Ne pouvant rien faire avant l’arrivée de l’avocat désigné par l’Amiral,
Leïa, Harm et Bud tentèrent de s’occuper tant bien que mal. Bud entreprit
de redécouvrir le Kitihawk sous toutes les coutures. Au début, les deux Capitaines
le suivirent mais au bout d’une heure, ils abandonnèrent et changèrent de
direction.
L’heure du déjeuner approchait alors ils se rendirent au mess des officiers.
Ils prirent chacun un plateau et s’installèrent à une table reculée.
- Alors, Capitaine, quel effet cela vous fait-il de vous retrouver
sur un porte-avion après tout ce temps ? demanda la jeune femme.
- Je ressens les mêmes sensations qu’autrefois, répondit Harm mélancolique.
- Excitation, picotement dans les membres et une envie folle de monter
dans un tomcat et de s’envoler.
- Exactement ! dit-il en souriant.
- Voler doit beaucoup vous manquer.
- Je compense par d’autres choses.
- Lesquelles ?
- J’aime beaucoup mon travail. J’aide des personnes qui en ont besoin,
je voyage souvent d’une base à l’autre et il m’arrive de temps en temps de
prendre un F16 pour aller plus vite. Il y a aussi les week-end avec Sarah.
- Sarah ?
- Oui, c’est le nom que j’ai donné à un vieux coucou que mon père avait tenté de retaper autrefois ;
- Vous l’avez fait à sa place.
- Oui. Quand il a disparu au Vietnam, j’ai attendu ma majorité puis je suis partie à sa recherche ; Je suis resté là-bas plusieurs mois mais en vain. Je suis rentré chez ma grand-mère, Sarah, c’est elle qui m’a élevé.
- Et vous avez remis en état cet avion ?
- Oui, quand mon père avait une permission, je l’aidais à le rénover, quand il a disparu, je n’ai eu qu’une seule idée en tête, le terminer. Je m’y suis attelé jour et nuit. C’est avec lui que j’ai appris à voler.
- Vous aviez un instructeur qui vous apprenait à voler dans cette casserole ? demanda Leïa éberluée.
- Non, et puis Sarah n’est pas une casserole. J’ai appris tout seul.
Au début, je ne faisais que rouler puis j’ai réussi à décoller et à atterrir.
J’avais déjà une bonne vingtaine d’heures de vol avec elle quand l’Académie
m’a accepté.
- Cela a dû vous aider.
- Un peu, c’est vrai mais j’ai vite constaté que cela n’avait rien
à voir.
- Je veux bien vous croire. Et qu’est devenue Sarah, maintenant ?
- Elle est dans un hangar dans les environs de Washington.
- Et la vraie Sarah ?
- Elle vit toujours dans sa petite ferme de l’Utah.
- Je vous envie d’avoir encore une famille.
- Vous avez Jessie, votre fille.
- Oui, mais elle, c’est mon présent
et mon avenir, pas mon passé. Mes parents sont morts alors que nous avions
cinq ans. Un matin, nous les avons accompagnés à l’aéroport avant d’aller
à l’école. Le jet a décoller puis il a explosé sous nos yeux. Un des amis
de papa a été désigné comme notre tuteur légal. Il ne devait pas nous élevé,
son rôle était de veiller à notre bonne éducation et sur l’héritage que nous
laissaient nos parents. Dans son testament, mon père avait demandé à ce que
nous soyons placé dans une famille qui pourrait nous apprendre les valeurs
de la vie. Au bout d’une semaine, nous nous sommes enfuis, nous avons marché
pendant des heures et nous avons atterri à Miramar.
- Vous n’avez pas choisi n’importe qu’elle base, remarqua Harm.
- Et elle nous a porté chance, tout du moins pendant un certain temps. Nous y avons rencontré un pilote qui était en permission à l’époque. Il devait repartir pour le Vietnam. Après beaucoup de supplications, Henri et lui ont accepté que l’on reste chez lui dans la base ; c’est sa femme, Elisabeth, qui nous a élevés avec ses propres enfants. Quand, Viper est revenu pour de bon, nous avons formé une vraie famille jusqu’à mes 12 ans. Après cette période, nous avons été un peu séparé avec Luke, moi je devais m’occuper de Jessie et lui allait s’amuser avec ses copains, ils sortaient le jusqu’à 10 heures… Nous nous sommes retrouvés vers nos 16 ans, nous avons décidé tous les deux, sans même nous consulter de nous engagés dans l’armée mais pas n’importe quel corps, on voulait être dans la Navy et nous y sommes arrivés. Il y a eu des moments difficiles, mais nous avons réussi.
- Qu’est-ce qui vous a attirée dans la Navy ?
- Quand vous avez passé toute votre enfance à voir décoller et atterrir
des avions, quand vous avez côtoyé ne serait-ce qu’une seule fois les pilotes,
vous êtes fascinés et vous ne désirez plus qu’une chose, entrer dans la Navy
et ressembler à ces pilotes dans leurs beaux uniformes blancs d’apparat.
- C’est bien ce que je pensais.
- Quoi ?
- Vous êtes comme toutes les femmes, il n’y a que l’uniforme qui vous attire.
- Et parfois aussi celui qui le porte, répondit Leïa sur le même ton de plaisanterie.
- Je peux poser une question indiscrète ?
- Essayez toujours.
- Pourquoi avoir continué sans votre frère ?
- Pourquoi avez-vous continué sans votre père et après votre accident ?
- Parce que j’ai l’armée dans le sang.
- Parce que vous ne savez pas faire autre chose que de servir votre pays même si vous pouvez en mourir.
- Vous avez pourtant votre fille.
- Jessie a 22 ans, elle fait des études en médecine dans le civil mais projette, une fois son diplôme en poche, de s’engager dans l’armée pour participer aux missions humanitaires. Elle a un petit ami qui est sergent et interne à l’hôpital militaire de Betesda. Elle n’a plus besoin de moi pour continuer sa vie. C’est une femme très jolie et qui s’assume parfaitement bien.
- On a toujours besoin de sa mère.
- Sauf quand celle-ci n’a jamais été très présente dans votre vie.
- Vous êtes trop dure avec vous.
- Non, je suis réaliste. Jessie ne s’est jamais plainte, même encore aujourd’hui, mais je sais que je lui ai cruellement manqué et qu’elle a sûrement dû m’en vouloir de rater les meilleurs moments de sa vie. Aujourd’hui, il es trop tard, si j’arrêtais, je ne pourrai pas rattraper le temps perdu, elle a sa vie maintenant.
- Et vous ?
- Je vous demande pardon ?
- D’après ce que vous venez de me dire, vous ne vivez pas, vous survivez. Qu’est-ce qui vous retient dans la Navy ?
- Je ne peux pas me passer de voler, quand je pilote un jet à Mac 3, je sens l’adrénaline dans mes veines, c’est comme une drogue. Je suis accro et totalement dépendante.
- Vous pourriez piloter en dehors de l’armée, je suis persuadé que vous trouveriez très vite une place de pilote d’essai.
- Cela ne me plairait pas. Vous savez, c’est tout en ensemble de choses qui font que je reste dans l’armée. Pendant deux ans, après la guerre du Golfe, j’ai voulu tout laisser tomber. Je n’ai pas pu démissionner, j’ai demandé une nouvelle affectation. Les porte-avions, les tomcats, tout ça me rappelait trop de souvenirs douloureux. Le haut commandement m’a affecté à une unité des Navy Seals.
- Vous avez été l’un d’entre eux ?
- Oui. Pendant deux ans, j’ai effectué des missions dotes « impossibles », notre unité était considérée comme l’une des meilleures. Toutes les missions sans espoirs étaient pour nous. Nous étions cinq, chacun de nous était spécialisé dans un domaine qui lui était propre. Nous venions tous d’un corps d’armée différent. Il y avait un spécialiste des explosifs, un en informatique, un lieutenant de la Navy, il connaissait tous les sous-marins et les navires en généraux qu’ils soient américains ou étrangers. Ensuite, il y avait moi, pour le pilotage et notre commandant. C’était le seul qui venait des corps des Marines. Nous avons été formés à toutes les sortes de combats imaginables.
- Pourquoi avoir arrêté ?
- Lors d’une mission, les choses ont très mal tournées, nous avions été trahis par une taupe. Deux d’entre nous sont morts, j’ai été grièvement blessée. Je suis restées trois jours dans la coma, ensuite j’ai eu des mois de convalescence. Quand j’ai ouvert les yeux, j’ai vu Jessie en pleurs me demandant de ne pas la laisser toute seule, de ne pas mourir. J’ai démissionné et j’ai été réaffectée à la Navy comme instructeur et chef d’escadrille. Depuis, je n’ai pas eu à risquer ma vie inconsidérément.
- Il y a toujours un risque quand on pilote.
- Le seul risque qui existe ne peut venir que de vous, il suffit donc
d’être un bon pilote.
- Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle.
- Vous avez pourtant pris la décision de ne plus voler après votre accident. Donc, inconsciemment, vous avez appliqué cette philosophie.
- De toute façon, si je ne l’avais pas fait, mes supérieurs m’y auraient obligés.
- Mais c’est vous qui avez fait le premier pas, cela n’a pas dû être facile. Pourquoi avoir choisi le JAG comme reconversion ?
- Je pense que j’ai été impressionné par la prestation de mon avocat lors de mon procès.
- Quel procès ?
- Quand j’ai eu mon accident, cela a coûté la vie à mon copilote.
- Je suis désolée.
- C’était mon meilleur ami.
- Vous avez été accusé de sa mort ?
- Pas vraiment, mais un enquête a été ouverte pour savoir si j’étais responsable ou non et ce sont des officiers du JAG qui la menaient. A la fin du procès j’ai été déclaré innocent et j’ai demandé mon affectation au JAG. Je ne pouvais plus être pilote, ne pouvant voler de nuit, alors j’ai décidé de relever un nouveau défi. Je me suis donné un nouveau but et j’ai tout fait pour que mon père ne puisse jamais avoir honte de moi s’il revenait.
- Je suis persuadée qu’il serait fier de vous.
- Au fil des ans, j’y ai pris goût et aujourd’hui, j’aime mon travail. L’idée d’œuvrer pour que la vérité éclate me plait beaucoup.
- Un vrai Perry Masson !
Les deux officiers se regardèrent et éclatèrent de rire. Jusqu’à présent, LeÏa n’avait pas pris le temps d’observer son homologue. Elle devait avouer qu’il était très séduisant, ses yeux étaient d’une couleur changeante selon la lumière et son humeur. Le blanc de son uniforme faisait ressortir le teint mat de sa peau. Jessie avait raison, le Capitaine Harmon Rabb Junior était un homme charmant.
- A quoi pensez-vous ?
- A une phrase que ma fille m’a dit tout à l’heure.
- C’est-à-dire ?
- Je vous le dirai peut-être un jour… Je vais aller prendre l’air, ça vous dit ?
- Pourquoi pas, de toute façon, on est bloqué jusqu’à l’arrivée de
l’avocat de Wilson.
- Vous avez une petite idée sur son identité ?
- En tous les cas, cela ne sera pas mon équipière habituelle, elle
s’occupe déjà de deux procès.
Tout en continuant leur conversation, ils traversèrent plusieurs couloirs pour se retrouver juste sous la passerelle. La jeune femme s’adossa à la cuirasse pour faire face à la piste d’envol, un tomcat était en train de décoller.
- Je ne sais si j’arriverai à me passer de ce bruit, de ces sensations, de cette ambiance que représente un porte-avions.
- On y arrive quand on se donne une autre priorité dans la vie.
- Quelle a été la vôtre ?
- Au début, faire le bien et rétablir la vérité.
- Et ensuite ?
- Cela change au fil des ans, mais le premier but est toujours là.
- Vous n’avez jamais trouver une personne qui vous ferez rester au même endroit ?
Harm regarda la mer sans rien dire. Il avait l’air de réfléchir et Leïa comprit qu’il pensait à quelqu’un.
- Désolée, cela ne me regarde pas.
- Il y a eu quelqu’un… c’était la femme de mon meilleur ami… elle avait besoin de temps pour l’oublier.
- Cela ne devait pas être facile pour vous comme pour elle. Il faut lui laisser le temps, un jour elle vous appellera.
- Je ne serai peut-être plus libre ce jour là.
- Quand on aime, on est capable d’attendre des années.
- Sauf si on trouve une autre personne qui se révèle être la bonne.
Elle s’aperçut qu’il s’était rapproché d’elle. Harm la regardait avec une expression étrange dans les yeux. Ils brillaient d’un éclat qui n’était pas dû au soleil. Leïa était comme hypnotisée par ce regard. Harm se rapprocha d’elle. Leurs visages n’étaient plus séparés que par quelques centimètres. La jeune femme savait que ce n’était pas une bonne idée, ils ne se connaissaient que depuis quelques heures. Si elle le laissait faire, il allait penser que c’était une fille facile. Néanmoins, elle ne voulait pas le repousser, sans se l’avouer, elle avait envie de ce baiser depuis le début.
Harm sentait le souffle chaud de la jeune femme sur ses lèvres. Il ne pouvait la quitter des yeux, depuis qu’il l’avait rencontrée, il avait une drôle de sensation, il se sentait bien avec elle. Elle le comprenait et éprouvait les mêmes sentiments qui lui. Elle était son double au féminin.
Leurs lèvres se cherchèrent et ils échangèrent un baiser tendre et sensuel. Quand enfin ils se séparèrent, ils ne purent prononcer un mot. L’arrivée du Lieutenant Roberts leur évitèrent toutes explications.
- L’avocat va arriver dans cinq minutes, Capitaine. J’ai pensé que vous vouliez l’accueillir.
- Bonne idée, répondit Harm d’une voix rauque. Allons y !
Celle-ci, ne pouvant prononcer un mot, acquiesça et passa la première. Elle était certaine d’être rouge comme une pivoine. Bud, apparemment, ne s’était aperçu de rien, à moins qu’il ne soit trop discret pour faire une remarque.
Ils arrivèrent sur la piste en même temps que l’hélicoptère. Les portes s’ouvrirent et une jeune femme descendit puis se dirigea vers eux, un sourire aux lèvres.
- Bonjour, Harm !
- Mac ? Mais que faites-vous ici ? Vos procès ?
- La première affaire est close, j’ai gagné. Pour la deuxième, les jurés doivent être en train de délibérer. L’Amiral recevra le verdict à ma place. Votre affaire doit être très importante pour qu’il m’envoie aussi vite et prenne ma place.
- Elle l’est, Major ! intervint Leïa.
- Major MacKenzie, Capitaine Walker,
dit Harm.
- Heureuse de faire enfin votre connaissance, Capitaine, j’ai beaucoup entendu parler de vous.
- Je ne savais pas que je faisais les premières pages. Vous êtes au courant pour notre affaire ?
- Oui, Capitaine, l’Amiral…
- Alors allons voir Wilson, cette histoire a assez duré, nous devons savoir la vérité, dit-elle en leur tournant le dos.
Leïa n’en pouvait plus, elle voulait en finir avec le passé un bonne fois pour toute et passer à une autre page de sa vie. Quelque chose n’allait pas, elle avait une drôle de sensation, un pressentiment qui s’accentuait au fur et à mesure qu’elle approchait de l’infirmerie. Pourtant, à l’intérieur, tout était normal. Wilson était toujours dans son lit, il les regarda entrer avec la peur dans les yeux. Leïa resta un peu en retrait près d’un lit tandis que Harm présentait le Major à son client. C’est à ce moment-là que tout bascula.
La jeune femme eu l’impression tout à coup de recevoir quelque chose dans l’estomac. Elle devint toute blanche et se plia en deux en gémissant. Elle ressentait une douleur intense au ventre, sa vision se brouilla puis ses jambes se dérobèrent. Elle serait tombée si elle ne s’était pas retenue au lit. Elle avait mal à la tête et tous ses membres la faisaient souffrir le martyr. Elle avait l’impression d’avoir reçu une balle à bout portant.
Et tout à coup, elle comprit… Ce qu’elle venait de ressentir, c’était une autre personne qui était en train de le vivre au même moment. Elle venait de sentir la blessure que quelqu’un avait infligé à son frère. Luke n’était donc pas mort, pas encore, et elle pouvait encore faire quelque chose pour le sortir de là, de cet enfer où il vivait depuis neuf ans.
Le Lieutenant Roberts voyant qu’elle était très pâle s’approcha.
- Capitaine ? Vous ne vous sentez pas bien ?
- Ca va aller, Bud. Ca va passer… je…
Elle s’évanouit dans les bras de Harm qui eut juste le temps de la rattraper avant qu’elle ne tombe à terre.
Leïa était dans un brouillard épais, elle n’y voyait pas à un mètre. Elle avait froid et pourtant elle était trempée de sueur. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait, elle savait juste qu’elle avait mal. Le brouillard se leva petit à petit, tout comme le voile qui recouvrait sa mémoire.
- Luke !… Tu dois tenir le coup, petit frère… Je ne suis pas loin, je vais venir te chercher.
- Leïa !… Cela fait si longtemps… J’ai mal…
- Je sais, mais tu dois tenir… je te ramènerai chez nous, je te le promets.
- Je t’attends, petit sœur, je t’attendrai autant que je le pourrai…
La brume revint encore plus épaisse mais Leïa entendait une voix très loin. Elle ne la reconnaissait pas, mais elle savait que ce n’était pas celle de son frère. Cette voix était chaude et rassurante, elle l’attirait.
La jeune femme ouvrit les yeux, la lumière lui fit un peu mal au début puis elle s’accoutuma. Elle tourna la tête vers la droite et son regard rencontra celui de Harm.
- Vous nous avez fait une sacrée peur, lui dit-il doucement en lui serrant la main.
- Que s’est-il passé ?
Elle tourna la tête et vit le Major MacKenzie et Bud.
- Je ne sais pas si vous pourrez me croire. Il y a des choses que certaines personnes ne peuvent ou ne veulent pas comprendre, répondit-elle en se levant.
- Vous devriez peut-être restée allongée ?
- Non, Bud, je vais très bien. Nous avons un prisonnier à faire parler, dit-elle sur un ton sévère. Et cette fois-ci, il va tout dire s’il ne veut pas finir aux requins.
- Vous n’avez pas le droit de menacer mon client ! intervint MacKenzie.
- Je n’ai que faire de vos remarques, Major ! Wilson a trahi son pays et ses amis, il va me dire ce qu’il sait et je ne lui laisserai aucune alternative. Nous avons des hommes à ramener chez eux, Major, et avec ou sans votre coopération, j’y arriverai. Même si après, je dois passer devant une cours martiale.
- Harm ! Je vous conseille de réfréner les ardeurs meurtrière de votre amie si vous ne voulez pas avoir des ennuis, vous aussi.
- Je suis désolé, Mac, mais je partage son avis. Nous devons tout faire pour ramener nos hommes chez eux. Nous leur devons bien cela.
Ils se retrouvèrent près du lit du Lieutenant Wilson qui se réveilla en sursaut en les entendant.
- Vous allez vous mettre à table, Lieutenant Wilson. Il est temps que vous arrêtiez de mentir.
- Je ne vois pas ce que…
- Ecoutes-moi bien, sale traître, commença Leïa, je sais pertinemment que Luke n’est pas mort comme tu nous l’as dit. Tu es trop vite oublié ce qui nous lie lui et moi. Tu m’as menti et tu as trahi les tiens. Tu n’as pensé qu’à une chose, sauver ta peau et cela au détriment de la vie de tes amis, de ta famille, car c’est ce que nous formions tous les trois, une famille.
- Quel était votre plan, à vous et vos amis ? demanda Harm.
- Ne répondez pas ! intervint le Major. Capitaine Rabb, cessez immédiatement de harceler mon client !
- Votre cher client a trahi son pays, son pilote et ami depuis plus
de quinze ans. Il a détruit tout ce pourquoi sa famille s’est battue en son
absence. Je vais te promettre une chose, Steve, et je te jure que cette promesse
là, je vais la tenir. Jamais, tu m’entends, jamais ton fils n’acceptera de
te revoir quand je lui aurai expliqué comment tu as trahi son parrain. Désormais,
il ne vivra plus que dans la honte.
- Non ! Je t’en prie, ne lui dit rien.
- Pourquoi te rendrai-je ce service ? Tu as abandonné mon frère et tous les autres prisonniers ! A cette heure-ci, ils sont peut-être tous déjà morts !
- Non ! Ils m’ont promis qu’ils ne leur feraient aucun mal !
- Quel était leur plan ? Qu’attendaient-ils de toi ?
- Je…ils… ils voulaient que je conduise un commando américain jusqu’à eux.
- Pourquoi faire ?
- Je… je ne sais pas…
- Tu as bien une petite idée, Steve ? Allez ! Tu as commencé, termines maintenant ! Pour une fois dans ta pauvre vie, n’agis pas comme un lâche !
- Ils voulaient faire croire que vous aviez fait le premier pas.
- Le premier pas ? demanda le Major.
- Dans le déclenchement d’une nouvelle guerre, conclut Harm d’un ton sombre.
- Mon Dieu ! s’écria MacKenzie.
- Espèce de salaud ! Tu voulais les aider à tuer des dizaines voire des centaines de militaires américains et alliés ! Tout cela pour sauver ta peau ! Combien d’autres prisonniers as-tu laissé assassiner sans lever le petit doigt ? Combien ?
- Aucun ! Je te le jure !
- Luke va mourir à cause de toi !
- Non ! C’est faut, personne ne va mourir. Ils sont tous vivants et ils ne les tueront pas !
- Tous ? demanda MacKenzie. Il y a combien d’autres prisonniers ?
- Je… Deux autres en plus de Luke… un français et un anglais…
Leïa et Harm se regardèrent, ils avaient réussi à obtenir ce qu’ils voulaient.
- Lieutenant Roberts !
- Oui, Capitaine.
- Allez prévenir le Commandant que nous l’attendons dans son bureau dans dix minutes et faites appeler l’Amiral Sheggwidden. Que l’on nous passe la communication dans le bureau de Johanson. Ensuite, venez nous y rejoindre.
- A vos ordres, Capitaine !
- Sergent !
- Monsieur !
- Surveillez cet homme. Aucun contact avec qui que ce soit à part nous trois.
- Et le Docteur ?
- Même pas lui ! De toute façon, le Lieutenant Wilson n’a plus besoin de soins, il va très bien.
- Bien, Monsieur ! A vos ordres !
Harm se retourna vers Leïa et la vit discuter avec Bud avant que celui-ci
ne parte. Elle revint vers lui et le regarda. Le Capitaine remarqua la flamme
qui brillait dans les yeux de la jeune femme, celle de l’espoir.
- Allons-y, dit Harm. Nous allons devoir trouver une solution pour ramener les survivants sans déclencher une nouvelle guerre.
- Cela ne va pas être simple, précisa le Major.
Leïa ne prononça aucun mot et se contenta de les suivre dans les couloirs jusqu’au bureau du Commandant qui arriva en même temps qu’eux.
Ils étaient tous installés autour du bureau du Commandant Johanson quand le téléphone sonne.
- Bonjour Amiral ! Je n’en sais pas plus que vous, Monsieur. Je pense que les Capitaines Rabb et Walker vont nous expliquer tout d’ici quelques minutes. Je branche le haut-parleur… Voilà, Amiral, tout le monde peut vous entendre.
- Merci, alors, que se passe-t-il ?
Harm n’eut pas l’occasion de répondre de suite, un coup venait d’être frappé à la porte et Bud entra avec une enveloppe qu’il remit à Leïa.
- Capitaine ?
- Excusez-moi, Amiral !
Harm fit un rapport complet des évènements qui venaient de se dérouler : la fausse déclaration de Wilson, la mise en scène pour le faire avouer et enfin ses aveux complets et la raison de sa libération.
- Donc, nos hommes sont encore en Irak, prisonniers mais vivants.
- Oui, Monsieur. Nous devons tenter quelque chose pour les sortir de là.
- Vous venez de dire qu’ils nous attendaient, c’est un piège.
- En effet, Monsieur, mais il y a peut-être un moyen d’y échapper, intervint Leïa. J’ai demandé au Lieutenant Roberts de me procurer des photos satellites du camp de prisonniers. Je pense que nous pouvons réussir une mission de sauvetage sans trop éveiller les soupçons.
Elle tendit les photos à Harm qui les examina puis acquiesça.
- Je crois que je vois où veut en venir le Capitaine, Monsieur. Je suis d’accord avec elle.
- Nous ne pouvons pas envoyer des hommes comme cela sans autorisation du Président, intervint le Major. Nous risquons de déclencher une guerre et pas la moindre.
- Amiral, nos hommes sont encore là-bas, nous devons aller les chercher.
- Combien sont-ils ? demanda l’Amiral après un temps de silence.
- Trois, Monsieur.
- Trois ?
- Oui, Monsieur, et ils n’attendent qu’une chose, qu’on veuille bien aller les chercher et les ramener chez eux, dans leur famille.
- Amiral ? demanda Harm.
- Oui.
- Monsieur, vous devez faire le nécessaire auprès du haut commandement pour qu’ils envoient quelqu’un là-bas. Une équipe de Navy Seals serait parfaite.
- Je vais voir ce que je peux faire. En attendant, Major MacKenzie,
vous rentrez immédiatement avec le Lieutenant Wilson à Washington. Je préfère
qu’il soit à l’abri dans une de nos prisons quand l’histoire éclatera au grand
jour.
- Bien, Monsieur.
- Capitaine Rabb, vous restez avec le Lieutenant Roberts sur le Kitihawk,
ainsi que le Capitaine Walker. Je vous donnerai des mes nouvelles d’ici une
heure.
- Bien, Monsieur.
- Capitaine Walker ?
- Ca ira, Monsieur ! Nous les ramènerons tous les trois à la maison… Ne dis rien à Jessie pour l’instant. Je ne veux pas lui faire de fausses joies et puis ce sera une belle surprise.
- Entendu ! Prends soin de toi.
L’Amiral raccrocha et une silence pesant s’installa dans le bureau
jusqu’à ce que Leïa se lève et prenne congé du Commandant.
- Elle a beaucoup de cran, dit Johanson. On aurait besoin de plus d’hommes de sa trempe.
- Pourquoi ? demanda le Major… Quoi ? demanda-t-elle en voyant les visages des autres occupants de la cabine.
- Son frère fait parti des trois hommes que nous devons ramener, expliqua Bud.
- Je ne le savais pas.
- Major, un hélicoptère vous attendra dans une quart d’heure.
- Nous serons prêts, Monsieur.
Elle salua le Commandant puis se dirigea vers l’infirmerie. Wilson était prêt et l’attendait dans son uniforme encadré par une escorte.
Le Major ne revit pas Harm avant son départ et elle dû s’avouer que
cette situation ne lui plaisait pas. Elle devait le renconnaître, elle était
jalouse du Capitiane Walker. Harm était aux petits soins pour elle, il semblait
apprécier sa présence, et même la chercher. A la façon dont il la regardait,
n’importe qui pouvait s’apercevoir qu’il était attiré par elle. Le Major
- Ils finiront ensembles tôt ou tard, déclara Wilson.
- Je vous demande pardon ?
- Leïa et votre capitaine. Deux pilotes sont faits pour aller ensembles.
- En tant qu’équipier.
- Ou peut-être plus…
Wilson ne dit plus un mot à partir de ce moment-là. Il n’existait plus aux yeux de ses amis et bientôt sa famille le renierait comme l’avait fait Leïa.
Une heure plus tard, Harm, Leïa et Bud furent appelés dans le bureau
du commandant. Ils entrèrent et découvrirent Johanson en pleine conversation
avec l’Amiral.
- Le Président a autorisé une intervention secrète en Irak pour tenter de récupérer les trois prisonniers.
- Que va-t-il se passer ?
- Un groupe de Navy Seals sera sur le Kitihawk dans six heures. Les Capitaines Rabb et Walker se joindront à eux pour la mission. En les attendant, essayer de mettre au point un plan d’attaque qui ne soit pas trop irréalisable.
- Connaissez-vous la composition de ce commando, Monsieur ?
- Ce sont les meilleurs, Capitaine. C’est votre commando.
- Merci, Monsieur.
- Avec une petite surprise en plus que vous apprécierez sûrement… Bonne chance, dit-il en raccrochant.
- Bien, mes hommes sont à votre disposition pour vous aider, si vous avez besoin de cartes, de photos ou de tout autre chose.
- Merci, Monsieur.
- Vous pouvez rester ici, je serai sur la passerelle durant les six prochaines heures, conclut le Commandant en quittant la cabine. La jeune femme s’assit face au bureau et poussa un long soupir, imitée par le Lieutenant Roberts.
- Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demanda-t-il.
- Vous avez entendu l’Amiral ? Nous avons six heures pour mettre un plan sur pied. Bud, allez chercher tous les plans et les photos qui sont dans notre cabine, s’il vous plaît.
- A vos ordres, Monsieur ! dit-il en sortant.
- Vous avez un plan en tête ? demanda Leïa.
- Non, et vous ?
Ils se regardèrent sans dire un mot. Elle se leva et marcha un peu dans la cabine.
- Cela ne va pas être facile, dit Harm. Nous devons aller les chercher alors que les Irakiens savent que nous arrivons.
- Il faut les prendre à leur propre jeu.
- Et comment ?
- Il y a un proverbe qui dit : « Tel est pris qui croyait prendre. »
- Vous voulez que nous nous fassions prendre ?
- Vous me donnez une idée…
Le Lieutenant Roberts arriva avec des cartes dans les bras. Ils étalèrent sur le bureau celle qui avait été établie avec les renseignements donnés par Wilson.
- C’est quoi votre idée ? demanda Harm.
- Vous êtes sûre que vous vous sentez bien , Madame ?
- Oui, Bud. Dans le commando, ils sont dix, plus nous deux, cela fait douze, cela sera suffisant pour mon plan.
- Deux d’entre nous doivent servir d’appât. Leur but sera de faire croire qu’ils sont seuls pour libérer les otages et ils tomberont donc dans le piège. Les soldats, qui d’après Wilson, ne sont qu’une vingtaine croiront que leur guet-apens aura fonctionné et ils relâcheront leur surveillance. Le commando fera son entrée à ce moment-là.
- Il y a tout de même des ombres dans votre plan, commença Harm.
- Je n’ai fait que donner l’idée générale, maintenant il faut broder autour.
- Oui, dit Bud, je ne sais pas si le Capitaine Rabb est fort pour cela, mais moi, la broderie n’est pas mon truc.
Ils éclatèrent des rires tous les trois. Malgré la tension qui régnait et le stress qui pesait sur leurs épaules, une petite récréation pouvait les aider à avoir moins peur.
- Bon, reprenons depuis le début. Vous voulez que deux personnes débarquent là-bas pour localiser les prisonniers.
- Oui, on devra commencer le ménage aussi.
- On ?
- Oui, nous sommes les deux personnes les mieux placées pour y aller en premier.
- Parce qu’une fois qu’ils connaîtront notre identité, ils ne douteront plus de nous et n’auront aucune chance de découvrir nos vraies intentions.
- Vous avez vraiment l’air d’y croire.
- Mais c’est le cas, Bud ! Je vais chercher mon frère, disparu pendant la guerre et je suis dans l’armée américaine, je ne suis par n’importe qui.
- Et moi ? Quel est mon motif ?
- Vous êtes aussi un membre de l’armée et vous êtes un avocat du JAG, cela peut aider pour d’éventuelles négociations.
- S’ils décident de tirer d’abord et de négocier après, nous serons perdus.
- Ils ne feront pas ça, cela ne leur profitera pas.
- Soit, ensuite vous voulez faire le ménage.
- Oui, avant de nous faire prendre nous devrons éliminer quelques hommes. Des silencieux seront de mise, bien sûr.
- Evidemment ! Ensuite, nous irons récupérer les survivants ici, dit Harm en montrant une cabane sur la carte.
- Je ne pense pas qu’ils soient retenus là.
- Vous doutez de Wilson ?
- Oui, et même s’il disait vrai, je pense que les Irakiens les ont changés de place sans qu’il le sache.
- Et pour les mettre où ?
- Voilà le problème. Une fois là-bas, le plus dur sera de les trouver et le seul moyen, c’est de se faire prendre. Ils nous enfermeront avec eux et à ce moment-là, il nous faudra trouver une solution pour signaler notre position au commando.
- Pas question d’émetteur ou tout autre gadget de ce genre, vous allez certainement être fouillés de près.
- Vous avez raison, Bud.
- Merci, Monsieur… Aie !
- Qu’est-ce qui vous arrive ?
Je viens de me cogner la cheville contre le pied de la table.
- Bud ! dit Harm exaspéré.
- Mais bien sûr ! Bud, vous êtes génial !
- Ah bon.
- Il faudra que l’un de nous porte des chaussures avec un faux talon. Il y a largement la place pour y mettre un émetteur dedans.
- Maintenant, nous allons jouer les James Bond. Et ensuite, dit Harm résigné.
- Ce sera au commando de faire le reste. Les hommes devront se répartir
au mieux dans le camp avec, bien sûr, le plus gros des effectifs autour
du logement des prisonniers. Ils nous fourniront de nouvelles armes pour
que nous puissions les aider.
- Puisque vous avez tout prévu, il ne nous reste plus qu’à attendre les renforts. Ils seront là dans quatre heures environ. Nous devrions profiter de ces quelques heures pour nous reposer, le plus dur est à venir. Bud, vous nous préviendrez dès qu’ils seront là.
- Bien, Monsieur !
- En attendant, allez vous reposer un peu, vous aussi.
- Monsieur, Madame.
- Vous aussi, vous devriez aller dormir, dit Harm en s’adressant à la jeune femme.
- Je ne pourrai pas fermer l’œil, répondit-elle en s’asseyant.
- Vous en auriez pourtant besoin. Cela doit faire plus de 20 heures que vous n’avez pas dormi.
- Ne vous inquiétez pas pour moi, je vais rester un peu ici à revoir
le plan et j’essaierai de me coucher plus tard.
- Je sais pertinemment que vous n’en ferez rien, dit-il en s’asseyant à ses côtés. Même si je le trouve un peu dangereux, votre plan est ce que l’on a de mieux.
- Merci de me remonter le moral.
- Il faut bien que je serve à quelque chose, vous vous êtes occupée de tout jusqu’à présent.
Leïa le regarda et, voyant son air désabusé, éclata de rire.
- Je savais bien que je réussirai à vous faire rire.
- Merci, Harm, dit-elle en l’embrassant spontanément sur le coin des lèvres.
Leurs visages restèrent près l’un de l’autre puis se rapprochèrent lentement et leur lèvres se scellèrent. Harm caressa la joue de la jeune femme en l’embrassant. Leur baiser était doux et fit monter des sensations dans le corps de Leïa que celle-ci avait depuis longtemps oubliées. Quand ils se séparèrent, le Capitaine voulut dire un mot mais elle posa son doigt sur ses lèvres.
- Ne dites rien, Harm. J’en avais autant envie que vous, mais nous ne pouvons pas nous laisser allez, pas maintenant. Et puis je ne voudrai pas donner l’impression d’être une fille facile.
- Loin de moi cette idée. J’espère que vous ne pensez pas que je
profite de la situation.
- Quand je penserai que vous allez trop loin, je vous le ferai savoir. Pour l’instant, nous avons une mission à mener à bien, alors allez vous reposer, je vais prendre un peu l’air avant de faire de même.
En fait, Leïa ne put trouver le sommeil, quand l’hélicoptère transportant le commando arriva, elle se trouvait sous la passerelle et regardait les jets décoller et atterrir par groupe de deux.
Elle descendit et se retrouva sur la piste en même temps que Bud et le Capitaine Rabb. Ils accueillirent les membres du commando des Seals et furent cloués sur place en découvrant le premier soldat qui posa le pied sur le pont.
- Amiral ! dit Bud qui fut le premier à se reprendre.
- Bonjour à vous trois.
- Qu’est-ce que tu… vous faites ici, Monsieur ?
- Je suis venu donner un petit coup de main. Je n’avais pas envie de rester les bras croiser à attendre que l’on me dise que mes deux enfants préférés s’en étaient sortis.
- Il est blessé, AJ.
L’Amiral regarda la jeune femme puis il s’approcha pour la prendre dans ses bras, devant tout l’équipage. Mais il n’y fit pas attention, il devait se racheter pour avoir empêcher Leïa de voir sa fille. Elle avait besoin de lui et ne voulait pas lui tourner le dos, surtout pas maintenant.
Francesca était le seule enfant de Sheggwidden, mais depuis le jour où il avait rencontré Luke et sa sœur chez un ami à Miramar, il les avait pris sous son aile. Il avait toujours été fier d’eux comme s’ils étaient ses propres enfants. Il fut le premier à se reprendre.
- Je crois que nous avons du travail sur la planche.
- Oui, Monsieur.
- Heureux de vous revoir, Capitaine Walker.
- Merci, Spike, moi aussi. Je n’aurai voulu personne d’autre que vous et votre équipe pour cette mission. Je vous présente le Capitaine Rabb, du JAG, il sera des nôtres.
- Bien, Madame. Vous avez d’autres JAG sous le coude ?
- Non, dit-elle en souriant. Le dernier reste à bord. Capitaine, voici le Lieutenant Spike, un vieil ami.
- Bonjour.
- Venez, nous avons installé tous les plans dans la salle de réunions, nous allons vous exposer notre plan.
Ils se dirigèrent tous vers la pièce indiquée et s’installèrent. Leïa présenta son plan en précisant les deux phases bien distinctes.
- Voilà ! Des questions ?
- C’était très intéressant, mais quel est le vrai plan ? demanda l’Amiral.
- Il n’y en a pas d’autre.
- J’en étais sûr, c’était juste pour écarter tout malentendu. Je présume que ce plan n’est pas votre idée, Rabb ?
- Non, Monsieur.
- Je me demanderai toujours comment vous faites pour rester en vie avec des plans aussi stupides, Capitaine Walker.
- Je mets simplement en pratique les conseils que m’a donné un ancien Seals à qui je tiens beaucoup.
- Je crois qu’il est un peu tard pour rattraper les erreurs qu’il a fait dans votre éducation.
- Moi aussi, Monsieur, dit-elle en souriant.
- Ok, comment vous allez nous avertir quand vous aurez trouvé les prisonniers ?
- Avec l’émetteur que j’ai mis dans le talon de ma chaussure. D’autres questions ?
- Nous ne devrons agir qu’à votre signal, n’est-ce pas ?
- Oui, Spike.
- Et si vous êtes torturés, blessés ou autre chose de ce genre ?
- Vous ferez comme d’habitude, Lieutenant Spike. Notre priorité, ce sont les prisonniers. Quoiqu’il arrive, quoiqu’il nous arrive, vous n’interviendrez qu’à notre signal. C’est bien compris ?
- Ces hommes sont des nôtres, intervint Harm. Ce sont des alliés et des pilotes pour certains d’entre eux. Notre but est de les ramener chez eux, dans leur famille.
Les Seals furent impressionnés par leur détermination. Certains d’entre eux connaissaient déjà la jeune femme pour avoir été sous son commandement lorsqu’elle était des leurs. Pour les autres, cette femme et cet avocat leur inspiraient de l’admiration.
- Bien, intervint l’Amiral. On se retrouve tous sur le pont dans une heure.
A l’heure dite, tous vêtus de leur tenue de camouflage, ils embarquèrent à bord de deux hélicoptères qui les déposèrent à trente kilomètres de la frontière avec l’Irak. Les Seals établirent un camp provisoire à cet endroit.
Les Capitaines Rabb et Walker se mirent en route après les dernières
recommandations de leur supérieur.. Ils devaient profiter de la nuit pour
faire le plus de chemin possible et se reposer le jour.
Cela faisait deux nuits qu’ils marchaient. Ils approchaient lentement de leur but. Pour l’instant, ils n’avaient rencontré qu’une patrouille qui ne les avaient pas détectés. Il était cinq heures du matin quand ils arrivèrent enfin en vue du camp. Le jour allait bientôt se lever. Ils devaient se cacher et attendre la nuit suivante pour agir.
Ils commencèrent par trouver un endroit pour passer la journée, ils optèrent pour une grotte à quelques mètres du camp, puis ils l’observèrent pour se faire une idée sur le nombre de leurs ennemis et voir s’ils pouvaient découvrir où étaient les prisonniers. Le soleil apparaissait à l’horizon quand ils s’enfermèrent dans leur abri. Ils dessinèrent le plan sur le sol de la grotte et firent le point sur ce qu’ils avaient vu.
- Il semble que cette baraque serve aux soldats pour dormir.
- Oui et celle-là pour manger. Vous avez une idée pour ces trois maisons ?
- Non, mais l’une d’elle doit servir aux prisonniers.
- Si on avait pu les observer de jour…
- C’est trop dangereux, Harm.
- Je sais. Nous devons manger un peu et essayer de dormir.
- Oui.
Ils mangèrent en silence puis s’allongèrent tant bien que mal. La
chaleur de l’extérieur commençait à se faire sentir. Dans la grotte, la
température était relativement fraîche et ils n’auraient pas à souffrir
énormément de la chaleur du soleil. Ils dormirent une grande partie de la
journée en montant la garde chacun leur tour.
Quand Harm réveilla Leïa pour la dernière fois, il était 21 heures. La lumière du jour commençait à baisser. Ils scrutèrent les alentours puis sortirent et se dirigèrent vers le camp. Ils l’observèrent pendant quelques minutes afin de découvrir un signe qui leur indiquerait que leurs ennemis étaient au courant de leur présence. Ils dégainèrent leurs armes, vissèrent un silencieux au canon et les armèrent. Un dernier regard, un hochement de tête et chacun partit de son côté.
Par la suite, les choses s’accélérèrent. Ils tuèrent en tout huit
hommes avant d’atteindre la cabane où devaient se trouver les prisonniers
selon Wilson. Comme Leïa l’avait pressenti, elle était vide et quand ils
voulurent en sortir, ils se retrouvèrent face à seize mitraillettes dernier
cri.
- Qui êtes-vous ? leur demanda un soldat en américain. Que faites-vous ici ?
- On a vu de la lumière, répondit la jeune femme, alors on est entré.
Cette réponse lui valut un coup de crosse dans les côtes qui lui coupa la respiration pendant quelques secondes.
- Répondez à ma question ! ordonna le soldat.
- On est perdu, dit Leïa, on vient vous demander l’hospitalité.
Un autre coup de crosse et elle tomba à genoux. Il donna un ordre en arabe à ses hommes qui les enfermèrent dans la cabane.
- Vous pouvez me dire à quoi vous jouez ?
- Ils étaient seize, plus un type qui donnait les ordres. Je pense
qu’il est allé voir leur chef pour savoir ce qu’ils doivent faire de nous.
Donc ils doivent être 18.
- Vos côtes ?
- Une ou deux cassées ! Rien de grave. Je n’ai pas pu voir les
autres maisons, ils me cachaient la vue. Et vous ?
- Je dois avouer que je m’inquiétais plus du sort qu’ils vous réservaient.
- Nous avons une mission, Capitaine ! C’est la seule chose qui
compte, dit-elle d’un ton brutal. Mais merci pour votre sollicitude, dit-elle
plus doucement.
- Approchons-nous des fenêtres, peut-être verront nous quelque chose… On ne voit pas grand chose.
- Vous connaissez l’air de la Marseillaise et du God save the Queen ?
- Je vous demande pardon ?
- Les hymnes nationaux de la France et de l’Angleterre.
- Vous pensez qu’ils vont nous répondre ?
- Si on siffle assez fort, pourquoi pas ?
- Avec vous, plus rien ne peut m’étonner.
Ils commencèrent par la Marseillaise. Ils sifflèrent trois fois le
refrain puis ils firent de même avec l’hymne national anglais mais en vain.
Ils se regardèrent découragés.
- Ils ne peuvent peut-être plus siffler.
- A moins qu’ils n’aient été déplacés.
- Non, personne ne savait qu’on allait venir aujourd’hui. Ils sont forcément ici.
- Et si tout cela n’avait été qu’un stratagème pour faire en sorte que des Américains entre en Irak sans autorisation.
- Dans ce cas, ils auraient menti à Wilson… Et ils l’auraient trouvé où ?
Harm n’eut pas le temps de répondre, des soldats entrèrent et les entraînèrent dehors dans la cour, le jour commençait à se lever. Ils furent attachés à un poteau chacun et un homme se posta devant eux.
- Qui êtes-vous ?
Leïa le regarda puis se mit à siffler un air inconnu à Harm. Il la regarda mais comprit que ce chant devait être réservé pour une personne bien précise. La cour résonnait, c’était le meilleur endroit pour se faire entendre de tout le camp. Mais il ne pouvait pas l’aider, alors il décida de chanter le God save the Queen.
Au bout de dix minutes, malgré les coups qu’ils avaient tous les deux reçu, ils continuaient de siffler. Tout à coup, ils entendirent comme un écho. Ils se regardèrent, Leïa se mit à chanter les paroles de la chanson à voix haute.
A ce moment-là, il n’y eut plus de doutes, une voix d’homme s’était jointe à la sienne. Après le deuxième refrain, elle chanta l’hymne français puis l’hymne anglais, accompagné de Harm. A chaque fois ils eurent une réponse. Les chants semblaient venir de leur gauche.
Harm regarda dans cette direction et découvrit une grille en bambou à même le sol, des mains en sortaient et s’agitaient. Il se tourna vers la jeune femme et acquiesça.
Celui qui avait l’air d’être le chef aboya un ordre, il n’avait pas l’air d’avoir apprécié le petit concert donné par les deux capitaines. Deux hommes détachèrent Leïa, ils lui enlevèrent sa veste, la retournèrent et la rattachèrent au poteau.
- Je ne le répèterai pas deux fois. Qui êtes-vous ? Et que voulez-vous ?
Leïa se remit à chanter sa chanson. Elle entendit l’homme donner un ordre puis sentit le fouet s’abattre sur son dos avant même de l’avoir entendu claquer. Elle reçut encore quatre coups mais elle continua à chanter.
- Vous êtes obstinée pour une femme.
- Je… sais… il paraît que c’est mon… principal défaut…
- Je ne savais pas les Américaines aussi farouche. Pour l’instant, je n’ai eu droit qu’à deux spécimens masculins. L’un n’était qu’une larve, quant à l’autre, il est de la même trempe que vous.
« Il est… » Ces mots résonnèrent dans la tête de la jeune femme. Ce type parlait au présent, donc Luke était encore en vie, elle avait raison, c’était bien lui qui lui avait répondu quelques minutes plus tôt. Cette certitude redonna du mordant à la jeune femme. Elle devait tenir jusqu’à l’arrivée des renforts. Elle regarda Harm et vit son regard inquiet. Elle lui sourit et se remit à chanter.
- Vous persistez à me résister, mais nous verrons bien combien de temps vous tiendrez.
- Autant de temps qu’il le faudra ! répondit-elle.
L’homme aboya un ordre et deux soldats détachèrent Harm et le conduisirent dans une des cabanes. Par la suite, tout ce qu’elle entendit, ce fut les cris de son ami mêlés à ses gémissements à chaque fois qu’elle recevait un coup de fouet.
Elle s’arrêta de compter à cinquante coups puis tout s’assombrit autour d’elle et elle comprit qu’elle perdait connaissance car elle ne sentait plus le fouet s’abattre sur son dos douloureux.
Leïa sortit peu à peu de l’obscurité où elle se trouvait. Au fur et à mesure qu’elle reprenait conscience, elle percevait des bruits de voix et des gémissements. Au bout de quelques minutes, elle comprit que c’était elle qui gémissait à chaque fois que l’on appuyait sur son dos et qu’un liquide glacé coulait sur les plaies.
Tout doucement, elle reprit ses esprits et se remémora les derniers évènements. Elle se trouvait dans un camps en Irak et elle était venue chercher des prisonniers avec Harm.
- Harm ?
- Elle reprend connaissance, dit une voix française. Ne bougez pas,
Mademoiselle.
- Harm ?
- Ne vous inquiétez pas, il est simplement évanoui. Il va se réveiller d’un moment à l’autre.
- Tu crois qu’elle te comprend ?
- Je parle très bien le français, répondit-elle. Qu’est-ce que vous
faites ? On dirait que l’on m’arrache la peau !
- Je suis désolé, mais j’essaie de soigner vos blessures. Le sang a séché et les morceaux de votre tee-shirt se sont collés.
- Alors arrachez tout, qu’on en finisse !
- Vous êtes sûre ?
- Allez-y !
Le prisonnier s’exécuta. Il découpa le tee-shirt sur le côté puis tira d’un coup. La jeune femme étouffa un cri et sa respiration se fit plus rapide mais elle ne prononça aucun mot jusqu’à ce que Harm se réveille.
- Leïa ?
- Oui, je suis là. Comment vous sentez-vous ?
- J’ai l’impression qu’un rouleau compresseur m’est passé dessus. Et vous ?
- Je suis quitte pour éviter les belles plages et le soleil pendant quelques semaines.
Harm s’assit et la regarda, elle était allongée sur le ventre et son dos était strié de plaies qu’un homme tentait de soigner de son mieux.
- Où sommes-nous ?
- Dans votre nouvelle maison, lui répondit un homme en anglais.
- Sergent Rogers ?
- Oui… Qui êtes-vous ?
- La cavalerie, dit Leïa en se levant.
Elle enfila une veste que le français lui tendait. La tête lui tourna
un moment.
- La cavalerie ? C’est une plaisanterie ! Qu’est-ce que des touristes peuvent faire pour nous ?
- Des touristes ? Il y a d’autres endroits beaucoup intéressant à visiter pendant les vacances… Où sont mes chaussures ? demanda-t-elle.
- Les soldats les ont prises. Vous n’en aurez pas besoin de tout façon.
- Houston, je crois que nous avons un problème.
Les trois hommes la regardèrent, ahuris. Les deux prisonniers ne savaient
pas qui étaient ces deux nouveaux arrivant, mais une chose est sûre, cette
femme avait du cran.
- Qui êtes-vous ? demanda finalement le français.
- C’est énervant à la fin, tout le monde ne cesse de nous poser cette question.
- Ils attendent peut-être une réponse…
- Luke !
La jeune femme se retourna vers l’endroit d’où provenait la voix. Elle découvrit un homme allongé sur une couverture dans le fond du cachot. Elle s’y précipita et s’agenouilla près de l’homme.
- Alors petite sœur.. tu en as mis du temps…
- Désolée, il y avait un peu trop d’embouteillages… Tu sais ce que c’est avec les heures de pointe…Oh ! Luke !
Elle prit son visage entre ses mains et l’embrassa avant de le serrer très fort contre elle. Elle le regarda dans les yeux, des larmes lui venaient.
- Comment va ta blessure ?
- Je m’en remettrai… Comme d’hab…
- Comment saviez-vous qu’il était blessé ? demanda Harm.
- C’est un truc de jumeaux, vous ne pouvez pas comprendre, Harm. Luke,
je te présente le Capitaine Rabb, il travaille pour AJ. Harm voici mon frère.
- Un avocat ! Tu te fous de moi ?
- Non, petit frère. Et je te demanderai de bien vouloir montrer un
peu de respect pour tes supérieurs.
- Bon, si vous vouliez bien nous expliquer maintenant… intervint le Sergent Rogers.
- Nous sommes venus vous chercher pour vous ramener à la maison. C’est
aussi simple que cela.
- Mais comment ?
- Là, ce n’est plus aussi simple. Il y avait un émetteur dans ma chaussure
que je devais activer pour que l’autre cavalerie arrive.
- Comment vous allez faire pour leur dire où nous sommes ?
- Nous allons réfléchir.
- Rassurez-vous, Leïa est plein de bonnes idées.
- Ouais, dit Harm, un peu farfelues et dangereuses les idées, tout de même. Quelque soit l’idée que vous aurez, il faut qu’elle vienne et vite. Je ne sais pas ce que je leur ai dit…
- Apparemment rien, vu la façon dont ils vous ont jetés dans la fosse. Ils étaient vraiment en colère.
- Alors nous devons vite agir…
- Qu’y a-t-il ?
- Chut !
Leïa avait l’air d’écouter quelque chose, pourtant, à l’extérieur,
Harm n’entendait aucun bruit à part le cri d’une chouette. Une chouette dans
le désert ?
- Ne me dis pas que tu as amené AJ jusqu’ici, petite sœur ?
- Ce n’était pas mon idée, mais la sienne, dit-elle en souriant. Messieurs, la cavalerie arrive. Tenez-vous prêts, nous vous ramenons tous les trois au bercail.
La jeune femme porta ses mains à la bouche et poussa un cri étrange.
Quelque chose tomba à ses pieds, venant de l’ouverture qui donnait sur l’extérieur.
Elle ramassa un sac et l’ouvrit. Elle en sortit un couteau qu’elle donna à
son ami pour qu’il coupe les liens de la porte. Il y avait aussi deux pistolets
munis de silencieux. Elle en prit un et tendit l’autre à Harm qui venait de
terminer.
Ils ouvrirent le battant et sortirent l’un après l’autre. Après quelques
secondes pendant lesquelles ils vérifièrent les alentours, ils aidèrent les
deux prisonniers valides portant Luke à sortir. Ils leur montrèrent les buissons
où des hommes les attendaient.
L’Amiral s’approcha d’eux avec Spike et leur firent comprendre avec
des signes qu’ils avaient tué 8 hommes et que les autres étaient pour l’instant
tous regroupés dans une seule cabane.
Pendant qu’un homme restait auprès des prisonniers, les autres encerclèrent la cabane et lancèrent une grenade de fumigène. Les hommes sortirent en toussant et se retrouvèrent face à un peleton armé de mitraillettes. Ils se rendirent tous sans hésiter.
Voyant que leur chef n’était pas avec eux, Leïa leur demanda où il était. N’obtenant pas de réponse, un membre du commando s’approcha et répéta la question en arabe en lui posant le canon de son arme sous le menton, prêt à tirer.
L’homme répondit qu’il se trouvait dans la maisonnette du fond. Leïa partit en courant, elle ne voulait surtout pas que cet homme lui échappe. Elle entra en trombe dans la maison en défonçant la porte. Elle surpris l’irakien qui était en train de plier bagage. Elle lui demanda de sortit les mains en l’air. Il obéit, mais quand il passa près d’elle, il la désarma et une lutte s’engagea entre les deux ennemis.
L’homme tenta d’envoyer la jeune femme par la fenêtre, mais elle ne le lâcha pas et ils traversèrent ensemble la lucarne pour se retrouver dans la cour. Leïa répondait à toutes les attaques que lui lançait son adversaire, mais il en était de même dans l’autre sens. Aucun des spectateurs ne bougea. Ils savaient que c’était son combat à elle, elle devait faire la paix avec son passé et cela passait par une raclée administrée à cet homme qui lui avait enlevé son frère pendant les neuf dernières années.
Elle s’acharna sur son adversaire jusqu’à ce qu’elle est le dessus. Il était à terre mais dans un dernier sursaut de fierté, il tenta de se redresser. Leïa pivota sur elle-même et lui envoya un coup de pied dans le visage. Il resta à terre, ne bougeant plus. Des hommes accoururent et le mirent en joue pour le cas où il voudrait encore tenter quelque chose.
Leïa se dirigea vers son frère qui était allongé sur un brancard. Elle lui prit la main et lui sourit.
- C’est terminé, maintenant. On rentre à la maison, dit-elle en regardant
AJ en face d’elle.
- Oui, je crois qu’il y a certaines personnes qui nous attendent avec
impatience, ajouta-t-il en souriant.
- Stan ?
- Je les ai tous dans la boite, Capitaine, répondit un soldat en montrant son appareil photo. Même leur mère pourra reconnaître le moindre point noir sur leur visage.
- Tenez, Capitaine, dit un homme en lui tendant un magnétophone.
- Merci.
La jeune femme s’approcha du chef qui avait reprit ses esprits et lui
demanda pourquoi il n’avait pas obéi à Saddam Hussein à la fin de la guerre
en relâchant tous les prisonniers.
- Je n’ai pas à vous répondre.
- J’ai été gentille avec vous jusqu’à présent, alors je vais changer de tactique, dit-elle en dégainant son arme et en la mettant sous son menton.
- Vous n’oserez pas, vous êtes américaine, une femme, vous ne tuerez pas de sang froid.
- C’est mal me connaître, mon cher. Vous m’avez privée de mon frère pendant neuf années, neuf longues années, et aujourd’hui, je n’ai plus une once de patience.
- Vous ne ferez rien.
- Tu crois ça, dit-elle en armant son arme.
- Leïa ! Non ! cria Harm sentant qu’elle était prête à appuyer
sur la détente.
- Notre chef suprême n’était au courant de rien, avoua le chef convaincu par la peur qu’il vit dans les yeux de Harm. C’est le Ministre qui nous a ordonné de ne pas les libérer et de tout faire pour que personne n’en sache rien.
- Qui me dis que tu ne mens pas ?
- C’est la vérité ! Je vous le jure ! supplia-t-il en tombant à genoux.
- Pourquoi le Ministre aurait-il fait cela ? demanda Harm. Cela n’a aucun sens.
- Il attendait le bon moment pour déclencher une nouvelle guerre et
ainsi il en aurait profiter pour prendre le pouvoir en renversant Saddam.
- Pourquoi a-t-il attendu si longtemps ?
- Les relations avec le pays de l’ONU se sont améliorer, expliqua l’Amiral,
jusqu’à ces temps-ci. Il y a deux mois, il y a eut un congrès entre plusieurs
pays dont l’Irak et les USA. Il paraît que notre Président et Hussein se sont
un peu heurtés.
- C’est là que le Ministre a eu l’idée de faire libérer le prisonnier le plus faible moralement et de faire en sorte qu’il ramène un commando ici.
- Ainsi, vous auriez fait croire que les Américains avaient violé votre territoire et le traité et la guerre aurait repris.
- Oui.
- Lieutenant, ils sont à vous.
Deux hélicoptère arrivèrent une heure plus tard. Les Irakiens furent enfermés dans une des cabanes avec de l’eau et des vivres. Toutes les issues avaient été barricadées. L’Amiral voulait qu’ils tiennent le coup jusqu’à ce que leur ministre les libère.
Le commando embarqua dans un des appareils pendant que Leïa, Harm,
Sheggwidden, les trois prisonniers prenaient place dans l’autre. Une heure
plus tard, ils étaient à bord du Kitihawk.
Une fois sur le Kitihawk, Luke Walker et les deux autres prisonniers furent conduit à l’infirmerie. Tout le monde devait partir pour Koweit City une heure plus tard pour prendre l’avion qui les ramènerait chez eux. Le Capitaine Picard serait rapatrié en France et le Sergent Rogers en Angleterre. Quant aux autres, ils seraient cinq à rentrer en vainqueur aux Etats-Unis. Leïa était impatiente de retrouver sa fille et de la serrer dans ses bras, mais une chose la tracassait néanmoins : elle allait devoir dire au revoir à Harm.
- Alors petite sœur, je viens juste de rentrer et tu m’oublies déjà !
- Quoi ?
- C’est bien ce que je disais, tu es à cent lieues de moi alors que
nous avons neuf années à rattraper.
- Je m’excuse.
- A quoi pensais-tu ? Ou plutôt à qui ?
- Qu’est-ce que tu vas encore imaginer ?
- Je ne suis pas aveugle, Leïa. J’ai bien vu ces regards que vous vous lancer avec le Capitaine Rabb.
- Il n’y a rien entre nous, il m’a simplement aidée à te retrouver,
c’est tout.
- Mais, bien sûr ! Tu sais que tu n’as jamais pu me cacher quelque
chose. Il te plait ?
- Il est gentil.
- Et ?
- Mais tu es pire que Jessie !
- Pourquoi ?
- Elle aussi n’arrête pas de me rabâcher les oreilles avec lui depuis qu’elle l’a rencontré.
- Et que pense-t-elle de lui ?
- Qu’il est tout à fait « ma catégorie d’hommes ».
- Ma nièce est géniale ! Elle ne pense qu’à une chose, c’est de caser sa mère pour ne plus l’avoir dans les pattes.
- Tu es injuste. Et puis, Jessie n’a plus besoin de moi, maintenant. Elle est fiancée avec un jeune homme charmant, qui l’aime énormément et qui la rend heureuse. Ils doivent se marier quand ils auront eu leurs examens.
- Alors, elle essaie de te caser pour que tu ne restes pas seule, sans elle.
- Je ne suis plus seule, puisque tu es revenu, petit frère.
- Pour combien de temps ?
- Que veux-tu dire ?
- Que je vais devoir te quitter et retourner à Miramar si je veux remonter dans un jet.
- Je sais. On pourra revoler ensemble, comme au bon vieux temps.
- Ce sera long.
- Il va falloir d’abord que tu te remettes de ta blessure, tu en as pour environ deux mois, ensuite, tu devras te remettre en condition physique, passer des tests pour voir si tout va bien. Et seulement ensuite, tu pourras remonter dans un jet et t’entraîner pour essayer de m’arriver à la cheville.
- Ce ne sera pas difficile.
- Espèce de…
Leïa attrapa un oreiller à côté d’elle et le lança sur son frère.
- Qu’est-ce qui se passe ici ? cria l’Amiral en entrant.
- Une petite dispute, Monsieur, répondit Leïa au garde à vous.
- Je suis content de voir que votre blessure ne vous gêne pas tant que cela, Capitaine Walker.
- Merci, Monsieur… Capitaine ?
- Eh, oui, petit frère. Pendant que tu étais prisonnier, nous, on te croyait mort et notre cher Président t’a décoré à titre postume.
- Ah !
- Ne te plains pas, moi je me suis fait descendre deux fois pour pouvoir avoir ma promotion.
- Toujours en train de râler, dit Luke en lui jetant le coussin dans
le ventre.
- Content de vous revoir ensembles, les enfants. Vous pouvez pas savoir combien vos plaisanteries m’ont manqué.
- Maintenant, je vais enfin pouvoir dormir tranquille. Des nuits faites de magnifiques rêves.
- Avec ton prince charmant ?
- Luke !
- Aurai-je loupé quelque chose ? demanda l’Amiral.
- Bonjour, tout le monde ! dit Harm en entrant accompagné de Bud.
- Content de vous revoir entier, Capitaine Walker.
- Merci, Bud, répondirent les deux jumeaux avant de se regarder et d’éclater de rire. Il va falloir qu’on trouve un moyen de nous différencier, ajouta Leïa.
- La différence est pourtant frappante, dit Harm.
- Bien ! intervint l’Amiral. Nous décollons dans un quart d’heure. On se retrouve sur le pont.
- A vos ordres !
- Bon, si tu me le permets, petit frère, je vais aller prendre l’air avant le départ.
- Quant à moi, dit Harm, j’ai encore un ou deux petits détails à régler.
Harm retrouva Leïa sous la passerelle, elle regardait l’agitation sur le pont d’envol.
- Ca va ?
- Oui, et vous ?
- Pas mécontent de rentrer en un seul morceau.
- Oui, moi aussi. J’ai hâte de retrouver ma fille.
- Elle va être heureuse de vous retrouver tous les deux.
- Oui.
- Vous allez repartir sur le Georgetown ?
- Pas tout de suite. J’ai demandé deux semaines de permission pour
rester un peu avec Luke et ma fille.
- Vous restez à Washington ?
- C’est possible, je n’en sais rien.
- Si vous avez envie de parler, de boire un verre ou de dîner lorsque vous serez à Washington, n’hésitez pas, vous savez où me trouver.
- C’est une invitation ?
- J’aimerai bien…
La jeune femme s’approcha et l’embrassa. Il répondit à son baiser avec
douceur. Il avait attendu ce moment depuis longtemps. Au bout d’un moment,
elle se dégagea et le regarda.
- Merci, Harm, dit-elle avant de partir.
Quelques minutes plus tard, ils embarquaient tous à bord d’un hélicoptère
en direction de Koweit City.
Quand l’avion militaire atterrit sur la piste de la base de Norfolk, un comité d’accueil attendait les passagers.
L’Amiral fut le premier à descendre, suivit du Lieutenant Roberts que son amie, l’Enseigne Harriet Sims vint embrasser et du Capitaine Rabb.
Le Capitaine Walker descendit derrière le brancard qui transportait
son frère. Quand elle mit le pied à terre, une jeune fille se précipita dans
ses bras.
- Maman !
- Jessie ! Ma chérie !
- Maman ! Tu vas bien ?
- Oui, très bien. Je te ramène une surprise, regardes.
La jeune fille regarda l’homme étendu sur le brancard et réalisa petit à petit que cet homme était son oncle qu’elle croyait avoir perdu neuf ans plus tôt.
- Oncle Luke ?
- Jessie ? Mon Dieu ! Comme tu as grandi !
La jeune fille embrassa son oncle pendant qu’un jeune homme embrassait
Leïa. Elle fit les présentations puis regarda dans la direction de Harm. Il
était avec le Major MacKenzie qui était venue l’accueillir.
- Vas le rejoindre, dit Luke.
- Quoi ?