Résidence
de l’Amiral Chegwidden
9h
pm
Harm n’était pas enchanté d’être là mais il n’avait pas eu d’autre alternative que d’accepter l’invitation. Ce soir, on célébrait les fiançailles de l’Amiral et de Mérédith et il était le futur témoin de son supérieur. Aucun moyen de se défiler.
Et maintenant il était là, un verre à la main, écoutant sans y prêter vraiment attention les babillages du couple Roberts. Non pas que ce qu’ils racontaient ne soit pas intéressant. Mais il n’attendait qu’une chose et ne pouvait se concentrer sur quoique se soit d’autre. Il l’attendait…il l’attendait ELLE.
Il lui avait proposé de passer la chercher mais elle avait décliné son offre. Bien sûr, elle venait avec Webb. Qu’est-ce qui lui était passé par la tête ? Il ne pouvait pas en être autrement…déjà au bureau elle ne cessait de parler de lui, toute occasion étant bonne pour y faire allusion. Et Clay par ci, et Clay pas là…et Clay fait ceci…Il n’en pouvait plus !!! Une chose est sûre, si jamais il devait avoir un fils un jour, il ne l’appellerait pas Clay. Mac avait fini de le dégoûter de ce prénom ! Chaque journée de travail était une torture mais il s’accrochait : elle allait retrouver entièrement sa mémoire…elle le devait ! Sinon qu’adviendrait-il de lui ?
Enfin la porte s’ouvrit sur le couple et Harm sursauta légèrement à l’apparition de Mac. Elle portait une robe dos nu dans le même genre de celle qu’elle portait le soir de ses fiançailles avec Brumby. Instantanément, cela le ramena deux années en arrière sous un porche, ici même…Le changement d’attitude chez Harm n’échappa pas au couple d’officiers qui se retournèrent vers la porte avant de reporter leur attention sur le Commandant. Ils pouvaient lire sur le visage de l’avocat de la joie mais aussi une profonde tristesse.
- Tout va bien Commandant ?
-
Hein…euh oui Harriet. Excusez-moi.
Ils
le regardèrent s’éloigner en direction du bar puis se dirigèrent vers l’improbable
couple. Webb et Mac ensemble…ils ne s’y faisaient toujours pas…mais si c’était
le choix du Colonel, ils devaient le respecter, elle était leur amie et la
marraine de leur fils.
-
Bonsoir Colonel, Webb.
-
Bonsoir Lieutenant. Comment vous sentez-vous
Harriet ?
-
Bien Madame. Plus que quelques jours à
tenir et le bébé sera enfin là !
-
Il me tarde de le voir…j’espère que ce
sera une fille…Vous avez vu Harm ?
-
Il était dans le coin. Je crois qu’il est
allé se chercher un verre.
-
Je vais aller le saluer.
-
Attend Sarah. Reste avec tes amis. Je vais
nous chercher à boire et je te ramène Harm.
Mac
quelque peu surprise par l’empressement de Webb se retint de protester devant
ses amis et lui retourna son plus beau sourire.
-
Très bien. Nous vous attendons.
-
Un jus d’orange ?
-
Parfait. Merci.
Ils
regardèrent Clay s’éloigner à pas rapides et quand il fut hors de vue, Mac
lança à ses amis d’un ton neutre en pinçant les lèvres :
-
Un vrai chevalier servant !
Webb
retrouva effectivement Harm près du bar. Il devait lui parler rapidement même
s’il savait que cette conversation risquait d’être houleuse mais surtout douloureuse
pour lui. Il voulait avant tout éviter de goûter au crochet droit de Rabb !
-
Bonsoir Harm.
-
Webb.
-
Je peux vous parler ? De Sarah.
Devant
la mine peu amicale de Harm, il avait préféré préciser tout de suite l’objet
de la conversation qu’il voulait avoir avec lui.
-
Qu’est-ce qui se passe ? Elle vous
cause déjà des ennuis ?
Même
s’il ne le voulait pas vraiment, Harm ne pouvait s’empêcher d’utiliser un
ton cassant avec Webb qu’il considérait dorénavant comme un rival dans sa
quête du cœur de Sarah.
-
Non…enfin je…
-
Vous avez perdu votre langue ?
-
Écoutez Harm. Vous ne me facilitez pas
les choses. Ce que j’ai à vous dire n’est pas facile pour moi…et tout ne sera
pas facile non plus pour vous à entendre…
-
Vous commencez à me faire peur. Les médecins…
-
Non, non…enfin. Bon venez par ici.
Webb
entraîna Harm dans la cuisine afin qu’ils aient un peu
plus de tranquillité. Harm commençait sérieusement à redouter ce que
l’agent de la CIA avait à lui apprendre.
-
Voilà. Vous vous rappelez le soir où vous
avez emmené Sarah chez elle ? Vous l’avez déposé ensuite chez moi.
-
Oui, murmura Harm se demandant où il voulait
en venir.
-
A son retour, elle semblait passablement
préoccupée et n’a pas parlé pendant un bon moment. J’ai laissé faire, lui
laissant décider du moment où elle voudrait s’expliquer.
-
Un bon point pour vous Webb.
-
Je crois que vous n’allez pas aimé la suite
Rabb alors ne distribuez pas tous vos bons points tout de suite.
-
Continuez…
-
Elle a finalement décidé de parler après
dîner…
-
Et ? Le suspens devient insoutenable
Clay.
-
Elle m’a demandé de lui faire l’amour…
Harm
qui venait de porter son verre à ses lèvres manqua de s’étouffer et recracha
une partie de l’alcool dans le verre.
-
Quoi !?!
-
Vous avez très bien entendu Rabb. Je sais
que ce n’est pas agréable pour vous mais…
-
Pas agréable ! Vous vous foutez de
moi là ! Vous…enfin je veux dire…vous n’avez rien fait…avec elle.
-
Elle a insisté.
-
Elle a insisté et vous avez cédé. Mais
bon sang Webb ! Vous êtes un grand garçon, vous savez dire non !
Vous avez profité de la situation…elle était boulversée et vous…ahhh je ne
veux même pas y penser !
Les
images se bousculaient dans la tête de Harm. Il ne pouvait concevoir cela.
Sa Sarah avec…ce…enfin quoi…c’est Webb…ce bon vieux Clay…Non décidément il
ne pouvait l’accepter.
-
Je sais ce que vous pensez Rabb. Et je
ne vous le reprocherais pas. Mais je l’aime et à ce moment là, j’ai cessé
de réfléchir.
-
Oh non vous ne savez pas ce que je pense.
Je n’ai qu’une envie c’est de vous mettre mon poing dans la gueule. Vous avez
de la chance que nous soyons ici. Maintenant excusez-moi.
Harm
se dirigea vers le porte-fenêtre qui donnait sur le porche mais Webb le rattrapa
par le bras. Harm se dégagea de lui violemment et fit volte-face.
-
Vous voulez vraiment que je vous casse
la gueule Webb.
-
Je n’ai pas fini Harm.
-
Je ne suis pas sûr de vouloir entendre
la suite.
-
Et moi je suis sûr du contraire. S’il vous
plaît.
Webb
avait l’air tellement sincère que Harm se résigna.
-
Très bien, mais faites vite. J’ai besoin
de prendre l’air.
-
Je serais bref. Je voulais simplement préciser
que lorsque nous faisions l’amour, ce n’est pas mon nom qu’elle a crié…
Webb
baissa tristement la tête tandis que Harm le regardait incrédule.
-
Vous voulez dire que…
-
Parfaitement. Elle l’a fait inconsciemment
et ne s’est rendue compte de rien. Vous devriez aller lui parler Harm. Sérieusement.
Je l’aime mais je ne veux pas qu’elle soit avec moi sur un malentendu. Même
s’il elle ne le sait pas, elle vous aime. Et tôt ou tard, tout va lui revenir
alors ne faites pas l’idiot pour une fois…
-
Webb, je…
-
Allez la trouver. Elle vous cherchait tout
à l’heure.
-
Merci Clay.
Webb
ne répondit pas et se dirigea vers le salon pour rejoindre la fête même si
le cœur n’y était pas. Il avait fait ce qu’il avait à faire. Maintenant, le
reste ne dépendait plus de lui. Il serait toujours là pour elle mais en tant
qu’ami. Il savait que son cœur était dévoué entièrement à un autre.
De
son côté, Harm partit à la recherche de Mac qu’il retrouva sous le porche…sous
leur porche.
Porche
extérieur
9h30
pm
Il
resta un moment derrière elle à l’observer. Elle semblait perdue dans ses
pensées et il se demandait ce qui la rendait si lointaine. Elle avait ses
deux mains posées sur la balustrade et il ne put s’empêcher de laisser courir
son regard sur ses courbes parfaites. Quand ses yeux eurent atteint sa nuque,
il secoua sa tête afin de se remettre les idées en place et s’approcha.
-
Bonsoir Mac.
-
Oh bonsoir Harm. Clay était parti à votre
recherche…comme vous n’arriviez pas, je suis sortie prendre l’air. Il y a
un monde fou à l’intérieur.
-
Oui, presque toutes les huiles de Washington
sont là !
-
Vous avez vu Clay ?
-
Oui…il m’a dit que vous me cherchiez…tout
va bien ?
-
Oui, oui, je voulais juste vous saluer.
-
Vous sembliez ailleurs il y a quelques
minutes….
-
Oui…à vrai dire, je tente de recoller les
morceaux… mais il y a encore quelques blancs, de grands blancs…j’ai trouvé
ce porche accueillant, alors je suis venue y réfléchir…Il y a des bribes qui
me reviennent…des sensations…comme cet endroit, j’ai l’impression d’y être
déjà venue…
Harm
pensa que ce n’était peut-être pas le bon moment pour aborder le sujet de
leur relation si particulière et décida de le remettre à plus tard.
-
Je vais vous laisser alors.
-
Non, Harm, restez !
Elle
avait presque crié sa dernière phrase et Harm la regarda surpris.
-
Vous êtes sûre ?
-
Oui…en fait j’aurais une question à vous
poser…
-
Allez-y.
-
Pourquoi avez-vous démissionné pour venir
me chercher Harm ?
-
Vous me l’avez déjà demandé Mac, et j’y
ai déjà répondu…vous êtes ma meilleure amie et…
-
Arrêtez avec vos beaux discours !
J’ai peut-être perdu une partie de ma mémoire mais je ne suis pas idiote.
Vous croyez que je ne remarque pas les regards qu’on lance sur moi au JAG
à la dérobée, que je n’entend pas les bruits de couloirs… « le pauvre,
ça doit être dur pour lui…dire qu’il a fait ça pour elle et en être là…».
Et vous, vous croyez que je ne remarque pas la façon dont vous me regardez
discrètement, la façon dont vous prononcez mon prénom…Alors s’il vous plaît
Harm…arrêtez de jouer avec moi.
-
Mac…
-
Vous voulez savoir le pire ? C’est
que je n’y comprend rien mais…mais enfin, je ne sais pas…quand vous prononcez
mon nom…
-
Sarah ?
-
Oui…comme ça…ça éveille certaines choses
en moi alors, si vous êtes vraiment mon ami comme vous le clamez haut et fort,
Harm, je vous en prie, aidez-moi à y voir plus clair.
-
Je ne suis pas sûr que ça va vraiment vous
aider…au contraire…vous risquez d’apprendre des choses qui vont vous déplaire.
-
Allez-y Harm, je veux savoir, je veux reprendre
ma vie en main.
-
Très bien…
Alors
Harm se mit à tout lui raconter depuis le début, sans rien omettre. De Diane
à Renée, en passant par Mic, à sa soirée de fiançailles et à ce qui s’y était
passé, de la fuite de Mac sur le Guadalcanal... Tout ce qu’il avait volontairement
omis de lui dire dans la forêt au Paraguay. Harm semblait ne plus pouvoir
s’arrêter, comme si de parler ouvertement de tout ce qui avait pu les blesser
avait un effet salvateur sur lui. Mac buvait littéralement ses paroles, ses
grands yeux chocolat fixés aux siens. Peu à peu, le rythme des paroles de
Harm se fit plus lent, comme s’il allait conclure sa longue tirade.
-
…et quand je vous ai vu embrasser Clay,
mon monde s’est écroulé. Je n’ai pas voulu y croire d’abord mais, ensuite,
après notre accident, j’ai du me rendre à l’évidence…
Mac
le fixait toujours, interdite. Elle sentit des larmes monter mais elle ne
savaient pas si elles étaient de joie, de peine, ou tout simplement le résultat
de son conflit intérieur. Harm, Clay, Clay Harm…Ce dernier fit un pas vers
elle et posa sa main sur sa joue pour enlever du pouce une larme qui coulait
maintenant librement.
-
Je suis désolé Sarah…vous avez insisté.
Mac
sursauta à ce contact et posa sa main sur celle de Harm.
-
Votre main, sur ma joue comme ça…
Harm
ne fit pas attention à ce qu’elle venait de dire et faire et poursuivit.
-
Je n’aurais peut-être pas d’autre occasion
de vous le dire et j’en ai déjà laissé passer trop alors…
-
Je me souviens…les Appalaches…
-
Sarah, je vous aime. C’est peut-être trop
tard mais je vous le redis…je vous aime.
Harm
se pencha alors vers elle et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Avant
qu’elle n’ait réalisé quoique se soit, Harm s’était déjà éloigné de quelques
centimètres. Il lui fit un sourire timide.
-
Voilà, vous savez tout maintenant.
-
Harm…
Mac
sembla soudain revenir sur terre et le regarda affolée.
-
Oh mon Dieu, qu’est-ce que j’ai fais…Clay…
Elle
recula de quelques pas avant de s’enfuir vers l’intérieur de la maison qui
lui paraissait plus sécuritaire. Harm resta là les bras ballants. Les dés
étaient jetés, il ne pouvait plus rien faire. Il lui avait enfin avoué ses
sentiments. Maintenant, Sarah était libre de revenir vers lui ou de passer
à autre chose. Il n’y avait qu’à attendre. Il espérait de tout cœur que Webb
avait raison et que ses explications permettraient à sa Marine de faire son
choix et de retrouver la part de mémoire qui lui faisait défaut.
Washington,
le même soir.
Le
retour chez Clay s’était fait dans le silence. Ils étaient rentrés tôt, Mac
ayant insisté prétextant des maux de tête. Ils étaient partis un peu comme
des voleurs, Clay remarquant que Mac semblait vouloir mettre le plus d’espace
possible entre elle et la résidence de l’Amiral. Il n’avait pas insisté se
doutant bien qu’elle devait avoir eu une conversation avec Harm, ce dernier
les observant à la dérobée depuis l’autre côté de la pièce alors que Mac préparait
sa fuite.
Il
n’avait aucune idée de ce que le Commandant avait pu lui dire mais visiblement,
Mac semblait boulversée. Ils s’étaient couchés sans un mot, et Mac s’était
mise bien au bord de son côté, comme si elle voulait éviter tout contact avec
lui. Clay comprit alors que ses heures en tant qu’amant de Sarah Mackenzie
étaient comptées.
Mac
attendit que Clay soit endormi pour se relever. Après les évènements de la
soirée, il lui était impossible de fermer l’œil. D’ailleurs, comment le pourrait-elle ?
Elle avait reçu une grande quantité d’informations sur ce qu’était sa vie,
avant le crash, et d’après ce qu’elle en avait compris, ce n’était pas forcément
beau à voir…Sa vie était faite de non-dits et d’erreurs, qu’elle en soit responsable
ou victime.
Dans
le salon, elle prit l’album qu’elle avait rapporté de chez elle quelques jours
plus tôt et s’assit sur le canapé en remontant les genoux vers sa poitrine.
Elle devait mettre un point final à toute cette affaire, l’album serait peut-être
le moteur de cette quête. Enfin, elle trouva le courage de l’ouvrir…
En
tournant les pages une à une, elle vit sa vie défiler…et de ce qu’elle pu
y constater, Harm était toujours présent. De Clay, aucune trace. Chaque page
tournée apportait une réponse de plus en plus nette à son esprit et peu à
peu tout lui revenait : la Russie, Mic, le fiasco du ferry à Sydney,
le baptême du petit AJ, la promesse de Harm le jour de la naissance. Chaque
photo était une clé qui ouvrait une nouvelle porte de sa mémoire. Ses fiançailles…ça
y est maintenant elle se souvenait. Harm lui en avait parlé tout à l’heure
mais maintenant, elle pouvait presque revivre le baiser qu’ils avaient échangé
ce soir-là. L’adieu qu’ils s’étaient fait…Si seulement Harm savait que s’il
le lui avait demandé, elle l’aurait suivi n’importe où ce soir-là…ou un autre
jour d’ailleurs. La réponse était claire maintenant dans son esprit :
elle aimait Harmon Rabb de tout son être. Ils avaient perdu assez de temps,
elle devait le voir. Il lui avait dit ce soir qu’il l’aimait, elle lui devait
une réponse.
Elle
alla dans la chambre pour s’habiller espérant ne pas réveiller Clay. Elle
lui expliquerait plus tard. Mais dans sa hâte, elle heurta le pied du lit
et ne pu réprimer un cri de douleur.
-
Sarah ? Qu’est-ce qui se passe ?
-
Excuse-moi Clay, je ne voulais pas te réveiller.
-
Que fais tu habillée à cette heure-là ?
-
Je sors…j’ai quelqu’un à voir.
-
Sarah…je…ça ne peut pas attendre demain.
On est au milieu de la nuit, il doit certainement dormir.
-
Qui te dit que c’est un « il » ?
-
Arrêtes tu veux ! Je sais bien que
tu cours chez Rabb !
-
Je suis désolée Clay. Tout m’est revenu.
Mais avant tout, je ne veux pas que tu crois que ce que j’ai fais, je l’ai
calculé…j’étais sincère avec toi.
-
Je sais Sarah…C’est moi qui ai poussé Harm
à te parler ce soir.
-
Toi ? Mais pourquoi ?
-
Au fond de moi, je savais bien que c’est
lui que tu aimais…j’ai tenté ma chance c’est tout. Mais je n’ai aucun remord
ni regret. J’ai profité pleinement de ce temps passé avec toi et je l’ai apprécié.
-
Oh Clay…
Mac
sentait les larmes lui monter aux yeux. Webb était ému de la voir ainsi et
se leva et commença à s’habiller.
-
Clay….que, que fais-tu ?
-
Je te conduis chez Harm.
-
Clay, tu n’as pas à faire ça…
-
Il est hors de question que je te laisse
y aller seule à cette heure-ci. Harm me tuerait. Et ce n’est pas négociable.
-
Clayton Webb, vous êtes un ange, avouez-le.
Clay
lui sourit tristement et s’approcha d’elle. Il lui caressa les cheveux et
lui murmura :
-
S’il te plait de le croire.
-
Je le crois. Et un jour Clayton Webb, tu
rencontreras une femme qui saura t’aimer comme tu le mérite.
Elle
lui déposa un léger baiser sur les lèvres et Clay se détourna d’elle pour
éviter son regard.
-
Allons-y. Je t’emmènes à ton promis.
1h30
am
Malgré
l’heure tardive, Harm ne dormait pas. Il était allongé sur son divan ressassant
les évènements de la soirée. A la façon dont Mac avait fuit la soirée, il
commençait à douter du bon fondement de son idée de tout lui raconter. Elle
était encore émotionnellement sous le coup de l’accident et tous ces aveux
n’étaient peut-être pas le meilleur remède. « Mais c’est elle qui a insisté
» n’arrêtait-il pas de se répéter comme pour se rassurer. Et puis, elle n’avait
pas apparu insensible à sa déclaration et à son baiser : sinon, elle
n’aurait pas réagi comme ça.
Il
en était là de ses réflexions quand il entendit un léger coup à la porte.
Il se leva d’un bond pensant d’abord qu’il l’avait imaginé mais le bruit se
répéta. Il alla d’un pas nonchalant vers la porte se demandant qui pouvait
bien venir le déranger au milieu de la nuit. Habituellement, quand quelqu’un
se permettait une telle intrusion, ce ne pouvait être que Mac. Mais ce soir, il
doutait que…
-
Mac ! Que faites-vous là à cette heure-ci ?
Devant
lui se tenait Mac qui le regardait timidement, son album photos pressé contre
sa poitrine. Elle se balançait d’un pied sur l’autre comme si elle voulait
se donner une contenance.
-
Je peux entrer ?
-
Webb est inconscient ! Il vous a laissé
sortir seule à cette heure-là ! lui dit Harm en s’effaçant pour la laisser
passer.
-
Non, il m’a déposé. Et quand bien même
je serais venue seule, je vous signale que je suis une grande fille Commandant.
Vous semblez l’oublier souvent ces derniers temps !
Le
ton sarcastique de Mac fit sourire Harm. Ça c’était une répartie à la Sarah
Mackenzie ! C’était plutôt bon signe, sa Sarah était-elle redevenue elle-même ?
-
Qu’est-ce qui vous fait sourire ?
-
Vous…je sais pas, vous me semblez différente
maintenant. Enfin je veux dire, comme avant.
-
Peut-être parce que c’est le cas…
Harm
la regarda déconcerté. La solution était-elle si simple ? Il aurait suffit
qu’il lui raconte tout pour que sa mémoire se rétablisse ? Il n’osait
y croire.
-
Vous voulez dire que…
-
Oui Harm. Je me souviens de tout, jusqu’à
la moindre virgule.
-
Et euh…vous êtes venue pour…
Ils
se tenaient face à face au milieu de l’appartement. Mac alla déposer son album
sur le comptoir de la cuisine et revint vers Harm qui se tenait toujours à
la même place, droit comme un i.
-
Je suis venue pour…vous donner une réponse.
-
Une réponse ?
-
Oui, LA réponse.
Harm
ne pouvait détacher ses yeux de la mince silhouette qui s’avançait inexorablement
d’un pas chaloupé vers lui. Mac s’approcha de lui jusqu’à ce qu’elle ne soit
plus qu’à quelques centimètres et quand se fut fait, elle passa ses bras autour
de sa taille, se mit sur la pointe des pieds et effleura ses lèvres des siennes.
Elle chuchota alors tout contre sa bouche :
-
Je vous aime aussi, Harmon Rabb.
-
Sarah…
Harm
ne pouvait plus mettre à la suite une seule pensée cohérente. La promiscuité
avec Mac le rendait nerveux. Il avait tellement envie d’elle. Si elle continuait
comme ça, il ne savait pas s’il aurait la force de lui résister. Et il ne
pensait pas que se laisser aller si vite après s’être avoués leurs sentiments
était une bonne idée. Cela les entraîneraient certainement dans une relation
purement physique et il ne voulait pas ça avec elle. D’un autre côté, ils
avaient tellement attendu et tellement traversé de choses ensemble qu’ils
pouvaient avoir confiances l’un en l’autre.
Mais
Mac continua son jeu sensuel et passa ses mains autour du cou de Harm afin
de faire disparaître les derniers centimètres qui les séparaient encore. Elle
passa lentement sa langue sur les lèvres de Harm qui finit par entrouvrir
sa bouche pour l’accueillir. Alors ils ne furent plus que sensations et Harm
passa ses bras autour de la taille de la jeune femme pour la serrer un peu
plus contre lui. Peu à peu, la passion fit place à la tendresse et ils finirent
par se séparer à la recherche d’air. Harm posa son front contre celui de Mac
qui avait encore les yeux fermés, puis se détacha d’elle à regret.
-
Sarah…je ne veux surtout pas te forcer.
On est pas obligés d’aller plus loin ce soir. Coucher ensemble n’est pas une
obligation. Après tout ce qui s’est passé, nous pouvons attendre.
-
Tu te fais du souci pour moi Pilote ou
c’est toi qui a peur ?
-
Je pensais juste que ce n’était peut-être
pas une bonne idée de se jeter…enfin si tu n’es pas prête…
-
Harmon Rabb ! Je vais te montrer si
je ne suis pas prête ! Je te préviens qu’à 10, je suis dans tes bras.
Je n’ai aucune raison d’avoir peur, je sais que tu sera toujours là pour moi
alors…
Mac
se rapprocha à nouveau de lui et se mit à égrainer les secondes.
-
Un.
Elle
posa ses mains sur son torse et les fit glisser jusqu’à sa ceinture.
-
Deux.
Elle
sortit le tee-shirt qu’il portait de son jeans et passa ses mains sous le
tissu.
-
Trois.
Elle
les fit remonter dans son dos, provocant chez Harm un frisson de plaisir.
De son côté, il savait que si elle continuait de lui administrer un tel supplice,
il ne tiendrait pas jusqu’à 10.
-
Quatre.
Elle
fit passer le tee-shirt par dessus sa tête avec son aide et commença à déposer
de légers baisers sur son torse.
-
Cinq.
Harm
qui avait les yeux fermés fut surpris de la sentir s’éloigner il et ouvrit
les yeux pour la voir se débarrasser elle-même de son pull. A la vue qui s’offrait
à lui, Harm déglutit péniblement, sentant une douce chaleur envahir son bas-ventre.
-
Six.
Mac
s’attaquait maintenant à la boucle de sa ceinture. Ce fut trop pour lui.
-
Et 10 ! Cria-t-il presque, en prenant
violemment possession des lèvres de Mac.
Mac
ne put s’empêcher de sourire contre sa bouche. Elle savait qu’il allait craquer !
Ils tâtonnèrent jusqu’à la chambre de Harm tout en finissant de se déshabiller.
Debout devant le lit, Harm sembla à nouveau hésiter.
-
Sarah, je…
-
Chut…moi aussi.
Et
elle l’entraîna avec elle sur le lit.
Quelques
temps après l’arrivée de Mac…
Harm
était toujours étendu sur Mac et ils se regardaient tout en cherchant à retrouver
leur souffle. Mac caressait nonchalamment le dos de son amant et ne pouvait
s’empêcher de sourire en repensant à ce qui venait de se passer. Elle n’avait
jamais connu une telle intensité dans une relation avec un homme. « Ça
doit être ça de faire l’amour avec l’homme de sa vie » pensa-t-elle.
-
Qu’est-ce qui te fais sourire ?
-
Rien…c’est juste que…waouh quoi !
-
Ça t’as plut ?
-
Mouais…faut voir, le taquina-t-elle.
-
Sarah…je dois t’avouer quelque chose…ce
n’est pas facile à dire.
Immédiatement,
les alarmes de Mac se mirent au rouge. Ah non, ça n’allait pas recommencer,
il n’allait pas encore faire marche arrière. Pas après ce qui venait de se
passer, c’était impossible. Elle plongea son regard dans le sien et tenta
de le rassurer et de l’encourager à poursuivre.
Harm
roula sur le côté en gardant toujours Mac serrée contre lui.
-
Je t’écoute Pilote. Mais je te préviens,
pas question de me dire que c’était une erreur ou je ne répond plus de rien.
-
Non, je te rassure, ce n’était pas une
erreur. L’erreur a été d’attendre aussi longtemps !
-
Alors ça ne doit pas être si grave que
ça…
-
C’est que, pendant que tu étais avec Webb
au Paraguay, je…je préfère que tu l’entende de ma bouche tu comprends.
-
Lance toi Harm, ce suspens va me tuer !
Qu’est-ce que tu as bien pu faire de si terrible ? Tu as rencontré une
nouvelle bimbo et tu as passé la nuit avec elle ?
-
Pire que ça, je l’ai épousé !
Immédiatement,
le visage de Mac se ferma et Harm la sentit se raidir dans ses bras.
-
C’est une plaisanterie ?
-
Non, je suis sérieux, mais laisse moi finir
avant de me juger d’accord ? Je suis sûr que tu trouveras ça très drôle
quand tu connaîtras le fin mot de l’histoire.
-
Hummm, j’espère.
Harm
déposa un léger baiser sur ses lèvres avant de poursuivre.
-
Voilà, comme je n’avais aucunes nouvelles
de toi et que l’Amiral refusait de m’informer, j’ai décidé d’aller voir une
connaissance directement à la CIA.
-
Tu connais du monde à la CIA à part Clay ?
-
Oui, et toi aussi. Bref, j’ai fini par
réussir à rentrer en contact avec Catherine Gayle. J’ai tenté de la charmer
pour lui soutirer des informations mais en vain.
-
Quoi, elle a résisté à ton sourire !!!
-
Ne te moque pas. Je te rappelle que j’ai
fais tout ça pour toi. Bref, par une suite de quiproquos qui seraient trop
longs à raconter, on s’est retrouvés à l’hôpital où sa mère venait d’être
admise dans un état critique et où tout le monde m’a pris pour le petit ami
de Catherine…
-
C’est vrai que tu as l’air d’être le gendre
idéal…
Devant
le regard noir qu’Harm lui lança, elle se tue et lui fis signe de poursuivre.