12h59 G.M.T.
Appartement de Mac
Georgestown
Mac dormait profondément, la tête calée tout contre celle de Harm. Sur son visage se dessinait un sourire. Dans le silence du matin, on n’entendait que leur respiration. Mais le silence fut bientôt rompu, quand, à 7h précises, le radioréveil de Mac se déclencha. elle chercha à tâtons la prise et sitôt qu’elle sentit le fil entre ses doigts, elle tira d’un coup sec et envisagea de se rendormir, tellement bien avec Harm. Mais lui aussi s’était réveillé et il commençait déjà à lui faire des bisous dans le cou. Mac gloussa de plaisir.
M -Harm, ça chatouille!
H -Mais je ne peux pas m’arrêter.
Mac se retourna pour mettre fin à la torture.
H -Tu as bien dormi?
M -Mieux que jamais.
H -Que dirais-tu d’un bon petit-déjeuner maison pour bien commencer la journée?
M -Je préférerais rester un peu avec toi.
H -Mac... Il faut quand même nous lever. Nous avons du travail au JAG.
M -Oui, tu as raison. Dans ce cas, ce sera avec des pancakes.
H -Quoi? Le travail?
M -Mais non, ton petit-déjeuner maison!
Ils se sourirent et Harm se leva et se dirigea vers la cuisine.
M -Harm!
Il se retourna.
M -Je t’aime.
H -Moi aussi, je t’aime.
14h30 G.M.T.
Q.G. du JAG
Falls Church, Virginie
C -Bonjour capitaine.
H -Bonjour Coates.
C -Vous avez passé une bonne nuit, capitaine?
Le sourire malicieux avec lequel Coates avait dit cela ne laissa aucun doute à Harm sur ce qu’elle croyait.
H -Coates, ne vous imaginez rien, juste parce que je ne suis pas rentré chez moi cette nuit.
C -Je devrais, monsieur?
H -Non, ce n’est pas ce que je voulais dire, juste...
C -Je ne m’imagine rien, monsieur, je constate juste que le colonel Mackenzie n’a jamais parue aussi heureuse.
H -Et c’est ça qui vous fait croire que nous avons passé la nuit ensemble?
C -Oh, mais je ne crois rien, monsieur. C’est vous même qui le dites.
Elle se retourna, affichant toujours ce sourire malicieux, et fit mine de s’éloigner.
H -OK, OK, je l’avoue, Mac et moi avons passé la nuit ensemble. Et alors?
S -Ravi de l’apprendre.
H -Sturgis! Mais qu’est-ce, enfin, mais....
Harm n’avait pas entendu Sturgis qui était arrivé par derrière et qui lui tapotait maintenant amicalement l’épaule. Harm secoua la tête et passa sa main sur son visage.
H -Toujours aussi gaffeur!
S -Allons, Harm! Tout le monde au JAG attendait ce moment, ça sautait aux yeux que vous vous aimiez. Et on apprend pas d’aussi bonnes nouvelles tous les jours. (il regarda sa montre) Bon, à plus tard. Et n’oublie quand même pas de travailler de temps en temps!
H -OK, Sturgis!
C -Je suis contente pour vous capitaine!
H -Merci Coates. Au fait, est-ce que vous avez eu des nouvelles de Mattie hier soir? Elle devait téléphoner.
C -Oui, capitaine, elle a téléphoné. Sa semaine d’essai avec son père se passe très bien et elle envisage de rester une semaine de plus, si vous êtes d’accord.
H -Je suis content qu’elle ait pardonné à son père. Vous pourrez lui dire que je lui accorde une semaine de liberté en plus loin de moi.
C -Et dois-je lui annoncer pour...
H -Non, non, merci, Coates, je le ferai moi même. Quand le moment sera venu....
Il partit rejoindre Mac dans son bureau pour travailler sur l’affaire. La vie reprenait son cours normal!
16h30 G.M.T.
Harm et Mac sortirent du bureau, après deux heures de travail acharné.
H -Ne t’inquiète pas Mac, on pourra toujours trouver un arrangement.
M -Mais j’aimerais éviter le plus possible la prison pour ce Marine.
H -Sa faute est quand même grave tu le sais, et...
S -Harm!
Harm et Mac levèrent les yeux vers Sturgis en même temps. Et là, ils découvrirent une surprise qui les attendait. Tous les membres du JAG étaient rassemblés et Sturgis finissait de remplir les coupes de champagne.
S -Nous avons pensé que nous pourrions organiser un petit quelque chose pour célébrer le retour de la tranquillité au JAG avec la fin de vos disputes, et votre toute nouvelle entente.
Mac regarda Harm d’un air accusateur.
H -Ce n’est pas de ma faute! C’est Coates qui me l’a soutiré!
Mais Mac sourit. Ca n’avait pas d’importance.
S -Sérieusement, (il leur tendit deux coupes de champagne), toutes nos félicitations et nos voeux de bonheur. Portons un toast à Mac et Harm.
(en choeur) -A Mac et Harm!
Après avoir vidé leur coupe, Harm et Mac se regardèrent dans les yeux et s’embrassèrent sous les applaudissements du JAG au complet.
12 MAI 2004
18h30 G.M.T.
Q.G. du JAG
Falls Church, Virginie
Tout se passait à merveille entre Harm et Mac. Leur petit couple tenait la route, et comme l’avait prédit Sturgis, le JAG avait retrouvé un peu de calme et chacun pouvait parler librement sans avoir peur de révéler à Harm ou à Mac quelque chose que l’autre tenait secret. Ce matin là, Harm et Mac plaidaient au tribunal. Leur affaire avait bien avancée et l’avenir du capitaine Sanger ne s’annonçait pas si noir.
Mac sortait du tribunal tout en discutant avec Harm quand le quartier-maître Coates l’interpella.
Coates -Colonel. Un appel pour vous.
Jennifer Coates lui tendit le téléphone. L’expression de son visage inquiéta Mac. Elle semblait à la fois effrayée et désolée.
M -Qui est-ce?
C -(...)
M -Jennifer?
C-...Vous devriez prendre cet appel, colonel.
Mac prit le combiné tout en fixant Jennifer d’un air interrogateur. Celle-ci baissa les yeux.
M -Allô? Ici le colonel Mackenzie.
-Sarah, c’est moi. C’est Webb. Je ne suis pas mort. Sarah? Sarah, tu es là?
Le combiné lui glissa des mains. Elle respirait difficilement. Ce n’était pas possible. On lui jouait un tour! Mais cette voix! C’était celle de Webb. Elle devint blême et fut prise de vertiges. Elle se rattrapa au bureau pour ne pas tomber.
Harm, qui avait assisté à la scène, se précipita à son secours et la saisit par la taille pour la retenir.
H -Mac, tu vas bien?
M -Ca va, ça va, je vais bien, tu peux me lâcher Harm.
Mais à peine Harm avait-il desserré son étreinte que Mac retombait et qu’il devait la rattraper à nouveau. Il la fit s’asseoir sur le sol.
H -Mac, calme-toi, respire profondément et calmement. Là, c’est bien. Ca va aller.
Puis, s’adressant aux autres membres du JAG:
H -Qu’on appelle un médecin!
20h05 G.M.T.
Centre Médical de la Marine
Bethesda, Maryland
docteur -Eh bien, colonel, je ne pensais pas vous revoir si tôt.
M -Moi non plus, docteur.
doc -On m’a informée de votre malaise. Vous vous sentez mieux?
M -Oui, ça va mieux, merci. L’infirmier du JAG s’est bien occupé de moi.
doc -Il reste à déterminer la cause de votre malaise.
M -Quelle peut être son origine?
doc -Il peut y avoir beaucoup d’explications: une maladie,
M -Mon endométriose?
doc -Ce n’est pas impossible mais ça m’étonnerait beaucoup.
M -Alors quoi?
doc -Peut-être un choc émotionnel...
M (ironiquement) Si recevoir un coup de fil de son ex petit ami, revenu d’entre les morts, peut provoquer un choc émotionnel, alors je pense que vous ne devez pas chercher plus loin!
doc -C’est fort probable, en effet, que cet événement soit la cause de votre malaise, d’autant que vous vous êtes sentie mal juste après avoir reçu le coup de fil... Néanmoins, je préfère vous faire une prise de sang pour m’assurer que votre malaise n’est pas lié à autre chose.
M -C’est vous le docteur!
doc -Vous êtes à jeûn?
M -Non, l’infirmier du JAG m’a donné de quoi manger en pensant que je pouvais être en hypoglycémie.
doc -Dans ce cas, revenez dans, disons, deux heures. Ne mangez rien surtout!
Mac profita de ces deux heures pour se reposer, après quoi le docteur lui fit sa prise de sang. Mac lui demanda si elle pouvait lui envoyer les résultats par fax étant donné qu’elle ne pourrait pas revenir à l’hôpital avant deux ou trois jours. Le docteur acquiesa mais retint Mac un moment.
doc -Colonel, soyez quand même prudente. Si vous vous sentez à nouveau mal, n’hésitez pas à revenir. Même si pour cela vous devez annuler des rendez-vous professionnels.
M -D’accord.
doc -Une dernière chose, colonel Mackenzie. Pour votre équilibre mental, je pense que vous devriez parler avec votre ex petit ami et mettre les choses au clair avec lui.
M (visiblement agacée par la tournure de la conversation) -J’y réfléchirai, doc, je vous le promet.
doc -Promettez moi de lui parler.
M -Je ne veux jamais le revoir, docteur, et sauf votre respect, je ne lui parlerai certainement pas.
doc -Colonel...
M -Votre mari ne vous a jamais fait croire qu’il était mort docteur?
doc -Non.
M -Alors vous ne pouvez pas savoir ce que je ressens et vous n’avez pas à me dire ce que je dois faire.
Sur ce, elle s’en alla, furieuse.
23h39 G.M.T.
Appartement de Mac
Georgestown
Mac était assise dans le canapé et serrait un coussin contre elle. Elle réfléchissait à ce qui s’était passé. Non, elle ne lui parlerait pas. Il ne le méritait pas. Elle repensa au moment où, à l’infirmerie du JAG, Coates lui avait remis un mot envoyé par Webb. Il y disait qu’il avait dû faire croire à sa mort pour mener à bien une mission de la plus haute importance, et qu’il ne pensait pas qu’elle découvrirait la supercherie, qu’en lui faisant envoyer des cadeaux tous les jours, elle ne s’inquiéterait pas et ne chercherait pas à le contacter. Et qu’il s’excusait. Qu’il les garde pour lui ses excuses! Il n’avait même pas été capable de tout lui dire en face. Il était décidément allé trop loin. Elle ne lui pardonnerait pas. Et qu’il réapparaisse dans sa vie alors qu’elle venait tout juste d’engager une vraie relation avec Harm, dont elle avait toujours rêvée, la rendait encore plus furieuse.
Elle se leva et décida de se préparer un thé pour s’occuper les mains et chasser ces pensées de son esprit.
Quand elle revint dans le salon, un fax était arrivé. Les résultats!
Elle attrapa le papier, n’essaya même pas de déchiffrer la liste de nombres indiquant les taux d’hématies, de lymphocytes et d’autres choses aux noms bizarres et lut directement le diagnostic:
«Ces résultats montrent clairement que votre malaise est dû à...........»
Mac en laissa tomber son thé. Non, ce n’était pas possible. Les médecins lui avaient certifié que... Et pourtant... Elle passa la main sur son ventre. Elle le sentait. Le diagnostic était bien vrai. Elle s’assit, assimilant ce qu’elle venait de découvrir. Dans ce cas, elle DEVAIT parler
à Webb. Elle n’avait pas d’autre choix.
Mais avant toute chose, Mac téléphona à Harm. Elle voulait être sûre de ne pas faire une énorme bêtise. Harm était resté au JAG pour s’occuper de leur procès, par obligation, et à la demande pressante de Sturgis. Il y eut à peine une sonnerie et Harm décrocha le téléphone.
H -Allô, Mac?
M -Harm, comment sais-tu que c’est moi?
H -Je m’attendais à ce que tu m’appelles. Tout du moins, je l’espérais.
M -Tu es resté près du téléphone depuis que je suis partie?
H -On peut dire ça comme ça! Tu vas mieux?
M -Oui, oui, ça va. J’ai besoin de ton avis Harm. (elle inspira profondément). Je veux donner rendez-vous à Webb pour mettre les choses au point avec lui et j’aimerais savoir ce que tu en penses.
H -Tu me prends au dépourvu, Mac!
M -Je sais, mais je l’ai décidé à l’instant. Cette affaire m’obsède. Il faut que je sache.
H -Si revoir Webb et lui parler peut t’aider, il faut que tu le fasses alors. Tu tiendras le coup?
M -Oui, je pense.
H -Tu en es sûre? Tu ne veux pas que je vienne avec toi?
M -Non, Harm, je te remercie. Que tu me soutiennes maintenant me suffit.
H -(...) Au fait, tu sais pourquoi tu as eu ton malaise?
M -Oui.
H -Alors?
M -Je ne peux rien te dire pour l’instant. Mais tu le sauras bientôt, je te le promets.
H -Tu m’inquiètes, Mac. Dis-moi quoi.
M -Attends un petit moment. Le temps que je sois prête à te le dire. Mais rassure-toi, ce n’est pas une mauvaise nouvelle.
Harm dut se contenter de cela, car Mac n’en dit pas plus. Puis, Mac téléphona au JAG, pour demander à Coates de fixer rendez-vous à Webb, ce qu’elle fit.
Le lendemain, Mac reverrait celui qu’elle croyait mort.
02:39
Mac ne parvenait pas à dormir. Fixant les lettres rouges de son réveil, les yeux grands ouverts, elle écoutait la pluie tomber au-dehors. Un éclair zébra le ciel et illumina son appartement noir. Le tonnerre gronda. Une tempête incroyable se déchaînait dehors. Soudain, elle entendit un bruit par-dessus le bruit de la pluie. Des pas. Quelqu’un montait l’escalier. Qui cela pouvait-il être à une heure pareille? Elle se dit que ça devait être un locataire d’un étage supérieur et se retourna dans son lit en essayant de trouver le sommeil. Mais les pas s’arrêtèrent sur son palier. Et l’on frappa à la porte. Une fois. Deux fois. Le souffle court, Mac se leva et se dirigea vers la porte sans allumer les lumières. Elle attrapa lentement le pistolet qu’elle cachait derrière son armoire et fit face à la porte. Elle inspira profondément et tourna la poignée. Sur le pas de la porte se tenait un homme vêtu d’un grand manteau noir et ruisselant de pluie. Elle ne pouvait pas voir son visage car il baissait la tête mais sa stature, ses cheveux noirs lui paraissaient étrangement familiers. L’inconnu leva la tête et le sang de Mac se glaça dans ses veines.
-Sarah, c’est moi. C’est Webb. Je ne suis pas mort.
Mac se réveilla en sursaut, couverte de sueur et le coeur battant la chamade. Elle regarda autour d’elle et s’aperçut avec surprise qu’elle n’était pas dans son appartement. Mais dans celui de Harm. Elle réalisa alors que ce n’était qu’un cauchemar, un horrible cauchemar. Webb n’était pas là. Il était mort. Noyé. Mais non, il n’était pas mort. Cette pensée l’assomma: le coup de fil! Elle ne s’était toujours pas faite à l’idée qu’il n’était peut-être pas mort. Au fond d’elle, il y avait encore un espoir. Mais un espoir de quoi? Un espoir qu’il soit vivant? Ou un espoir qu’il soit bien mort?
Arrête de te torturer, Mac! Tu es un Marine, conduis-toi en Marine! Il est vivant, c’était sa voix. Et Jennifer n’a pas pu se tromper, elle aussi.
Soudain, Mac crut entendre un bruit. Une décharge d’adrénaline lui parcourut l’échine. Ce n’est que ton imagination, ce n’est pas réel, c’est... Elle sentit brusquement les bras de Harm autour de sa taille. Elle en éprouva un immense soulagement. S’il était là, rien ne pouvait lui arriver. Encore sous le choc de son rêve si réel, Mac se blottit un peu plus au creux du corps musclé de Harm, rassurée par ces bras protecteurs.
Harm fut tiré de son sommeil par les mouvements de Mac. Il la sentit toute tremblante entre ses bras, les serrant de toutes ses forces autour d’elle. Il n’osa pas lui demander ce qui l’avait tellement effrayée et se contenta de la serrer un peu plus contre lui en la berçant doucement. Elle ne s’en aperçut pas, mais il resta éveillé le temps qu’elle se rendorme. Il pensa beaucoup pendant ce temps-là: il se demanda si les résultats des analyses, qu’il n’avait toujours pas réussi à lui soutirer, avaient un rapport avec son agitation. Quand il lui avait proposé de passer la nuit avec lui, elle avait accepté tout de suite. Il avait pensé qu’elle lui dirait enfin ce qu’elle savait. Mais elle s’était contentée d’esquiver les questions. Pourtant, Dieu seul sait (et peut-être l’Amiral aussi) combien il était têtu!
Une autre idée lui traversa l’esprit. Comment est-ce qu’il avait pu ne pas y penser plus tôt? C’était l’évidence même! Webb! Oui, c’était ça qui la tourmentait. Webb. Oh, celui-là, comme il le haïssait! Il avait fait tellement de mal à celle qu’il aimait et maintenant il revenait semer la discorde. Il était mort et le revoilà vivant. A croire que même le diable ne voulait pas de lui!
Il sortit de ses pensées. Mac dormait à nouveau paisiblement. Rassuré, il se rendormit à son tour, après lui avoir appliqué un baiser sur la joue.
15:02 G.M.T.
Quartier Général du JAG
Falls Church, Virginie
Clayton Webb épingla le badge «visitor» à son costume et entra dans le Q.G. du JAG. Au détour d’un couloir, il tomba sur Harm.
W -Bonjour Harm, tout va comme vous voulez?
H -Et vous, Webb? Content d’être revenu parmi les vivants?
W -Toujours aussi sarcastique à ce que je vois...
Il regarda autour de lui.
W -Où est Sarah?
H -Elle vous attend dans le tribunal.
W -Oh! Elle s’apprête à faire mon procès?
H -Malheureusement, je crains que non. Elle a juste choisi l’endroit le plus calme pour pouvoir «discuter» avec vous de votre mort.
W -Eh bien, je ne vais pas la faire attendre...
H -Vous vous souciez de la faire attendre alors que vous ne vous souciez pas de lui faire croire que vous êtes mort!
W -Vos remarques désobligeantes m’avaient manquées, Harm! Maintenant, excusez-moi. J’ai un rendez-vous...
Harm vérifia que personne ne regardait dans leur direction puis il plaqua Webb contre le mur. Il approcha son visage de celui de Webb.
H -Ecoutez-moi bien, Webb. Mac a traversé des moments difficiles dont vous êtes en grande partie responsable. Elle est plus fragile que vous ne le pensez. Si jamais vous vous avisez de lui refaire du mal ou de la blesser moralement dans ce tribunal, comme vous venez de le faire, je vous donne ma parole que je vous renvoie là où vous étiez censé être: aux Enfers!
W -Des menaces, Harm? Vous me prenez donc pour un monstre? Je ne ferais jamais de mal à Sarah puisque je l’aime.
H -Vous avez une drôle de façon de lui montrer.
Webb repoussa la main de Harm et après que les deux hommes ont échangé un regard noir, Webb se dirigea vers le tribunal en remettant en place sa cravate froissée par la poigne de Harm.
N’ayant plus rien à faire là, Harm sortit, prit sa voiture et la direction de la plage où Mac lui avait donné rendez-vous après sa conversation avec Webb.
Webb entra dans le tribunal. Mac lui tournait le dos et croisait les bras. Il comprit immédiatement qu’elle lui en voulait de ce qui s’était passé. Il posa sa veste sur une chaise et s’approcha de Mac. Elle se retourna et lui lança un regard glacial. Il prit la parole.
W -Bonjour Sarah.
M -Webb...
W -Tu n’as pas l’air contente de me revoir.
M -C’est surtout que je ne m’attendais pas à te revoir...
W -Ah...j’ai compris. Tu m’en veux de m’être fait passer pour mort.
M -A quoi tu t’attendais? A ce que je me jette à ton cou en remerciant le ciel de t’avoir laissé la vie sauve? Tu m’as menti, tu m’as fait croire que tu étais en Allemagne, tu t’es fait passer pour mort, et tu penses que je ne devrais pas t’en vouloir?
W -Sarah...
M (en criant) -Non, laisse-moi parler! Tu n’imagines pas tout le mal que tu m’as fait! Quand je suis allée au quartier général de la C.I.A., que j’ai découvert ton bureau vide, quand j’ai compris que tous les cadeaux que j’avais reçus, c’était ton assistante qui me les avait envoyés, que je me suis demandé pourquoi elle avait du jouer ce jeu, tu ne penses pas que j’étais morte d’inquiétude? Et quand je lui ai soutiré que tu étais mort, mort, tu entends, mort!, tu ne penses pas que mon coeur s’est arrêté de battre, que le monde s’est écroulé autour de moi?
W -Sarah, je ne pensais pas que...
M -Non, tu ne pensais pas, tu ne penses jamais à ce que je ressens quand tu t’en vas en mission à l’autre bout de la Terre. Est-il vivant, est-il blessé? Et s’il s’était passé quelque chose? Je meurs d’angoisse tant que tu n’es pas rentré! Et tu viens de me prouver que je ne pourrai plus jamais te faire confiance! Tu pourras toujours me dire que tu vas dans des lieux tranquilles, je ne te croirai plus, même si c’était vrai. Je ne pourrai plus supporter d’apprendre que tu es mort et te voir revenir deux semaines après comme si rien ne s’était passé. Tu m’as fait trop de mal Webb.
W -Sarah, je suis désolé. Sincèrement désolé. Je ne voulais pas... ( il lui prend le bras)
M -Non, ne me touche pas! Ne me touche plus jamais! C’est fini entre nous. Tu es mort pour moi, Webb, mort! J’ai accepté ta mort, et j’ai déjà fait ton deuil.
W -Et tu m’as déjà remplacé aussi, à ce que je vois.
M (sur la défensive) -Qu’est-ce que tu insinues?
W -Tu n’as pas mis longtemps pour tomber dans les bras de Harm. C’était ton lot de consolation? (elle le gifle). Aoooh! Aurais-je touché une corde sensible?
M (regardant Webb d’un air dégoûté) -Sale petit monstre! Comment ai-je pu tomber amoureuse de toi?
W -Peut-être parce que je me suis fait torturer pour toi au Paraguay.
M - Alors c’est donc ça... Tu penses que j’ai une dette envers toi parce que tu m’as sauvé la vie au Paraguay, parce que tu t’es laissé torturer pour que je ne le sois pas. Tu crois que ça peut tout excuser, que tu pourras recommencer à te faire passer pour mort et revenir après, tout guilleret: « me revoilà, Sarah, regarde, je ne suis pas mort, et tu dois me pardonner parce que, souviens-toi, au Paraguay, j’ai subi la torture pour toi...» Mais mon petit Clay, tu oublies que je t’ai sauvé la vie, là-bas, et que si Harm n’était pas intervenu, j’aurais été torturée.
W - Mais tu ne l’as pas été.
M -Et ce n’est pas grâce à toi!
W -Je n’étais pas en état de le faire, si tu vois ce que je veux dire... Et ne me dis pas que c’est grâce à Harm...
M -Tu ne supportes pas la vérité, Webb? C’est quand même Harm qui a démissionné du JAG -en détruisant au passage sa carrière de pilote- qui a parcouru 3000 km pour arriver au Paraguay et qui a risqué sa vie pour me sauver au moment où j’allais être torturée.
W - J’avais déjà fait le nécessaire pour t’épargner la douleur avant, tu ne peux pas le nier.
M -Je ne le nie pas. Mais cela ne te donne aucun droit. Surtout pas celui de jouer avec mes sentiments.(silence)Ce que je ne comprends pas, Webb, c’est pourquoi il a fallu que tu m’emmènes jusqu’au Paraguay pour pouvoir me draguer, en me mettant ainsi plus qu’en danger de mort.
W -Je voulais t’éloigner d’Harm.
M -Il y a des endroits loin de Washington beaucoup plus calmes que le Paraguay.
W -Les agents de la C.I.A ne sont pas envoyés dans des endroits calmes. Et j’avais besoin d’une mission qui ait assez d’envergure et de risque pour nécessiter l’aide d’un marine.
M -Moi...
W -Toi. Je savais que tu étais forte, que tu tiendrais le coup,...
M - N’essaye pas de m’amadouer en me flattant, Webb. Je ne reviendrais pas sur ma décision, pas cette fois-ci. Tu m’as prouvé qu’entre moi et la C.I.A, tu choisissais la C.I.A. Je suis peut-être forte, mais la force ne peut rien face à la mort d’un être cher. Je ne pourrai plus supporter ton jeu, Webb. C’est fini entre nous.
W -Tu es sûre de ce que tu veux? Tu veux vraiment te mettre avec Harm?
M -C’est drôle, tu as remarqué que notre conversation revenait toujours sur Harm?
W -Tu n’as pas répondu à ma question. Tu veux vraiment te mettre avec Harm?
M -Oui. Je veux vivre avec l’homme qui m’a toujours aimé. Celui qui était là quand Sadhik s’est introduit dans mon appartement, celui qui renoncerait à sa passion de voler pour moi, celui qui a toujours été là dans les moments difficiles, quand j’ai appris ta mort et, le même jour, mon endométriose, celui qui est allé jusqu’à accepter notre relation parce qu’il pensait que je serais plus heureuse avec toi qu’avec lui. Celui avec qui je veux me marier.
W -Je ne m’attendais pas à ça... Il est donc devenu si parfait pendant mon absence? Ce n’est pas toi qui lui reprochait de ne pas prendre votre relation au sérieux, de ne pas révéler ses sentiments?
M -C’est du passé maintenant. Nous nous aimons, nous avons mis les choses au clair. C’est avec lui que je veux vivre à présent.
W (avec une voix légérement cassée) -Il n’y a plus aucune chance alors?
M -Aucune.
W -Alors adieu, Sarah.
Sur ce, Webb pris sa veste, qu’il avait laissée sur le dossier de la chaise, regarda une dernière fois Mac dans les yeux, la salua d’un signe de tête, et sortit de la pièce en fermant la porte derrière lui.
Mac respira profondément, comprenant l’ampleur de ce qui venait de ce passer. Ce qui l’avait touchée, c’était de voir une larme dans les yeux de Webb, la première qu’elle ait jamais vu dans les yeux de l’agent au coeur de pierre. Mais elle n’allait pas s’apitoyer sur son sort. Il avait cherché son malheur. Elle fut soulagée de cette idée et lentement, se mit à sourire.
16h35 G.M.T
Harm était assis sur la plage et regardait les vagues se former sur la mer. Des tas de questions lui traversaient l’esprit. Quand Mac allait-elle le rejoindre? Comment est-ce qu’elle avait réagi avec Webb? Qu’est-ce qu’elle lui avait dit? Pourquoi est-ce qu’elle avait voulu parler avec Webb seul à seul? Est-ce que son malaise était dû à son endométriose? Pourquoi est-ce qu’elle n’avait rien voulu lui dire? Et surtout... Quel futur avaient-ils ensemble?
Il entendit une voiture arriver. Ce n’était pas celle de Mac. Il replongea dans ses pensées. Il entendit des bruits de pas derrière lui. Il se retourna et vit Mac s’approcha de lui. Elle tenait ses chaussures à la main et marchait pieds nus sur le sable chaud. Son visage paraissait paisible. C’était de bonne augure. Elle s’assit à côté de lui.
M -J’ai parlé avec Webb. Longtemps. C’est fini avec lui. Il ne reviendra plus jamais dans notre vie.
Le coeur de Harm fit un bon dans sa poitrine. Elle avait dit «notre vie»! Elle lui raconta rapidement comment s’était passé son entretien avec Webb. Puis, elle posa sa tête sur sa large épaule et ferma les yeux.
H -Tu es sûre que tu ne le regretteras pas?
M -Je n’ai jamais été aussi sûre Harm. C’est toi que j’aime. J’ai mis beaucoup de temps à m’en rendre compte. Beaucoup trop. Mais l’important c’est que nous soyons ensemble maintenant.
H -Je ne te quitterai jamais.
Mac sourit. Puis se mit à rire doucement.
H -Quoi? Qu’est-ce que j’ai dit?
M -Rien, rien. C’est juste que je suis heureuse. Harm... Je dois te dire quelque chose.
Mac souriait en disant cela et ses yeux brillaient de bonheur.
M -Tu vas être papa.
Harm en resta bouche bée. Ses yeux passèrent de la surprise (un bébé?) à l’incompréhension (comment est-ce possible? Les médecins...) puis à la joie en voyant Mac rayonnante de bonheur et en réalisant enfin l’ampleur de cette phrase. Un bébé! Ils allaient avoir un bébé!! C’était un miracle, un vrai miracle!
H -C’est, c’est... formidable!!
Il se leva surexcité et fit tourner Mac dans les airs en riant de joie. Ils pleuraient tous les deux. Il la reposa sur le sol et ils échangèrent un baiser langoureux.
M -Je voulais te faire la surprise! Mon malaise n’était pas dû à Webb, ni à mon endométriose. C’était parce que je suis enceinte! La prise de sang l’a révélé. Et je le sens en moi! Harm, tu te rends compte! Les médecins se trompaient!! Nous allons être parents!!
Oui, il se rendait compte. Il se rendait compte que sa vie prenait un nouveau sens. Il se rendait compte que son coeur allait exploser de joie, et qu’il n’avait jamais été aussi heureux de toute sa vie. Et il se rendait compte qu’il avait une furieuse envie de l’embrasser à nouveau, ce qu’il fit aussitôt.
L’avenir s’annonçait enfin clément. Et à cet instant, alors qu’ils s’embrassaient sur la plage sous un ciel d’un bleu parfait, sans l’ombre d’un nuage, ils se sentirent invincibles et prêts à surmonter toutes les épreuves que la vie leur réservait.
FIN
Voilà. Une fanfic qui exprime toutes mes espérances quant à l’avenir de Harm et Mac se termine. J’espère qu’elle vous a plu. Espérons que DPB nous donnera aussi une Happy End! Et... à vos claviers pour les commentaires!