10:15
Quartier Général du JAG
Falls Church
- Tiner, où est le journal d'aujourd'hui ?
- Il est ici Colonel. Je présume que vous voulez lire l'article vous concernant
- C'est exact Tiner. Merci.
J'avais réussit à démontrer que mon client était innocent dans une affaire délicate et cela m'avait valu un article dans le Navy Times. J'imaginais déjà la tête de Harm lorsqu'il le lirait. En effet c'est lui qui avait représenté l'accusation lors du procès et il avait perdu
Après avoir vu cet article ( dans lequel il n'y avait que des superlatifs à mon égard ) mon attention se porta sur la page des faits divers car il y avait un article de 4 ou 5 lignes narrant l'évasion de Clark Palmer de fort Leavenworth.
- Ca ne va pas Colonel ?
- Si …enfin non. Avez vous lu le journal d'aujourd'hui ?
- Seulement l'article vous concernant. Qui y a t-il ?
- Clark Palmer s'est évadé de fort Leavenworth, hier
- Clark Palmer…Ce n'est celui qui a voulu tuer le capitaine Rabb si je ne m'abuse ?
- Pas seulement voulu le tuer. Il a voulu aussi qu'il tue Jordan sa petite amie de l'époque et lui a fait croire que son père était encore vivant.
C'est à ce moment là que Harm entra dans mon bureau.
- Mac ça va ? Vous êtes toute pâle.
-Tenez et lisez ça.
J'appréhendais sa réaction et ce qui me fit le plus peur c'est la façon dont il prit la chose : en silence et presque indifférent, comme si ça ne le dérangeait le moins du monde.
- Harm, comment pouvez-vous rester indifférent ?
- Mac, arrêtez de vous inquiéter pour rien.
- Harm …
D'un pas décidé il sortit de mon bureau et pendant le restant de la journée nous n'évoquions le sujet.
Une fois mon service terminé, je croisai Harm dans l'ascenseur.
- Harm, j'ai peur pour vous.
- Cessez de vous tracasser Mac.
- Mais enfin cet homme a voulu vous tuer et vous rendre fou. Il va vouloir se venger…Je serai plus rassurée si je dormais chez vous ce soir.
- Il n'en ait pas question Mac et fin de la discussion.
- Mais…
23:10 GMT
Appartement de Mac
Washington DC
Un nouveau dossier m'avait été confié et je m'étais mis tout de suite au travail car l'innocence de mon client était plus ou moins discutable.
Soudain le téléphone sonna. J'allai répondre.
- Colonel Mackenzie, j'écoute…
- Mac…
- Harm, c'est vous ? Je vous entends très mal. Quelque chose ne va pas, votre voix est bizarre.
- …
- Harm ? Il y a un problème ?
- Venez vite chez moi… Je vous en supplie …
- Harm, qu'est ce qui ce passe, vous me faites peur !
- …
- J'arrive.
23:17 GMT
Appartement de Harm
Washington DC
Son appel et le fait qu'il ne n'ait pas répondu m'avait vraiment inquiété. Sa voix m'avait fait peur et je m'attendais au pire. J'avais décidé de traverser tout Washington afin de me rassurer.
J'avais comme un pressentiment, une peur : Palmer.
Lorsque je pénétrai dans son couloir, je remarquai que sa porte d'entrée était grande ouverte et que la lumière était éteinte. Je sortis mon arme et rentrai dans son appartement. Je le vis aussitôt allongé par terre probablement inconscient. Mon esprit de marine reprit le dessus et je fis un tour rapide de l'appartement. Il n'y avait personne : ni Palmer, ni quelqu'un d'autre. Je téléphonais aux secours.
- Harm, restez avec moi. Les secours arrivent. Il faut tenir le coup…
23:40 GMT
Hôpital naval de Bethesda
Washington DC
Lorsque l'ambulance arriva à Bethesda, l'amiral m'y attendait déjà. Il me conduisit dans la salle d'attente des urgences. Environ une heure plus tard, une infirmière vint nous dire que les médecins avaient monté Harm au bloc et que nous devions aller au 3ème étage. Là, on nous conduisit dans une autre salle d'attente où nous patientâmes encore une bonne heure. Pendant tout ce temps, je n'avais cessé d'éprouver des remords. J'aurai dut insister pour rester dormir chez lui. Rien ne serait alors arriver et le lendemain je l'aurai retrouvé au JAG tout sourire. Mais au lieu de ça, je me trouvais ici à me morfondre. Pourquoi les médecins prenaient-ils autant de temps ? Que se passait-il derrière la porte qui conduisait au bloc ? Pourquoi Palmer s'acharnait-il sur Harm ? Je n'eus pas le temps d'y répondre car une infirmière vint nous prévenir que le chirurgien avait fini d'opérer Harm et qu'il voulait nous parler.
23:40 GMT
Hôpital naval de Bethesda
Washington DC
- Capitaine Rabb ?
L'amiral se leva et répondit au chirurgien que s'étaient-nous. Celui-ci nous demanda alors si nous étions de sa famille.
- Nous sommes des amis très proche et sa famille n'habite pas ici…C'est le colonel Mackenzie qui l'a trouvé chez lui.
- OK. Bon je suis le docteur Carter interne en chirurgie. C'est moi qui ai opéré votre ami.
Je retrouvai l'usage de la parole et lui demanda comment il allait.
- Il a été admit ici pour une plaie par balle au niveau de l'abdomen. Nous l'avons opéré avec grand succès mais je ne peux rien dire de plus car j'attends encore quelques résultats d'analyses.
- Pouvons nous le voir ? lui demandais-je
- Oui mais une seule personne à la fois. Il vient juste de sortir de la salle de réveil et sera probablement dans les vapes. Je vous demanderai de ne pas le brusquer et de le laisser émerger doucement. Une infirmière va vous conduire à sa chambre…Lisa pouvez vous les amener à la chambre du capitaine Rabb.
- Merci, docteur. Déclara l'amiral.
L'infirmière nous conduisit jusqu'à sa chambre mais nous demanda d'attendre car elle avait encore des soins à lui faire. C'est alors que je l'aperçu. Il était blanc comme un linge et dormait paisiblement ce qui me rassura un peu. Il avait la lèvre et l'arcade sourcilière éclatées. De plus, son visage était tuméfié et il avait des perfusions partout sur les bras. L'amiral me sentant défaillir me retint en me disant que tout allait bien se passer et qui ne fallait pas s'inquiéter, que ce que je voyais là était normal contenu de ce qui lui était arrivé.
Lorsque l'infirmière eut finit, AJ me dit d'entrer et c'est toute tremblante que je pénétrai dans sa chambre.
Harm était en train de dormir et je restai un long moment à le contempler, sûrement afin de me rassurer.
Je pense que je me suis assoupie car quand je me suis réveiller l'amiral était de l'autre côté du lit et il m'avait mis une couverture sur moi.
- Bien dormie, Colonel
- Je me suis endormie ?
- Eh oui comme un bébé. Je crois que le fait d'avoir vu le capitaine vivant et paisiblement endormi vous a rassurée.
- Comment va Harm ?
- Le médecin n'est pas encore passé et Harm dort toujours. Il est encore sous anesthésie.
C'est à ce moment que le docteur Carter entra dans la pièce. Il avait dans la main un dossier et plusieurs radiographies. Je pressentis tout de suite que quelque chose n'allait pas.
- Je viens de recevoir les derniers résultats. Je vous préviens, ils ne sont pas bons.
10:32 GMT
Cour de justice
Washington DC
Voilà un mois que Palmer avait agressé Harm. Cela faisait deux semaines que Harm était sorti de l'hôpital. Mes craintes avaient été confirmées car ce que le docteur Carter avait annoncé à Harm avait bouleversé sa vie. A l'impact de la balle qu'il avait reçut dans l'abdomen s'était formé un hématome qui compressait sa colonne vertébrale le rendant paralysé aux membres inférieurs. Il avait été alors obligé de se déplacer en fauteuil roulant et d'accepter son état, ce qui fut ma foi difficile. Lui, qui avant était fort, devait demander de l'aide pour des tâches enfantines. Il avait du ravaler son amour propre.
De mon côté, je ne fus pas non plus épargner par les problèmes car une rupture de canalisations d'eau avait complètement ravagé mon appartement. Tout était à refaire et comme mon propriétaire était plutôt lent à faire venir des experts cela allait prendre beaucoup de temps. Je me trouvais donc sans logement. Heureusement, Harm proposa de m'héberger le temps des travaux comme çà je pourrais l'aider après son retour de l'hôpital. La cohabitation eue un début houleux car Harm avait du mal à accepter que je l'aide pour tout et en plus il était maniaque. De plus, il n'appréciait guère que je fasse comme si rien ne s'était passé. Mais après une mise au point, nous nous étions mis d'accord les choses rentrèrent dans l'ordre.
Après que Harm eut raconté aux inspecteurs de police ce qui s'était passé, ils purent arrêter Palmer et son procès allait commencer dans une cour civile pour coups et blessures ainsi que tentative de meurtre. Bud et moi avions planchés de longues heures sur le dossier de Palmer afin que celui-ci soit condamné le plus sévèrement possible. Je sentais que Harm était de plus en plus nerveux à l'approche du procès. Moi aussi à vrai dire.
L'amiral était entré dans la cour juste avant que Palmer entre avec son avocat. Je sentis Harm se crisper à côté de moi. C'était la première fois depuis son agression qu'il se trouvait en face de lui.
- Clark Palmer, vous êtes accusé de coups et blessures ainsi de tentative de meurtre sur la personne du capitaine de frégate Harmon Rabb jr. Annonça la présidente de la cour.
10:32 GMT
Cour de justice
Washington DC
Après les déclarations initiales, je pris la parole pour interroger le capitaine sur les circonstances de son agression.
- Capitaine Rabb, pouvez vous nous raconter ce qui s'est passé la nuit où vous avez été agressé.
- J'étais chez moi depuis environ 3 heures quand quelqu'un sonna. Je pensais que c'était ma partenaire le colonel Sarah Mackenzie. C'est pourquoi j'ai ouvert sans regarder par le judas. Une personne est entrée et avant que je n'aie pu rien faire, elle me tira dessus avec un silencieux.
- Est-ce que cette personne est présente dans ce tribunal ?
- Oui.
- Pouvez vous la désigner ?
Il montra du doigt Palmer qui se trouvait près de son avocat.
- Que les jurés prennent notes que la victime a désigné l'accusé Clark Palmer. Continuez capitaine, s'il vous plait.
- Après m'avoir tiré dessus, il a fermé la porte et a commencé à me frapper avec une batte de base-ball. Il disait que s'était pour se venger de l'avoir envoyer à fort Leavenworth. Il a sorti un cutter de sa poche et m'a ouvert les veines au niveau des bras avant de m'attacher les mains en prenant bien soins que la corde rentre dans ma chair ouverte. Puis il a continué de me frapper et moi je ne pouvais plus me défendre. Pendant un moment j'ai cru qu'il allait me tuer d'une balle dans la tête, par exemple, bien qu'il se dise être un artiste nécrologique. Mais non, il a préféré me laisser là, à me vider de mon sang lentement. Il disait que comme ça j'aurais le temps de penser à lui et à toutes les "méchantes choses que je lui avais faites".
- En quoi votre vie a t-elle changée depuis ce jour là ?
- Je ne peux plus rien faire tout seul, j'ai besoin d'aide pour n'importe quoi. J'ai du ravaler mon amour propre. Ma vie n'est plus du tout la même.
- J'ai fini, le témoin est à vous
L'avocat de Palmer se leva et se dirigea vers Harm. Il avait environ 25 ans et cette affaire devait être l'une de ses premières car aucun avocat civil doué en la matière en n'aurait voulu : elle contenait trop d'éléments contre Palmer.
- Capitaine Rabb, comment avait su que Clark Palmer s'était évadé de Fort Leavenworth ?
- Par ma partenaire Sarah Mackenzie qui l'avait lu dans le Navy Times.
- Aviez vous pris des mesures particulières en apprenant cela ?
- Non.
- Donc si je vous comprends bien, vous saviez que Clark Palmer était en liberté et vous n'avez rien fait pour vous protéger. De plus vous l'avez laissé rentrer chez vous. Vous étiez conscient des risques et vous ne les avez pas minimisés.
Je ne voyais pas trop où l'avocat de Palmer voulait en venir. Après tout c'était son problème, le mien était de représenter Harm le mieux possible. La présidente de la cour suspendit le procès pour le déjeuné après l'audition de Harm.
12:15
QG du JAG
Falls Church
Nous étions allés déjeuner au JAG. C'était la première fois depuis son agression que Harm y retournait. Le personnel essayait de faire comme s'il n'était pas handicapé mais je voyais bien leurs regards fuyants à l'approche de Harm. Heureusement Hariett arriva et détendit l'atmosphère. Son naturel reprit le dessus.
- Amiral, Colonel. Capitaine, comment allez-vous aujourd'hui ?
- Ca va merci.
- Amiral, vous avez un message du secrétaire d'état sur votre bureau, puis s'adressant à nous tous, vous avez mangé ?
- Hélas non Hariett ! Si on allait manger ensemble dehors ?
C'est comme ça que nous retrouvâmes dans la cour du QG sous un soleil resplendissant à manger. Nous discutâmes de tout et de rien et bien sur du procès dont Hariett n'avait assisté. Elle voulait savoir comment cela s'était passé. A mon grand étonnement Harm répondit car aucune fois avant nous avions évoqués le sujet entre nous.
- Palmer a engagé un avocat incompétent ce qui fait que si la peine est trop lourde il fera appel et à cas sur la peine sera allégée.
- Et à par ça comment ca se présente ?
Je répondis pour Harm ce que j'en pensais. Moi je trouvais que tout se passait relativement bien mais qu'il faudrait attendre le verdict du jury.
Une fois le déjeuné terminé, j'allai dans mon bureau et Harm, qui était officiellement en permission pour cause de maladie, m'allégea de quelques dossiers dont je n'avais pas encore put m'occuper. L'après midi se passa rapidement et quand j'eus terminé mon service j'allai chercher Harm dans son bureau afin que nous rentrions chez lui. Je le trouvais sous une pile de dossiers et cela n'avait l'air de le déranger nullement au contraire cela lui avait un peu redonné le moral. Il insista pour en emporter quelques-uns uns.
- Harm, ce n'est pas raisonnable. Le médecin a dit qu'il fallait vous reposer.
- Alors pourquoi m'a t-il collé ces fichues séances de rééducation ?
- Harm, cessez de faire l'enfant. Vous savez très bien pourquoi vous en faites et même si ça vous déplait vous devez y aller sinon c'est moi qui vous y traînerai par la peau des fesses si je puis m'exprimer ainsi. C'est compris ?
Le docteur Carter avait prescrit à Harm des séances de kiné très éprouvantes et à chaque fois qu'il en revenait, il était de très mauvaise humeur car il ne faisait pas de progrès. Il valait mieux donc ne pas aborder le sujet. Une fois j'avais discuté avec son kiné qui m'avait dit que c'était normal qu'il réagisse ainsi, qu'il ne récupérait pas sa motricité en un jour et que c'était un travail de longue haleine. Il m'avait dit aussi qu'il ne fallait surtout pas que Harm se décourage, que je me devais de lui remonter le moral même si cela n'était pas tâche facile.
Je voyais Harm chaque jour de plus en désemparé face à son état. Il ne pouvait et ne voulait pas l'accepter, lui le pilote ne pouvait pas être réduit à demander de l'aide pour tout et n'importe quoi.
J'étais sous ma douche lorsque Harm rentra de sa séance de kiné, il était donc à prendre avec des pincettes. L'amiral avait proposé de le ramener chez lui afin que je puisse souffler un peu et que je puisse me reposer. J'avais peu dormi cette semaine, trop préoccupée par Harm et son procès. Je voulais à tout prix que Palmer soit condamné au maximum. Je voulais qu'il cesse de pourrir la vie de Harm et la mienne par la même occasion.
- Amiral, vous restez manger ? Il y en a assez pour trois. Harm a préparé ses fameuses lasagnes végétariennes.
- Volontiers.
Le repas se passa dans la joie et la bonne humeur et j'eus même l'impression que Harm s'amusait. Puis quand l'amiral pris congé je me mis à faire la vaisselle. Le téléphone sonna à ce moment et je demanda à Harm de répondre car j'avais les mains pleines de mousse.
- Mac, c'est Webb. Il veut vous parler.
- Colonel Mackenzie, j'écoute.
- Mac, j'ai une mauvaise nouvelle.
Clayton m'apprit que Palmer s'était une fois encore échappé du pénitencier de Fort Leavenworth. Il avait réussit à tromper la vigilance des gardiens, car il avait pris l'uniforme de l'un d'entre eux, en se déguisant en lui. On avait retrouvé le pauvre malheureux environ une heure après et Palmer était déjà loin.
Comment allai-je annoncer la nouvelle à Harm ? Il ne me laissa pas le temps de réfléchir car il se doutait que quelque chose n'allait pas et dès que j'eus raccroché, il me bombarda de questions.
- Mac, qu'est ce qu'il y a ? Mac je sais très bien que quelque chose ne va pas. Dites moi ce que c'est. Allez !
- C'est Palmer…
- Quoi Palmer ?
- Il s'est évadé de Leavenworth.
- Comment cela a put se passer ? Il s'était déjà échappé une fois.
Je voyais qu'il était vraiment en colère. Moi aussi, je me demandais comment cela avait put-il se passer.
- Harm, ça ne sert à rien de s'énerver. Allez vous coucher et on verra comment ça se passera pour demain. Ce soir je monterais la garde pendant que vous dormirez. Harm pas de contestations, vous savez autant que moi que vous avez besoin de dormir.
Il alla se coucher de bonne grâce et moi je montais la garde toute la nuit qui se passa sans incident. Le matin, j'avais des grands cernes autour des yeux que je camouflai sous mon maquillage fort heureusement. J'avais rendez-vous avec l'avocat de Palmer afin de savoir si nous continuions le procès sans lui.
D'un accord commun nous décidâmes de continuer sans lui. L'avocat de Palmer, maître Campbell, ne voulait pas que l'affaire traîne en longueur et voulait disculper son client le plus rapidement possible. Quant à moi, je pensais que condamner Palmer au plus vite, permettrai à Harm de reprendre sa vie en mains car depuis quelques temps j'avais remarqué qu'il se laissait porter par les évènements.
9:12 GMT
Cour de justice
Washington DC
- Que l'accusé et son défenseur se lève, les jurés sont prêts à rendre leur verdict.
Cette phrase là, ça faisait longtemps que je l'attendais. Palmer allai être condamné pour ce qu'il avait fait endurer à Harm. Enfin. Mais il n'était pas là pour que je voie sa tête quand le verdict tombera. Malgré ça j'ai peur maintenant que Palmer soit acquitté, je ne sais trop pour quel motif, mais dans une seconde ou deux j'allai être fixée. Des secondes de trop où je sentais Harm à côté de moi complètement angoissé.
- Clark Palmer pour l'accusation de cous et blessures, cette cour de justice vous déclare coupable, pour l'accusation de tentative de meurtre, cette cour de justice vous déclare également coupable.
- La sentence sera prononcée demain à 14 heures.
Enfin la délivrance. Palmer était coupable et allai être condamné. J'espère qu'il prendra le plus possible pour qu'enfin il sorte de notre vie, la mienne et celle de Harm. Ces temps ci, je me sentais beaucoup plus proche de lui. Je ne savais pas si c'est parce que je vivais chez lui, peut-être que j'avais réalisé, après ma rupture avec Mic, que j'étais plus proche de Harm que je ne le pensais. Les événements de ces derniers mois n'y étaient sûrement pas pour rien, je pensais qu'ils nous avaient rapprochés, fait de nous un bloc prêt à affronter toutes les épreuves.
Pour fêter la victoire de Harm, l'Amiral nous invita au Mac Murphy's pour boire un verre en compagnie de Hariett et Bud. Je pris ma voiture et embarqua Harm pour y aller. On y avait un peu froid car une décapotable même au printemps est plutôt fraîche. Nous devions faire un saut chez Harm afin d'y prendre un dossier que je devais donner à l'Amiral. Durant le trajet, j'eus l'impression qu'une voiture grise nous suivait depuis un bon moment. Je fis par à Harm de mon observation, lui aussi avait remarqué. Je décidai de passer par les quais du port afin de la semer. Ce fut une erreur car au moment où je pénétrai sur les quais une autre voiture me fit face. Nous étions pris au piège. Un homme sortit d'une des voitures, il cassa l'un des carreaux et introduisit dans la voiture un fumigène contenant probablement un somnifère. Lorsque je me réveillai, j'étais attachée aux mains et aux pieds et je ne pouvais pas bouger. À côté de moi Harm comptait à haute voix afin de calculer combien de kilomètre nous séparaient des quais, mais il s'arrêta très vite.
- Mac, ça va ?
- Oui, ne vous inquiétez pas.
- Ils n'arrêtent pas de tourner en rond. Je ne sais pas où ils nous emmènent. Vous avez votre portable ?
- S'ils ne me l'ont pas pris oui.
Je me contorsionnai afin vérifier s'il était là. Après plusieurs essais, je sentis dans la poche de mon blouson sa forme. Je n'eus pas le temps d'en faire part à Harm car la voiture s'immobilisa et le coffre s'ouvrit.
12:30 GMT
Quelque part aux USA
- Sortez
Un homme avait son revolver pointé sur nous, il nous avait menacés avant de nous détacher, de nous faire exploser la cervelle au moindre faux pas. Je tentai de lui expliquer que Harm ne pouvait pas marcher puisqu'il était paralysé mais il ne voulu rien entendre. Je passai alors le bras de Harm autour de mon cou mais il réussit qu'à faire quelques pas avant de s'écrouler par terre. Au moins je constatai que les séances de kiné de Harm servaient à quelque chose. Je traînais Harm qui faisait de son mieux pour m'aider. Heureusement, nous n'avions que quelques mètres à parcourir. On nous jeta dans une pièce sombre avant de nous rattacher. Ils avaient serré mes liens le plus possible et mes mains prirent vite une couleur violette.
- Harm, mon portable est dans la poche de mon blouson. Je n'arrive pas à l'attraper. Vous pouvez essayer.
- Mac, vos mains sont bleues. Il faut d'abord que je vous détache.
Il trouva par terre une pierre et commença à la frotter sur la corde mais elle était assez grosse et tout ce qu'il réussit au début fut de m'égratigner les mains. Au bout d'un moment la corde ne tenait plus qu'à quelques fils et elle lâcha rapidement. Maintenant que j'avais les mains libres, je détachai Harm et pris mon portable. Je réussis à capter ce qui voulait dire que nous n'étions pas en pleine campagne mais plutôt dans une ville. Nous entendions des bruits maritimes ainsi que des bruits de camions et autres engins motorisés, j'en déduisais donc que nous devions être dans un entrepôt près du port. La batterie de mon portable était faible et n'allai pas tarder à être vide. Il fallait donc que je me dépêche à appeler quelqu'un. Je préférai appeler l'amiral car il devait déjà se douter de la situation et cela serait donc plus facile à expliquer, il pourrait ensuite appeler la police pour qu'ils nous sortent de là.
- Amiral, c'est moi Mac.
- Mac, bon sang. Ca fait plus d'une heure qu'on vous attend. Où êtes vous ?
- Je ne sais pas, on vient de se faire kidnapper par un commando armé. Prévenez la police car ma batterie de mon téléphone est faible. Dites leur que les ravisseurs sont armés d'armes de poing et que je pense que nous trouvons dans un entrepôt sur un port.
- Êtes vous blessés ?
- Non, ça va. - Et Harm …
- Ne vous inquiétez pas. Il tiendra le choc, il est fort.
- Est-ce que Palmer est derrière tout cela ?
- Je n'en sais rien. Il faut que je vous quitte, j'entends des pas.
- Je ferai le nécessaire.
A peine avais-je raccroché que la porte s'ouvrit, Palmer se trouvant dans l'encadrement de la porte. Il avait l'air narquois qu'il arbore lors de ses victoires.
13:50 GMT
Quelque part aux USA
- Alors Harm, comment vas-tu ? Ca fait un bail que l'on ne s'est pas vu … Depuis que je t'ai rendu visite dans ton appartement, il me semble, c'est bien ça… Mais on m'a dit que depuis ma visite tu avais eus quelques petits problèmes de santé, rien de grave j'espère ?
- Palmer, moi aussi on m'a dit que tu avais eus quelques problème avec la justice. J'espère que Fort Leavenworth ne te manque pas.
- Ne t'inquiète pas pour moi. Il s'approcha de moi et commença à me caresser la joue avec sa main. Harm se redressa prêt à intervenir.
- Harm, calmez-vous. Je vais apprendre à cet homme les bonnes manières.
Il n'avait pas remarqué que je n'avais plus les mains attachés et fut fort surpris lorsqu'il ramassa de ma part une gifle magistrale et ensuite un bon coup de pied dans ses parties masculines. Mais il se ressaisit très vite en me mettant au tapis et comme je résistais, il me balança violemment contre un mur. Je ressentis une douleur vive au poignet. Palmer appela ses hommes de main pour qu'ils nous rattachent cette fois avec des menottes.
- Espèce de garce. Tu me le payeras, ne t'avises plus de recommencer ou je te ferai exploser la cervelle.
Après ces paroles quelques peu vulgaires, il sortit de la pièce avec une démarche efféminée ressemblant à celle d'un cow-boy. Mon poignet me faisait très mal et un bleu commença à se former et quand je le tâtai, je me rendis compte qu'il était cassé. Harm avait réussit à cacher mon portable, notre dernier lien avec l'extérieur, notre dernière chance de sortir vivant de ce pétrin. Il était clair que l'intention de Palmer était de tout simplement nous tuer, de quelle manière je ne le savais pas. Il s'était montré à nous le visage découvert ce qui aurait pu dans un procès futur le faire plonger. Il allait nous tuer j'en étais sûr.
Je préférai laisser mon portable éteint car premièrement je ne voulais pas qu'il sonne et deuxièmement la batterie était presque à plat. J'espérai de tout cœur que la police allait vite nous trouver.
La nuit allait tomber et je commençai à avoir froid, je n'avais sur moi que mon uniforme d'été qui était donc très léger.
- Mac, prenez mon blouson, vous êtes transi de froid.
- Non, non. Ca va aller.
- C'est à cause de moi que vous êtes ici alors je vous en prie prenez mon blouson.
Harm éprouvait des remords et il voulait se faire pardonner en me donnant son blouson. Pour ne pas le vexer j'acceptai et je réussis à peu près à me réchauffer. Soudain quelque chose me frôla la cuisse et je criai de surprise. C'était un rat, un gros rat.
- Allons Mac ce n'est qu'un rat.
- Mais je n'ai pas peur des rats. J'ai connu pire pendant mes missions commandos. On a connu pire en Russie, en Iran, en Tchetchénie…et j'ai passe des pires et des meilleurs. Ca va aller j'en suis sûr.
Je disais ça pour me rassurer car au fond de moi je savais ce qui allait se passer.
19:34 GMT
Quelque part aux USA
Cela faisait 6 jours que nous patientions dans ce hangar humide et froid où les rats grouillaient. La police n'avait pas encore pu nous repérer malgré mes indications. Ils avaient fouillé beaucoup de hangars sans succès. Pendant plusieurs jours, j'avais cherché à comprendre pourquoi Palmer nous gardait en vie et plus tard j'eus une réponse de sa part. Il voulait, soit disant, nous échangé contre une tête de missile nucléaire laquelle pourrait faire exploser une ville de la taille de New York. Palmer attendait qu'elle soit finie pour demander l'échange. Le gouvernement refusera sans doute, il s'en fichait.
Nous n'avions pas eu à manger depuis quelques jours et nous n'avions plus beaucoup de forces. Mon bras me faisait toujours souffrir énormément, Harm quant à lui s'en voulait de m'avoir emmener dans ce piège. J'avais réussi à recharger la batterie de mon portable en le branchant sur une prise avec un fils de fer. Il me restait donc qu'à appeler la police pour qu'elle repère mon appel. Mais la porte s'ouvrit et Palmer me demanda de le suivre.
Il me désigna une chaise sur laquelle je m'assis, sur la table il y avait une webcam reliée à un ordinateur.
- Tu vas demander à ton cher amiral, la tête de missile que je veux, ok ? Sinon on vous tuera.
- Le gouvernement refusera. La mort fait partie de notre contrat avec lui. Notre vie n'a pas de prix.
Il pointa alors sur moi son revolver et alluma la webcam. Au même moment au JAG, Tiner recevait un message électronique pour l'amiral, qu'il ouvrit.
-Tiner, c'est moi. Je voudrais parler à l'amiral.
- Tout de suite colonel.
- …
- Colonel, est ce que ça va ?
- Oui Amiral, mais j'ai un message de la part de nos ravisseurs : ils veulent la tête de missile qui est en construction contre nos vies.
- Je vais voir ce que je peux faire.
- Nous vous contacterons.
19:35 GMT
Quelque part aux USA
- Harm, on est à Washington même.
- Comment le savez vous ?
- Il y avait sur une table un plan de DC et les entrepôts étaient entourés de rouge. Ca confirme nos soupçons. Palmer était sûr que la police irai chercher dans une autre ville alors que nous trouvions sous leur nez.
- Téléphonez à l'amiral. Il faut qu'il nous trouve rapidement. Je ne tiendrai pas une semaine de plus. Je suis à bout de forces.
Nous n'avions pas eu à manger depuis deux jours et moi aussi j'étais à bout de forces. J'avais dépassé le stade de la faim et j'étais prête à tomber en hypoglycémie à tout moment. Je pris mon portable et composa le numéro de l'amiral. Il répondit après deux sonneries.
- Amiral, c'est Mac.
- Palmer est à côté de vous ?
- Non. Nous nous trouvons dans un entrepôt de DC. Venez nous délivrer.
- La police ne cherche pas du tout dans DC. Ils sont persuadés que vous êtes à Chicago.
- Eh bien dites leur qu'on n'est pas là et que je ne compte pas moisir ici. En plus ça sent le brûler. Il veut nous tuer alors dépêcher vous.
- BIP, BIP...
La batterie de mon portable venait de rendre l'âme et nous n'avions plus qu'à espérer que les secours arriveraient bientôt.
Il devait être a peu prés 9 heures du soir alors nous essayâmes de nous endormir. Il faisait vraiment très froid moins de 5°C. Nous nous rapprochâmes pour nous tenir chaud mais cela ne suffisait pas et je claquai des dents. Harm essaya de me réchauffer comme il put. Je ne sais pas quand je me suis endormie, ni comment mais au milieu de la nuit je fus réveillée par des coups de feu provenant de l'intérieur de l'entrepôt. Je repris alors espoir de sortir vivante de cette histoire. De la fumée commença à envahir la pièce et j'eus peur un instant que celle-ci provienne d'un feu mais il s'agissait tout simplement de fumigènes utilisés dans l'armée par les marine's.
La porte s'ouvrit brutalement et je pus voir l'amiral avec un masque à oxygène. Dès que la fumée eut disparue de la pièce, il l'enleva.
- Colonel, Capitaine, comment allez-vous ?
- Mieux après vous avoir vu.
- La police est là. Ils ont attrapé Palmer ?
- Non Colonel, parce qu'ils ne sont pas là. Ils n'ont pas voulu me croire quand je leur ai dit que vous vous trouviez à DC. Je suis seulement là avec le lieutenant Roberts, le sergent Galindez et le capitaine Mattoni. Mais Palmer nous a échappé. Désolé.
Je ne sais pas ce qui m'a pris quand je suis sortie de la pièce en courant, prenant au passage l'arme de l'amiral. L'idée que Palmer puisse m'échapper me révoltait. Il nous avait fait tellement de mal à Harm et à moi. Il devait payer et même si j'étais à bout de forces rien ne m'en empêcherais. Il devait payer quelque qu'en soit les conséquences pour moi et mon avenir
02:47 GMT
Quelque part aux USA
- Colonel, revenez ! Mac !
Je
n'écoutais pas cet ordre et continuais de courir dans l'espoir de retrouver
Palmer. L'entrepôt n'était pas éclairé et je distinguais à peine ce qu'il
y avait devant moi. J'étais sur mes gardes et serrais dans ma main le 32 mm
de l'amiral.
Soudain, j'aperçus une ombre furtive : Palmer était encore dans cet entrepôt.
Il semblait boiter et cela ralentissait sa course. J'avais donc une chance
de rattraper mon retard sur lui. Le sang battait dans mes tempes et je n'avais
qu'une seule idée en tête, me venger de Palmer. Souvent j'y avais pensé seule
dans mon lit et je savais ce que je devais faire pour en finir une bonne fois
pour toutes. Je devais le tuer c'était une nécessité sinon il finirait par
nous retrouver Harm et moi. Il s'acharnerait encore sur nous. Moi je voulais
en finir. Quel qu'en soit le prix à payer! Je le vis alors que je courais,
il était caché derrière un coin, pensant tromper ma vigilance. Je pointais
alors mon arme sur lui, enfin celle de l'amiral.
- Palmer enfin je vous retrouve. Les rôles sont inversés maintenant. C'est moi qui tiens les rênes.
- Colonel Mackenzie…Mac, posez cette arme, vous risquez de vous blessez, ce n'est pas un jouet.
- Palmer toujours aussi comique. Je n'ai qu'une seule question à vous poser et vous allez y répondre franchement…Pourquoi lui ? …Pourquoi lui et pas un autre ?
Comme il ne répondait pas je lui collai le revolver sur la tempe.
- Hey oh doucement marin's…
- Ne m'appelez pas marin's.
- Oh je vois. Il n'y a que ce cher Harm qui vous appelle comme ça. Aurais-je touché une corde sensible ?
- Répondez à ma question. Pourquoi lui ?
- A vrai dire je n'en sais rien. Peut être parce qu'il avait tout pour lui : la réussite, la gloire, l'argent et surtout les femmes plus précisément une femme. Une femme qu'il aime. Vous voyez de qui je veux parler ?
- Colonel !
C'était l'amiral qui venait de m'appeler. J'eus alors un moment d'inattention et Palmer en profita pour se lever et m'approcher mais je m'en rendis compte à temps. Le coup partit…En plein cœur…Palmer tomba à la renverse sur le sol…Mort…
Epilogue
Palmer était mort avant d'avoir touché le sol et moi j'étais restée là à le regarder jusqu'à que l'amiral arrive et me sorte de ma torpeur. Pendant quelques secondes, j'avais exprimé des remords. Mais lorsque l'amiral s'approcha du corps, je compris pourquoi mon instinct m'avait dit de le tuer. Mon instinct de marin's, pas celui de femme. Il avait dans la main une seringue contenant un poison mortel. Palmer voulait me tuer, j'en avais la certitude mais je ne lui en avais pas laissé le temps.
Harm et moi avions quelques jours à l'hôpital pour récupérer de notre captivité. Après cela, j'avais été mise en examen pour homicide. Harm étant toujours en congé maladie, j'avais eus pour avocat le juge avocat général, l'amiral Chegwidden. Il avait facilement réussit à m'avoir un acquittement pour légitime défense et le dossier avait été classé sans suite. La vie avait repris son cour normal : je travaillais au jag, Harm était toujours en rééducation mais son kiné m'avait dit qu'il récupèrerai toute sa motricité, seule ombre au tableau mon appartement était toujours en réfection. J'habitais donc toujours chez Harm mais plus pour longtemps car les travaux allaient être terminés dans une semaine. Une semaine plus tard, je me rendais donc avec Harm dans mon appartement afin d'y emménager. Lorsque j'y pénétrai, je me rendis compte que les ouvriers avaient fait du bon travail, seule une odeur de colle me dérangeais. Ils venaient juste de finir de coller le papier peint. Quelque chose m'intrigua alors, il y avait une photo punaisée sur le mur et lorsque que je m'approchai, je ne pus retenir un cri. Sur cette photo, on y voyait Palmer dans mon appartement nouvellement refait en train de siroter une bière dans le salon !
- La jungle des miroirs, Mac. La jungle des miroirs…
FIN
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