« J’ai besoin de deux ambulances d’urgence pour des blessures par balles. L’une a l’abdomen et l’autre à l’épaule, » dit Mac. Elle donna l’adresse des Whiltorp et raccrocha.
« Harm, reste avec moi. Reste éveillé s’il te plaît, » supplia-t-elle.
« Mac, » dit-il d’une faible voix.
« Oui Harm, c’est moi. Je suis là. »
« Mal, » dit-il.
« Je sais. Tiens bon, l’ambulance arrive » lui dit-elle en continuant de compresser la blessure, essayant de stopper tout le sang qui coulait.
L’ambulance arriva cinq minutes après, suivit de MP et des agents du NCIS. Les coups de feu avaient été entendus dans le voisinage et quelqu’un les avait appelé.
« Madame, il faut nous laisser nous occuper de lui maintenant, » dit un des ambulanciers à Mac, mais elle ne réagit pas.
« Madame, s’il vous plaît, » insista-t-il encore. « Nous devons le soigner tout de suite. Il perd beaucoup de sang. »
A ces mots Mac recula mais garda la main de Harm dans les siennes.
« Comment est-il ? » Demanda-t-elle.
« Il faut l’emmener d’urgence à l’hôpital, madame, » dit l’ambulancier après avoir placé Harm sur la civière et en l’emmenant dans l’ambulance.
« Je monte avec lui, » dit Mac avant qu’il puisse dire quelque chose. « Je suis sa femme. »
Ils montèrent donc dans l’ambulance tous les deux aux côtés de Harm. Kyle fut emmené dans l’autre ambulance en compagnie de son oncle tandis que Cassie et le second agent du NCIS les suivaient en voiture.
Harm essaya de rester conscient tout le trajet, mais il perdit la bataille arrivé à l’hôpital. Les infirmiers l’emmenèrent, Mac tenant toujours sa main.
« Madame, vous devez rester ici, » dit l’infirmier. « On va bien s’occuper de lui. »
Une autre infirmière arriva et guida Mac dans une salle d’attente. « Ne vous inquiétez pas Madame, il est entre les mains du meilleur chirurgien du pays, » lui dit la jeune femme.
Quelques minutes plus tard Cassie arriva avec l’agent Hollister.
« Colonel, comment va votre mari ? » Demanda-t-elle en s’asseyant à côté d’elle.
« Il vient de monter au bloc. Il a perdu connaissance en arrivant ici, » dit-elle. « Et vous comment allez-vous ? » Demanda Mac en se ressaisissant.
« Un peu confuse je dois dire. Je n’aurais jamais cru que Kyle était capable de quelque chose comme ça, » répondit la jeune fille.
« En parlant de lui, où est-il ? » Demanda Mac.
« Il est aux urgences avec son oncle pour soigner son épaule, » répondit l’agent du NCIS. « Cassie m’a tout raconté sur le trajet vers l’hôpital. Je sais ce que Kyle a fait. J’ai prévenu l’agent Fisher, mais Kyle c’était déjà confessé dans l’ambulance, » expliqua-t-il. « Dés qu’il aura été soigné on l’emmènera au bureau pour l’interroger plus en profondeur. Colonel, vous savez qu’on aura besoin de votre déposition. »
« Oui, et dès qu’il ira mieux je passerais. Il faudra de toute façon que je fasse mon rapport pour le Général Cresswel, » répondit Mac. « En parlant du Général, je dois le prévenir. » Elle se leva et alla au bureau des infirmières demandant pour utiliser le téléphone.
Elle expliqua tout au Général, du moins dans les grandes lignes. Le Général avait proposé de venir afin qu’elle ne soit pas seule, mais Mac déclina l’offre, lui disant que ses beaux-parents n’habitaient pas loin et elle promis de le tenir informé de l’évolution de la situation. Après avoir raccroché elle retourna à la salle d’attente non sans avoir demandé des nouvelles de Harm à l’infirmière juste avant. Elle trouva Cassie à la même place que quand elle était partie.
« Cassie que fais-tu encore ici ? Tu aurais dû rentrer avec l’agent Hollister, » lui dit Mac.
« Non, je préférais attendre avec vous des nouvelles de votre mari, » répondit-elle et avant que Mac puisse dire quelque chose elle ajouta. « Je me sens responsable de tout ce qui est arrivé. Si je n’avais pas décidé de rompre avec Kyle rien de tout ça ne serait arrivé. Mes parents seraient encore là avec moi et votre mari ne serait pas en train de se faire opérer en ce moment. »
« Cassie tu n’y es pour rien. Crois-moi. Et puis avec des ‘si’ on pourrait refaire le monde. Et Je sais de quoi je parle, » dit Mac le regard dans le vide en disant cette dernière phrase.
« Mais… »
« Non Cassie, si tu dois en vouloir à quelqu’un c’est plutôt à Kyle. Il avait d’autres solutions que celles là. Vous auriez pu discuter jusqu’à ce qu’il arrive à comprendre ton point de vue. Il aurait pu accepter ton choix même si c’était un différent que le sien. Parfois il est préférable de laisser partir la personne qu’on aime si on pense qu’elle est peut être plus heureuse. »
« Vous le croyez vraiment ? » Demanda Cassie.
« Oui, » répondit simplement Mac.
Une heure passa sans aucune nouvelle de Harm. Mac était allée plusieurs fois au bureau des infirmières pour avoir des nouvelles mais la réponse était toujours la même ‘il est toujours en salle d’opération. On vous préviendra dès qu’on sait quelque chose’. Ni Mac ni Cassie n’avait prononcé un mot depuis la fin de leur conversation en dehors de Mac qui lui disait qu’il n’y avait toujours rien de nouveau.
Le chirurgien arriva un moment plus tard.
« Madame Rabb ? »
« C’est moi. Comment va mon mari, docteur ? »
« On a retiré la balle, mais il a perdu beaucoup de sang. Je ne vais pas vous mentir, on a failli le perdre une fois sur la table à cause de cette perte de sang mais on l’a récupéré et maintenant on le transfuse le plus rapidement possible mais tant que son volume sanguin n’est pas revenu à un taux normal il est toujours possible qu’il y ait des risques d’arrêt cardiaque. »
Plus le médecin parlait, plus Mac se décomposait.
« Puis-je le voir ? » Demanda Mac. Seul le fait de voir son mari pourrait la rassurer.
« On va le ramener dans sa chambre d’ici quelques minutes. Une infirmière va vous y emmener. Dès que son volume sanguin sera revenu à la normale, il devrait commencer à se réveiller mais ça prendra quelques heures encore. »
« Merci docteur, » dit Mac avant que le médecin ne parte. Ensuite elle se retourna vers Cassie. « Tu devrais rentrer te reposer un peu maintenant. Tu dois être épuisée avec tout ce qui est arrivé. »
« Je ne peux pas vous laisser ici toute seule. Vous avez aussi besoin de repos et de soutien. »
« Ca ira. Je vais m’asseoir avec Harm jusqu’à ce qu’il se réveille. Je ne peux pas penser à autre chose en ce moment. »
« Alors je vais rentrer un peu et je repasserai plus tard. Vous aurez besoin de vous ressourcer un peu à un moment sinon vous ne serez pas bien quand il se réveillera et je suis sûre que ça l’inquiètera de vous voir dans cet état. »
« D’accord. À tout à l’heure, » dit-elle à la jeune fille et elle suivit l’infirmière, mais avant de passer la porte elle se retourna et interpella Cassie. « Cassie, merci, » dit-elle avec un petit sourire.
Deux heures passèrent sans que Harm ne se réveille. Mac était restée à ses côtés, ne lâchant jamais sa main et lui parlant sans arrêt.
« Harm, allez mon chéri, tu dois te réveiller. J’ai besoin de savoir que tu vas bien, » dit-elle d’une petite voix. « Et puis regardes, l’enquête est finie, on va pouvoir passer ce coup de fil à l’agence pour commencer les démarches afin d’avoir notre bébé. Mais tu dois être en pleine forme pour ça. Alors s’il te plaît. Plus vite tu te réveilleras, plus vite tu seras de nouveau sur pied. »
Elle s’arrêta quand elle entendit la porte s’ouvrir, elle se tourna et trouva Cassie devant. Elle s’était changée et semblait un peu plus reposée.
« Comment va-t-il, Colonel ? » Demanda-t-elle en venant s’asseoir à côté d’elle.
« Son volume sanguin n’est pas encore tout à fait à la normale mais ça ne devrait plus être très long, » répondit Mac.
« Avez-vous mangé quelque chose, Colonel ? »
« Tu peux m’appeler Mac, tu sais. Non je n’ai pas très faim je dois dire et je ne veux pas le laisser au cas où il se réveille. »
« Il faut prendre soin de vous, sinon votre mari risque de s’inquiéter en vous voyant ainsi et dans son état ce n’est pas ce dont il a besoin, » lui répondit Cassie. « Je peux aller vous chercher quelque chose si vous voulez. »
« C’est gentil mais tu n’es pas obligée. Je peux attendre qu’il se réveille pour y aller. »
« Ca ne me dérange pas. Et puis je suis certaine que même quand il se réveillera vous ne serez pas capable de le laisser, » sourit-elle.
Mac lui sourit et Cassie partit à la cafétéria. Elle revint 10 minutes plus tard pour trouver Mac au même endroit et dans la même position qu’à son arrivée.
« Il ne leur restait que des sandwiches au poulet grillé et je vous ai pris une bouteille d’eau. »
« C’est très bien. Merci, » répondit Mac.
Elles mangèrent toutes les deux en silence et ce fut Cassie qui rompit le silence.
« Colonel, puis-je vous poser une question ? »
« Bien sûr. Mais appelle-moi Mac s’il te plaît. »
« Ca fait longtemps que vous êtes mariée avec le Commandant ? »
« Non. On a fêté notre premier anniversaire de mariage au mois de mai. Mais ça fait 10 ans qu’on est partenaire au JAG. »
« Pourquoi avoir attendu si longtemps ? » Demanda Cassie.
« Beaucoup de choses sont arrivées tout au long de ces années et nous avions peur de perdre notre amitié aussi. Harm est mon meilleur ami. Il m’a vu au plus bas comme au plus haut. Il a toujours été là pour moi. Je lui confierai ma vie les yeux fermés. Et maintenant qu’on est marié, ce lien est encore plus fort. »
« J’espère un jour pouvoir connaître ça, » dit Cassie.
« Je te le souhaite aussi parce que c’est la plus belle chose à vivre. Dans un sens je regrette qu’on n’ait pas été plus vite pour s’avouer nos sentiments, mais on a su créer un lien plus fort que tout. »
« Avez-vous prévu d’avoir des enfants dans un futur proche ? »
« Oui nous aimerions beaucoup en avoir, » dit Mac. « Mais ce n’est pas facile. »
« En entrant tout à l’heure dans la chambre j’ai malencontreusement entendu une partie de ce que vous disiez à votre mari, » dit Cassie un peu gênée. « Je vous ai entendu parlé d’adoption. »
« Oui, nous envisageons d’adopter depuis quelque temps. On a prévu de prendre contact avec une agence à notre retour à San Diego. »
« Vous ne savez pas en avoir ? » Demanda Cassie. Voyant que Mac ne répondait pas, elle continua. « Je suis désolée, je ne voulais pas être indiscrète, » s’excusa-t-elle.
« Non, ce n’est rien, » répondit Mac. « En fait, j’ai seulement 4% de chance de tomber enceinte. On ne désespère pas à ce que notre petit miracle se réalise mais on se dit aussi qu’il y a beaucoup d’enfants qui ont besoin d’amour. »
« Quoi qu’il arrive, je suis certaine que vous serez de merveilleux parents et que ces enfants, qu’ils soient à vous ou non, seront aimés. »
« Merci, Cassie. »
Elles discutèrent un peu plus de tout et de rien. Mac lui racontant quelques histoires que elle et Harm dont la promesse de bébé qu’ils avaient faites, lui parlant des enfants Roberts, de Chloé et de Mattie. Cassie expliqua un peu ce qu’elle voulait faire plus tard en devenant Médecin avec peut-être une spécialisation en pédiatrie. Elle ne savait pas encore très bien. Elles discutaient toujours quand Harm commença à remuer. Mac immédiatement se rapprocha de lui en s’asseyant sur le lit.
« Harm, » appela-t-elle sans recevoir de réponse. Elle recommença. « Harm, réveille-toi. Je suis là. »
« Mac ? » Dit-il faiblement.
« Oui c’est moi. Ouvre tes yeux, » dit-elle.
Il lui fallut plusieurs tentatives avant de finalement réussir.
« Hey, » dit-il en regardant sa femme.
« Salut à toi, » répondit-elle. « Comment te sens-tu ? »
« Comme si on était passé avec un bulldozer sur mon corps. »
« C’est compréhensible. Je vais appeler le médecin. »
« Laissez, je vais y aller, » proposa Cassie.
« Merci, » lui dit Mac.
Cassie sortit de la chambre et Mac se pencha pour embrasser son mari.
« Tu m’as fait une sacrée peur tu sais, » lui dit-elle.
« Désolé. Comment va Cassie ? » Demanda-t-il.
« Ca à l’air d’aller mieux. Elle était sous le choc en apprenant que Kyle était le responsable de tout ça, mais malgré tout elle est restée ici à attendre avec moi que tu te réveilles. »
« C’est une gentille fille. Elle mérite d’avoir une vie calme après tout ce qu’elle a connu ces derniers temps. »
« Oui, elle le mérite. »
Cassie revint avec le médecin quelques minutes après.
« Bon retour parmi nous Commandant. Comment vous sentez-vous ? »
« J’ai connu mieux je dois dire, » lui répondit Harm.
« Mesdames, pouvez-vous nous laisser quelques minutes le temps que je l’ausculte, » demanda le médecin. Mac et Cassie sortirent dans le couloir et Mac en profita pour sonner au Général Cresswell et à Trish aussi. Le Général était heureux de la nouvelle tandis que Trish ne laissa pas le choix à sa belle-fille et lui dit qu’elle arrivait au plus vite.
Quand elle revint, le médecin sortait de la chambre.
« Docteur, comment va mon mari ? » Demanda-t-elle.
« Ca va. Il est hors de danger maintenant mais il va avoir besoin de beaucoup de repos et il va devoir s’habituer à tout ce nouveau sang. D’ici une petite semaine il devrait pouvoir sortir. »
« Merci docteur. »
« Je pense que je vais vous laisser maintenant. Je vais rentrer, je dois encore faire ma déposition au NCIS pour ce matin. »
« Tu veux que je t’accompagne ? »
« Non ça ira. Je pense que vous préférez rester avec Harm. »
« Il va de toute façon encore dormir. Et je peux utiliser ce temps pour me changer et faire mon rapport. Et puis il faut aussi que je m’occupe des papiers du Lieutenant Thomas. Je reviens, je vais prévenir Harm. »
Quand elle rentra dans la chambre, il dormait de nouveau. Elle lui laissa un mot et partit avec Cassie. Elles s’arrêtèrent d’abord pour que Mac se change et ensuite elles se dirigèrent vers le NCIS où chacune d’elle fit sa déposition sur ce qui s’était passé le matin chez Cassie. Mac en appris aussi un peu plus sur les deux meurtres perpétrés par Kyle.
Il avait pensé que le Lieutenant Thomas ferait un bon suspect puisqu’il était l’amant de Jenny Whiltorp après les avoir vu au restaurant. Les gens penseraient que c’était pour avoir totalement la femme qu’il avait tué le mari. En allant chercher sa paie le mercredi, il avait entendu que le Lieutenant et Jenny allaient dîner chez elle. Il avait prétexté venir rechercher un CD qu’il avait prêté à Cassie pour aller dans la cuisine et prendre le couteau sur le meuble. Il se doutait bien que le Lieutenant l’avait utilisé puisqu’il avait dit qu’il cuisinerait. Et il savait aussi que tous les vendredi il allait au bar avec ses amis. Il avait profité du jeu de fléchettes pour mettre discrètement le comprimé dans son verre. Jamais le Lieutenant ne l’avait remarqué. Il avait ensuite attendu qu’il rentre chez lui pour aller chez les Whiltorp. Il savait que le père de Jenny allait souvent se coucher tard. Ne fermant jamais la porte, il l’avait doucement ouverte et après il avait égorgé le Capitaine avant de partir précipitamment.
Pour ce qui était de Jenny Whiltorp, Kyle était passé avant le boulot pour discuter avec elle. Espérant qu’elle ferait changer Cassie sur leur relation mais comme son mari, elle avait dit que Cassie prenait seule ses décisions et qu’elle ne se mêlerait pas de ça. Il avait vu rouge et avait pris la première chose qu’il avait trouvée à sa portée c’est-à-dire un foulard. N’ayant touché à rien, sauf au foulard, il n’y avait pas ses empreintes.
Mac prépara les papiers pour la relaxe du Lieutenant Thomas et fit son rapport pour le Général Cresswell qu’elle faxa. Elle alla ensuite à la prison accompagnée de Cassie qui voulait le voir, les raccompagnant tous les deux après avoir fait sortir le Lieutenant. Elle annonça à Thomas avant de partir qu’il pourrait reprendre son service dès le début de la semaine et rien ne serait noté dans son dossier. Il pourrait reprendre une vie tant et si peu normale sans la femme de sa vie.
Ensuite Mac retourna à l’hôpital presque trois heures plus tard, trouvant sa belle-mère aux côtés de son mari toujours endormi.
« Mac, chérie, comment vas-tu ? » Demanda Trish en prenant Mac dans ses bras.
« Bien maintenant que je sais qu’il ira bien. Merci d’être venue si vite, mais tu n’étais pas obligée. On serait passée à notre retour et je t’aurais tenue au courant. »
« Je sais. Mais je sais aussi que mon fils est un malade difficile. Il n’a jamais aimé ça alors mieux vaut être deux pour supporter ça. Combien de temps doit-il rester ici ? »
« D’après le médecin une petite semaine. »
« Alors mieux vaut être deux c’est certain, » rit Trish et Mac rit avec elle.
Ce fut ce moment que choisit Harm pour se réveiller.
« Je vois qu’on s’amuse bien ici, » dit Harm. « Maman, que fais-tu ici ? »
« Je suis venue voir mon fils qui a été blessé et soutenir ma belle-fille durant ta guérison. Elle ne sait pas encore ce qui l’attend durant cette semaine. »
« Quoi ? Une semaine dans cet hôpital. Non, je ne crois pas. »
« Oh que si mon chéri. Tu seras bien gentil et tu écouteras le médecin. Que ce soit une semaine ou plus, tu feras ce qu’il te dit, » le réprimanda Trish.
« Harm, ta mère a raison. Tu viens à peine de sortir de la salle d’opération pour une blessure par balle. Tu as perdu énormément de sang et tu as fait un arrêt cardiaque au bloc. Tu ne te remettras pas en deux jour, » dit Mac avec des sanglots dans la voix que Harm entendit tout de suite.
« Je suis désolé, » dit-il en prenant sa main et en la serrant. « J’essaierai de faire de mon mieux mais ce ne sera pas facile. »
« Ce serait trop beau, » sourit Mac.
Le vendredi Mac assista à l’enterrement de Jenny Whiltorp et avant de partir elle alla présenter ses condoléances à Cassie et au Lieutenant Thomas.
« Toutes les condoléances Cassie, Lieutenant. »
« Merci Mac. Comment va Harm ? » S’intéressa-t-elle.
« Il va mieux, mais c’est un véritable enfant. Il n’arrête pas de râler mais il est désolé de ne pouvoir être ici cependant. »
« Je comprends tout à fait, » dit Cassie.
« Comment vas-tu ? » Demanda Mac.
« Je remonte doucement la pente. Et j’ai John pour m’aider. Je vais rester avec lui jusqu’à mon entrée à l’université et comme j’aurais 18 ans en décembre, je n’aurais pas à m’inquiéter d’être placée. »
« C’est bien, je suis heureuse pour toi. J’espère que tout se passera bien pour toi. Je repasserai te dire au revoir avec Harm avant de partir, » lui dit Mac.
« En fait, avec John on comptait aller vous voir à l’hôpital. »
« Vous pouvez passer quand vous voulez. Ils relâchent Harm lundi matin normalement. »
« On passera ce week-end alors, » dit le Lieutenant qui n’avait encore rien dit jusque maintenant.
« On sera là, » sourit Mac. « Au revoir. »
Elle retourna à l’hôpital où elle trouva Harm râlant encore et toujours sur son séjour obligatoire à l’hôpital.
« Tu sais qu’on t’entend depuis le bureau des infirmières, » dit Mac en entrant dans sa chambre.
« Oui eh bien apparemment ça ne les ennuie pas tant que ça sinon ils m’auraient déjà fait sortir, » râla-t-il.
« Tu es insupportable. »
« Je sais, mais ça ne t’empêche pas de m’aimer pour autant, » dit-il en souriant.
« C’est vrai, » lui répondit-elle en l’embrassant.
« Comment va Cassie ? » Demanda-t-il quand ils se séparèrent.
« Elle s’accroche mais elle a le Lieutenant Thomas pour l’aider. Elle va d’ailleurs rester avec lui jusqu’à son entrée à l’UCLA.
« C’est bien. Ils vont pouvoir surmonter ça ensemble. »
« Oui. Ils ont dit qu’ils passeront ce week-end. »
« C’est gentil. »
« Ta mère n’est pas là ? »
« Non, elle m’a sonné pour me dire qu’elle passerait plus tard que prévu. Elle devait passer à la galerie régler un truc avant. »
Mac s’installa comme elle le faisait souvent dans le lit à côté de Harm et ils finirent par s’endormir tous les deux.
Cassie et le Lieutenant Thomas passèrent le dimanche après-midi. Le Lieutenant voulant les remercier encore une fois pour leur aide et pour avoir cru en lui.
Et le lundi matin Harm fut autorisé à quitter l’hôpital. Il repassèrent chercher leurs affaires à leur quartier et s’arrêtèrent chez Cassie pour lui dire au revoir.
« Cassie, si tu veux parler à quelqu’un ou quoi que ce soit d’autre, n’hésite pas à téléphoner. Je serais heureux de t’aider, » lui dit Mac en lui tendant sa carte. « Il y a notre numéro privé au verso. » Elle prit la jeune fille dans ses bras.
« Merci Mac. C’est gentil, » dit Cassie en reculant. « Je n’oublierais pas. »
Ils rentrèrent chez eux, content de retrouver leur maison. Harm avait encore une semaine de congé pour se remettre, Mac quand à elle recommençait le lendemain. La première chose qu’ils firent après avoir posé leurs sacs ce fut d’aller se promener sur la plage.
« Ca m’a manqué nos promenades après le travail, » dit Harm alors qu’ils marchaient main dans la main le long de l’eau.
« A moi aussi, » dit Mac. « Mais tu sais ce qui m’a le plus manqué ces derniers jours ? »
« Laisse-moi deviner, » dit-il en faisant mine de réfléchir. « T’endormir dans un grand lit avec mes bras autour de toi. »
« Oui, » répondit-elle en souriant.
« Ca m’a manqué aussi, même si à l’hôpital on a un peu réussi à le faire, mais ce n’est pas pareil. »
Ils s’assirent sur le sable un moment, restant silencieux et appréciant simplement la présence de l’autre après tout ce qui s’était passé.
« Mac, » dit tout à coup Harm en resserrant ses bras autour de sa femme.
« Hmm. »
« J’ai réfléchi à quelque chose ce matin en t’attendant, » dit-il.
« A quoi ? »
« Je sais que je ne suis pas encore en super forme et j’espère que ça ne jouera pas contre nous mais j’aimerai qu’on sonne aujourd’hui à l’agence d’adoption. Avoir été si proche de la mort m’a fait réaliser que je ne veux plus attendre plus longtemps avant d’entamer les démarches. Je veux qu’on essaye d’avoir un bébé le plus vite possible. Je veux pouvoir te donner la chance d’être mère, même si ce n’est pas le notre parce que tu es faite pour être mère. »
« Oh Harm, tu sais que je le veux aussi. On peut rentrer et sonner tout de suite, » dit-elle en se levant et en le tirant pour qu’il se lève aussi. Finissant dans ses bras pour un tendre baiser.
Ils rentrèrent toujours main dans la main et Mac alla chercher dans son sac le numéro que le Docteur Zuckerman lui avait noté sur un papier et composa le numéro une fois installée dans le canapé aux côtés de Harm. Quand ça sonna, elle mit le haut-parleur afin que Harm puisse aussi prendre part à la conversation.
« Gwen Harper bonjour, » dit la femme à l’autre bout du fil.
« Madame Harper, bonjour. Je suis Sarah Rabb et mon mari est à côté de moi s’appelle Harmon Rabb Junior. J’ai mis le haut-parleur afin qu’il puisse entendre aussi. »
« Pas de problème Madame Rabb. Que puis-je pour vous ? »
« J’ai eu votre numéro par le Docteur Zuckerman. Elle m’a dit que vous vous étiez occupé de ses demandes d’adoptions, » expliqua Mac.
« C’est exact. Dois-je comprendre que vous et votre mari aimeriez adopter un enfant ? »
« Oui. Pouvez-vous nous dire ce que nous devons faire comme démarches, s’il vous plaît ? »
« Tout d’abord, vous devez remplir un dossier. Si vous me donner votre adresse, je vous l’envois encore aujourd’hui avec la dernière levée du courrier. »
« Bien sûr alors c’est Monsieur et Madame Rabb, 13140 Canyon Road à San Diego. »
« Je vais mettre avec le dossier la liste des documents qu’ils faut tels que des certificats médicaux pour tous les deux, le certificat bonne vie et mœurs, une composition de ménage, acte de naissance des adoptants. »
« Merci. »
« Avez-vous des questions sur la procédure ou autre chose ? » Demanda l’assistante sociale.
« Plein en fait, » répondit Mac.
« Que se passe-t-il une fois que notre dossier est complété ? » Demanda Harm.
« Vous nous renvoyer le tout et dès qu’on le reçoit on l’étudie afin de savoir si vous remplissez les conditions pour adopter. SI c’est le cas, on vous passe un coup de fil pour prendre rendez-vous avec vous pour l’entretien d’information. C’est un entretien sans aucun engagement, juste pour répondre à vos question. Ensuite, il y a quelque temps après un second entretien avec un psychologue en plus, » expliqua-t-elle.
« Si notre dossier est accepté, combien de temps cela prend-t-il entre le début des démarches et l’adoption définitive ? » Demanda Harm.
« En fait cela dépend. A partir du moment où nous marquons votre adhésion au projet des adoptants, l’adoption peut se faire dans les mois qui suivent jusqu’à un maximum de deux ans et demi. »
« Merci Madame Harper, » dit Harm.
« Pas de quoi. Je vous envois donc votre dossier et dès qu’on le reçois, on l’étudie et je vous tiens au courant du résultat. »
« D’accord. Merci et Bonne journée, » dit Mac.
« Bonne journée à vous aussi. Au revoir. »
« Au revoir, » dirent Harm et Mac en même temps.
« Eh bien voilà, déjà une bonne chose de faite, » dit Mac en raccrochant.
« Oui. Ce qu’on peut déjà faire c’est aller chercher les papiers qu’elle a cités. Ca nous fera déjà gagné un peu de temps surtout qu’il faut quelques jours pour recevoir les certificats de bonne vie et mœurs et on doit sonner aux communes où nous sommes nés pour qu’ils envoient nos actes de naissance. Il nous restera qu’à aller chez le médecin pour les certificats médicaux. »
« Oui on gagnera déjà ça. Le médecin on pourra demander à celui de la base vendredi quand tu te feras enlever tes points de suture. »
« Oui. Mais on ne peut pas dire que je sois en super forme en ce moment. »
« Mais il te connaît. Et cette blessure est exceptionnelle. Ça ne t’empêche pas de t’occuper d’un enfant à long terme. »
Ils partirent donc à l’hôtel de ville afin de faire les différentes demandes et passèrent le reste de la journée en ville, se promenant et dînant avant de rentrer tranquillement chez eux.
Le lendemain Mac retourna au JAG. Elle trouva le bureau comme ils l’avaient laissé le jour où ils étaient partis pour Coronado. Le Capitaine Johnson avait tenu le bureau d’une main de maître et Mac en fut reconnaissante. Elle n’aurait pas aimé devoir régler tout un tas de problème à son retour. À midi, elle était prête à aller déjeuner quand Harm apparut à la porte du bureau.
« Salut toi, » dit-il.
« Hey, qu’est-ce que tu fais-là ? Tu ne devais pas te reposer ? » Demanda-t-elle.
Il entra et ferma la porte, avant d’aller embrasser sa femme.
« C’est vrai, mais tu sais bien que je ne suis pas doué pour ça, » lui dit-il avec un petit sourire. « Et puis je me suis dit que ça te plairait de jeter un coup d’œil sur ceci, » dit-il en lui montrant une grande enveloppe.
« Ce sont les papiers ? » Demanda-t-elle. « Déjà ? Je ne pensais pas que ce serait si rapide. »
« Elle l’a fait partir en courrier express. Ça te dit qu’on les regarde maintenant ? »
« J’allais justement déjeuner. »
« Alors je t’emmener déjeuner dans un endroit calme pour qu’on les regarde. »
« Tu as déjà ouvert l’enveloppe ? » Demanda-t-elle en prenant ses affaires.
« Non. Je voulais le faire avec toi. »
« C’est gentil, merci, » dit-elle en déposant un rapide baiser sur ses lèvres.
Une fois à table, ils ouvrirent l’enveloppe et en sortirent les papiers. Il fallait donner divers renseignements sur leur vie, leur travail, les raisons de leur envie d’adopter. Ce genre de chose. Ils ne purent patienter jusqu’au retour de Mac à la maison et commencèrent à les remplir mais ils ne réussirent pas à les terminer avant l’arriver de leurs plats et ils décidèrent de les finir au soir bien tranquillement. Ils espéraient recevoir rapidement les documents qu’ils avaient demandés, ayant déjà reçu la composition de ménage et de renvoyer le tout vendredi après la visite chez le médecin.
Comme ils l’avaient espéré, ils avaient reçu tous les documents pour vendredi quand ils allèrent chez le médecin pour enlever les sutures de Harm. Ils leur expliquèrent aussi les démarches qu’ils avaient entreprises et qu’il leur fallait pour chacun un certificat médical. Le médecin leur fit un rapide bilan de santé à tous les deux et sur le chemin retour à la maison, ils allèrent déposer l’enveloppe à l’agence ainsi ils étaient sûr qu’ils l’auraient lundi à la première heure.
Harm avait repris son travail après sa semaine de convalescence, heureux de pouvoir reprendre le boulot. Et cette première semaine s’était passée calmement mais il était quand même heureux que le week-end soit là car il était encore un peu fatigué. Il fallait encore quelque temps pour que son corps s’habitue à son nouveau sang.
Il était sûr le point de partir quand Coates l’appela par l’interphone.
« Monsieur, vous avez un appel sur la 3. »
« Merci Jen, » dit-il en décrochant. « Commandant Rabb. »
« Monsieur Rabb, bonjour c’est Gwen Harper de l’agence d’adoption. »
« Oh bonjour Madame Harper. Que puis-je pour vous ? »
« Voilà, nous avons examiné votre dossier et nous acceptons votre demande. Il faudrait maintenant que l’on prenne un rendez-vous pour le premier entretien. Avez-vous un jour de préférence ? »
« Attendez je prends mon agenda. Quand cela doit-il être fait en général ? » Demanda-t-il.
« Eh bien en général on essaye que ce soit le plus rapidement possible. Ce que je peux vous dire c’est que jeudi de la semaine prochaine je suis absente donc ça ne sera pas possible pour moi. »
« Eh bien je vois dans mon agenda que nos n’avons rien lundi en fin d’après-midi. »
« Pas de problème pour moi. Disons 17h30 ? »
« Parfait. Je le note tout de suite, » dit-il en le faisant en même temps.
« Eh bien voilà je vous dis à lundi alors. »
« A lundi et bon week-end. »
« Merci à vous aussi. »
Après avoir raccroché il prit ses affaires, souhaita un bon week-end à Jen et se dirigea chez lui. Mac ne devait pas rentrer avant une bonne heure car elle était allée avec le Capitaine Thomson interroger un témoin pour une affaire où elle devait plaider. Il aurait le temps de se doucher et de préparer un bon repas avant son retour. Elle arriva comme prévu au bout d’une heure, trouvant son mari dans la cuisine.
« Bonjour toi, » dit-elle en l’embrassant. « Est-ce que j’ai le temps de me changer avant de dîner ? »
« Oui et même de prendre ta douche. J’ai fait une lasagne et je viens juste de la mettre au four. »
« Dommage qu’on ait pas le temps, on aurait pu la prendre ensemble, » dit-elle mutine.
« Rien ne nous empêche d’en reprendre une plus tard, » lui répondit-il en l’embrassant.
Elle partit en direction de l’étage quand il lui cria, « Au fait, j’ai un truc à te dire durant le repas. »
« Dois-je m’inquiéter ? » Demanda-t-elle depuis la chambre.
« Non, pas du tout. »
Elle descendit quand tout fut prêt. Harm avait mis la table et sortait justement le plat du four. C’est quand ils furent installés et prêt à manger qu’elle revint sur ce qu’il lui avait dit.
« Alors de quoi voulais-tu parler durant le dîner ? »
« J’ai eu un coup de fil intéressant avant de partir du bureau, » dit-il.
« Ah oui ? De qui ? »
« De l’assistante sociale de l’agence d’adoption. Notre dossier a été accepté. Nous avons le premier entretien lundi à 17h30. »
« Déjà ? Je ne pensais pas que ça irait si vite pour qu’ils lisent notre dossier et surtout qu’ils acceptent notre demande. »
« Tu avais des doutes ? » Demanda Harm.
« Un peu oui. Ce n’est pas comme si j’étais stérile à 100% comme certaines femmes ou hommes. »
« C’est qu’ils ont pensé qu’on avait toutes les chances de pouvoir rendre un enfant heureux malgré tout. »
« Oui tu as peut-être raison. Et toi tu n’es pas surpris que ça ait été si vite ? » Demanda-t-elle.
« Si bien sûr. Je ne pensais pas qu’ils traiteraient les dossiers si vite surtout avec le nombre de demandes qu’ils ont. Mais je suis content qu’on a tout de même pas du attendre trop longtemps. »
« Moi aussi. Et j’espère que ça voudra dire que tout se passera bien et vite aussi. J’ai pas trop envie de devoir encore attendre deux ans et demi pour pouvoir avoir un enfant si ça ne marche pas naturellement. »
« Moi non plus, mais il faudra prendre notre mal en patience que ce soit pour l’adoption ou pour la manière naturelle. »
Ils continuèrent de manger tout en discutant et après avoir tout rangé et tout nettoyé, ils allèrent faire leur ballade quotidienne sur la plage pour profiter du coucher de soleil.
« Harm ? » Dit Mac alors qu’ils s’arrêtaient pour regarder le soleil descendre.
« Oui ? »
« J’ai pensé à quelque chose durant cette semaine mais je ne sais pas si tu seras d’accord. »
« Dis moi ce que c’est et je pourrais te le dire, » dit-il en l’installant entre ses jambes pour regarder le spectacle devant eux.
« Voilà, je m’étais dit que si notre demande était acceptée, que j’aimerais qu’on parle de notre projet à tes parents. Ils ont toujours été là pour nous et nous ont toujours soutenu. Je suis certaine qu’ils seraient heureux pour nous. »
« Je suis d’accord avec toi. Et je sais que même si elle n’en dit jamais rien, maman, aimerait avoir des petits-enfants. Quand veux-tu leur annoncer ? »
« Je pensais qu’on pourrait les inviter lundi soir après l’entretien. On sera plus à même de répondre à leurs questions s’ils en ont. »
« Bonne idée. J’ai épousé une femme qui pense à tout, » dit-il en déposant de petits et doux baisers dans le cou de sa femme. « N’avions-nous pas prévu une douche commune après le repas, » dit-il sans arrêter les baisers.
« Si, mais que dirais-tu d’aller directement au lit à la place, » lui dit-elle en se retournant dans ses bras pour l’embrasser doucement.
Il ne fallut pas lui dire deux fois et après avoir mis fin au baiser, il se leva et tira Mac sur ses pieds avant de la tirer vers la maison. Les vêtements commencèrent à voler sur la terrasse et tout au long du chemin les menant à leur chambre. Ils firent l’amour plusieurs fois durant la nuit rattrapant le temps perdu du à l’enquête et à la convalescence de Harm.
Le jour de l’entretien arriva et c’était deux militaires un peu nerveux qui arrivèrent à l’agence. Ils pouvaient voir des centaines de photos sur les murs, d’enfants avec leurs parents. Sûrement leurs parents adoptifs. Certains étaient des bébés tandis que d’autres étaient plus grands et tous semblaient heureux. Harm et Mac furent dirigés vers le bureau de l’assistante sociale et attendirent, dans la petite pièce à côté du bureau, quelques minutes avant qu’une grande femme brune, dans le milieu de la cinquantaine, n’ouvre la porte du bureau.
« Monsieur et Madame Rabb, » dit-elle en tendant la main. « Désolée de ce petit retard j’étais au téléphone. »
« Ce n’est rien, » répondit Harm en serrant la main devant lui. « Nous venons d’arriver. »
« Entrez je vous en prie, » dit-elle en serrant la main de Mac.
Ils s’installèrent en face de l’assistante sociale qui sortit leur dossier.
« Comme vous le savez, nous avons accepté votre demande. Vous êtes tous les deux de bons candidats à l’adoption. Une maison à vous, un bon travail, vous êtes encore jeunes aussi et en bonne santé, » dit-elle. « J’ai une petite question cependant sur votre travail. En tant que militaire, vous pouvez être envoyé n’importe où et n’importe quand. Si vous êtes tous les deux amenés à devoir partir ailleurs quelque temps, avez-vous quelqu’un qui pourra s’occuper de l’enfant en votre absence ? »
« Oui, » répondit Mac. « Les parents de Harm habitent à 10 minutes de la maison. Et s’ils ne sont pas là, parce qu’il leur arrive aussi de devoir quitter la ville pour une semaine ou deux, nous avons quelqu’un qui travaille avec nous. Je suis certaine qu’elle serait d’accord de nous aider, » dit Mac en pensant à Jen.
« D’accord. Je vois que vous y avez déjà pensé. »
« Eh bien dans l’armée quand on veux fonder une famille, c’est une des premières choses à laquelle vous devez penser, » répondit Harm. « Surtout quand on est tous les deux militaires. »
« Je comprends. Alors avez-vous des questions ? » Demanda-t-elle.
« Oui, que se passe-t-il à partir d’ici ? Je veux dire en dehors des entretiens ? » Demanda Harm.
« Eh bien, maintenant vous êtes sur liste d’attente. Dès que des ‘places’, comme on appelle ça, se libèrent, un entretien à l’étude est fixé. Nous trois et une psychologue. Tout au long de la procédure je serais à vos côtés. À la moindre questions, au moindre doute vous pouvez me contacter, » expliqua-t-elle. « Je vois dans votre dossier que vous n’avez pas de préférence pour l’origine de l’enfant, mais que vous aimeriez avoir un nouveau-né. »
« C’est exact, » dit Mac.
« Vous devez savoir que c’est ce qui est le plus demandé et donc le plus long aussi. »
« Oui nous nous en doutons, » dit Harm. « Mais nous serons patients. »
« Comment ça se passe une fois qu’on a l’enfant ? » Demanda Mac.
« Eh bien, au moment de l’accueil de l’enfant, vous déposez une requête au tribunal de grande instance où vous habitez, en l’occurrence celui de San Diego. Le juge attend six mois avant de donner son verdict, parce qu’il procède durant ce laps de temps à une enquête et aussi parce que durant ces six mois les parents biologiques peuvent revenir sur leur décision de faire adopter leur enfant. Durant ces six mois l’enfant vit avec vous cependant. Au bout de ces six mois, si les parents acceptent toujours que l’enfant soit adopté et suivant le résultat de l’enquête, le juge accepte ou refuse le jugement d’adoption. Quinze jours après le jugement, l’adoption est transcrite sur les registres de l’état civil du lieu de naissance de l’enfant, sur demande du gouverneur. L’enfant prend alors votre nom et à ce moment là l’adoption est irrévocable. »
« Merci. Nous sommes avocats, mais les lois familiales ne sont pas notre spécialité, » dit Mac.
« Je comprends ne vous en faites pas, » répondit l’assistante sociale.
L’entretien dura plus d’une heure. Gwen répondant le plus précisément possible à leurs questions et demandes. Les rassurants le plus possible sur cette longue attente qu’est celle d’adopter un enfant. Harm et Mac repartirent contents et plus rassurés qu’au début, sachant maintenant ce qui les attendait exactement. Ils avaient pris rendez-vous dans deux mois pour l’entretien avec la psychologue.
Sur le chemin retour, ils s’arrêtèrent au chinois pour leur souper avec Trish et Frank et arrivèrent quelques minutes avant eux. Mac les accueillit alors que Harm préparait la table. Ils prirent un rapide apéritif avant de passer à table. Avec Harm, ils avaient convenu d’aborder le sujet après le repas, pendant qu’ils prendraient le café dans le salon. Le repas se fit dans la joie et la bonne humeur discutant un peu de tout. Quand ils eurent fini, ils bougèrent au salon pour le café et c’est Harm qui entama la discussion.
« Maman, Frank si on vous a fait venir ce soir c’est parce que nous aimerions vous faire part d’une décision que nous avons prise. Au départ on ne voulait pas trop en parler jusqu’à ce qu’on ait la réponse. »
« Je présume que vous l’avez eue sinon nous ne serions pas là, » dit Trish en regardant son fils et sa belle-fille.
« Oui. Vous savez pour la maladie de Mac et pour le peu de chance qu’on ait d’avoir un enfant à nous. Et même si on ne renonce pas à avoir notre enfant, nous avons fait une demande d’adoption et elle a été acceptée. »
« Harm, c’est merveilleux, » dit Trish. « Je suis fière de vous. Ça n’a pas dû être une décision facile à prendre. »
« En fait ça n’a pas été si dur que ça, » dit Mac. « Nous espérons toujours que je puisse tomber enceinte un jour où l’autre, mais on se dit aussi qu’il y a tellement d’enfants qui attendent d’être aimés. On veut pouvoir donner de cet amour à un enfant, même si ce n’est pas de notre sang. On a chacun vécu un peu de ça. Moi avec Chloé et Harm avec Mattie même si on n’en a pas la garde et qu’on ne les a pas tout le temps avec nous. Qu’il soit de nous ou non ne change rien au fait qu’on veuille un enfant. »
« Je suis contente pour vous deux, » dit Frank alors qu’il embrassait la joue de Mac. « Vous ferez de supers parents de toute façon. »
« Merci Frank, » dirent-ils en même temps.
« Alors comment cela va-t-il se passer ? » Demanda Trish.
Harm et Mac expliquèrent alors tout ce qu’ils avaient appris lors de l’entretien avec l’assistante sociale.
« Je croise les doigts pour que ça ne dure pas trop longtemps pour vous, » dit Trish.
« Merci maman. La seule chose qu’on aimerait c’est de ne pas encore en parler autour de vous. Du moins tant qu’on est sur liste d’attente parce que ça peut prendre un moment. »
« Pas de problème. Nous comprenons, » dit Frank.