QG du JAG, Washington DC,

Lundi 11 février 2002, 11H30

 

 

C’est Harm qui parle

 

Mac et moi sommes une fois de plus en train de nous engueuler. Cela doit-être au moins la cinquième fois en deux semaines, en fait, cela c’est produit à chaque fois qu’on s’est affronté au tribunal pendant ces 15 derniers jours. Le pire, c’est qu’à chaque fois, ça commence par une broutille !

Non en fait Rabb, tu peux te l’avouer, à chaque fois, c’est toi qui commence, et en plus  je ne sais pas pourquoi !

 

 

« Je commence vraiment à en avoir mare de vous Capitaine. Une fois de plus vous vous êtes bien fichu de moi !

 

- C’est de ma faute si vous avez discrédité votre témoin ?

 

- C’est bien vous qui avez fait comparaître un expert en je sais pas quoi pour qu’il ridiculise mon témoin, et bien sûr sans l’avoir mis sur la liste des témoins ?

 

- Je n’ai su qu’il allait témoigner que quand il s’est présenté ! Et en plus le juge vous a accordé du temps pour préparer votre contre-interrogatoire.

 

- Du temps ? Je n’ai que jusqu’à cette après-midi pour la préparé et essayer de trouver un nouveau témoin !

 

- Allons Mac, je vous ai connu plus combative !

 

- Vous allez y goûter tout à l’heure à ma combativité ! 

 

- Est-ce que je peux savoir ce qui se passe ici ? beugle l’Amiral qui sort en trombe de son bureau.

 

- Le Capitaine Rabb et moi avons un petit différent au sujet de l’affaire Lopez, monsieur.

 

- Un petit différent ? Vous vous disputez comme un vieux couple devant tout le monde et vous osez appelez ça un petit différent ? Dans mon bureau ! »

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

Cette fois-ci il est allé trop loin ! Comment peut-on se considérer comme un ami quand on prend du plaisir à faire des coups tordus ? Foi de Marines, cette fois-ci il en paiera les conséquences.

 

« Vous voyez dans quelle situation vous nous mettez une fois de plus ? dis-je tout bas

 

- Dans quelle situation je nous mets ? Mais c’est qui qui a piqué sa crise devant tout le monde ?

 

- Et c’est qui qui a pris un malin plaisir à provoquer cette crise ainsi que toutes les autres depuis deux semaines ?

 

- Silence ! Vous comptez vous arrêter un jour ? Ou est-ce que j’aurai déjà rempli un rapport disciplinaire quand cela arrivera ? Crie l’Amiral. »

 

Nous rentrons dans son bureau et restons au garde à vous devant lui. Il nous regarde tour à tour dans les yeux et fini par dire d’une voix froide :

 

« Est-ce que je peux savoir ce qui vous arrive à tous les deux ? Et ne me répondez pas que c’est juste un différent à propos de votre affaire, parce que ça fait deux semaines que vous faites endurer à tout le monde ici vos petites scènes de ménage quotidiennes ! Vous formiez une très bonne équipe avant, et maintenant, à chaque fois qu’on vous voit au tribunal on croit assister à un vrai règlement de comptes. Mais bon Dieu, qu’est-ce qui vous arrive ? »

 

Harm et moi restons silencieux, je crois en fait qu’aucun de nous ne sait vraiment ce qui se passe.

 

« J’attends une explication ! Capitaine, quelle est la votre ?

 

- Je crois Amiral que le Colonel et moi traversons juste une petite crise et que nous allons réussir à la régler au plus vite.

 

- J’espère bien, et vous Colonel, qu’en pensez-vous ?

 

- Je suis d’accord avec le Capitaine monsieur, je pense que la situation va s’arranger rapidement.

 

- Très bien, puisque qu’au moins maintenant vous êtes d’accord sur un point, on va pouvoir travailler, prenez un siège. »

 

Sur ces paroles nous nous exécutons sur-le-champ. 

 

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

A la façon dont Mac a répondu à la question de l’Amiral je la connais assez pour savoir qu’elle ne pense pas vraiment ce qu’elle a dit, et ça m’inquiète car moi non plus je ne pense pas que la situation va s’arranger si rapidement et surtout si facilement. Je crois que cette fois-ci, elle aura du mal à me pardonner cette dispute. Je regrette tant de la faire sortir de ses gonds à chaque fois, j’aimerais tellement qu’on retrouve notre complicité d’antan. Je sors de mes pensées quand l’Amiral commence :

 

« Bon maintenant, nous pouvons commencer. Le secrétaire d’Etat à la marine m’a appelé ce matin, il semblerait que des armes aient disparu ces derniers mois dans la base Navale de Cuba, Guantanamo Bay, et l’Etat Major soupçonne un trafic d’arme.

 

- Et on a une idée des personnes impliquées.

 

- Non Capitaine, et c’est pourquoi vous et le Colonel allez mener une enquête, cependant, on soupçonne même les dirigeants de la base d’être impliqués.

 

- Et comment suggérez-vous que le Capitaine et moi enquêtions monsieur ?

 

- Vous et le Capitaine allez partir pour Guantanamo Bay dès ce soir. Là-bas, avec l’aide de la CIA vous vous ferez passer pour des revendeurs d’armes, extérieurs à la base bien sûr et vous vous débrouillerez pour rentrer en contact avec les trafiquants.

 

- Monsieur, ne me dites pas que c’est une idée à Webb ?

 

- J’en ai bien peur Capitaine, cette mission sera dirigée par M. Webb, mais cependant il est important pour l’armée de régler cette affaire au plus vite et surtout le plus discrètement possible. Je compte donc sur vous et le Colonel pour classer cette affaire dans les plus brefs délais. Ce sera tout, vous donnerez votre dossier sur l’affaire Lopez au Lieutenant Singer Capitaine et vous Colonel vous ferez de même avec le Capitaine Turner, je vais m’arranger pour que l’audience qui était prévue cette après-midi soit reportée à demain pour leur laisser plus de temps. En sortant vous prendrez vos billets d’avions auprès de Tiner, une fois à Guantanamo, Webb vous expliquera tous les détails de l’affaire et vous donnera vos nouvelles identités. Vous pouvez disposer, à aussi, arrangez-vous pour régler votre différent, je ne veux plus jamais voir de scènes dans mes bureaux, est-ce clair ? 

 

- Oui Amiral, dit Mac.

 

- Oui monsieur. »

 

Une fois que l’Amiral a fini nous sortons de son bureau et récupérons nos billets auprès de Tiner.

 

« Ca sent encore le coup foireux à la Webb, hein Mac ?

 

- Oui Capitaine. »

 

Le fait que Mac emploie mon grade pour me répondre m’indique qu’elle est toujours aussi fâchée après moi, cependant j’essaie de détendre l’atmosphère :

 

« Allons Mac, vous n’allez pas me faire la tête pour cette histoire de témoin ?

 

- Excusez-moi Capitaine, mais j’ai du travaille, je dois tenter de trouver une solution avec le Capitaine Turner pour sauver mon client ! dit-elle en se dirigeant vers le bureau de Sturgis.

 

- Eh ! Je passe vous prendre pour aller à l’aéroport ce soir ?

 

- Non je préfère y aller avec ma voiture. »

 

Elle a dit ça d’un ton froid sans même me regarder et ça me fait peur, la dernière chose que je souhaite en ce moment, c’est bien que ma meilleure amie me fasse la tête. Il faut que je trouve un moyen de me faire pardonner.

 

 

 

 

Aéroport de Washington

Lundi 11 février 2002, 20H30

 

 

C’est Mac qui parle

 

Comme toujours il est en retard, on est censé embarquer dans un quart d’heure et il n’est toujours pas là. J’ai bien fait de venir avec ma voiture, en plus ça lui aurait fait trop plaisir que j’accepte de venir avec lui, de toutes façons, j’ai ma vengeance, il m’a joué un coup tordu dans l’affaire Lopez, mais ça ne m’empêchera pas de gagner, avec Sturgis on a trouvé un témoin et ce n’est pas Singer qui pourra le discréditer cette fois. Soudain je le vois arriver en courant, une main dans le dos, il est incroyablement séduisant comme d’habitude, même là en civil, il est impeccable.

 

 

 

 

C’est Harm qui parle


Je la vois qui m’attend les bras croisés sur la poitrine, elle est magnifique, comme toujours. Je sais ce qu’elle va me dire, je suis en retard, mais c’est pour la bonne cause, il fallait que je trouve un moyen de me faire pardonner. J’ai beaucoup réfléchit en venant et je crois vraiment qu’il faut que je lui parle, car même si je ne le montre pas je déteste m’engueuler avec elle.

 

« Alors Capitaine comme toujours vous êtes en retard.

 

- Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, on est en février et il neige dehors, alors je sais pas si vous avez déjà essayé de trouver des roses rouges à cette époque, mais moi j’ai fais tous les magasins de Washington pour en trouver sans résultat. Alors j’ai du me rabattre sur les chocolats, dis-je en lui tendant une boîte recouverte de papier doré de derrière mon dos.

 

- C’est pour l’affaire de ce matin, mais nous avons trouvé un témoin qui va innocenter mon client.

 

- Je sais, j’ai eu Sturgis au téléphone tout à l’heure.

 

- Alors c’est pourquoi ?

 

- C’est pour m’excuser de mon comportement ces deux dernières semaines, je sais que je n'ai pas du être facile à vivre, mais je vous jure que je ne cherche pas à vous énerver. Alors je suis pardonné ?

 

- J’aurai préféré des roses, mais j’accepte vos excuses. »

 

Et nous rions tous les deux à sa dernière remarque, quand nous entendons l’annonce de notre vol.

 

 

 

 

Vol 611, à destination de Guantanamo

Lundi 11 février 2002, 21H30

 

 

C’est Mac qui parle

 

Nous volons maintenant depuis près d’une heure. Harm et à côté de moi, il a pris la place côté couloir pour pouvoir allonger ses jambes. Nous venons de finir de manger, enfin si on peut appeler ça manger. En effet, on a du se rabattre sur la boîte de chocolats, tellement la nourriture était infâme. Je dois avouer que je suis bien contente que tout ce soit arrangé entre Harm et moi, je déteste être en froid avec lui. Cependant, je crois que je lui dois aussi des excuses.

 

« Harm ?

 

- Oui Sarah ?

 

- Je tenais aussi à vous présenter mes excuses, j’ai aussi ma part de responsabilités en ce qui concerne nos disputes des derniers jours, et je regrette que ça ait été si loin.

 

- Il ne faut jamais regretter c’est signe de faiblesse, mais j’accepte vos excuses si vous jugez que vous m’en devez, dit-il en m’embrassant sur la joue. »

 

Pourquoi m’a-t-il embrassé, devrais-je comprendre quelque chose ou est-ce juste une façon de faire la paix. Et si c’était plus ? Non, stop Sarah, là tu t’emballes, et puis d’abord c’était sur la joue, ça fait bientôt 7ans que tu le connais, il peut bien t’embrasser sur la joue sans que ça veuille dire quoique ce soit. Mais pourquoi est-ce que ça me fait tant d’effet qu’il m’appelle par mon prénom, après tout je l’appelle bien Harm et surtout pourquoi est-ce que j’ai l’impression de vouloir que ce baiser soit plus qu’un signe d’amitié. Allez ma grande arrête de délirer, et essaie plutôt de dormir il reste encore plusieurs heures de vol.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Mais qu’est-ce qui t’a pris Rabb, pourquoi tu l’as embrassé ? Et surtout pourquoi as-tu tant aimé ça ? Allez Harm ressaisis-toi, Sarah n’est que ta partenaire, et pourquoi tu l’appelles par son prénom maintenant, il ne peut rien n’y avoir entre vous, tu as juste fait un petit écart. Mais pourtant je ne regrette pas du tout de l’avoir fait, au contraire, je recommencerai bien, sa peau est si douce… Oh là stop mon grand ! Calme-toi, et essaie de dormir un peu.

 

 

 

 

Aéroport de Guantanamo

Mardi 12 février 2002, 1H30

 

 

C’est Mac qui parle

 

Je suis en train de dormir quand j’entends la voix de l’hôtesse annoncer que nous avons atterri. Je sens quelque chose contre mes cheveux, c’est la tête de Harm qui repose sur la mienne pendant que ma joue se repose sur son épaule. Il se relève doucement, je crois que lui aussi a été réveillé par l’hôtesse. Soudain elle s’approche de nous, et dit à Harm :

 

« Monsieur excusé moi mais nous avons atterri, vous et votre femme pouvez descendre maintenant, je suis sûr que vous dormirez mieux à votre hôtel.

 

- Merci nous descendons, dit-il. »

 

Il n’a pas corrigé l’hôtesse quand elle a dit que j’étais sa femme, pourquoi ? Peut-être est-il juste tout simplement fatigué par le voyage et n’y a pas prêté attention. Il faut dire que tous les deux étant en civil et vu la position que nous avions adoptée pour dormir, personne ne pouvez deviner que nous étions des militaires en mission.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas réagi quand l’hôtesse a désigné Mac comme étant ma femme, après tout ce n’est pas inimaginable, je veux dire, on est quand même assez bien assortis. Ca y est Rabb tu délires encore, allez sortons de cet avion.

 

« Vous savez Mac, je n’ai pas réagi tout de suite quand l’hôtesse a dit que vous étiez ma femme, j’espère que ça ne vous a pas dérangé ?

 

- Non Harm, il n’y a pas de problème je n’ai pas non plus réagit sur le coup.

 

- Tenez, je vois Clay là-bas.

 

- Oui, allons voir dans quelle embrouille il nous a encore embarqués. »

 

Nous nous dirigeons vers Webb qui est accompagné d’un homme assez baraqué, du genre latino.

 

« Sarah, Harm, content de vous revoir !

 

- Contents de vous revoir aussi Clay, mais moins de travailler pour vous.

 

- Sachez que ce n’est pas moi qui vous ai demandé Rabb, vous m’avez été imposé. Bon sur-ce, je vous présent Miguel en qui vous pouvez avoir toute confiance, laissez-le prendre vos affaires.

 

- Et où allons-nous maintenant Webb ? demande Mac

 

- Je vais vous conduire à votre hôtel et je vous donnerai vos nouvelles identités pendant le trajet. Pour le reste des détails sur votre mission, on sera assez tôt de voir ça demain, ça se voit que vous avez besoin de sommeil, vous avez des têtes d’épouvantails.

 

- Merci pour le compliment, dis-je.

 

- Mais il n’y a pas de quoi Rabb ! »

 

Nous suivons Webb et Miguel, quand Mac me dit :

 

« Allez-y doucement Harm, si vous commencez déjà à vous battre avec Webb on n’est pas sorti de l’auberge !

 

- Je sais mais avec cet homme, une mission finit pratiquement à chaque fois en désastre, alors ça me décourage d’avance. 

 

- Allons Harm, je vous ai connu plus combatif ! me dit-elle en me donnant un coup de coude pour me rappeler ma réplique du matin même. »

 

 

 

 

Voiture, devant l’hôtel Le Bellagio

Mardi 12 février, 2h00

 

 

C’est Mac qui parle

 

Nous venons d’arriver devant notre hôtel et Webb nous tend deux dossiers :

 

« Vous les lirez demain après une bonne nuit de sommeil, la seul chose que vous devez savoir  ce soir que vous Harm vous vous appelez Brian Cruise et que vous Sarah vous vous appelez Angel Willis. Bon vous pouvez y aller, je passe vous voir demain matin à 10H00. »

 

Nous sortons de la voiture, prenons nos sacs  et en marchant vers l’entrée on entend Webb nous appeler :

 

«  Au faite, j’ai oublié de vous dire, pour rendre plus crédible votre couverture on a du apporter quelques modifications à votre personnage Sarah.

 

- Quels genres de modifications ? dis-je, craintive.

 

- Willis est votre nom de jeune fille, maintenant votre nom est Cruise.

 

- Vous voulez dire que Mac et moi on est… bégaye Harm

 

- Vous êtes mariés, oui c’est ça. Bon à demain les tourtereaux ! »

 

Sur ces dernières paroles la voiture démarre et nous laisse sans voix Harm et moi.

 

« Bon, on ne va pas passer le reste de la nuit ici ? dis-je pour détendre l’atmosphère.

 

- Je vous avais dis que ça sentait le coup foireux, mais vous avez raison nous avons besoin de sommeil, on verra le reste des surprises demains. »

 

Nous rentrons dans l’hôtel, le hall est immense et lumineux, de l’extérieur je n’avais pas remarqué qu’il était si chic. Nous nous dirigeons vers le bureau de l’accueil qui apparemment est en marbre et un réceptionniste nous accueil :

 

« Bonjour je suis Tom, bienvenu à l’hôtel Le Bellagio, je peux vous renseigner.

 

- Oui, nous voulons une chambre, dit Harm qui ne cesse de regarder les plafonds ornés de lustres gigantesques en or.

 

- Alors vous avez choisi le bon hôtel, Le Bellagio est l’hôtel le plus coté de la région, d’ailleurs nous venons de recevoir notre cinquième étoile. Puis-je avoir votre nom.

 

- Cruise, dit Harm qui a l’air toujours aussi ébahi devant le luxe qui est présent dans tout le hall.

 

- Au vous êtes Brian et Angel Cruise, les amis de M. Webb qui devaient arriver cette nuit de Washington ?

 

- Oui, dis-je, pourquoi vous le connaissez ?

 

- M. Webb est un habitué de la maison, il vous a réservé l’une de nos plus belles suites, laissez-moi appelez le service d’étages pour qu’ils prennent vos bagages.

 

- Merci, dis-je.

 

- Mais c’est normale Mme, et appelez-moi Tom, si vous avez besoin de quoi que ce soit c’est à moi qu’il faut s’adresser. »

 

Alors que le groom prend nos affaires et nous dit de le suivre, je souffle à Harm :

 

« Enfin de compte je suis sûr que vous commencez à apprécier Clay.

 

- Attendez, cet hôtel est trop beau, vous allez voir qu’à tous les coups, on va se payer une chambre minable, la CIA est trop radine pour nous offrir ce luxe.

 

- Voyons Harm, ne soyez pas trop pessimiste, peut-être que pour une fois, ils ont fait des frais. »

 

Nous sortons de l’ascenseur au 19ème étage, l’hôtel en compte 20, et on se retrouve dans un couloir qui ne comporte qu’une seule porte. Nous suivons le groom qui nous ouvre la porte en nous disant :

 

« Bienvenu dans la suite princière !

 

- La suite princière vous êtes sûr qu’il n’y a pas d’erreurs ? dit Harm incrédule.

 

- Non monsieur, c’est même la préféré de M. Webb quand il descend au Bellagio, il dit que la vue y est plus belle que dans la suite présidentielle.

 

- Bon, si vous le dites c’est que se doit-être vrai, dis-je en le congédiant après lui avoir donné un pourboire.

 

- Passez un bon séjour !

 

- Merci. »

 

Après avoir fermé la porte, je me retourne et trouve Harm assis sur un des canapés en cuir du salon en train de regarder la télé, enfin je qualifierais plutôt ça d’écran géant que de télévision. Il l’éteint et me dit en se retournant :

 

« Je retire tout ce que j’ai dit, j’adore Webb ! Il y a plus de 700 chaînes là-dessus me dit-il en me montrant l’écran.

 

- Ne me dites pas que vous avez l’intention de regarder ces 700 chaînes cette nuit ?

 

- Non je suis trop fatigué pour ça, d’ailleurs vous savez où est là chambre là dedans ?

 

- Aucune idée, peut-être là, dis-je en me dirigeant vers une porte.

 

- Si quelque chose d’aussi grand peut s’appeler une chambre, alors je crois que vous l’avez trouvé dit-il en arrivant derrière moi. Vous avez déjà vu un lit si spacieux ?

 

- Non, vous vous rendez compte, une équipe de foot entière pourrait dormir là-dedans. Et ça qu’est-ce que c’est ? dis-je en marchant vers une autre porte qui se trouve dans la chambre. Oh mon Dieu !

 

- Quoi qu’est-ce qu'il y a ? dit Harm qui accourre derrière moi. Oh ! Vous avez vu la taille de cette baignoire ? dit-il ébahi.

 

- Je crois que c’est encore mieux qu’une baignoire Harm, c’est un jacuzzi, et ça, c’est une douche à jets, et le tout en marbre bien sûr !

 

- Rappelez-moi de demander à Webb combien lui coûte cette merveille demain.

 

- Bon, et si on dormait maintenant ?

 

- Bonne idée, vous prenez la salle de bain d’abord ?

 

- Non, allez-y, je vais attendre.

 

- Très bien, je prends quelques affaires dans mon sac et je me dépêche pour vous laisser la place. »

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Je sors de la salle de bain vêtu seulement d’un caleçon et d’un tee-shirt,  j’ai fait vite pour ne pas que Mac n’attende trop longtemps mais en m’approchant du lit je me rends compte qu’elle s’est endormie, je n’ose pas la réveiller alors je rabats les couvertures sur elle, elle est si belle, on dirait un ange et je ne comprends pas pourquoi est-ce que depuis un moment je me surprends si souvent à la regarder. Allez laisse tomber Rabb ce n’est pas le moment pour méditer sur ta relation avec Mac, tu as l’esprit trop embrouillé. Après avoir éteint toutes les lumières j’hésite un instant et finalement je m’installe sous les couvertures à côté d’elle, après tout ce n’est pas la première fois qu’on partage la même chambre et avant de m’envoler vers le pays des rêves, je la regarde une dernière fois.

 

 

 

 

Suite Princière, Hôtel Le Bellagio

Mardi 12 février 2002, 8H30

 

 

C’est Mac qui parle

 

Je m’étire doucement, et ouvre les yeux timidement car la lumière m’éblouie. Je me souviens ce que je fais dans cette suite et je lance un coup d’œil dans la pièce pour trouver un Harm pensif devant la porte-fenêtre de notre chambre, l’espace d’un instant je reste le regarder, il m’épate, même au réveil, il arrive à être incroyablement sexy, son tee-shirt laisse deviner les muscles de son dos et de ses bras, et son caleçon laisse apparaître ses longues jambes. Bon allez ma vieille, arrête de fantasmer.

 

« Hé Fliboy ! Bien dormi ?

 

- Très bien, et vous ?

 

- Bien, mais je regrette de ne pas avoir pris le temps de me déshabiller.

 

- Je n’ai pas osé vous réveiller, vous aviez l’air vraiment épuisé hier soir, dit-il en regardant à nouveau par la fenêtre. Webb a raison, la vue est vraiment magnifique. 

 

- Pas autant que la mienne ! Je n’arrive pas à croire que j’ai dit ça, ma parole a dépassé ma pensée. Heureusement, je ne l’ai pas dis fort.

 

- Pardon, vous disiez ?

 

- Oh ! Non, rien. Eh ! Si ça ne vous dérange pas je vais prendre ma douche la première, je crois que j’ai besoin d’une bonne douche froide pour me réveiller.

 

- Pas de problème allez-y, je vais commander le petit déjeuner et commencer à lire le dossier. »

 

 

 

 

 

Suite Princière, Hôtel Le Bellagio

Mardi 12 février 2002, 9H30

 

 

C’est Harm qui parle

 

Nous avons eu le temps de nous laver tous les deux et nous avons pris un petit déjeuner digne d ‘un dîner de réveillon ! En attendant l’arrivé de Webb nous faisons le point sur le dossier :

 

« Alors si j’ai bien tout retenu, je m’appelle Brian Cruise, j’ai 37 ans et je suis orphelin. A 17 ans, je revendais déjà de la drogue aux camés de mon quartier, maintenant mon action est internationale, et depuis peu, je me suis lancé dans la revente d’armes. Je suis réputé pour être assez violent mais jamais envers  les femmes. Et enfin, je suis à la tête d’une fortune colossale, ah ! Un dernier détail, Webb m’a quand même fait passer un brevet de pilotage.

 

- Quant à moi, je m’appelle Angel Willis, j’ai 34ans, ma mère est morte en accouchant et je n’ai jamais été reconnu par un père. J’ai donc vécu chez ma grand-mère qui est morte quand j’avais 16 ans. De là, je suis devenue danseuse dans des bars et j’étais accro à la drogue jusqu’à ce que je te rencontre.

 

- En ce qui concerne notre rencontre. Je t’ai défendu dans la rue alors que tu te faisais agresser puis-je t’ai aidé à te sortir de la drogue, et on ne s’est plus quitté, on travaille toujours ensemble et je t’emmène partout avec moi. Ca fait 6 ans que ça dure et on est marié depuis 2 ans.

 

- C’est ça, je crois qu’on est au point. »

 

Soudain on frappe à la porte, je vais ouvrir et y trouve Webb.

 

« Bonjour Rabb, bien dormi ? dit Webb en entrant.

 

- Très bien merci, mais combien vous coûte cette suite ?

 

- Bonjour Clay, dit Mac, alors combien vous coûte une nuit dans ce palace ?

 

- Bonjour Sarah, ne vous en faites pas vous n’avez pas ruiné la CIA en une nuit, disons que le directeur doit une faveur à l’agence. Bon vous avez étudié vos dossiers ?

 

- Oui, c’est bon, on a appris notre leçon, dit Mac.

 

- Et comment compté vous nous infiltrer, Webb ?

 

- Ca Rabb, c’est l’affaire de mes indiques, ils vont lancer l’info que vous cherchez à acheter des armes et on va attendre que la nouvelle arrive jusqu’aux principaux intéressés et qu’ils vous contactent.

 

- Et je peux savoir pourquoi vous n’avez pas pris de vrais agents pour cette mission ?

 

- Le secrétaire d’Etat a insisté pour que des hommes à vous soient dans le coup pour tout ce qui est juridique et nous, nous avions besoin de personnes connaissant bien l’armée en générale, en faite, je crois que vous êtes fait pour cette mission.

 

- Oh ! Mais ça paraît évident, répond Mac sur un ton ironique.

 

- Ecoutez, si nous avions pu éviter de vous impliquer là-dedans, nous l’aurions fait. En effet nous avons arrêté un groupe de terroristes qui était soupçonné d’avoir acheté des armes avec ces mêmes trafiquants, mais ils ont refusé de dénoncer qui que ce soit, si on ne les arrête pas maintenant, ces armes risquent d’arriver dans les mains de personnes dangereuses, nous avons besoin de vous.

 

- Et vous êtes sûr qu’ils vont nous contacter ? demande Mac.

 

- J’en suis certain, tout simplement parce que vous avez la réputation de payer cash.

 

- Et comment va-t-on leur faire croire qu’on est plein aux as ? demande Mac

 

- Disons que je vais vous donner les moyens d’être  riche le temps d’une mission.

 

- Développez, dis-je.

 

- Vous et Mac, vous allez passer la journée à faire du shopping. Miguel, vous attend dans une voiture en bas, il va vous conduire dans un grand magasin de style de la ville, là-bas, vous serez relooké comme de vrais milliardaires et après tout ça vous aurez droit a un petit bonus.

 

- Un petit bonus hein ! Et quel genre de bonus ? demande Mac intéressée.

 

- Vous verrez, Miguel sait où vous emmener. Bon je dois y aller, je repasserai ce soir pour faire le point avec vous sur votre mission, profitez bien de votre journée. »

 

 

 

 

 

 

Magasin The French style

Mardi 12 février 2002, 15H00

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

Harm et moi sommes dans ce magasin depuis ce matin et j’en n’en peux plus, heureusement, nous avons quand même fait une pose pour manger.

Dès qu’on est entré, des vendeuses sont venues nous voir, apparemment Webb les avait prévenus de notre visite et le magasin nous était entièrement réservé.

Tout d’abord elles se sont occupées de Harm, d’un peu trop près à mon goût d’ailleurs, oh là Mac, voilà que tu deviens possessive ! Elles lui ont choisi plusieurs tenues, toutes dans le même style, pantalon et veste assez sombres, une chemise moulante entre-ouverte et des chaussures assorties à chaque pantalon. Par moments je dois avouer que si je n’avais pas étais assise, je crois que je serais tombée, surtout quand elles lui ont fait essayer la tenue qu’il porte maintenant, un pantalon de costume noir avec les chaussures assorties, une chemise bordeaux moulante au point de laisser deviner tous les contours de ses muscles et enfin une veste en cuir.

Je ne comprends pas ce qui m’arrive, c’est vrai je travaille avec Harm depuis bientôt 7ans et je l’ai déjà vu habillé dans des tenues qui lui allaient comme un gant, son uniforme de cérémonie par exemple, mais là ça dépasse l’entendement, j’en ai presque honte mais il faut que je l’avoue, cet homme est un Dieu et il me rend dingue.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Je suis avec Mac dans ce magasin depuis des heures, en temps normal je détesterais ça, mais aujourd’hui j’adore ça, pas parce que j’ai eu droit d’essayer près de 15 costumes en deux heures ce matin, ça je m’en serais bien passé ! Non j’adore ça car depuis plus d’une heure maintenant, c’est au tour de Mac d’essayer différentes tenues, qui sont toutes je dois l’avouer plus sexy les unes que les autres. C’est vrai que j’ai toujours considéré Mac comme un très belle femme, mais d’habitude je la vois en uniforme mais là ! Il faut dire que les vendeuses sont très douées, parce que toutes les tenues qu’elles ont choisies pour Mac lui vont à merveilles. D’abord, il y a eu les pantalons de cuir moulants à souhaits assortis avec des hauts sexy tout aussi moulants et mais maintenant, c’est le mieux, la tenue que Mac a choisie de porter est à couper le souffle, elle porte une robe noire très moulante s’arrêtant au-dessus des genoux et qui laisse deviner un magnifique décolleté, le tout tenu seulement à l’aide de deux fines bretelles et accompagnée d’une paire de bottes noires.

J’ai toujours refusé de me l’avouer mais aujourd’hui en la regardant là devant moi je me rends bien compte que ça fait longtemps que ce n’est plus Diane, ou ma partenaire, ou même ma meilleure amie que je vois en la regardant, non je vois Sarah, la femme qui hante mes nuits, qui a donné un sens à ma vie, la seule qui ne m’ait jamais comprise ! Je vois… ma raison de vivre. Cette fois j’en suis sûr, c’est évident, je suis amoureux de Sarah Mackenzie et je jure que dès que cette affaire sera finie, je le lui dirai.

 

Les essayages de vêtement étant finis, nous nous dirigeons vers le coin joaillerie de la boutique, en effet Webb a tout prévu car des bijoux ont été réservés pour Mac. Le joaillier lui accroche d’abord un splendide collier autour du cou, puis les boucles d’oreilles et le bracelet assortis. Je n’y connais rien en bijoux, mais là je dois dire que ce sont de très belles pièces, elles sont en or et ornées par ce qui ressemble à des diamants. Mac est vraiment resplendissante.

Cela étant fait le joaillier sort devant nous deux écrins, le premier est pour Mac, c’est une bague de fiançailles magnifique dans le même genre que le collier et qui à mon avis doit coûter une petite fortune. Le deuxième écrin contient deux alliances, et après nous les avoir données le joaillier nous laissent seuls pour qu’on est plus d’intimité.

 

« Je crois que ma mère serait folle si elle me voyait faire ça sans qu’elle ne soit présente, mais c’est pas grave, je me lance, dis-je en prenant la première alliance.

 

- Harm, vous n’avez pas besoin de faire ça, c’est juste pour le temps d’une mission, dit Mac.

 

- Je sais, mais j’ai envie de faire ça bien. Alors Angel Willis, acceptez-vous de devenir ma femme ?

 

- Oui, et vous Brian Cruise, accepter de devenir mon mari ?

 

- Oui, je le veux, dis-je. »

 

 Un long silence s’installe quand nous avons passé les alliances et sans vraiment réfléchir, je me penche en avant et l’embrasse doucement sur les lèvres, mais à peine me suis-je écarté d’elle que Miguel vient nous chercher. 

 

« Excusez-moi, monsieur, madame, mais M. Webb m’a demandé de vous emmener quelque part encore avant que vous ne retourniez à l’hôtel, il m’a dit qu’il y avait un bonus pour vous.

 

- Ah oui ! Cette histoire de bonus, nous arrivons Miguel. »

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

Nous sommes dans la voiture et Miguel nous conduit je ne sais trop où pour la surprise de Webb. Harm et moi n’avons échangé aucun mot depuis le baiser de tout à l’heure et j’avoue que je ne sais pas vraiment ce que je pourrais dire, c’est vrai, pourquoi a-t-il fait ça? Je veux dire, d’abord le baiser sur la joue, puis là, c’était tellement doux et timide qu’on aurait dit qu’il me demandait la permission de continuer. D’ailleurs je crois que si ça avait été le cas, je la lui aurais donné. Et ce regard qu’il ma lancé en me demandant si je voulais l’épouser, enfin je sais que ce n’était pas moi directement qu’il demandait en mariage, mais il paraissait si sérieux ! Je crois que je comprends enfin pourquoi il me fait tant d’effet quand il m’appelle Sarah, quand il me touche ou juste quand il me sourit, je sais maintenant pourquoi ça a autant d’impact sur moi, je suis amoureuse de lui ! Oui, j’en suis sûre, j’aime Harmon Rabb junior, mais les vraies questions sont, que signifie ces baisers pour lui ? Et est-ce que lui il m’aime ?  Je n’en sais rien pour le moment mais je jure qu’à la fin de cette enquête je ferai tout pour le découvrir.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Depuis que nous sommes dans cette voiture personne n’a dit un mot ! Mais pourquoi est-ce que je l’ai embrassé ? C’est vrai que je l’aime, mais que va-t-elle penser de ce geste, c’est aussi vrai que j’ai aimé l’embrasser comme à chaque fois que je l’ai fait d’ailleurs, mais il faut que je me concentre sur notre mission. Mais après je lui parlerai.

Enfin la voiture s’arrête et en regardant par la fenêtre je regarde l’enseigne du magasin devant lequel on se trouve, il s’agit d’un magasin de voiture de sport.

 

« Je vous laisse ici, nous dit Miguel

 

- Je n’en reviens pas, Clay a vraiment pensé à tout ! dit Mac en sortant.

 

- Ouai, là il m’épate ! »

 

Nous entrons dans le magasin, quand un vendeur vient nous voir.

 

« Je suppose que vous êtes monsieur et madame Cruise, nous dit-il.

 

- Oui, c’est ça, nous sommes des amis de M. Webb.

 

- Je sais, il m’a prévenu de votre visite, venez, je vais vous faire visiter notre site d’exposition derrière le magasin.

 

- Je crois que je vais aimer cette visite, me dit Mac. »

 

Après près d’une heure d’essayages et de débats entre Mac et moi pour choisir entre, l’Aston Matin, la Ferrari, la Lamborghini, ou encore la BMW, nous avons opté pour une magnifique Porsche 911 noire.

 

 

 

 

Suite Princière, Hôtel Le Bellagio

Mardi 12 février 2002 18H30  

 

 

C’est Mac qui parle

 

Je m’effondre sur le lit et Harm fait de même à côté de moi.

 

« Je n’en peux plus, dis-je dans un soupir.

 

- Ne m’en parlez pas, j’ai l’impression d’avoir couru un marathon. »

 

Soudain on frappe à la porte et je vais ouvrir pour y trouver Webb chargé comme une mule ainsi que Miguel qui le suit.

 

« Webb, mais qu’est-ce que c’est que tous ces sacs ? dit Harm

 

- Ce sont vos nouvelles gardes robes et quelques accessoires supplémentaires, je ne vous avais pas dit d’embarquer tout le magasin ! dit-il d’un ton exaspéré.

 

- Justement, qui paie tout ça, c’est encore le patron du magasin qui doit une faveur à la compagnie ? dis-je.

 

- Non, cette fois-ci c’est à moi qu’il doit une faveur, et je vous préviens n’abîmez ni les vêtements, ni les bijoux et encore moins la voiture, car à la fin de la mission ils retournent en magasin !

 

- J’aurais bien gardé la voiture ! dit Harm.

 

- Ne rigolez pas avec ça, cette voiture vaut une vraie fortune et je m’imagine mal à la fin de la mission expliquer des frais de réparation à mes patrons !

 

- Ne vous en faites pas Webb il l’a bichonnera, mais c’est quoi ces accessoires supplémentaires ?

 

- On y vient, tout d’abord, il y a un téléphone portable, Harm, c’est vous qui le garderez, dit-il en le lui tendant, il est impossible pour quiconque d’interceptait une conversation téléphonique émise par ce portable, cependant, un mouchard y est intégré de façon à ce je puisse vous suivre. C’est aussi sur ce même portable que les trafiquants vous contacteront. Pour vous Mac, on s’est creusé la cervelle pour trouver où planquer un mouchard et nous avons finalement trouvé, tenez. »

 

Clay me tend un petit écrin et en l’ouvrant je n’arrive pas à y croire.

 

« Vous voulez que je mette ce mouchard dans mon nombril ?

 

- Oui Mac, c’est un piercing comme un autre, cependant ne le mettait pas dans l’eau !

 

- Je n’en reviens pas, vous avez vraiment l’esprit tordu hein ! pendant que je dis ça je vois Harm qui rigole. Et vous trouvez ça drôle vous ?

 

- Avouez que c’est plutôt bien trouvé, me lance Harm.

 

- Bon passons, je n’ai pas beaucoup de temps, dit Webb, j’ai aussi deux 9mm, un pour chacun, mais vous êtes censé les utiliser qu’en dernier recours.

 

- En gros on a droit de les utiliser que si on nous a tirés dessus avant ? grogne Harm.

 

- En quelques sortes oui. Bon je dois y aller. Je ne reviendrai plus vous voir, maintenant vous êtes seuls, bien sûr je vous surveille mais il n’y a que moi qui pourrais vous joindre, vous, vous êtes maintenant coupé du monde extérieur, prenez cette carte de crédit et ce dossier, dit-il en nous les tendant, la carte vous servira pour payer tous vos frais, mes n’abusez pas, dans le dossier vous trouverez le code de votre carte bancaire, pas mal de liquide, ainsi que tous les documents concernant les personnes soupçonnées de faire parti de ce trafic et vous pourrez ainsi les identifier quand vous les verrez, surtout ne prenez pas de risques inutiles. Au fait Rabb tirez votre bague d’Annapolis, maintenant vous avez juste besoin de votre alliance. Allez à bientôt et bonne chance.

 

- Merci Clay, à bientôt, dit Harm.

 

- A bientôt, et n’oubliez pas, dès qu’ils vous auront contacté, vous serez Brian et Angel Cruise, il ne serait pas étonnant qu’ils vous fassent surveiller. Vous devrez leur faire croire que vous êtes tout l’un pour l’autre, alors même quand vous serez seuls ne prenez jamais le risque de foutre en l’air votre couverture, ne prononcez jamais vos vrais noms, ne parler jamais de votre passé commun, de vos amis ou encore du JAG.

 

- Merci Clay, nous ferons attention. »

 

Une fois Webb sortit, Harm me demande :

 

« Bon, que fait-on ce soir ?

 

- Si personne ne nous contact, je propose qu’on aille faire un tour en ville.

 

- Oui, juste histoire de flamber un peu d’argent et de faire ronfler le moteur de notre petite Porsche ! me répond Harm.

 

- C’est Clay qui serait ravi de vous entendre ! dis-je rigolant.

 

- Ouai, bon je vais prendre une douche, a votre avis, je mets lequel des costumes ? Enfin, pour aller plus vite, donnez-moi un numéro entre 1 et 15.

 

- Hum… le 11. Pendant que vous prenez votre douche, je vais lire les dossiers sur nos futurs fournisseurs. »

 

 

Pendant que Harm et dans la salle de bain, je découvre les noms des suspects, il y a le sergent Davies instructeur au tir, le Major Riggs responsable des stocks, le Colonel Ross spécialiste des explosifs et plus intéressant maintenant, le commandant de la base, le Général Farrell qui est un ancien commando de Marines. C’est étonnant de voir comme des hommes aux états de services impeccables peuvent mouiller dans des histoires pareilles juste pour de l’argent.

Soudain, le téléphone portable que Webb nous a donné sonne, et je vois Harm sortir de la salle de bain en courant seulement vêtu d’un pantalon de costar noir.

 

 

C’est Harm qui parle

 

J’entends le téléphone sonner et je sors en courant de la salle de bain sans même prendre le temps de mettre ma chemise. Mac est allongée sur le lit, je me tourne vers elle le téléphone dans la main et souffle une dernière fois avant de décrocher.

 

«  Cruise, j’écoute.

 

- J’ai appris que vous cherchiez un fournisseur, dit une voix grave dans le téléphone.

 

- Je peux savoir à qui j’ai honneur.

 

- Ce n’est pas nécessaire pour l’instant, si vous êtes vraiment intéressé par les armes retrouvez-moi au bar The Devil, ce soir à 22H00.

 

- J’y serais, dis-je avant de raccrocher. »

 

Je repose le téléphone et m’approche de Mac qui me regarde incrédule. Je lui tends ma main et l’aide à se relever, puis, je la fais tourner sur elle-même avant de lui dire :

 

«  Ma chère femme, je te sors en ville ce soir !

 

- Oh Brian, je m’en réjouie à l’avance ! me répond-elle un sourire sur les lèvres et nous éclatons de rire tous les deux. »

 

Je retourne dans la salle de bain finir de me changer heureux que Mac et moi ayons retrouvé notre complicité.

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

C’est fou l’effet que me fait cet homme, quand il m’a fait tourner et m’a lancé son fameux sourire de pilote, je crois que s'il ne me tenait pas je serais tombé tellement il est beau. Pendant qu’il répondait au téléphone je ne pouvais m’empêcher de regarder son torse parfait, toujours un peu humide et… il faut que je m’arrête, je dois me concentrer sur notre mission et je lui parlerai dès qu’on rentrera. Une chose est sûr, s’il me jette encore une fois comme il l’a fait sur ce ferry à Sidney, je demande ma mutation, je ne pourrais plus travailler avec lui.

Le voilà qui sort de la salle de bain, je crois que j’ai choisi le bon costume, il le porte à merveilles. C’est un costume classique noir, assorti avec une chemise moulante bleu nuit qui fait ressortir ses yeux, et comme il n’a pas encore mis la veste, les manches courtes de la chemise font apparaître ses magnifiques biceps. Allez Sarah, arrête de le regarder, il va finir par se douter de quelque chose.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Sarah est partie après moi dans la salle de bain, ça doit bien faire trois quarts d’heure qu’elle y est car j’ai eu le temps de lire tout le dossier que Webb nous a donné. Enfin elle sort, elle est incroyablement sexy, elle porte un pantalon en cuir taille basse très moulant associé à un dos nu tout aussi moulant qui laisse apparaître son piercing au nombril. Je crois que je vais adorer cette mission !

 

« Oh chérie, tu as mis un nouveau piercing ! dis-je avec un grand sourire.

 

- Oui, je l’ai acheté aujourd’hui rien que pour toi mon amour, me répond-elle avec elle aussi un sourire sur les lèvres.

 

- Que dirais-tu d’aller manger avant notre rendez-vous ?

 

- Très bonne idée, je meurs de fin. »

 

 

Bar The Devil, Guantanamo

Mardi 12 février 2002, 22H00

 

 

C’est Mac qui parle

 

Après nous être renseigné auprès du réceptionniste de l’hôtel, nous sommes allés manger dans le meilleur restaurant de la ville, et j’avoue que je suis plutôt gênée que tout le monde ait posé son regard sur moi, il faut dire que je n’avais pas vraiment la tenue adéquate  pour ce genre de restaurant.

Nous sommes maintenant devant le bar où on a donné rendez-vous à Harm et je dois dire qu’ici aussi on a droit à des regards, en effet Harm a pris un malin plaisir à faire ronfler le moteur de la Porsche en arrivant devant l’entré de l’établissement.

Nous entrons maintenant après avoir été fouillés, Harm doit laissé son arme à l’entrée, moi je n’ai pas pris la mienne car je ne sais pas où j’aurais pu la cacher. A l’intérieur j’avance seule pendant que Harm suit le videur pour voir où son arme va être gardée, j’ai toujours cette sensation d’être regardée sous toutes les coutures et pour calmer les ardeurs de certains hommes qui commence à siffler Harm arrive derrière moi et passe son bras autour de ma taille.

 

« Ca va ? me demande-t-il doucement

 

- Oui, merci d’être venu !

 

- Mais c’est normal mon ange, murmure-t-il en m’embrassant les cheveux. »

 

Nous nous dirigeons vers un barman et Harm lui dit.

 

« Je suis M. Cruise et quelqu’un m’a donné rendez-vous ici.

 

- Oui on m’a prévenu que vous viendriez, suivez-moi. »

 

Nous le suivons donc vers une porte au fond du bar, il l’ouvre, nous fait rentrer et referme la porte en partant. On dirait que c’est un genre de salle privée pour les meilleurs clients, elle est cependant plus petite que la salle principale, il y a un bar avec des filles qui dansent dessus, un billard, et des canapés qui entourent des tables dans les coins.

Un homme assis à un de ces canapés nous fait signe de nous approchés. Nous avançons donc et je sens le bras de Harm se resserrer au fur et à mesure que nous approchons de l’homme, je le reconnais, sa photo était dans le dossier, il s’agit du Major Riggs, et à ses côtés se trouve le sergent instructeur Davies. Nous arrivons à leur hauteur quand ils se lèvent tous les deux pour nous saluer.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

« Monsieur Cruise, content de vous rencontrer ! dit le premier homme debout devant moi, je reconnais sa voix, c’est lui qui m’a appelé et j’ai vu sa photo dans le dossier, il s’agit du Major Riggs.

 

- Je peux savoir à qui j’ai affaire ? dis-je

 

- Je me présente, Riggs et voici mon associé Davies. Et je peux savoir qui est la belle poule avec vous.

 

- Je ne suis pas une poule, je suis sa femme ! répond Mac avec un air dur dans la voix.

 

- Oh ! Toutes mes excuses Madame, dit Riggs en embrassant sa main, mais je vous en pris asseyez-vous. »

 

Sur ces dernières paroles nous nous installons sur le canapé et Mac se colle bien à moi pendant qu’ils s’installent en face de nous. Davies fait signe à une des danseuses de venir, quand elle arrive à côté de lui il lui murmure quelque chose à l’oreille et elle repart. Alors il me demande :

 

« Il paraît qu’on pourrait faire des affaires ensemble.

 

- Cela dépend de ce que vous avez à nous proposer, dis-je.

 

- Dites nous ce que vous voulez, nous pouvons tout vous avoir, répond Riggs. 

 

- Pour commencer pourquoi pas des M16 ?

 

- M16, hein, ouai je  crois que c’est possible, qu’en penses-tu Davies ? demande Riggs à ce dernier.

 

- Aucun problème, disons qu’on commence par 300 armes, ça vous va ?

 

- Très bien et puis-je savoir combien vous vendez ça ?

 

- Disons que normalement ça serait 120 000 dollars, mais comme je trouve votre femme très séduisante,  ce sera 100 000 dollars, dit Riggs en faisant un clin d’œil à Mac.

 

- 100 000, ça me va, dis-je en embrassant Mac dans le cou pour calmer les envies de ce porc.

 

 Soudain la danseuse revient avec des verres et une bouteille de champagne sur un plateau.

 

« Chérie sert-nous une coupe à chacun pour célébrer notre affaire, dit Davies à la fille.»

 

Soudain je pense à Mac, je dois trouver un moyen pour qu’elle n’ait pas besoin de boire, mais elle me devance.

 

« Non-merci, je n’ai pas soif, dit-elle.

 

- Allons juste une petite coupe pour fêter notre arrangement, dit Riggs en donnant une coupe à Mac.

 

- Elle a dit non, dis-je sèchement, je crois d’ailleurs un peu trop, car Mac me donne un coup de pied sous la table.

 

- Calme-toi mon amour, me dit Mac en me caressant la tempe. Nous attendons un heureux événement et je ne voudrais pas prendre de risque.

 

- Oh ! Toutes mes félicitations, ça fait combien de temps ? demande Riggs

 

- 6 semaines répond Mac presque du tac au tac.

 

- Oh ! Vous savez, ma femme et moi avons un enfant en parfaite santé et elle a pu boire de l’alcool pendant toute sa  grossesse, sans abuser bien sûr. Alors je pense que vous pouvez vous permettre de prendre une petite coupe de champagne, dit Davies.

 

- Il ne vaut mieux pas. Angie a déjà fait 2 fausses couches et cette fois-ci nous ne voulons pas prendre de risques, dis-je en embrassant à nouveau les cheveux de Mac pendant qu’elle pose sa main sur ma cuisse. Sur ce coup-là, je m’épate, j’ai sorti presque instantanément le coup des fausses couches et je pense que maintenant ils n’insisteront plus pour qu’elle prenne de l’alcool.

 

- Bon, si vous pensez que c’est mieux pour le bébé, alors soit, nous trinquerons sans vous beauté, dit Riggs en levant son verre. »

 

 

 

 

Suite Princière, Hôtel Le Bellagio

Mardi 12 février 23H30

 

C’est Mac qui parle

 

Après que Riggs ait dit à Harm qu’il lui téléphonerait demain pour nous fixer un rendez-vous pour l’échange, nous avons pris congé et sommes rentré à l’hôtel.

 

« Ouf ! Il était temps que ça se termine, dis-je en m’asseyant sur lit.

 

- Ouai, ce gros porc de Riggs commençait à me fatiguer à mater ma femme comme un gamin devant une glace, réplique Harm en s’asseyant à côté de moi.

 

- Brian, mon chéri, tu serais jaloux ? dis-je avec un grand sourire.

 

- Très, mais il y a de quoi, tu as vu comment tous les hommes qu’on a croisés ce soir ton regardé ? Enfin d’un côté je ne peux pas leur en vouloir, tu es magnifique, me répond Harm avec un grand sourire. »

 

Il a dit cette dernière phrase en me regardant d’une façon que je n’avais encore jamais vue chez lui, je suis même prête à parier que cette lueur dans ses yeux était du désir.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Cette femme est tellement belle, toute la soirée elle s’est fait relooker de haut en bas par tous les hommes qu’on a croisés et je dois dire que je suis assez fier d’être celui qui l’a accompagné, même si c’était juste le temps d’une mission.

Soudain je repense à cette histoire de fausses couches et ça me fait penser que je ne sais pas comment Mac a réagi à ce forcing de la part de Riggs et de Davies pour qu’elle boive.

 

« Au fait Mac je suis désolé qu’ils aient tant insisté pour que vous buviez, dis-je d’un air timide.

 

- Il n’y a pas de mal Harm, ce n’est en rien votre faute et en plus je dois vous remercier de m’avoir soutenu.

 

- C’est normal, nous faisons équipe.

 

- Et puis après tout, ce n’est pas si invraisemblable le coup du bébé, nous sommes censés en avoir un dans deux ans, vous vous rappelez ? dit-elle avec un sourire.

 

- Bien sûr que je m’en rappelle, et je n’ai pas l’intention de l’oublier. »

 

L’espace d’un instant un silence s’installe entre nous et je n’arrive pas à détacher mes yeux de ceux de Mac, nous nous rapprochons dangereusement et doucement nos lèvres se touchent et cette douce caresse devient vite un baiser plein de passion qui ne s’arrête que quand Mac pose une main sur ma joue et me dit :

 

« Harm, la mission ?

 

- Je sais Sarah et Dieu sait que je donnerai tout pour ne pas être en mission en ce moment.

 

- Harm, promettez-moi qu’on parlera de nous à la fin de cette affaire.

 

- Vous avez ma parole Sarah. »

 

Un nouveau silence s’installe et c’est Mac qui se décide à parler la première :

 

« Bon maintenons nous ne devons plus nous vouvoyer où utiliser nos vrais noms, ça pourrait nous jouer des tours.

 

- Oui, tu as raison. »

 

Je regrette de ne pas avoir été plus loin, mais pour être efficaces dans notre mission, c’est la seule solution. De toutes façons, je sais maintenant qu’à la fin de cette mission, nous pourrons tous les deux essayer de nous donner une chance, et je ferai tout pour ne pas la gâcher. Sur-ce, je me lève et pars me changer dans la salle de bain.

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

Je vais sûrement regretter de ne pas avoir été plus loin alors que mon cœur le voulait, mais ma raison a pris le dessus et heureusement, car ça aurait eu une trop grande implication sur notre mission, en tous cas, je sais que quand tout ça sera terminé, Harm et moi nous parlerons, je le sais parce qu’il me l’a promis et à ce moment là je sais qu’on aura le courage de nous donner une dernière chance.

 

Une fois qu’il a fini de se changer, je vais faire de même, puis j’éteins toutes les lumières, et enfin je rentre dans le lit où sa chaleur est déjà présente. Doucement, il se rapproche de moi dans le noir et m’entoure de ses bras, je pose ma tête contre sa poitrine, et m’endors doucement bercer par les battements de son cœur. Pour finir, il dépose un léger baiser sur mon front et même si pour lui c’est beaucoup plus simple que de dire trois mots, je sais que ce baiser à la même valeur à ses yeux, il veut tout simplement me dire ; Je t’aime

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Timidement elle rentre dans le lit et, comme si c’était instinctif je me rapproche d’elle et la prends dans mes bras, elle pose sa tête sur ma poitrine et tendrement je l’embrasse sur le front alors qu’elle s’endort. Elle sait que je ne suis pas très habile avec ce genre de mots parce qu’ils ont une signification très importante à mes yeux, mais je suis sûr qu’elle comprend ce que je veux lui dire par ce baiser, et un jour prochain, quand cette affaire sera terminée et qu’on enfin aura réussi à avoir une conversation censée à propos de notre relation, alors là, je jure que je trouverai le courage de lui dire ces mots. Je lui dirai, Je t’aime.

 

 

 

 

 

Suite Princière, Hôtel Le Bellagio

Mercredi 13 février 2002, 10H00

 

 

C’est Mac qui parle

 

Soudain, je suis réveillée par une sonnerie, c’est le téléphone de Harm. Il se réveille surpris par la sonnerie du potable et je me sors de l’emprise de ses bras pour le laisser sortir du lit et aller répondre.

 

« Cruise, dit-il d’une voix endormie, un hangar sur la route 57, à 22H00, on y sera. »

 

Je le vois reposer le téléphone et se tourner vers moi.

 

« Mon amour, bien dormi ? demande-t-il avec un sourire, amusé par la tête endormie qu’il a devant lui.

 

- Très bien, et toi mon lapin ?

 

- Comme un bébé ! On a rendez-vous avec eux ce soir pour faire l’échange.

 

- J’ai entendu, et que fait-on aujourd’hui ?

 

- Aucune idée, ça te dit de visiter la ville ?

 

- Pourquoi pas ? »

 

 

Soudain le téléphone sonne à nouveau et Harm décroche une nouvelle fois.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Je suis en train de planifier ma journée avec Mac quand le téléphone sonne de nouveau et je décroche.

 

« Cruise, j’écoute

 

- Ne dites pas mon nom Rabb, faites comme si j’étais votre banquier, me dit Webb d’une voix stressée à l’autre bout du fil.

 

- John, justement je comptais vous appelez, j’ai besoin de faire une petite opération sur mon compte, dis-je.

 

- Oui continuez comme ça, vous devez savoir qu’il y a des hommes devant l’hôtel planqués dans une voiture depuis ce matin et ils ont l’air d’être assez bien équipé, je crois qu’ils vous espionnent, ils doivent à coup sûr entendre tout ce que vous dites, explique-t-il plus calmement.

 

- Oui, je vois ce que vous voulez dire, écoutez, si vous jugez utile d’ouvrir un autre compte pour que ce soit plus rentable alors faites-le, mais j’ai besoin de 100 000 dollars en liquide pour ce soir.

 

- Pas de problème, venait à la banque qui se trouve en face de l’hôtel dans une heure et réclamez un colis au nom de Cruise, on vous donnera une mallette. Quand vous partirez avec Mac pour aller au rendez-vous ce soir, Miguel vous suivra avec un camion, vous le ferez passer pour votre homme de mains et il chargera les armes dans le camion pour les emmener dans un entrepôt à nous.

 

- Oh ! Vous savez John je vous aime bien, mais la dernière fois que vous m’avez fait acheter des actions ça a faillit me coûter très cher, dis-je essayant de raconter quelque chose de censé pour ne pas éveiller les soupçons auprès des personnes qui nous surveillent.

 

- Rabb, est-ce que vous pensez qu’on peut tous les coincer ce soir où il faut attendre, me demande Clay.

 

- Je veux bien croire que vous êtes là pour me faire gagner de l’argent mais aujourd’hui je n’ai pas envie d’acheter ces actions pour avoir très peu de chance de gagner gros, je crois qu’il faut attendre qu’il y ait plus d’actions à acheter sur le marché.

 

- D’accord Rabb, si j’ai bien compris, vous pensez que la prochaine fois si vous achetez plus d’armes il y aura plus de chance qu’ils soient tous présents pour la transaction.

 

- Très bien John, je vois que vous comprenez de quoi je veux parler, donc je passe tout à l’heure pour effectuer mon retrait et pour cette histoire d’actions on verra plus tard. Mes amitiés à madame, au revoir. »

 

 

Je raccroche et me tourne vers Mac qui a l’air perplexe, mais je pense cependant qu’elle a compris que je parlais avec Webb.

 

« Chérie, ça te dit qu’on prenne une douche ensemble, dis-je en lui faisant un clin d’œil.

 

- Hum… pourquoi pas, me répond-elle d’un air coquin. »

 

Une fois dans la salle de bain je mets l’eau à couler et je résume à Mac d’une voix juste assez forte pour qu’elle m’entende ce que Clay m’a dit.

 

 

 

 

Hangar sur la route 57, Guantanamo

Mercredi 13 février 2002, 22H00

 

 

C’est Mac qui parle

 

Harm et moi arrivons devant le hangar du rendez-vous, apparemment il y a déjà du monde à l’intérieur car il y a de la lumière. Nous sortons de la voiture, c’est Harm qui a la mallette, nous l’avions laissée dans le coffre de l’hôtel après l’avoir récupéré à la banque et nous étions partis nous prenez en ville le reste de la journée. Maintenant Miguel arrive avec le camion et le gare en marche arrière devant l’entrée du hangar. Nous entrons tous les trois dans l’entrepôt et je me rends compte que Harm a bien fait de dire à Webb de ne pas agir aujourd’hui, car seuls Davies et Riggs sont présents.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Nous avançons lentement vers Davies et Riggs qui n’ont d’yeux que pour Sarah, il faut dire qu’elle a mis une robe très moulante et très courte. C’est Riggs qui commence la conversation :

 

« On peut savoir qui c’est, demande-t-il en désignant Miguel.

 

 - Ne vous inquiété Miguel travaille pour moi depuis longtemps, c’est lui qui va convoyer les armes pour moi.

 

- Ces armes ne seront à vous que si vous nous les achetez, dit Davies sur un ton mystérieux.

 

- Oseriez vous dire que mon mari n’a pas de parole, dit Mac qui se serre un peu plus à moi.

 

- Non, jamais je n’ai pensé ça, s’excuse Riggs.

 

- J’espère bien, dis-je d’un ton froid en lui tendant la mallette.

 

- Je suppose que le compte y est, demande Davies en ouvrant la mallette.

 

- Vous pouvez vérifier.

 

- Non je vous fais confiance, les armes sont dans ces caisses, votre homme peut les charger, dit Riggs en nous montrant les caisses entre-ouvertes derrière lui.

 

- Très bien, vas-y Miguel, dis-je en lui donnant une tape sur l’épaule.

 

- Chéri, tu ne leur parle pas notre prochaine commande, suggère Mac en me caressant la tempe d’un doigt.

 

- Oh mais si ! Dites-nous ce que vous voulez, j’aime faire affaire avec vous, dit Riggs.

 

- Je voudrais dix missiles sol-air.

 

- Waou, des missiles carrément, dit étonné Davies.

 

- Quoi, c’est trop gros pour vous ?

 

- Non bien sûr que non, mais il va falloir… bégaye Riggs.

 

- Il va falloir que nous en parlions à nos patrons, explique Davies.

 

- A vos patrons ? vous ne travaillez pas pour vous ? demande Mac d’un air étonné.

 

- Disons qu’on est associé avec deux autres hommes.

 

- Et vous pensez qu’ils vont pouvoir nous fournir ces missiles ? dis-je

 

- Je pense qu’il n’y aura pas de problème tant que vous y mettez le prix, explique Riggs.

 

- Je mettrai le prix qu’il faut, bon maintenant que Miguel a fini de chargé le camion nous allons y aller, vous savez comment me joindre, alors prévenez-moi dès que vous êtes disposé à marchander, mais dépêchez-vous, je pourrais perdre patience et aller voir ailleurs. »

 

 

 

 

 

Suite Princière, Hôtel Le Bellagio

Mercredi 13 février 2002, 23H30

 

 

C’est Mac qui parle

 

Une fois que la transaction fut finie, Harm et moi sommes rentrés directement à l’hôtel, car il y avait trop de risques que Miguel soit suivit jusqu’à l’entrepôt de la CIA si nous le suivions.

Harm sort de la salle de bain alors que moi je suis déjà couchée, les lumières de la chambre sont éteintes et en l’entendant s’approcher du lit je ne peux m’empêcher de repenser au baiser que nous avons échangé hier, c’est vrai que ce n’est pas la première fois que je goûtais à ses lèvres, mais cette fois-ci c’était plus fort que tout ce que je n’ai jamais ressenti.

Je fais mine de dormir pour voir ce qu’il va faire et à mon grand bonheur il s’allonge derrière moi et me prend de nouveau dans ses bras, c’est inexplicable cette sensation que je ressens à chaque fois qu’il le fait et pour lui faire signe que j’approuve, je prends une de ses mains et je l’embrasse tendrement, il ressert alors son étreinte et m’embrasse doucement les cheveux, je ne regrette qu’une chose à ce moment précis, c’est que nous soyons obligés d’être dans le noir pour profiter de cette complicité et je me dit qu’un jour, nous aurons tous les deux le courage de vivre cette complicité par des mots.

 

 

 

 

 

Suite Princière, Hôtel Le Bellagio

Jeudi 14 février 2002, 10H00

 

 

C’est Harm qui parle

 

J’ouvre doucement les yeux, la lumière qui passe à travers la porte-fenêtre de la chambre m’éblouie et il me faut quelques secondes pour ouvrir complètement les yeux. La première chose que je vois ressemble à un ange… c’est Mac, même endormie, elle est magnifique. Je la libère délicatement de mon étreinte et je l’entends pousser une sorte de grognement de plainte contre cette dernière action mais cela ne la réveille pas pour autant, il faut dire qu’elle semble assez fatigué ces derniers jours. Avant de sortir du lit je ne peux m’empêcher de l’embrasser sur la joue et de remettre en place une mèche de ses cheveux. Je me lève pour aller dans la salle de bain, quand en regardant ma montre, je m’aperçois qu’aujourd’hui on est le 14 février, autrement dit, c’est la Saint-Valentin, à cette pensée, une idée me vient à l’esprit, je me précipite vers le téléphone de la chambre en vérifiant bien que Sarah dort encore et j’appelle la réception pour y faire une commande et enfin, je me dirige vers la douche.

Quelques minutes plus tard, quelqu’un frappe à la porte et je vais ouvrir pour y trouver ma commande que j’apporte près du lit.

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

Je me réveille doucement et ne sentant plus les bras de Harm autour de moi, j’ouvre les yeux et jette un coup d‘œil dans toute la pièce, pour le voir finalement arriver de la porte d’entrée poussant un chariot recouvert d’un drap.

 

« Bonjour bien dormi ? me demande-t-il

 

- Oui, très bien merci, mais qu’est-ce que c’est ? dis-je en désignant le chariot.

 

- C’est pour toi mon amour, joyeuse Saint-Valentin, me dit Harm en soulevant le drap du chariot pour laisser apparaître un petit déjeuner copieux et un bouquets de roses rouges.

 

- Oh, Brian mon chéri, merci ! J’avais complètement oublié, dis-je en me levant pour l’embrasser sur la joue ne sachant pas vraiment si c’est pour jouer le jeu du mari amoureux ou alors juste pour moi qu’il l’a fait. Mais au fond de mon cœur je sais que j’aimerai que ce soit ma deuxième idée la bonne.

 

- Tu as vu, ici j’ai même réussi à trouver des roses à cette époque ! Enfin avec l’aide du réceptionniste mais, c’est quand même des roses, me dit-il avec un grand sourire pour me rappeler notre conversation à l’aéroport 3 jours plutôt. Il répond ainsi à ma précédente interrogation et me rassure en me faisant comprendre que les roses sont là  pour moi et non pour jouer le rôle du parfait petit mari aux yeux des hommes qui nous espionnent.

 

- J’ai vu et je n’oublierai pas de te remercier pour ça quand nous rentrerons à la maison après que tu es fini tes affaires ici, dis-je avec un sourire coquin sur les lèvres.

 

- Mais j’espère bien, et attend, ce n’est pas fini, j’ai encore une surprise pour toi. Que dirais-tu d’aller prendre l’air aujourd’hui, j’ai vu un aérodrome pas très loin de l’hôtel et je pense qu’on pourra y louer un avion pour la journée, car de toute façon, à mon avis la transaction pour les missiles n’aura pas lieu aujourd’hui ? me demande-t-il avec un grand sourire.

 

- Oh oui ça, ça me ferait plaisir, en plus j’ai gardé un magnifique souvenir de la dernière fois où tu m’as emmenée voler, dis-je d’un air un peu moqueur pour lui rappeler notre précédente escapade en Mig au-dessus de la Russie qui s’est soldée par une éjection. »

 

Sur cette dernière réplique je cours à la salle de bain sans lui laisser le temps de répondre quoique ce soit.

 

 

 

 

 

Quelque part au-dessus des eaux territoriales cubaines

Jeudi 14 février 2002, 12H30

 

 

C’est Harm qui parle

 

Après nous être habillé assez légers et avoir mangé notre petit déjeuner digne d’un roi, nous sommes partis pour l’aérodrome toujours suivis par ces hommes qui nous surveillent depuis quelques jours, sans doute d’ailleurs, sur les ordres de Riggs et Davies. Là-bas nous avons loué un jet et après avoir fait le plein, nous avons décollé et ainsi laissé derrière nous nos pistards pour le reste de la journée. J’ai refusé de dire à Mac où nous allions depuis que nous avons quitté l’hôtel, et elle commence à s’impatienter.

 

« Est-ce que vous allez vous décider à me dire ou nous allons maintenant Harm, ça fait maintenant presque une heure que nous volons.

 

- Je sais Mac, mais nous sommes presque arrivés, je vous assure.

 

- J’espère bien, parce que je commence à avoir faim, dit-elle d’un ton agacé.

 

- Déjà, mais on a mangé pour 20 ce matin !

 

- Oui, mais ça n’empêche que j’ai faim. Ne me dites pas que vous n’avez rien emmené pour ce midi, me demande-t-elle inquiète.

 

- Ne vous en faite pas, j’avais prévu que votre appétit de Marines se réveillerait avant ce soir et j’avais demandé au réceptionniste de nous préparer un panier de pique-nique, ainsi que des maillots pour l’après-midi, dis-je avec un sourire.

 

- Des maillots, Harm est-ce que vous allez enfin me dire où est-ce que vous m’emmenez ?

 

- Là, dis-je en lui montrant une piste d’atterrissages à travers le hublot. »

 

 

 

 

 

Petite île au sud-ouest des Bahamas

Jeudi 14 février 2002, 12H45

 

 

C’est Mac qui parle

 

Nous venons d’atterrir et en descendant de l’avion un homme d’une soixantaine d’années vient à notre rencontre, et apparemment il connaît Harm parce qu’il s’adresse à lui en disant avec un sourire :

 

« Harm, ça fait un bout de temps que je ne t’aie pas vu. Qu’est-ce que tu fabriques ici ?

 

- Doug, ça me fait plaisir de te revoir. Je suis venu passer la journée ici avec la magnifique jeune femme que tu peux voir là, dit Harm en me regardant.

 

- Enchanté de vous rencontrer, je suis Sarah, mais tout le monde m’appelle Mac.

 

- Moi de même, répond Doug en me serrant la main. Je suppose Harm que tu viens ici pour aller à la plage des amoureux.

 

- Euh… oui, répond Harm un peu gêné que son ami ait utilisé ce terme devant moi. 

 

- Ok, alors, prend la voiture rouge là-bas, tient voilà les clés, dit-il en les lui les tendant. Et passez une bonne journée. »

 

Nous nous dirigeons donc vers la voiture et je ne peux m’empêcher de me demander ce que Harm attend de cette journée. Je veux dire, « la plage des amoureux » c’est quand même expressif comme nom, est-ce qu’il m’amène ici juste pour qu’on arrête de penser boulot le temps d’une journée entre amis ? Ou est-ce qu’il a décidé de ne pas attendre la fin de l’enquête pour se dévoiler et nous donner une chance ? En tout cas, je crois que je suis plutôt pour la deuxième hypothèse, même si je sais que ça peut influencer sur notre affaire, je ne veux plus attendre, nous avons perdu trop de temps et ces derniers jours m’ont fait comprendre que c’est lui que je veux avoir à mes côtés pour le reste de ma vie.

 

 

 

 

 

Plage des amoureux

Jeudi 14 février 2002, 14H00

 

 

C’est Harm qui parle

 

Nous sommes seuls en train de pique-niquer sur la plage depuis près d’une heure déjà. Je suis content qu’on soit venu car l’ambiance entre Mac et moi et bonne enfant et au moins, le temps d’une journée, on est plus obligé d’utiliser des noms d’empreints pour se parler. Cependant je ne sais pas pourquoi je suis venu sur cette plage avec elle, je veux dire c’est une plage pour couples et ce n’est pas ce que nous sommes, même si j’aimerais que ce soit le cas.

Je la regarde quelques instants sans qu’elle ne s’en rende compte, elle contemple la mer qui est d’un bleu turquoise aujourd’hui, et, en observant cette femme si belle et si séduisante, je suis obligé de me rendre à l’évidence que c’est elle que je veux dans ma vie, auprès de moi, pour le restant de ma vie. Soudain elle remarque que je l’observe et me regarde.

 

« Comment avez-vous connu ce paradis ? me demande-t-elle en détournant de nouveau son regard sur la mer.

 

- C’est grâce à mon beau-père, Frank, il nous a emmenés plusieurs fois moi et ma mère passer les vacances aux Bahamas, et il aimait venir sur cette île à chaque fois. Doug est d’ailleurs un ami à lui qui vit ici depuis des années, il accueil les gens qui viennent passer la journée et leur prête des voitures pour faire le tour de l’île, mais personnellement, je trouve que c’est cette plage la plus belle de toutes.

 

- En tout cas merci de m’y avoir emmené c’est vraiment magnifique.

 

- Pas autant que vous, dis-je alors qu’un silence s’installe suite à cette remarque que je ne pensais pas le dire tout haut. Pour détendre l’atmosphère je lui demande :

 

- Ca vous dit de mettre votre maillot, je vais mettre le mien, nous serons plus alaises et nous pourrons nous baigner, dis-je en lui tendant le sien.

 

- D’accord, mais comment connaissiez-vous ma taille.

 

- Je n’en savais rien, je me suis dit que du 36 ça serait parfait.

 

- En tout cas vous avez du goût pour choisir les bikinis, dit-elle avec un sourire en regardant le bout de tissu que je viens de lui donner.

 

- Ben heu… le réceptionniste m’a demandé si vous préfériez un deux pièces ou un une pièce, et comme à Sydney, vous aviez un deux pièces, je me suis dit que ça vous irez, dis-je un peu gêné.

 

- Ne soyez pas gêné Harm, c’est parfait. »

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

Je suis allongée sur ma serviette en train de bronzé et Harm fait pareille à côté de moi. Je me tourne sur le ventre et sans vraiment savoir pourquoi, je lui demande :

 

« Fliboy, si vous avez pensé à la crème solaire, je veux bien que vous m’en mettiez dans le dos.

 

- Evidemment que j’ai pensé à la crème, vous me sous-estimez là Marines ! répond-il en se mettant à genoux à côté de moi. »

 

Doucement je sens ses mains douces et habiles m’étaler la crème dans le dos, et je crois que s’il me disait avoir fait ça toute sa vie je le croirais. Soudain, il s’arrête et je sens son souffle dans ma nuque, je n’ose pas bouger et tout à coup, je sens le contact de ses lèvres qui déposent un léger baiser dans le haut de mon dos. Puis il se lève et me dit avant de courir à l’eau :

 

« Euh… il commence à faire chaud, je vais me baigner histoire de me rafraîchir. Ne partez pas, surtout ! »

 

Je me retourne pour le voir plonger dans la mer, et je me rends compte que je ne sais pas vraiment ce que Harm attend de tout ça, cette journée ici, seuls, et maintenant ce doux baiser dans le dos, non vraiment je ne sais pas dans quel jeu dangereux il nous entraîne, et à force de frôler les limites on finira par les franchir s’il continue. Cependant, je dois quand même avouer que ça me plaît assez.

 

 

C’est Harm qui parle

 

Il était temps que je m’éloigne un peu de Mac, je ne sais pas ce qui c’est passé, ni pourquoi je l’ai embrassé dans le dos ? Mais je sais que j’en avais envie. Je me rends bien compte que je vais nous pousser tous les deux à franchir la barrière qui sépare une relation amicale d’une relation plus sérieuse en continuant ainsi, mais… mais je m’en fou, j’ai besoin d’elle, je veux la prendre dans mes bras, je veux l’embrasser et… et il faut que j’arrête ça tout de suite car je n’ai aucune idée de ce qu’elle, elle peut vouloir. J’ose qu’en même espéré qu’elle a les mêmes envies que moi.

Lentement je sors de l’eau et  me rapproche de sa serviette, elle est de nouveau sur le dos, les yeux fermés, et je ne peux m’empêcher de me placer au-dessus d’elle pour m’égoutter ce qui l’a fait immédiatement réagir :

 

«  Oh vous ne perdez rien pour attendre Capitaine ! me dit-elle avec un sourire.

 

- Je pensais que vous aviez chaud, dis-je en rigolant, et alors qu’elle commence à se lever, je recule.

 

- Vous voulez que je vous dise Harm, vous faites bien de reculer, parce que si vous croyez avoir déjà vu un Marines en colère, je vais vous montrer que vous étiez loin de la vérité, me menace-t-elle en commençant à marcher vers moi. »

 

Pour la taquiner un peu je me mets à courir vers l’eau et alors que j’ai déjà gagné 10 bons mètres, j’ai juste le temps de tourner la tête vers elle pour voir sa réaction que je suis surpris de la voir courir elle aussi à toute vitesse vers la mer, et quand elle me double, elle crie en me regardant :

 

« On parie que les Marines se mouillent plus vite que les calamars ! »

 

Le temps que je réagisse, elle a déjà plusieurs mètres d’avance, mais tenté de relever le pari, je pars à toute vitesse à sa poursuite pour finalement la rattraper quand nous arrivons au niveau de l’eau. Doucement je la soulève dans mes bras tel on porte une mariée et avance dans l’eau, je la regarde, elle rit aux éclats et me crie en tapant mon torse pour que je la relâche :

 

« C’est pas juste, vous avez triché en me prenant dans vos bras, j’aurais gagné autrement.

 

- Peut-être mais avouez que vous m’avez pris par surprise en me lançant ce pari, dis-je, alors que l’eau arrive maintenant à hauteur de Mac.

 

- Et vous alors, vous ne m’avez pas prise par surprise peut-être en m’arrosant tout à l’heure !

 

- Bon d’accord, je me rends, vous avez gagné, les Marines se mouillent plus vite que les pilotes, mais c’est vraiment parce que je tiens à rester ami avec vous, dis-je alors que j’ai lâché ses jambes maintenant pour mettre mes bras autour de sa taille pendant que les siens sont autour de mon cou.

 

- Des amis ? C’est tout ce que vous voulez qu’on soit ? me demande-t-elle d’un ton plus sérieux.

 

- Ca ne dépend pas que de moi je crois, dis-je en la forçant à rencontrer mon regard. En tous cas je sais une chose, c’est que je ferais toujours tout pour ne jamais risquer de vous perdre, quitte à ce que ça aille contre ma volonté.

 

- Il me semble que je vous l’ai déjà promis Harm, mais je vais recommencer pour que vous ne doutiez plus jamais de ça. Harm, regardez-moi, me supplie-t-elle, je vous jure que quoi qu’il arrive, vous ne perdrez jamais. »

 

 

Elle m’a dit ça avec toute sa sincérité, je l’ai sentie dans sa voix et je le vois maintenant dans ses yeux. Il n’y a pas un bruit, nos regards ne se lâchent plus, nous sommes juste là, au milieu de cette eau tiède dans les bras l’un de l’autre. Mon Dieu, je ne mérite pas cette femme, mais je la désire tant cependant. Pour casser le silence qui c’est installé, Sarah me demande  d’une voix à peine audible :

 

« Harm voulez-vous qu’on reste de simples amis, ou voulez-vous qu’on se donne une dernière chance ?

 

- Je veux qu’on se donne une chance Sarah, et je le souhaite depuis longtemps maintenant, et vous, que voulez-vous ? dis-je d’une voix timide. »

 

Pour toutes réponses, elle m’embrasse tendrement, et je sais à ce moment là que ma vie et en train de prendre un tout autre chemin, mais je n’ai plus peur de le suivre, pas comme à Sidney, non, je n’ai plus peur, car Sarah est avec moi.

 

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

Je n’en reviens pas, Harmon Rabb junior, cet homme que j’aime depuis que j’ai croisé son regard dans cette roseraie il y a 7 ans est en train de me dire qu’il me veut dans sa vie. Je suis tellement émue que je ne trouve pas les mots pour lui répondre, je me contente juste de l’embrasser et je crois qu’il a compris ma réponse dans ce baiser car il y répond avec une tendresse que je ne connaissais pas chez lui.

 

Nos baisers, d’abord doux comme des caresses deviennent vite plus insistants, plus fougueux. Je sens ses mains parcourir ma nuque, mon dos et finir leur course au niveau de mes cuisses qu’il soulève avec facilité pour les placer autour de sa taille pendant qu’il dépose des dizaines de baisers sur mon visage et dans mon cou. Je finis par prendre son visage entre mes mains et je le regarde dans les yeux.

 

« Je sais nous ne devrions pas, pas ici, pas maintenant, mais j’ai envie de toi et c’est un sentiment que je ne peux contrôler, me dit-il simplement.

 

- Alors qu’est-ce que tu attends ? dis-je avec un sourire. »

 

Sur cette dernière réplique je mets mes mains dans ses cheveux mouillés et rapproche mes lèvres des siennes pour y goûter une nouvelle fois, mais cette fois-ci, c’est un baiser beaucoup plus persistant qui nous entraîne. Nos langues se mêlent, nos mains partent à la découverte du corps de l’autre et nous aboutissons tous les deux nus sur le bord de la plage, les vagues venant se casser sur nous et en une après-midi, nous rattrapons 7 longues années.

 

 

Quelques heures plus tard, nous nous sommes rhabillés et allongés sur nos serviettes dans les bras l’un de l’autre. Nous regardons tous les deux en silence le ciel bleu qui nous surplombe, nos doigts entrelacés, ma tête posée sur la poitrine de Harm et sa joue reposant contre mon front nous repensons à ce qui vient de se passer, quand Harm me dit :

 

« Sarah, dit moi que ce n’était pas juste un coup de folie. Que c’était aussi sérieux pour toi que pour moi.

 

- Oh oui Harm, crois moi c’était très sérieux pour moi, et je t’assure que maintenant que je te tiens, j’ai pas l’intention de te lâcher.

 

- Oh, mais j’espère bien ! me répond-il en m’embrassant doucement sur le front.

 

- Il va falloir qu’on rentre Harm. En plus Clay va me tuer parce que je me suis baigné avec son piercing !

 

- Ne t’en fais pas, je l’empêcherais de te toucher, me dit-il en souriant. Bon on retourne à l’hôtel, je meurs d’envie d’essayer le jacuzzi avec toi ! »

 

 

 

Petite île au sud-ouest des Bahamas

Jeudi 14 février 2002, 17H30

 

 

C’est Harm qui parle

 

Mac vient de monter dans l’avion, et je vais dire au revoir à Doug avant de décoller.

 

« Dis-moi Harm, c’est la première que tu emmène une femme ici, me lance-t-il.

 

- C’est vrai, mais cette femme là est différente.

 

- Ah oui ! et en quoi est-elle différente de toutes les jolies jeunes femmes que tu as séduites dans le passé ?

 

- Cette femme est différente, parce que c’est la seule que j’ai jamais aimée.

 

- Ah, dans ce cas là je comprends ce sourire que tu affiches depuis que vous êtes revenus de la plage.

 

- Tu veux savoir pourquoi je souris comme ça Doug ? C’est tout simplement parce qu’à ce moment précis, je suis le plus heureux des hommes !

 

- Alors file vite la rejoindre et fait tout pour la garder.

 

- Ne t’en fait pas, maintenant que je l’ai, je la garde ! »

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

Je suis dans l’avion et j’attends Harm qui est parti parler avec son ami avant qu’on rentre à Guantanamo. Je n’en reviens toujours pas de ce qui est arrivé, en un peu plus de deux heures, Harm et moi avons bouleversé nos vies… mais je ne regrette rien.

Soudain je vois Harm entrer dans le cockpit, il s’approche de moi et m’embrasse dans le cou.

 

« Alors on va l’essayer ce jacuzzi, dis-je en lui souriant.

 

- Mais vos désirs sont des ordres mon ange, dit-il avant que je ne l’embrasse tendrement. »

 

 

 

 

 

Suite Princière, Hôtel Le Bellagio

Jeudi 14 février 2002, 19H00

 

 

C’est Harm qui parle

 

Mac et moi venons d’arriver à l’hôtel et je dirai que le plus dur pour nous est de reprendre nos identités d’empreints, car à peine avions-nous atterris à Guantanamo, que j’avais déjà remarqué la voiture de nos pistards. Mac et déjà dans le jacuzzi et je m’apprête à la rejoindre, lorsque, mon téléphone, que j’avais emmené avec moi toute la journée au cas ou quelqu’un voudrait nous joindre, sonne. Sans attendre je décroche :

 

« Cruise.

 

- Monsieur Cruise, vous et votre femme avez passé une bonne journée ? me demande Riggs, sûrement au courant de notre petite escapade en avion.

 

- Monsieur Riggs, nous avons passé une très bonne journée merci. Dites-moi, ça fait plaisir de vous entendre, est-ce que par hasard nos affaires pourraient reprendre ?

 

- Ca dépend de vous. Je vous propose dix missiles sol-air pour la modique somme d’un million de dollars, à prendre ou à laisser.

 

- Le prix me convient, et ce serait pour quand.

 

- Dès demain soir si vous le souhaitez, me répond-il

 

- Demain soir, c’est parfait.

 

- Très bien, alors on dit 23H00, au Hangar de la route 57. Ah ! Au faite, nos deux autres associés seront présents avec Davies et moi, ça ne vous dérange pas.

 

- Non pas du tout tant que j’ai ma marchandise.

 

- Alors à demain monsieur Cruise. »

 

Je raccroche et me dirige vers la salle de bain pour retrouver Mac qui m’attend.

 

- Brian chéri, ils ont tes missiles ? me demande-t-elle

 

- Ouai bébé, la transaction aura lieu demain soir.

 

- Dépêche-toi de venir me rejoindre, l’eau va refroidir ! me lance Mac avec un sourire coquin.

 

- Ne t’en fait pas, si tu as froid je te réchaufferai, dis-je en enlevant ma chemise. »

 

 

Tout à coup le téléphone sonne de nouveau et je lance un regard désolé à Mac en partant répondre.

 

« Cruise, j’écoute.

 

- Harm, c’est Clay, est-ce que je peux savoir pourquoi l’émetteur de Mac est HS ? me demande-t-il avec un ton énervé.

 

- John, justement je comptais vous appelez, Angel et moi venons juste de rentrer de la plage.

 

- Non ! J’en reviens pas Rabb ! Mac a osé aller se baigner avec son mouchard.

 

- Je sais que vous tenez vraiment à ce que j’achète ces actions John, mais pour le moment j’ai trouvé un nouvel investissement à faire, et j’aurais d’ailleurs besoin de retirer 1 million de dollars en liquide avant demain soir.

 

- D’accord Harm, vous pourrez récupérer une mallette avec l’argent demain matin de la même façon que la dernière fois. Et est-ce que vous pensez qu’on pourra tous les coincer cette fois ?

 

- Oui John, j’en suis sûr c’est un bon investissement. Ecoutez, je dois vous laisser.

 

- Ok, écoutez, voilà ce qu’on va faire, vous et Mac irez au rendez-vous demain soir, Miguel vous suivra avec le camion et je serais caché dans la remorque avec une troupe de commandos armés, quand vous donnerez la mallette d’argent aux trafiquants nous sortirons et intercepterons les quatre complices.    

 

- D’accord John, je passerai donc prendre l’argent demain, au revoir, dis-je avant de raccrocher. »

 

 

Une nouvelle fois je vais dans la salle de bain et y retrouve Mac qui m’attend avec un air déçu.

 

« Tu te décides enfin à venir me rejoindre ? me demande-t-elle en se cachant avec la mousse. »

 

Et pour seule réponse je me déshabille et rentre dans l’eau pour aller l’embrasser.

 

 

 

 

 

Suite Princière, Hôtel Le Bellagio

Jeudi 14 février 2002, 23H00

 

C’est Mac qui parle

 

Après nous être prélassés dans le jacuzzi pendant près de deux heures, Harm et moi sommes partis dîner dans un petit restaurant de la ville très romantique. Et une fois de plus nous nous sommes fait remarquer, mais non pas à cause de mes vêtements ou de notre voiture, non, nous nous sommes juste fait remarquer parce que nous avons passé toute la soirée à nous embrasser et c’est pour ça, qu’avant même la fin du repas nous avons décidé de rentrer à l’hôtel.

A peine sortis de l’ascenseur à notre étage, Harm me prend dans ses bras et me porte jusqu’à la suite. La porte refermée, il me repose par terre et commence à m’embrasser tendrement pendant que nous reculons vers la chambre. Je fais glisser sa veste de ses épaules, et entreprends de déboutonner sa chemise pendant qu’il fait lentement glisser les bretelles de ma robe qui ne tarde pas à rejoindre le sol du salon. Nous sommes maintenant dans la chambre et alors que la bouche de Harm se montre très exploratrice, je lui enlève sa chemise et commence à retracer tous les contours des muscles de son torse jusqu’à ce que mes mains atteignent la boucle de sa ceinture. Il détache doucement l’attache de mon soutien-gorge, pendant qu’une de mes mains remonte dans ses cheveux alors que l’autre s’affaire sur la fermeture éclair de son pantalon. Soudain, il arrête de m’embrasser dans le cou et me regarde droit dans les yeux comme pour être sûr une dernière fois que je suis d’accord, puis, après un signe de tête de ma part, il reprend possession de ma bouche avec ses lèvres et alors que nos langues s’entremêlent, je fais lentement glisser son pantalon le long de ses jambes interminables et très vite, je m’affaire à ce que son boxer suive le même chemin. Doucement, il me couche sur le lit et avant de m’y rejoindre, il enlève délicatement le dernier bout de tissus qui me couvre.

 

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Sarah et moi arrivons enfin à l’extase, quand dans un dernier soupir, j’entends Sarah me murmurer à l’oreille :

 

« Je t’aime Harm. »

 

 

Pendant plusieurs minutes, je reste là, interdit, à repenser à ce que m’a dit Mac. Ces mots ont une telle signification pour moi, il est vrai que je ne parle pas facilement de ce que je peux ressentir et il est très difficile de gagner ma confiance, mais cette femme a un don, elle est la seule qui ne m’ait jamais compris, elle me connaît mieux que personne,  et alors qu’elle vient de me dire qu’elle m’aime, je n’ai pas su répondre. Je me suis toujours juré après la mort de Diane, que plus jamais je n’aimerais quelqu’un à ce point car je ne voulais plus avoir à souffrir de la perte d’un être cher, mais aujourd’hui, je dois l’admettre, ce que je ressens pour Mac est encore plus fort que ce que je ressentais pour Diane, et je dois me rendre à l’évidence que ce que j’ai toujours redouté est arriver, j’aime quelqu’un à en crever, et cette personne, c’est Sarah, ma Sarah.

Elle est là, la tête posée contre ma poitrine, et alors que je trouve enfin le courage de lui dire ces mots, elle dort déjà. Mais dans un souffle à peine audible, je lui murmure à l’oreille :

 

« Je t’aime aussi Sarah. »

 

 

 

 

 

Suite Princière, Hôtel Le Bellagio

Vendredi 15 février 2002, 10H30

 

 

C’est Mac qui parle

 

J’ouvre doucement les yeux pour trouver devant moi un Harm toujours endormit. Lentement je lève la tête de sa poitrine et je m’amuse à le regarder dormir, les draps s’arrêtent juste en dessous de son nombril et j’avoue que la vue de ce torse musclé à souhait ne me déplaît pas. Je me suis souvent surprise à l’imaginer nu pendant qu’on était au tribunal et je dois dire que j’en ai honte, mais au moins maintenant je peux dire que j’étais vraiment loin de la vérité, cet homme a un corps parfait. Je pose doucement mon doigt sur sa tempe et m’amuse à tracer de petits cercles afin de le réveiller, un sourire se dessine alors lentement sur son visage.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Je la sens m’observer depuis quelques minutes maintenant et doucement un de ses doigts me caresse la tempe et je ne peux m’empêcher de sourire à ce contact.

 

« Dis-moi Brian, tu étais un vrai magicien hier soir ! me dit-elle alors que je tente d’ouvrir mes yeux.

 

- Mais tu n’étais pas mal non plus.

 

- Et crois moi tu n’es pas au bout de tes surprises, j’ai bien l’intention de remettre ça quand nous rentrerons à la maison, me murmure-t-elle à l’oreille d’un air coquin.

 

- Bon, programme chargé aujourd’hui, dis-je pour changer de sujet avant que je ne cède encore une fois à la tentation. D’abord, petit déjeuner et douche, ensuite nous récupérons l’argent à la banque et on vient le mettre en sécurité dans le coffre de l’hôtel, puis on déjeune avant d’aller faire un tour en voiture quelque part où je veux t’emmener et enfin, ce soir on fait cette transaction à 23H00.

 

- Dure journée en perspective ! Mais je peux savoir où tu comptes m’emmener aujourd’hui ?

 

- Non, c’est une surprise ! »

 

 

 

 

 

Quelque part sur une falaise, Guantanamo

Vendredi 15 février 2002, 15H00

 

 

C’est Mac qui parle

 

Harm arrête la voiture sur une falaise et sort du véhicule. Il fait le tour de l’auto et vient m’ouvrir la portière. Nous avons réussi à semer la voiture des hommes qui nous espionnent en venant ici et nous marchons maintenant main dans la main vers le bord de la falaise. Alors que nous ne sommes plus qu’à quelques mètres du bord, Harm s’arrête et me dit :

 

«  J’ai vu cette falaise de l’avion hier et je voulais t’y emmener, il doit sûrement y avoir l’une des plus belle vue sur la baie.

 

- Oui, c’est vraiment magnifique, dis-je alors que nous nous asseyons. »

 

Doucement il passe une jambe de chaque côté de moi et m’entoure de ses bras. Un vent léger nous caresse le visage, et l’espace de plusieurs minutes nous restons là à contempler la mer en silence, quand Harm me demande avant de m’embrasser dans le cou :

 

« Tu viendras chez moi demain quand nous rentrerons à Washington ?

 

- Si tu veux bien de moi, alors oui, ce sera avec plaisir. »

 

Un nouveau silence s’installe et cette fois-ci, c’est moi qui le romps.

 

« Nous devrons parler à l’Amiral de notre nouvelle relation.

 

- Ne t’en fais pas, je n’ai plus peur des conséquences qu’une relation entre nous pourrait avoir sur ma carrière, et nous irons le voir ensemble dès lundi, d’accord ? me dit-il sûr de lui.

 

- Oui, nous irons lui parler ensemble, dis-je en lui embrassant doucement la main pour lui faire comprendre que j’approuve. »

 

Et à ce moment précis, même s’il ne m’a pas encore dit qu’il m’aimait, je sais que le fait qu’il soit près à risquer sa carrière pour qu’on reste ensemble et une preuve d’amour, et je ne désespère pas, un jour, il trouvera les mots pour me le dire. De toutes façons je n’ai pas besoin d’entendre ces mots pour savoir qu’aujourd’hui, je suis la plus heureuse des femmes.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Je suis content que Sarah et moi soyons tous les deux d’accord pour officialiser notre relation dès lundi, et pour la première fois de ma vie, je suis vraiment sûr de mon choix en décidant de m’engager dans cette relation avec Sarah, et dès que cette mission sera achevée, je jure que je m’engagerais de toute mon âme dans cette histoire en lui demandant d’accepter de devenir ma femme.

 

 

 

 

 

Hangar sur la route 57, Guantanamo

Vendredi 15 février 2002, 23H00

 

 

C’est Mac qui parle

 

Après avoir passé toute l’après-midi sur la falaise à penser chacun de notre côté à notre avenir commun, nous sommes rentrés à l’hôtel, avons dîné dans la chambre et on s’est allongé près d’une heure dans les bras l’un de l’autre, juste pour sentir la présence de l’autre et profiter de nos derniers moments de calme avant de devoir affronter nos responsabilités face à cette nouvelle relation dès lundi prochain.

Nous sommes maintenant dans la voiture devant le hangar à attendre l’arrivée de Miguel avec Webb et ses hommes dans la remorque du camion. Nos suspects, eux, doivent déjà être dans le hangar car on peut voir qu’il est allumé depuis l’extérieur.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Nous sommes là devant ce hangar à attendre l’arrivé du camion, et je ne peux m’empêcher de penser à la perspective de Mac devenant ma femme, je l’imagine avancer vers l’autel au bras de l’Amiral dans une magnifique robe blanche, et moi je serais là à l’attendre avec mon uniforme de cérémonie, et quand le prêtre me demandera d’embrasser la mariée, je mettrai tout mon amour dans ce baiser. Mon amour, voilà un bien grand mot que je n’ai toujours pas su lui dire.

Alors que Mac ouvre sa portière et s’apprête à sortir, sans vraiment réfléchir je lui attrape le bras et lui dis :

 

« Epouse-moi.

 

- Quoi Harm, qu’est-ce que tu viens de me demander, me dit-elle avec un sourire sur le visage.

 

- Je t’ai demandé d’accepter de devenir ma femme.

 

- Je… je ne sais pas quoi dire, je suis tellement surprise.

 

- Alors dit oui. Je sais que ça paraît fou, et que c’est peut-être un peu précipité, mais je suis sûr de ce que je ressens pour toi, et je ne veux plus perdre de temps, parce que… parce que je t’aime Sarah et que je te veux dans ma vie, dis-je avec tout le courage qu’il m’était possible de trouver. »

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

Je n’arrive pas à croire ce que j’entends, Harmon Rabb junior vient de me demander en mariage et par la même occasion, il m’avoue qu’il m’aime. Je ne peux lâcher son regard qui me supplie de lui répondre quelque chose. Incapable de faire autre chose, comme seule réponse je l’embrasse passionnément et lui souffle :

 

« Oui Harm… oui ce serait un honneur de devenir ta femme. »

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Elle m’a dit oui, je n’en reviens pas, moi, Harmon Rabb, j’ai réussi à dire à cette femme que je l’aimais et elle a accepté de m’épouser. Je crois vraiment que c’est le plus beau jour de ma vie ! Et alors qu’une larme coule maintenant sur la joue de Sarah, je passe ma main sur son visage et du pouce, j’essuie cette larme solitaire qui roule vers le coin de sa lèvre :

 

« Ne pleure pas Sarah, tu es tellement belle quand tu me souris, dis-je pour lui redonner ce sourire que j’aime tant, et à voir son visage, ça marche.

 

- Ce sont des larmes de joies Harm, me dit-elle en m’embrassant doucement alors que Miguel arrive avec le camion et se gare en marche arrière devant le hangar.

 

- Il faut y aller Sarah, dis-je en me détachant de ses lèvres à regrets.

 

- Je sais Harm, mais promet moi que tu ne reviendras pas sur tes paroles à la fin de cette enquête quand nous devrons affronter la réalité.

 

- Je te promets Sarah que dès que nous rentrerons à Washington nous envisagerons ce mariage et je mettrai à exécution cette promesse d’un enfant que je t‘ai fait il y a maintenant 3 ans.

 

- Alors dépêchons-nous de conclure cette affaire ! me dit-elle avant de m’embrasser une nouvelle fois. Fais attention Harm.

 

- Toi aussi Sarah. »

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

Après nous être embrassés une dernière fois, Harm et moi entrons dans le hangar. Miguel et déjà à côté de la remorque du camion les bras croisés sur la poitrine quand nous approchons de nos trafiquants à qui Harm sert la main. Il y a bien sûr Riggs et Davies, mais je reconnais aussi le Colonel Ross et le Général Farrell qui sont postés derrières les caisses de missiles.

 

« Monsieur Cruise, enchanté de vous revoir, ainsi que madame bien sûr, nous lance Davies. Je vous présente nos associés, messieurs Ross et Farrell, qui comme vous pouvez le voir se trouvent devant votre marchandise.

 

- Et on peut la voir notre marchandise, demande Harm.

 

- Mais évidemment monsieur Cruise, dit Ross en ouvrant une des caisses devant lui qui contient un des missiles sol-air.

 

- D’accord, je vois que vous avez ce que je voulais, alors voici votre argent, dit Harm en lui tendant la mallette. »

 

 

Ross a à peine le temps d’ouvrir la mallette que j’entends quelqu’un dégainer son arme derrière moi, je pense que c’est Miguel, et je suis en train de dégainer la mienne quand, le Général Farrell crier :

 

« C’est une embuscade ! »

 

Le temps alors, que je me rende compte que son arme est pointée sur moi, je sens une douleur me traverser la poitrine et j’entends parmi les balles qui fusent Harm hurler :

 

« NON ! Sarah non ! »

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Alors que Ross est en train d’ouvrir la mallette j’entends un bruit derrière moi suivi de la voix du Général criant à l’embuscade, et le temps que je dégaine mon arme et que je la pointe sur lui, je le vois pointer la sienne sur Mac, alors, sans hésiter, je tire, mais en le voyant s’écrouler, je me rends compte qu’un autre coup a été tiré avant le mien. Rapidement je tourne la tête pour voir Mac porter sa main à la poitrine. Soudain, le temps semble s’arrêter autour de moi, je crie de toutes mes forces mais j’ai l’impression qu’aucun son ne sort de ma bouche, j’entends justes les hommes de Webb crier aux trafiquants de se mettre à genoux. Je reviens à la raison et vite, je lâche mon arme et cours vers Sarah pour la rattraper avant qu’elle ne s’écroule.

J’arrive à temps pour la prendre dans mes bras et je la dépose légèrement par terre la tête toujours soutenue par une de mes mains pendant que l’autre entoure ses épaules. Mon regard ne se détache pas de ses yeux qui semblent avoir du mal à rester ouverts, et alors que je la serre un peu plus contre moi, je découvre horrifié qu’une énorme tâche de sang est en train de s’élargir sur son tee-shirt, alors sans réfléchir plus longtemps, je retire ma main qui entourait son épaule et je la pose sur la blessure et j’appuie pour arrêter l’hémorragie, mais le sang continue toujours de couler à flot. Je crie alors de toutes mes forces d’appeler une ambulance.

 

 

 

C’est Mac qui parle

 

Je sens les bras de Harm me retenir et me déposer doucement sur le sol, et alors qu’une de ses mains retient ma tête, je peux sentir l’autre appuyer sur ma blessure qui ne cesse de saigner. Après la sensation de brûlure que j’ai éprouvée avec la pénétration de la balle dans ma peau, maintenant c’est une sensation de froid qui me transperce pendant que j’entends Harm appeler du secours. Il repose maintenant ses yeux sur mon visage et je crois que si je peux garder les miens ouverts, c’est juste parce que son regard me supplie de ne pas lâcher.

 

« Tiens le coup Sarah, ça va aller, les secours arrivent ! me dit-il sur un ton peu persuasif, mais je ne lui en veux pas car je sais qu’il est très inquiet.

 

- J’ai froid Harm..., ce sont là les seuls mots que je peux prononcer je crois.

 

- Je sais, mais ça va aller ma puce, regarde, on a réussi notre mission, Webb et ces hommes sont en train de lire leur droit à Riggs et ses complices, me dit-il en enlevant sa veste pour la placer sur moi..

 

- Et Farrell ?

 

- Je l’ai abattu, me répond-il apparemment déçu de ne pas l’avoir descendu plutôt. »

 

Je lui fais un sourire en signe de remerciement, car je suis incapable de répondre, la douleur étant trop forte. Je crois qu’il le remarque et il me dit d’un ton ressemblant plus à un ordre qu’à une demande :

 

« Accroche-toi Sarah, je t’en prie, tiens le coup, les secours vont arriver. »

 

Je sens alors le froid s’intensifier en moi, et je sais à ce moment précis que c’est ma fin qui approche dangereusement.

 

« Harm, j’ai tellement froid… je, je crois que c’est la fin, dis-je sur un ton un peu ironique.

 

- Non Sarah, non ! T’as pas le droit de dire ça ! Tu m’entends, t’as pas le droit ! J’ai besoin de toi moi ! me répond-il alors que je sens sa voix trembler.

 

- Harm, je n’ai plus la force de tenir, dis-je dans un souffle. »

 

 

Mais alors que je vois une larme couler sur sa joue, je trouve la force de parler tout en levant la main à son visage pour essuyer cette coulée solitaire.

 

« Hé ! je croyais que les pilotes de la NAVY étaient des durs, dis-je pour le taquiner en retraçant le chemin suivi par la larme avec mon pouce.

 

- Et moi je croyais que les Marines devaient toujours s’accrocher et ne devaient en aucun cas lâcher ! me répond-il sur le même ton, alors que maintenant ce sont plusieurs larmes qui coulent sur ses joues pendant que j’essaie de retenir les miennes. 

 

- C’est vrai, mais aujourd’hui, ça va être plus difficile que prévu, dis-je en essayant de sourire alors que mes yeux ont de plus de mal à rester ouverts.

 

- Non, tu dois t’accrocher, t’as pas le droit de me lâcher ! Qu’est-ce que je vais devenir moi sans toi, hein ? Allez Sarah, ma chérie accroche toi, je vais te ramener à Washington et on se mariera, et on aura cet enfant que je t’ai promis, on en aura même plusieurs si tu veux, mais je t’en prie mon amour bats-toi, bats-toi pour moi, bats-toi parce que je t’aime et que je suis rien sans toi. T’as entendu, je te l’ai dit, j’ai mis 7 longues années à te le dire mais je l’ai dit, je t’aime Sarah Mackenzie. »

 

 

Cette fois je ne peux retenir mes larmes, il m’a fallu près de 34 ans pour être enfin heureuse, pour connaître enfin le bonheur, et il faut que je crève maintenant. Je vois Clay derrière Harm qui à l’air aussi dépité que ce dernier, il n’a jamais voulu se montrer capable de sentiments devant nous mais là, il ne peut rien cacher, une larme roule le long de sa joue et je le vois me murmurer du bout des lèvres qu’il est désolé. Et pendant que l’ambulance se fait entendre au loin, je regarde Harm dans les yeux et alors que les larmes continuent de couler sur son visage, je rassemble mes dernières forces pour lever une nouvelle fois ma main à son visage que je le caresse doucement.

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Je sens les regards de Webb et de ses hommes posés sur nous, mais je m’en fou, je n’ai aucune envie d’arrêter les larmes qui coulent sur mes joues. L’ambulance n’arrive toujours pas malgré le fait qu’on entende ses sirènes hurler et je ne sais plus quoi faire pour me persuader que Sarah va aller mieux, pour la première fois de ma vie, j’éprouve une peur plus grande que toutes celles que j’ai pu éprouver en tant que pilote de chasse, j’ai peur de perdre la femme que j’aime. Mais soudain j’entends la voix de Sarah me murmurer :

 

« Harm… embrasse-moi… une dernière fois.., s’il te plaît. »

 

Sur cette dernière demande je ne peux qu’accepter, et de toutes façons moi aussi j’en ai envie. Lentement je me penche sur son visage et doucement, nos lèvres se rencontrent, et pendant que nos larmes salées viennent se mêler à cette douce caresse, je repense à tous ses moments qu’on a passé ensemble depuis notre rencontre dans cette roseraie et en me détachant de cette dernière étreinte, je ne peux me résigner à abandonner cette femme que j’aime.

 

« Je t’en prie Sarah, me laisse pas, pas maintenant, j’ai trop besoin de toi. Tu es ma seule raison de vivre, t’as pas le droit de m’abandonner. T’as pas le droit parce que tu m’as promis que je te perdrai jamais. » 

 

Doucement, je la vois lever le bras et une nouvelle fois elle touche mon visage en larmes. Je ne peux définir ce que je ressens à ce contact, sa main est froide et je vois ses yeux qui luttent pour ne pas se refermer et alors que l’ambulance arrive enfin, elle me dit d’une voix à peine audible :

 

« Je te l’ai promis, et je te jure que je serai toujours là pour toi Harm… parce que je t’aime… et je t’aimerai… toujours. »

 

Lentement son bras retombe sur le sol et ses yeux se referment alors que les ambulanciers arrivent près de nous, ma main toujours sur sa poitrine recouverte de sang, je sais que c’est fini, parce que son cœur a cessé de battre. Doucement je la prends dans mes bras pendant que Webb fait signe aux secouristes de laisser tomber.

 

Pendant plusieurs minutes je reste là, à pleurer toutes les larmes de mon corps en tenant la femme que j’aime dans mes bras, et quand Webb s’approche finalement de moi et pose sa main sur mon épaule pour me faire comprendre qu’il faut la laisser maintenant, je n’ai pas la force de la lâcher. Doucement il me dit qu’il me laisse encore une minute et qu’après ça on devra emmener son corps. Lentement je me penche alors sur son visage et embrasse une dernière fois ses lèvres, et avant de me détacher d’elle, je ne peux que contempler son visage qui est toujours aussi radieux, on pourrait même y discerner un sourire et doucement, je lui murmure entre deux sanglots :

 

« Pardonne-moi Sarah, pardonne-moi de ne pas t’avoir dit combien je t’aimais plutôt. » 

 

 

 

 

 

Cimetière d’Arlington, Washington DC

Lundi 18 février 2002, 10H30

 

 

C’est Harm qui parle

 

Je retiens une larme de couler sur mon visage alors que l’aumônier Turner lit des prières pour Mac. Je me suis promis de ne pas pleurer pour ne pas décevoir Sarah, je suis sûr qu’elle n’aurait pas voulu me voir comme ça, et de toutes façons, je crois bien avoir pleuré plus qu’il ne l’était possible durant ces trois derniers jours. En plus il faut que je sois fort devant les autres, parce que je ne veux pas qu’ils passent leur temps à s’apitoyer sur mon sort quand je retournerai travailler, Harriet par exemple qui ne peut cacher son sanglot à côté de Bud qui semble lui aussi très marqué, ainsi d’ailleurs que tous les autres amis que Mac et moi pouvons avoir au JAG, Sturgis qui est venu avec Bobby, Tiner, Gunny, l’Amiral, et Webb aussi,  et puis il y a Chloé, la petite sœur de Mac en quelques sortes, qui me tiens la main en pleurant, elle, elle sait que je suis plus touché que les autres par cette disparition, elle sait depuis longtemps que Sarah est plus qu’une amie à mes yeux. L’aumônier termine maintenant son sermon et laisse sa place à l’Amiral :

 

« Aujourd’hui, nous sommes tous réunis ici pour rendre un dernier hommage à un remarquable Marines, certainement l’un des meilleurs que j’ai pu avoir sous mes ordres, mais nous sommes là aussi pour rendre hommage, à une femme, une amie et une sœur, Sarah dit-il en posant ses yeux sur Chloé. Nous savons tous ici que Mac a eu une vie plus que difficile et mouvementée, mais nous savons aussi qu’elle a cependant toujours était là pour aider les autres, avant même de penser à elle, et pour ça, nous lui serons éternellement reconnaissants, je crois que cette phrase m’est adressée, mais je ne peux lever la tête pour regarder l’Amiral parce qu’une larme commence à couler sur ma joue en repensant à tout ce que Sarah a traversé avec moi. Je crois aussi qu’avec sa disparition, c’est une partie du JAG qui s’en va, et je sais que désormais, à chaque fois qu’un de nous rentrera dans une salle de tribunal, il aura une pensée pour cette avocate redoutable. Enfin, pour conclure, j’aimerai rajouter qu’aujourd’hui j’ai perdu plus qu’un bon élément, j’ai perdu une grande amie, l’Amiral avait dit cette dernière phrase avec un tremblement dans la voix, même lui, cet homme toujours si imperceptible était aujourd’hui à la limite des larmes. »

 

Après son discours, l’Amiral nous ordonne un peu à contre cœur de nous mettre au garde à vous. Dans l’instant qui suit tous les membres du JAG présents saluent le cercueil le plus dignement possible pendant que les coups de semences sont tirés et que deux militaires plient le drapeau qui recouvre le cercueil. Lentement, l’un d’entre eux s’approche de Chloé et pose le drapeau plié dans ses mains, cette fois elle éclate en sanglot et son père la prend dans ses bras pour la calmer.

Doucement, tout le monde se dirige vers les voitures, sauf moi, qui reste planté là devant le cercueil. Je vois Clay s’approcher de moi et, les yeux rougis, il me demande :

 

« Harm, je suis vraiment désolé. Je peux faire quelque chose ?

 

- Non merci Clay, j’aimerai juste rester seul quelques minutes avec elle, dis-je avec tout le courage qu’il mettait possible d’avoir pour ne pas pleurer devant lui.

 

- Très bien Harm, me répond-il avant de s’éloigner en me donnant une tape sur l’épaule. »  

 

 

Lentement, je m’approche et me laisse tomber à genoux à côté du cercueil. Je pose doucement ma main dessus alors que de la neige commence à tomber, et après un silence je dis d’un ton ironique en regardant la photo de Mac devant le cercueil :

 

« T’as vu Marines, t’as réussi à te faire remarquer, tout le JAG est venu rien que pour toi. J’ai même appelé Mic pour lui apprendre la nouvelle et il était très touché tu sais, mais bizarrement il m’a demandé si nous nous étions enfin trouvés, et quand je lui ai répondu oui, il m’a dit que tu étais alors sûrement partie heureuse. Je ne sais pas si tu étais heureuse, mais moi je dois t’avouer que grâce à toi, j’ai été le plus heureux des hommes pendant les quelques heures où on a été ensemble. »

 

J’ai dit cette dernière phrase pendant que des larmes commençaient à couler sur mon visage, et alors que ma voix tremble, je continue :

 

« Pardonne-moi Sarah, pardonne-moi de ne pas t’avoir avoué à quel point je t’aimais plutôt, de ne pas nous avoir donné une chance quand tu me l’as proposé ce soir-là sur le ferry à Sidney, de t’avoir laisser aller si loin avec Mic en faisant semblant de m’accrocher à Renée. Pardonne-moi d’avoir fait autant d’erreurs, qui sait, peut-être que si j’avais eu moins peur de te perdre, aujourd’hui, on en serait pas là, je ne t’aurais peut-être finalement pas perdu, nous serions mariées et nous aurions des petits marines et des petits pilotes qui courraient partout dans notre maison. Malheureusement, ça Sarah, on ne le saura jamais, et tu ne peux imaginer à quel point je le regrette. »

 

Je fais une pose soudain, incapable de dire quoique ce soit d’autre à cause du sanglot qui me paralyse la voix. Jamais je ne me serais cru capable de pleurer autant depuis la disparition de mon père, mais là, aujourd’hui, je n’ai que ça à faire, pleurer la seule femme que je n’ai jamais vraiment aimée, et dans un dernier sanglot, je bégaye :

 

« Pourquoi Sarah… pourquoi est-ce que tu m’abandonne maintenant ? Qu’est-ce que… qu’est-ce j’suis moi maintenant sans toi ? Je ne te l’ai jamais dit Sarah… mais depuis le jour où tu es entrée dans ma vie dans cette roseraie, je suis heureux d’aller travailler tous les matins en me levant parce que je sais… je sais que je vais te voir, que je vais pouvoir t’observer sans que tu ne t‘en rendes compte à travers les persiennes de ton bureau. Depuis que tu es dans ma vie qui était si morose avant de te connaître, tu es la raison de mon sourire Sarah, de ma bonne humeur, tu es mon oxygène, ma raison de vivre ! Je ne pourrais pas survivre sans toi, je t’aime trop pour ça Sarah ! »

 

 

Soudain, je n’en peux plus, et larmes prennent le dessus. Je pose mes mains sur mon visage pour ne plus regarder sa photo, je ne peux continuer à regarder ce visage si parfait qui me regarde, et alors que j’ai la sensation de pleurer toute mon âme devant ce cercueil, je sens la main de quelqu’un se poser sur mon épaule, et en me retournant, je vois l’Amiral qui m’aide doucement à me relever.

 

 

 

C’est l’Amiral qui parle

 

Lentement, Harm se retourne et je suis touché de voir ses yeux rougis par les larmes qui roulent le long de son visage marqué par la tristesse. Je lui fais signe de se lever et je le guide doucement vers les voitures, quand soudain, il s’arrête et me regarde, je peux lire le désespoir dans sans ce regard et doucement je lui dis :

 

« Venez Harm, il faut y aller maintenant, vous allez vous geler sur place si vous restez là.

 

- Peu importe monsieur, au moins si je meurs de froid ici je serais près d’elle, me répond-il doucement.

 

- Ne dites pas de bêtises Rabb, qu’est-ce que Mac dirait si elle vous voyait là, dis-je d’un ton plus dur pour le ramener à la raison.

 

- Elle me menacerait sûrement de me botter l’arrière train monsieur, me répond-il avec un semblant de sourire avant que de nouvelles larmes commencent de nouveau à couler sur ses joues. Je ne sais pas ce que je vais devenir sans elle monsieur, vous savez que quelques heures avant de la voir mourir dans mes bras, je lui ai avoué que je l’aimais… je lui ai même demandé de m’épouser monsieur, et… et elle a accepté. Vous entendez ? Cette femme que j’aime plus que ma vie est morte alors qu’elle avait accepté qu'un pauvre tipe comme moi devienne son mari ! »

 

Après cette dernière phrase qu’il a presque crié, je vois pour la première fois depuis des années que je le connais, un Harmon Rabb junior fragile et désemparé, et cet homme que je considère comme un fils et que j’ai toujours cru indestructible éclate en sanglot, alors, doucement je le prends dans mes bras en lui disant :

 

« Vous êtes loin d’être un pauvre type Harm, je connaissais assez Sarah pour savoir qu’elle n’aurait jamais accepté d’épouser un pauvre type, et ne vous en fait pas, la douleur ne disparaîtra sans doute jamais, mais moi et tous vos amis, nous ferons tout pour vous aider à traverser ça. »

 

 

 

 

C’est Harm qui parle

 

Je suis là, dans les bras de l’Amiral, et franchement je ne sais pas ce que je vais devenir sans Mac, je ne sais même pas si je vais m’en sortir, mais heureusement, je sais que j’ai des amis qui feront tout pour m’y aider. Lentement, je me dégage de l’Amiral et en silence nous marchons vers les voitures, nous avons déjà gagné quelques mètres, quand doucement je me retourne et en regardant une dernière fois le portrait de Mac devant le cercueil, je murmure, toujours les yeux pleins de larmes :

 

« Je t’aime et je t’aimerai toujours Sarah. »

 

FIN. 

ANGEL.

 

Bonjour à tous, je suis Angel et j’espère que ma fic vous a plue, et que ce soit le cas ou non, j’aimerais avoir votre avis, surtout sur la fin qui m’a pris beaucoup de temps, et sur ce que vous pensez du récit d’une fanfiction basée sur l’alternance des pensées des personnages. Alors s’il vous plaît, répondez-moi à l’adresse suivante : julien.gaonach@wanadoo.fr