable mais c’était trop tard. Harm avait affronté tant de choses , tant d’épreuves et d’obstacles qu’il réalisait mal qu’il était vraiment partit et il en était en partie responsable…il s’en voulait à un point…il était blessé …
Il marchait à travers la maison, il avait peur que je reboive .C’est sûr , il était mon supérieur mais mon ami tout d’abord. Il passa près de la table et remarqua l’enveloppe et la lettre posée à côté , à demi-ouverte .Ce n’était pas l’envie qui lui manquait mais par politesse il ne la lut pas. Indépendamment de sa volonté, il posa pourtant son regard sur la dernière phrase : je t’aime…Lui aussi avait reconnu l’écriture de Harm, c’était donc ça « au moins il lui avait écrit »…
Je me réveillai 4 heures plus tard et l’amiral était encore là , ça lui faisait vraiment mal au cœur de me voir dans cet état .Il n’avait jamais vraiment compris le genre de relation qui nous unissait moi et Harm mais il savait que ces liens étaient si forts , si intenses que nous aurions donné notre vie l’un pour l’autre.
A-J : ça va mieux Mac ?
M :oui merci d’être resté amiral …
A-J : j’avais peur que vous fassiez une bêtise
M :… …
A-J : reposez-vous bien, je repasserai vous voir .Au moindre problème, vous m’appelez…prenez le temps qu’il faudra.
M :mais amiral , il n’y a pas de corps , quelque chose m’échappe…je…non…
A-J :tout s’est effondré , ils fouillent mais il faudra du temps. Je vous appelle si les choses avancent . Je repasse vous voir le plus vite possible.
M :…vous savez que je peux le sentir, amiral…il est là quelque part…
A-J : … … …à plus tard Mac…
M : …
Tout le monde essayait de me convaincre qu’il était réellement mort, que j’étais aveuglée mais bien sûr que je l’étais…Cette lettre et puis la façon dont il m’avait embrassée, j’avais pourtant tenté de me persuader qu’il était partit, que j’avais définitivement laissé passer ma dernière chance. C’était impossible , irréel et je le savais. Je m’étais rarement trompée…je devais le retrouver coûte que coûte .
Personne ne me suivait , ils me croyaient tous subjective en raison de mon attachement envers lui alors sur ce terrain-là je ne pouvais compter que sur moi et moi seul.
Il était à peu près 19h30 , j’étais désormais convaincue qu’il était en vie . Je devais retourner dans cette usine , j’avais déjà voulu le faire mais l’amiral m’en avait empêcher . Là-bas , il y avait probablement quelque chose , un indice qui m’aiderait…
Je savais que Chegwidden reviendrait voir si j’allais bien mais je ne pouvais pas le prévenir , il m’aurait défendu de partir et je ne voulais en aucun cas avoir à détourner un ordre direct . Je pris un papier , lui laissai un mot et partit silence .
Harm avait mis sa vie en danger plus d’une fois pour m’aider , me secourir quand j’avais besoin de lui .Il comptait sur moi en ce moment alors quitte à mettre moi aussi ma vie en péril , je me devais de le retrouver comme il l’aurait fait si il avait été à ma place.
J’étais installée dans ma voiture , je réfléchissais sans relâches .
Cela faisait longtemps que je n’avais plus douté…ce sentiment d’impuissance me rendait folle.
Il fallait pertinemment que je sois logique : si Harm était toujours en vie comme je le pensais , il était retenu quelque part sinon il m’aurait prévenu par n’importe quel moyen .Mon portable , sonna , je fut tirée de mes pensées :
M :colonel Mackenzie
A-J : bonsoir colonel , tout va bien ?
M : oui, merci amiral. Les fouilles ont avancé ?
A-J : …non…
M :… …
A-J : Sarah, il faut penser à prévenir sa mère .Je devais le faire mais je crois …enfin je pensais…que vous auriez voulu le faire.
M : mais…
A-J : il faut le faire…
M :…Je le ferai, vous avez bien pensé monsieur…
A-J : si ça ne va pas vous m’appelez, c’est d’accord ?
M :…
A-J :Mac ?
M :oui d’accord
J’étais en train de faire une bêtise ,je repartis dans la maison ; je me trompais probablement , ça pouvait arriver à tout le monde , je n’étais pas infaillible …je déchirai le mot , j’avais tort…
Il fallait que je prévienne Trish …quelle horreur
Je pris le téléphone dans mes mains et je composai le numéro que j’avais trouvé dans le calpin de Harm :
Dring…dring…..non je ne pouvais pas! Elle avait déjà perdu son mari et maintenant son fils….Hooo bon sang : il fallait pourtant bien que je la prévienne : je repris le téléphone, les mains tremblantes, les yeux embués de larmes… :
Trish :allô ?
M :bonsoir madame , c’est le colonel Mackenzie
Trish :ho !Sarah ! Harm m’a tellement parlé de vous , si vous saviez !Alors comment allez-vous ?
Ma voix se brisa , j’allais gâcher sa joie , sa bonne humeur , sa vie…
Elle avait entendu que je pleurais :
Trish : hé bien ma chérie pourquoi pleurez-vous ? Mon fils s’est enfin décidé ?
M : madame , il est arrivé quelque chose… , ils disent tous que ….qu’il est mort , je le sais , je le sens , il est vivant ;ça me fait si mal , je n’en peux plus , si vous saviez….
Elle aussi avait commencé à pleurer :
Trish :…mon fils….non….
Mac : je suis chez lui…
Trish : je…je prends le premier avion pour Washington….Ne bougez pas , j’arrive…
Je n’entendais plus ce qu’elle disait , elle pleurait tellement…
Je raccrochai , repartis dans la chambre , pris une douche pour être plus ou moins présentable .Je me vis dans le miroir :j’étais cernée , mes yeux étaient rouges et gonflés , j’étais pâle …Je repris 2 cachets et je me remis dans son lit , dans ses draps . Le lendemain matin à 7h00 , je lui ouvris la porte , elle était dans le même état que moi mais comme une mère , elle me prit dans ses bras pour me réconforter :
Trish :Sarah , expliquez-moi tout…
M :l’amiral Chegwidden a été enlevé , une vengeance .Nous l’avons retrouvé à Philadelphie et il nous a dit que cet homme allait poser un explosif et ainsi mettre en danger un train et tous ses occupants. Harm est parti le résonner tandis que j’accompagnais l’amiral à l’hôpital. Je savais que je devais y aller…C’est ma faute madame…
Trish : non , non… ;où est-il ?...
M :il n’ont pas trouvé de…son corps …il …
Trish :mon Dieu…
M : il est vivant , croyez-moi ;personne ne me croit…je n’en peux plus , je n’en peux plus…. !
Trish :moi je vous crois…
L’amiral téléphona 5 minutes plus tard , il voulait que nous nous rendions immédiatement au Q.G du J.A.G .
Trish : il faut y aller
M :…
Trish : Sarah…vous l’aimiez ?
M :…non….je l’aime
Trish :il me parlait si souvent de vous….
L’amiral parlait depuis une demi-heure, il calmait Trish tant bien que mal ; je n’écoutais pas : l’entendre dire que Harm était un avocat et un pilote brillant qui a servi son pays , ses amis et qu’il aurait une cérémonie digne de son nom m’était insoutenable…Il y avait vraiment un quelque chose qui ne tournait pas rond , je cherchais …peut-être que j’étais trop attachée à lui pour y voir clair…Non…
Je me levai d’un bond aveuglée , je partis chercher ma deuxième arme dans mon bureau , Sturgis me retint mais il n’y parvint pas , j’étais hors de moi :
S : Mac posez ça , calmez-vous !...
M : Sturgis , lâchez-moi !
Je partis en courant vers l’ascenseur avant que quiconque puisse m’en empêcher .
L’amiral se leva , il n’avait rien compris :
A-J : lieutenant Roberts où est le colonel Mackenzie ?
Bud :elle est partie dans son bureau prendre son arme , le capitaine Turner a tenté de la retenir mais elle est tout de même partie, je n’ai pas très bien compris…
A-J : ho bon sang ! Capitaine Turner , veuillez rester près de la mère de Harm je reviens avant que Mac ne fasse une bêtise.
J’avais roulé à une vitesse inimaginable , j’avais dépassé toutes les limites autorisées et je ne sais pas par quel moyen j’étais arrivée en vie en bas de l’immeuble de Harm.
Il y avait une voiture qui n’était pas là quand moi et Trish étions parties .Je montai les escaliers en silence , la porte était entre ouverte.
Douglas était dos à moi ,il pointait son arme sur Harm comme je l’avais vu dans un flash au jag quelques minutes auparavant .
Douglas :maintenant que j’ai tout , je n’ai plus besoin de toi , tu a failli tout faire rater alors tu vas me le payer.
Il chargea le revolver , j’oubliai tout et je rentrai dans l’appartement :il se retourna , Harm en profita pour donner un coup de pieds dans son arme qui retomba à plusieurs mètres sur le sol . Il la ramassa mais l’autre sortit une deuxième arme , je tirai dans sa direction ;il tomba et pointa de nouveau son arme sur moi , Harm tira une nouvelle fois… il s’écroula …
Moi aussi je m’écroulai sous le coup de l’émotion : il était là en face de moi…
Harm se dirigea tout de suite vers moi en courant et il me serra dans ses bras , soulagé lui aussi :
H : je suis là, c’est fini…
Je pleurais toujours mais cette fois-ci les larmes n’étaient que le reflet de mon soulagement.
H : merci…
L’amiral et Webb arrivèrent :
A-J : capitaine !!!
Webb : Rabb ???!!!
A-J: content de vous revoir Harm
Il sourit et me serra un peu plus fort…
A-J :mais que faites-vous ici ?...Expliquez-moi….
H : quand je suis partit le résonner , il était très agité .Il voulait des papiers ou je ne sais quoi mais tous ces documents sont classés secret , il faut les pass. J’ai passé un marché avec lui : il épargnait le train et je lui donnait cette carte d’accès même si je savais très bien que je n’avais pas ces papiers. Pour éviter d’être suivi et épié:il a quand même fait tout explosé dans le but de faire croire à notre mort pendant quelques heures avant que les fouilles prouvent que nous n’étions pas sur place au moment de l’explosion. Il a aussi laissé mes ailes et mon arme sur place .Après 2 jours où nous sommes restés enfermés il m’a tout expliqué il disait qu’il pouvait prouver à l’aide de ces documents qu’il était bel et bien innocent et que les Russes l’avait contraint sous la torture d’avouer tous les secrets de ce programme de l’aéronavale …Quand nous sommes arrivés ici pour prendre ces documents , Mac était là donc il n’a rien pu faire …dès qu’elle est partie nous sommes montés , je lui ai donné des pass qui ne donnait en aucun cas accès à ces dossiers mais il m’a cru car il savait que j’avais travaillé à la C.I.A . De toute manière même avec les pass , il n’aurait pas pu entrer , le mieux aurait été qu’il s’explique simplement mais il n’ a plus vraiment confiance en la justice…
A-J : pourquoi n’a-t-il pas dit tout ça au procès ?
H : ils menaçaient de tuer sa femme si il parlait…
A-J :Mac , une vision ?
M : oui…
H : il allait me tuer quand elle est arrivée…
A-J : tout le monde vous croyait déjà mort …enfin presque…colonel , je vous doit des excuses…
M : ce n’est rien monsieur .
A-J :Nous ferions mieux de rentrer au J.A.G. Harm votre mère est dans tous ses états …Webb vous vous occupez de Douglas ?
Webb : oui , mon équipe et une ambulance arrive .
Je tremblais encore un peu , Harm me soutenait toujours …J’avais du mal à m’en remettre mais ça allait déjà mieux depuis que je le sentais tout près…
A-J : allez allons-y…
Harm se dirigea un peu à l’écart des autres avec moi , Webb me lança un regard… !.
H : je vais voir ma mère , restez ici . Vous êtes fatiguée …et puis…j’aimerais que l’on parle…
M : d’accord, embrassez votre mère de ma part.
H : et…Sarah…merci encore
Il me fit un grand sourire et il me serra dans ses bras avant de partir…J’étais si contente de le retrouver …Webb nous avait observé du coin de l’œil…Il ne s’était même pas excusé , il était bien trop fier… !
Chez Harm quelques heures plus tard…
J’étais assise dans le sofa et je réfléchissais encore et toujours , je réalisais seulement ce qu’il venait de se passer , ces derniers jours difficiles , ma peur de le perdre…Harm m’avait dit qu’il voulait parler mais parler de quoi ?De nous ? Y aura-t-il jamais un Nous ?A chaque fois que notre « pseudo relation » avançait , on retournait à la case départ. J’avais pourtant cru sentir que quelque chose avait changé…J’avais tellement eu mal quand il avait disparu mais pourtant je l’avais senti ému quand il m’avait serré dans ses bras .Je savais qu’il aimait ce sentiment profond de savoir que j’ai besoin de lui , qu’il doit me protéger .Moi qui d’habitude m’en sort seule …mais je suis un Marin …après tout peut-être que la cause du problème c’est moi , trop renfermée , trop froide…Je confondais vie professionnelle et vie privée : Harm faisait partie des deux …sûrement de l’une plus que l’autre mais…laquelle ?Je m’endormais presque , Harm entra , je ne l’entendis même pas, perdue dans mes pensées…
H :Mac ?
M :…
H :Sarah ??
M :Harm ! Vous allez bien ? Vous semblez épuisé…
H : non , ça peut aller…et vous ?
M : ça va mieux…
Il s’assit à côté de moi , me regarda dans les yeux :
H :hé bien …Je voulais qu’on parle en fait …
Je me levai mais je me rassis rapidement , un peu étourdie…
H : hey, doucement…
M :ce n’est rien ,ça va aller
Il me fixa désolé et sérieux :
H : c’est ce que je vous dit qui vous met dans cet état ??
M(ri) :non…
Quand il me vit sourire , il rit lui aussi de bon cœur puis il y eut un silence qui me sembla durer une éternité :
M :vous vouliez…me parler je crois ?
H :oui…
Faire le premier pas était trop dur , ce silence me pesait …Lui , cherchait ses mots, je le voyais dans ses yeux .Cette foi-ci c’était moi qui lui faisait perdre ses moyens. Harmon Rabb Junior , l’avocat confirmé et l’homme sûr de lui dans les situations même les plus difficiles doutait …la discussion promettait d’être sérieuse !...Je ne pensais pas être prête pour ça , il le fallait pourtant. Je n’étais pas attentive , pas sérieuse , pas préparée pour une discussion qui serait peut-être un tournant décisif dans ma vie . Il voulait cependant attirer mon attention mais je ne savais pas , je ne savais plus …Avais-je vraiment envie de parler ??Harm prit de nouveau ma main pour avoir une réaction de ma part…j’étais souvent ailleurs ces temps-ci…
H :Mac… ?!
J’avais besoin d’air , besoin de bouger , je me relevai , il fut surpris : cette discussion il la voulait coûte que coûte…J’étais maintenant dos à lui , les bras croisés attendant la suite des évènements :
H : la lettre , …est-ce que…
M : je l’ai lue Harm…
H :…
Il frotta son visage, c’était une bonne chose…Il était peut-être encore temps de lui montrer que moi aussi j’étais capable de faire avancer les choses .Comme il me l’avait écrit , je n’avais plus rien à perdre…
M : les hommes…jusqu’ici n’avaient rien compris de moi , je pensais tout savoir sur eux mais devant vous je me remets en question .Vous êtes le seul capable de me faire perdre pieds , à tous moments…
H :je ne peux plus être comme auparavant face à vous , j’ai pris conscience de beaucoup trop de choses , je ne peux plus reculer…
J’ai tout écrit Sarah , cette lettre c’est tout ce que je n’ai jamais su vous dire …J’ai essayé pourtant , je n’en ai jamais eu le courage…Devant vous je ne veux pas être le pilote de l’aéronavale ou même ce brillant avocat du J.A.G , je veux qu’on avance…mais autrement …parce que je tiens à vous , parce que…
Il hésita…allait-il le dire…enfin ??
M : vous l’avez écrit Harm mais…dîtes-le moi…
Je pleurais , il ne réagissais pas…encore une fois , on retournait à la case départ…NON !!Il se leva , enlaça mes deux mains et murmura tout doucement dans le creux de mon oreille :
H : je t’aime…
Je me retournai , il prit mon visage dans ses mains…alors était-ce si compliqué ??A partir de là , pas le moins du monde…Il me serra dans ses bras de longues minutes , je me sentais bien , je n’avais plus besoin de rien …juste de lui…tout près de moi…
Ce moment j’aurais voulu qu’il dure indéfiniment :
H : c’est ça que tu voulais entendre ?
M : oui…
Il me regarda en souriant , il me serrait toujours mais il était plus à l’aise dans ses gestes , il m’embrassa et cette fois ce n’était ni un adieu , ni une erreur ni même un accident…
Toute gêne avait disparu entre nous , plus de colonel ou capitaine , avec lui j’étais enfin moi…, il caressa mon visage , ce que j’avais eu tant de mal à accepter devenait à ce moment une évidence à mes yeux : je l’aimais et comme je n’avais jamais aimé…Comment avais-je donc pu lui résister tant d’années ?? Ce sourire me faisait littéralement fondre.
H(tout sourire) :ce ne serait pas ma chemise par hasard ??
M(en riant) :si… …
H : mh…mh…
Il me donna un baiser fougueux sur les lèvres , il était vraiment craquant…à croire que juste ces mots avaient suffi pour nous changer.
J’avais espérer secrètement toutes ces années que ce moment arrive et là , j’avais du mal à réaliser mais ça n’avait que peu d’importance , je savourais chaque minute , chaque seconde…Il me surprenait , si il continuait comme ça je n’allait pas pouvoir résister bien longtemps et c’était réciproque !!!...Il défit le premier bouton de la chemise puis il s’arrêta toujours avec ce sourire envoûtant aux lèvres : cette facette de lui ne me déplaisait pas le moins du monde…Je lui souris alors il continua…le deuxième…le troisième…
Le tournant décisif je venais de le franchir, le reste du chemin je n’allais pas le faire seule…Mais avec lui…
J’étais appuyée contre le mur , sa chemise à demi déboutonnée… nos gestes passionnés s’accordaient parfaitement ; il était de nouveau sûr de lui et il me faisait autant d’effet qu’il était beau .Ce moment c’est vrai que je l’avais imaginé plus d’une fois mais c’était plus fort , …nous étions…fusionnel . Il hésitait encore à aller plus loin alors ce fut moi qui commença à lui enlever son T-shirt. Il avait beau résister à 9g et demi sur un tom 4, il ne résistais en aucun cas à mes caresses…
Ma chemise et sa blouse se retrouvèrent au sol et nous arrivâmes je ne sais comment sur son lit…nous ne contrôlions plus rien du tout !
Quand il passait sa main dans mes cheveux , dans le fond de mon dos ou dans mon cou pour m’attirer contre lui je sentais une nouvelle fois ce frisson me parcourir et cette sensation jamais je ne l’avais ressentie…Nos dessous ne firent pas long feu non plus .
Cette nuit où nous ne nous cachâmes rien fut sans doute la plus intense , la plus belle et la plus chargée en émotion de toute ma vie.
Nous ne fîmes qu’un et entre un baiser et une caresse , il m’avait glissé un je t’aime à l’oreille ;je lui avait rétorqué le même sans y réfléchir :ça l’avait touché , je l’avais senti…Je savais que cette phrase avait une grande importance à ses yeux.
Le lendemain matin j’ouvris les yeux , un grand sourire aux lèvres dans ses bras protecteurs , je le regardai quelques instants, son visage était aussi rayonnant que le mien.
Je lui donnai un petit bisous sur le nez avant de me lever pour aller lui préparer un bon petit déjeuner .Il aimait faire la cuisine mais je voulais l’impressionner…Je remis juste sa chemise .
J’étais dans la cuisine depuis une dizaine de minutes quand le téléphone sonna , je répondis par réflexe même si je n’étais pas chez moi…et puis , il dormait , il était si mignon , je n’allais pas le réveiller…
M :oui ?
Trish :ho…Sarah….
Oups…elle allait sûrement se demander ce que je faisais chez son fils à une heure pareille….
M : bonjour madame, vous allez bien ?
Trish : oui , je vais très bien Sarah mais pas de madame avec moi
M : d’accord Trish
Trish : alors dîtes-moi , ….ça y est ? …
J’étais un peu gênée mais cette femme était un amour :
M :oui…
Trish :ha !Je suis vraiment heureuse , je vous apprécie beaucoup Sarah…
M : moi aussi Trish…
Trish : il est galant au moins ??
M : je n’ai pas à me plaindre , votre fils est …merveilleux
Trish :si vous saviez à quel point il vous aime…
Mac : …
Trish : hé bien ma chérie, alors je vais vous laisser roucouler…
M :vous ne voulez pas parler à Harm ?
Trish :non , c’était à vous que je voulais parler , je savais que vous seriez là …occupez vous bien de lui mais …je suis sûre que je n’ai pas de soucis à me faire…
M : merci Trish , à bientôt…
Trish : au revoir , remettez lui mon bonjour .
M :ce sera fait , ne vous inquiétez pas , bonne journée. Je vous embrasse.
Je raccrochai et je le sentis arriver derrière moi , il recula mes cheveux et m’embrassa dans la nuque :
M :mh…
H :bonjour toi…
En guise de bonjour je me retournai pour l’embrasser :
H :alors c’était qui ?
M :…ta mère…
H :ma mère ?
M :oui…
H : mais qu’est-ce qu’elle t’a dit ?
M :ha….
H :tu complotes déjà avec ma mère dans mon dos , ça promet….
M :des trucs de filles….
H :des trucs de filles…hein ??….
Il enlaça ma taille juste quand on frappa à la porte :
H : mh…pas maintenant….
M :si…
H :non….
M :vas ouvrir , c’est peut-être important…
H :chuuut…
Il passa sa main sous ma chemise :
M(riant) :hey !
Ca l’amusait , plus il m’embrassait moins j’avais envie d’aller ouvrir cette porte.
H :harm…
M :bon…tu ne paies rien pour attendre
Il me chatouilla et partit ouvrir la porte pendant que je retournai m’occuper de mes pan-cakes :
M :alors qui…
Je ne terminai pas ma phrase , l’amiral entra d’un bond dans l’appartement : j’étais très mal à l’aise là…..Je ne portais que sa chemise à lui un peu déboutonnée un dessous pour le moins léger…
Catastrophe !!Il jeta un bref coup d’œil à nos tenues :
A-J : je…vous dérange peut-être ??
H : heu…
M :non…pas du tout…. !
A-J :hum hum …auriez-vous oublier les bonnes manières ?
Je jetai un regard à Harm qui se sentait apparemment aussi mal que moi :
A-J : gaaaaaarde à vous !!!!
Nous nous mîmes aussitôt en position…mais à quoi jouait-il ????
Ma chemise se releva et laissa entrevoir le haut de mes jambes . Je tentai de les cacher un maximum…Ce n’était pas gagné… !!
L’amiral faisait les cent pas devant nous comme si il commandait ses troupes…il se retenait de ne pas rire , à croire qu’il prenait du plaisir !
A-J : capitaine , colonel…je voulais voir si tout allait bien , je pense que tout va pour le mieux…
Je croisai le regard de Harm , encore une fois nous dûmes nous retenir pour ne pas rire : Nous étions repérés !!!...
H :monsieur , nous…
A-J : pas la peine de vous fatiguez capitaine .Lundi première heure , tous les deux dans mon bureau, nous arrangerons ça. Bonne journée mais…je suis sûre qu’elle le sera !
Il repartit souriant , content de son petit effet.
M :tu crois qu’il a compris ?
H :non…
M :??
H :je ne crois pas , j’en suis sûr !
Il haussa les épaules et me regarda les yeux remplis de cette lueur magique :
M :que va-t-il faire ?
H :tu le connais , il trouvera bien un moyen …de toute manière il ne pourra pas nous séparer …quoiqu’il arrive , je te le promets.
M :je sais …
H : tu es magnifique…
Il me serra une nouvelle fois et m’embrassa sur le front…maintenant qu’il était à moi , jamais plus je n’allais le laisser m’échapper , il était si …tendre , si … parfait …
M :bon , tu viens déjeuner ?
H :…mh…j’en ai pas vraiment envie…
M :mais …de quoi à tu envie alors flyboy ??
H : devine…
Il me fit un énorme sourire…j’avais compris , décidément !!!
Il me prit dans ses bras et s’en alla vers la chambre…Mes pan-cakes allait brûler mais….quelle importance ???!!!
Quelques mois plus tard :
J’étais rayonnante …l’amiral avait fait jouer ses relations et son grade pour pouvoir nous maintenir ensemble au sein de l’équipe du J.A.G,il nous avait avoué avoir bien ri ce jour-là quand il nous avait surpris mais je crois qu’il était sincèrement heureux que nous soyons enfin ensemble , après toutes ces années. J’avais emménagé chez Harm pour qu’il puisse toujours garder un œil sur Mattie. Il me surprenait de jour en jour avec toutes ses petites attentions : des fleurs , des dîner au chandelles , un « je t’aime » glissé discrètement dans un dossier au bureau, …J’étais toujours de bonne humeur , Harriet me l’avait fait remarquer d’ailleurs , elle allait bientôt partir pour s’occuper de sa ‘petite’ famille.C’était peut-être ça la seule ombre au tableau ;moi je ne pourrai probablement jamais avoir d’enfant …
Mais Harm était là , c’était le principal…
Encore quelques mois plus tard , un 23 septembre…
Harm m’avait laissé un message sur mon portable , il voulait absolument me parler …je revenais de chez le médecin , j’étais dans la voiture et je pleurais…il fallait que je me calme avant de monter sinon j’allais l’effrayer. J’ouvris calmement la porte , je respirai un bon coup, il avait dressé une superbe table …il m’embrassa et me tendit un énorme bouquet de roses rouges , mes fleurs préférées…
M :Harm , elles sont magnifiques…Merci chéri
Il prit ma main :
H :viens t’asseoir…j’aimerais qu’on parle…
M :moi aussi…
H : vas-y
M :non…commence
Il prit une grande respiration :
H : Sarah , écoute …ça fait longtemps que j’y pense mais voilà : tu sais , ça a été dur tout ce qu’on dû traverser mais aujourd’hui on est heureux , avec toi je revis , je t’aime tellement …Si il y a des épreuves comme le bébé , on les surmontera … toi et moi , on en adoptera un , du moment que je suis près de toi , je suis comblé alors chérie…est-ce que …
Il sortit une petite boîte argentée de sa poche
H :est-ce que tu veux devenir...ma femme ?
Je sentis les larmes grimper dans mes yeux…Il fallait que je lui dise tout…
Il ne comprit pas très bien quand je me blottis dans son cou en pleurant , je ne pouvais rien répondre , ça en était de trop d’un seul coup…Il reposa la boîte sur la table :
H : hey, calme-toi
M : Harm…
H : quest-ce qu’il se passe ??
M :…
H : Sarah ??
M :…
Il prit mon visage dans ses mains :
H :Sarah , dis-moi ce qui ne va pas , tu commence à me faire peur…
M :je…
H :… ??
M :je suis…je suis enceinte…
H :QUOI ???
M :on va avoir un bébé , notre bébé…
H :tu veux dire que… enfin…Je….Je vais être PAPA ???
M :oui…. !!!
H :WAOUW !!!!!!!!!!!
Il me serra très fort , il m’embrassa de nouveau , il posa sa main sur mon ventre : il devenait fou , jamais je ne l’avais vu comme ça : Une certitude : il était ravi !
H :c’est formidable , je n’en reviens pas mais …je croyais que…
M :5% ….le médecin a dit que c’était un miracle….
H : Sarah , si tu savais comme je t’aime …
Il regarda mon ventre et se corrigea , il allait devoir s’y habituer…
H : je vous aime plus que tout …tous les deux
Il avait les larmes aux yeux mais cette fois-ci , il ne se retint pas…une larme perla le long de sa joue , je l’essuyai tendrement .Quand il me prit dans ses bras , je vis la boîte posée sur la table …
M :oui…
H :oui ???
Il fronça les sourcils :
M :je veux t’épouser…
Il regarda à son tour la bague et nous nous mîmes à rire , mieux vaut tard que jamais… !…
L’avenir s’annonçait radieux pour nous et…notre petite Diane…
___________________the end…_____________________
Voilà c’est fini…
Donnez-moi votre avis et soyez francs.
Plein de bisous, à la prochaine…
MAC 23***