10h32
Bureau de Mac
Falls Church, Virginie
_ Mac, soyez raisonnable ! J’ai raison et vous le savez !
Harm s’appuya sur le bureau de sa partenaire et la regarda dans les yeux. Une fois de plus, ils se disputaient à propos d’une affaire. Il s’agissait d’une accusation de fraternisation entre marines. Harm représentait l’accusation et Mac la défense.
_ De toute façon, vous n’êtes pas objective lorsqu’il s’agit de marines…
Mac se leva d’un coup, faisant tomber un dossier qui traînait sur son bureau.
_ Je vous demande pardon ? Elle enrageait. Vous m’accusez moi, un colonel des marines de l’armée des Etats unis d’Amérique de partit prit ? Que ce soit bien clair, Harm. N’attendez aucun arrangement de ma part, nous irons jusqu’au procès. Et je gagnerai.
Harm approcha son visage du sien.
_ Je vous conseil de descendre de votre petit nuage, marine, ou la chute serra très douloureuse. JE gagnerai ce procès.
_ Je vous conseil d’arrêter là, sinon…
A ce moment là, Tiner( grâce lui soit rendu) frappa à la porte, interrompant ainsi la dispute.
_ Colonel, capitaine, l’amiral veut vous voir dans son bureau tout de suite.
_ Merci, Tiner, nous arrivons, répondit Mac en se redressant et en lissant les plis de son uniforme, et, sans un regard pour Harm se dirigea vers le bureau de l’amiral.
_ Un problème, monsieur, demanda Tiner au capitaine ?
_ Non. Une divergence d’opinion, comme d’habitude.
Il se dirigea à son tour vers le bureau de l’amiral. Une fois à l’intérieur, les deux avocats exécutèrent un salut militaire parfait devant l’amiral Chegwidden. Ce dernier était assit à son bureau et, après un regard vers Harm et Mac, posa ses lunettes et se leva.
_ Repos. Alors vous deux, comment avance la cour martiale ?
_ Le colonel et moi-même n’avons pas réussit à conclure un arrangement, nous allons donc aller jusqu’au procès.
_ Ce n’est pas nouveau capitaine, vous n’êtes jamais d’accord.
Il toussa et prit un dossier qu’il tendit à Mac.
_ De toute façon cela n’a plus d’importance, j’ai besoin de vous sur une autre affaire qui nécessite mes meilleurs éléments.
A ces mots, Harm afficha un large sourire, comme à chaque fois que l’amiral parlait d’eux en ces termes. Mac, qui l’avait vu, se pencha légèrement vers lui pendant que l’amiral cherchait quelque chose dans un tiroir.
_ Ca va les chevilles ?
_ …
_ Bien, reprit l’amiral. Un lieutenant de l’air force a été accusé d’espionnage au profit des Russes. Elle s’est fait arrêter à l’aéroport de Boston alors qu’elle tentait de faire passer des documents top secret par les douanes. Elle affirme cependant être innocente et s’être fait piéger. Vous allez enquêter sur place et vous représenterez accessoirement la défense. Votre avion part dans 4 heures, des questions ?
_ Oui, intervint Mac. Quelle est la position des Russes ?
_ Ce sont des russes, répondit l’amiral. Ils nient tout en bloc, comme d’habitude. Mais occupez vous d’abord de ce lieutenant. Rompez !
_ Qui va se charger de l’affaire de fraternisation ?
_ Ne vous en faites pas, vos clients seront bien défendus. Bon maintenant dépêchez-vous, le sergent Galindez vous remettra vos billets. Rompez !
_ A vos ordres, monsieur !
( ils sortent du bureau)
_ Alors, Mac, il me semble que nous allons devoir faire équipe une fois de plus.
Elle se retourna vivement, manquant ainsi de les faire tomber tous les deux.
_ Attention, Harm. Nous sommes coéquipiers, certes, mais cela ne m’empêchera pas de vous remettre à votre place.
_ A vos ordres, madame, dit il en lui adressant un sourire briseur de cœur.
_ Pas de ça avec moi, flyboy !
A ce moment là, le sergent artilleur Galindez s’approcha d’eux et leur tendit leurs billets et leur itinéraire.
_ Merci, sergent, dit Harm, puis, en se tournant vers Mac. Je passe vous prendre pour aller à l’aéroport ?
Elle leva les yeux au ciel et soupira.
_ D’accord, mais venez en taxi, la dernière fois vous vous êtes fait enlever votre voiture.
_ Mais…
_ Je n’ai pas le temps. A tout à l’heure.
Elle tourna les talons et rentra dans son bureau.
_ Monsieur ?
_ Oui, sergent ?
_ Vous avez un message de Mlle Peterson, elle vous demande de la rappeler le plus vite possible.
_ Merci.
Une fois dans son bureau et ramassa ses affaires. Il l’appellerait de la voiture.
25 minutes plus tard
Appartement de harm
Au nord de Union Station
Harm rentra dans son appartement et claqua violemment la porte. Il venait de se disputer avec Renée au sujet de son départ avec Mac pour Boston. Elle n’aimait pas beaucoup l’idée de le savoir au bout du monde avec sa plus grande rivale. Elle lui avait reproché de ne pas avoir refuser la mission, sur quoi Harm lui avait répondu qu’un avocat ne choisissait pas ses missions, il les acceptait, c’est tout.
Il jeta un coup d’œil à sa montre. Il devait se dépêcher s’il voulait être à l’heure chez Mac. Il fit rapidement ses valises et appela un taxi. Soudain, presque sur un coup de tête, il décrocha le téléphone et composa le numéro de Renée. Mais cette dernière n’était pas là, aussi dût-il se contenter de laisser un message sur le répondeur.
_ Renée, c’est Harm. Cela m’embête de laisser un message sur ton répondeur, mais je n’ai pas le choix. Cela fait un moment que je réfléchis sur notre relation, sur nous deux. En fait, je pense que nous n'avons pas d’avenir ensemble. Nous ne pensons pas de la même manière, tu vie dans ton monde et moi dans le mien. Tu ne supporte pas ma vie et tu me le répètes souvent. Je t’apprécie beaucoup, mais je ne veux pas renoncer à ce que j’aime le plus pour te faire plaisir. Je suis désolé. Je prends l’avion tout à l’heure, avec Mac. Je pense qu’à mon retour on ne se reverra plus, peut-être même seras-tu partie. Je suis désolé, mais je suis sûr que c’est mieux pour nous deux. Au revoir.
Il reposa le combiné en soupirant. Cette fois c’était fait, il ne pouvait pas reculer. Tout était fini entre Renée et lui. Après un dernier regard dans son appartement pour vérifier que tout était en place, il ferma la porte et alla dans la rue, où le taxi venait d’arriver.
13h35
Dans l’avion vers Boston
_ Mac ?
Cette dernière grommela des mots intelligibles mais n’ouvrit pas les yeux.
_ Mac ?
Après un soupire, elle ouvrit les yeux et se tourna vers lui.
_ Oui ?
_ Euh…ça va ?
_ Harm, ne me dite pas que vous m’empêcher de dormir pour me dire ça !
_ …non…en fait, ce que j’aimerais vous dire est assez personnel.
Mac se redressa sur son siège, complètement réveillée.
_ Qu’est-ce qu’il y a ?
_ C’est Renée. Nous avons rompu.
_…quand ?
_ Tout à l’heure. En fait nous nous étions disputés à propos de notre départ pour Boston.
_ Elle n’appréciait pas que ce soit moi qui parte avec vous ?
_ Oui. Nous nous sommes disputés. Avant de partir vous chercher, je l’ai appelé… enfin, je lui ai laissé un message sur son répondeur, lui disant qu’on ne pouvait pas continuer ensemble.
_ Vous allez bien ?
_ Oui. C’est étonnant, vous ne trouvez pas ? J’ai quand même vécu quelque chose de sérieux avec elle. Nous rompons, et je me sens presque…soulagé.
_ Je ressens la même chose, dit Mac en se tournant vers le hublot.
Sur le moment, Harm ne réagit pas à ce qu’elle venait de dire.
_ Je ne pense pas que ce soit normal, je…
Soudain il réalisa ce qu’elle venait de dire. Il lui mit la main sur l’épaule et la força à le regarder.
_ Quoi ?
Mac le regarda dans les yeux et lui sourit.
_ Oui, Mic et moi avons rompu.
Harm ne savait quoi dire, il la regardait, les yeux grands ouverts, attendant qu’elle lui en dise plus, qu’elle se confit à lui. Mais elle ne disait rien, se contentant de fixer ses mains sur ses genoux, le visage à moitié dissimulé par ses cheveux.
_ Quand ? se décida enfin à demander Harm.
_ Il y a deux semaines. On était au restaurant très chic. On voulait fêter nos fiançailles rien que tout les deux.
_ Que s’est-il passé ?
_ On s’est disputés. Il s’est mit en colère, moi aussi. Et je lui ais rendu sa bague, et c’est tout.
Elle s’allongea sur le fauteuil, et ferma les yeux, signifiant ainsi la fin de la discussion.
Harm n’osait plus bouger, et une question le torturait à présent : Pourquoi elle et Mic s’étaient-ils disputés ? A quel propos ? Il n’osait pourtant rien dire, rien demander. Au fond de lui, il savait que lorsqu’elle en ressentirait le besoin, elle lui raconterait tout. Il soupira et se cala confortablement au fond de son siège, et entama la lecture du dossier que l’amiral leur avait confié plutôt.
15h16
Hôtel Princess
Boston
Harm frappa à la porte de la chambre de Mac.
_ Vous êtes prêtes ? Il faut que l’on aille voir ce major au plus vite.
Soudain la jeune femme ouvrit la porte et s’engagea tout de suite dans le couloir. Mais Harm avait eut le temps, au moment où elle avait ouvert la porte, de voir des yeux rougis et humides de larmes. Pourtant il ne dit pas un mot, respectant le choix de sa coéquipière. C’est pourtant avec un regard inquiet qu’il suivit Mac, décidé à faire de son mieux pour qu’elle se sente mieux après sa rupture avec Brumby.
Base Air Waves
Boston
_ Colonel, capitaine !
Un sergent, posté devant une pièce venait de saluer les deux avocats avant de leur ouvrir la porte. Ils pénétrèrent dans une salle d’interrogatoire grise et austère. Harm détestait ce genre d’endroit, triste, sans vie. Pas étonnant que les accusés n’aient jamais le moral lors des interrogatoires.
Une femme se trouvait devant la fenêtre, le regard perdu dans le vague.
_ Lieutenant Simons ?
Elle se retourna. C’était une jeune femme d’environ 25 ans, le visage jeune et grave à la fois. Elle leva de magnifiques yeux verts en direction de nos deux officiers, soulagée.
_ Enfin ! dit-elle en se précipitant. Puis, se rappelant à l’ordre, elle les salua correctement. Pardon, madame, monsieur.
_ Repos lieutenant, dit Mac. Asseyez-vous.
Ce fut Mac qui commença l’interrogatoire.
_ Bien, lieutenant, je suis le colonel Mackensie, et voici mon coéquipier le capitaine Rabb. Nous sommes ici pour vous défendre, mais notre priorité est de découvrir la vérité, est-ce clair ?
_ Oui, madame.
_ Bien. ( Elle sortit un dossier de sa sacoche) Vous avez donc été arrêté alors que vous tentiez de passer la douane de l’aéroport de Boston en possession de documents confidentiels. Est-ce exact ?
_ Non, madame.
_ Comment cela ? demanda Harm
_ Permission de parler librement ? demanda t’elle
_ Accordé, lieutenant.
_ Je n’y suis pour rien ! Ce n’est pas moi qui ai apporté ces documents, on m’a piégée !
_ Et qui d’après vous aurait pu vous en vouloir au point de vous faire accuser de trahison envers votre pays ? demanda Mac, une légère ironie dans la voix.
_ Je ne sais pas madame, mais peut-être n’est-ce pas une vengeance personnelle ? J’étais probablement la personne qui leur fallait.
_ Leur ?
_ Je sais que ce que je vous raconte doit vous sembler sonner faux, mais c’est la vérité, je n’y suis pour rien.
_ Qu’alliez-vous faire en Russie ? demanda Harm, après avoir échangé un regard avec Mac.
_ Je rejoignais ma correspondante. Elle habite à Moscou. Le général Gibbs m’avait accordé une permission de deux semaines et…
_ Deux semaines ?
_ Oui, madame. Je sais, moi aussi cela m’a surpris, mais je suis une bonne militaire, je fais mon devoirs, et personne n’a jamais rien eut à redire de moi.
Harm jeta un coup d’œil au dossier.
_ Il est écrit ici que lorsque vous vous êtes faite interpellée au poste de douane, vous avez résisté aux militaire.
_ Ce n’est pas tout à fait exact, monsieur. J’ai bien été interpellée, mais je n’ai pas eut le droit à la parole. Lorsqu’ils ont découvert les documents après m’avoir fouillé, ils m’ont tout de suite arrêtée, après m’avoir agressée verbalement et physiquement.
_ Lieutenant, intervint Mac en lui adressant un regard sévère. Vous veniez d’être arrêtée en possession de documents dont vous devriez en temps normal ignorer l’existence. Que vouliez-vous qu’ils fassent, vous laissez passer en Russie avec le sourire ?
_ Mais je suis innocente ! J’aimerais vous poser une question : pourquoi pensez-vous que j’ai été arrêtée à la douane ? Pourquoi ais-je été fouillée ? Je n’avais rien, même pas mon arme de service à déclarer. Ils n’avaient aucune raison de s’intéresser à moi, à moins que quelqu’un ne les ait informés que je transportais illégalement des documents confidentiels.
_ Ce que vous faisiez.
_ Je suis innocente ! Etes-vous là pour me défendre oui ou non ? Je ne sais même pas de quoi parlent ces documents.
_ Et vous n’allez pas avoir l’occasion de satisfaire votre curiosité, dit soudain quelqu’un.
Harm et Mac se retournèrent pour découvrir un colonel et un major de l’air force.
_ Sam !
_ Mac ?
_ Euh…vous vous connaissez ? demanda le colonel O’Neill
_ Oui, mon colonel, nous sommes des amies d’enfance.
_ Bien, on verra plus tard, dit le colonel O’Neill.
Harm se leva.
_ Vous êtes ?
_ Enchanté de faire votre connaissance.
Harm put voir la jeune femme à côté de lui esquisser sourire, qu’elle avait fort joli d’ailleurs. C’était une jeune femme aux yeux bleu et aux cheveux blond coupés court, ce qui mettait en valeur son teint laiteux.
_ Je pense que mon coéquipier voulait dire qui êtes vous ? dit-alors Mac.
_ Ah ! Mais il fallait le dire plutôt.
Il jeta un regard à la jeune femme blonde, dont les yeux pétillèrent aussitôt.
_ Je suis le colonel Jack O’Neill, avec deux « l », et voici le major Samantha Carter. Nous sommes de l’air force. Colonel Mackensie et capitaine Rabb je présume ? Du Jag si je ne m’abuse ?
_ Vous avez un avantage sur nous, nous ne savons pas d’où vous venez.
_ De loin. Nous venons pour interroger le lieutenant Simons, en privé.
_ Je crains que ce soit impossible. D’abord parce que l’on ne sait toujours pas d’où vous sortez, et que nous sommes ses avocats. Si vous n’avez pas d’autorisation, il faudra revenir, vraiment désolé.
Harm et le colonel O’Neill s’affrontèrent du regard, l’un en face de l’autre. On aurait dit un combat de coqs en pleine basse cour. Mac et Sam levèrent les yeux au ciel en même temps. Ce fut cette dernière qui prit la parole.
_ Ne vous inquiétez pas, capitaine, nous avons toutes les autorisations. Nous enquêtons aussi sur cette affaire et nous aurions besoin de votre concours.
_ Si ces messieurs veulent bien ranger les armes, dit Mac en s’approchant des deux spécimens de virilité. Harm ? (Ce dernier recula d’un pas) Bien. Vous devez nous comprendre. C’est une affaire délicate ; je vous rappelle que le lieutenant Simons est accusée de haute trahison. Nous ne pouvons pas confier notre cliente aux premiers militaires qui viennent munis d’une autorisation. C’est la peine capitale que nous devons lui éviter, et c’est là notre priorité.
Harm lança un regard plein de fierté à sa coéquipière. Mac avait toujours le chic pour calmer une situation là où lui se serrait emporté. Il nota une fois de plus à quel point ils s’accordaient, se complétaient. Depuis qu’il la connaissait, elle avait brisé toutes les idées qu’il se faisait sur les marines. Le colonel Sarah Mackensie n’était pas seulement une marine accomplie, servant sa patrie, elle était également une femme ravissante, respirant la sensualité. Elle était pleine d’humour et de répartie, ce qu’il n’avait pas l’habitude de rencontrer dans les femmes qu’il fréquentait.
Sam ne perdait rien de la scène qui se déroulait sous ces yeux. Le capitaine fixait son amie avec une telle intensité qu’elle en avait des frissons dans le dos. Elle aurait aimé que « son » colonel la regarde ainsi, et non plus comme un simple major de l’air force, ou un membre de son équipe. Elle savait qu’il ressentait quelque chose pour elle, mais le règlement, oui ce stupide règlement les empêchait de s’aimer. Certes, ils s’étaient mis d’accord pour ne pas révéler leur sentiments, étant donné que cela ne mènerait nul part. Mais depuis quelques temps, elle avait de moins en moins envie de continuer à dissimuler ce qu’elle éprouvait depuis toutes ces années. Cela finirait par la tuer !
_ Vous me plaisez, dit alors le colonel O’Neill en regardant Mac. Vous êtes une avocate consciencieuse qui ne se soucis que de son client. Malheureusement, je n’aime pas les avocats. Pour moi, c’est comme les scientifiques, je ne comprends jamais rien à ce qu’il disent. ( Sam le regardant en souriant) Vous êtes une exception Carter. Non pas que je comprenne ce que vous dites, mais…
_ Merci colonel.
Harm prit alors la parole.
_ C’est très bien tout ça mais cela ne fait pas avancer notre enquête. Que voulez-vous exactement ?
_ Nous sommes ici pour découvrir comment le lieutenant a pu se trouver en possession de ces documents confidentiels, qu’elle soit innocente, ou coupable.
Le lieutenant prit la parole pour la première fois depuis l’entrée de ses supérieurs.
_ Je suis innocente, colonel O’Neill.
_ Ce sera à nous d’en juger lieutenant. Et tâcher de vous souvenir d’où vous êtes et de qui vous êtes. Car je ne me souviens pas de cette manière de parler à un officier supérieur, dit-il en lui jeta un regard glacial.
_ Pardon, colonel. A vos ordres, colonel, dit-elle en le exécutant le salut militaire.
_ Bien, attendez-nous ici. Nous avons à parler avec vos avocats.
Nos quatre amis sortirent et s’éloignèrent un peu du garde placé à l’entrée.
_ Bien, commença O’Neill. Bien qu’ayant la priorité, je n’ai pas l’intention de travailler sans vous. D’abord parce que vous êtes ses avocats, et ensuite parce que votre aide fera avancer l’enquête plus vite. Le fait que le capitaine vous connaisse, colonel Mackensie sera sûrement un plus.
Les deux femmes sourirent.
_ Je pense qu’avant de poursuivre notre interrogatoire, nous devrions avoir une discussion sérieuse, dit Harm en croisant les bras.
_ Je suis d’accord, il faut qu’on mette les choses au clair, renchérit Mac.
_ Bon ! Retrouvons nous ce soir autour d’un verre. A quel hôtel êtes-vous ?
_ Le princess. Vous nous rejoigniez au bar de l’hôtel ?
_ Oui. Ce ne sera pas difficile, nous logeons au même endroit, dit O’Neill. Allez prévenir votre cliente, et retrouvons nous ce soir à 20h.
_ Parfait.
_ Je suis contente de te revoir Mac.
_ Moi aussi Sam, répondit elle avec un sourire.
Une fois que les deux officiers de l’air force furent partis, Harm se retourna et s’adressa à sa collègue :
_ Vous la connaissez depuis longtemps ? demanda t’il.
_ J’avais 16 ans la première fois que je l’ai vu. Elle venait de perdre sa mère et avait fait une fugue. Je pense que j’étais la mieux placée pour comprendre ce qu’elle éprouvait. Quand j’y repense, elle m’a aidé autant je l’ai aidé. Je buvais beaucoup à cette époque et elle m’a soutenue. Lorsqu’elle est rentrée chez elle, nous n’avons pas perdu le contact. Elle était là quand j’ai arrêté de boire, quand m’a vie était un désastre. J’ai fait l’armée de terre et elle l’armée de l’air, alors on s’est progressivement éloignées, tout en s’écrivant une lettre de temps en temps.
_ Vous ne m’en aviez jamais parlé, commenta t’il.
Si Mac avait été d’humeur plus joyeuse, elle ne se serait pas emportée, mais ce n’était pas le cas, aussi adressa t’elle un regard noir à Harm.
_ Je ne suis pas sensée vous dire tout ce qui se passe ou s’est passé dans ma vie, Harm. On n’est pas marié que je sache.
« tiens ! Déjà vu », pensa Harm.
Mais mac ne lui laissa pas le temps de répondre que déjà elle retournait dans la salle d’interrogatoire. Harm soupira et la suivit, tout en se remémorant un poème français : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. »
Le soir même
19h59
Hall de l’hotel princess
Harm se tenait prés de la réception, vêtu d’un très simple mais d’un non moins élégant jeans noir, assortit d’une chemise en flanelle. Il attendait Mac depuis bientôt deux minutes. En effet, connaissant sa coéquipière, elle n’aurait pas une minute de retard, aussi voulait t’il rentrer dans ses bonnes grâces en étant déjà là lorsqu’elle descendrait. Elle arriva alors qu’il se tournait vers l’ascenseur. Alors qu’elle se dirigeait vers lui, il ne pouvait retenir un sourire en la voyant si belle dans une ravissante et légère robe noire.
_ Mac, vous êtes ravissante, dit-il une fois qu’elle fut arrêté prés de lui.
Elle lui adressa un splendide sourire en guise de remerciement, avant de se diriger vers le bar de l’hôtel ou les attendaient Jack et Sam. Ils les aperçurent dans le fond, non loin du jude-box.
_ Pile à l’heure, s’exclama Jack en les voyant. Un verre ?
Il appela le serveur.
_ Une bière pour moi, demanda Harm.
_ Une limonade avec un zest de citron, renchérit Mac.
Jack, bien que surpris, ne fit aucun commentaire sur le fait qu’un marine ne profitait pas d’une occasion de boire de l’alcool.
_ Si nous en venions à ce qui vous amène ici, demanda Mac en arborant son air le plus sérieux.
_ Du calme colonel, nous ne sommes pas au tribunal ! s’exclama Jack.
_ Nous n’en restons pas moins les avocats du lieutenant Simons, colonel, et je ne crois pas qu’elle aimerait savoir que nous perdons du temps à boire dans un bar au lieu de préparer une défense imparable pour la sortir du guêpier dans lequel elle se trouve.
Sam éclata de rire et, après avoir repris son sérieux, s’adressa directement à Mac.
_ Ne t’en fais pas, Sarah, ce que le colonel veut dire c’est que les raisons de notre présence ici sont assez délicates à expliquer.
_ Cela concerne les documents .
_ En effet capitaine Rabb, et vous n’en saurez pas plus à ce sujet, dit Jack en prenant son air le plus sérieux.
_ Mon colonel…
Sam et Jack se regardèrent un instant avant que le colonel ne rendent les armes.
_ Mon colonel, dit Sam en constatant qu’elle allait le convaincre. Le général a été très clair au sujet de ce que l’on pouvait révéler ou pas. De plus j’ai une entière confiance en Sarah.
_ Ce que madame veut…
_ Nous n’avons pas besoin de connaître la totalité du dossier, le rassura Harm. De plus, je doute fortement que nous y ayons accès.
_ En effet. Bien. Ce dossier contenait des informations sur un projet gouvernemental top secret composé majoritairement de militaires et de scientifiques. Il est absolument impossible que le lieutenant Simons ait pu se trouver légalement en possession de ces documents, n’ayant aucun lien avec le programme.
_ Le programme ?
_ Secret défense, désolé colonel.
_ Quelle est votre opinion en ce qui concerne la théorie de complot du lieutenant Simons ?
_ Légèrement paranoïaque sur les borts si vous voulez mon avis. Enfin ! Elle n’est que lieutenant ! Qui pourrait vouloir se servir d’elle ?
_ Justement, dit Harm, elle n’est QUE lieutenant, ce qui fait d’elle la cible idéale.
_ Pourquoi ? demanda Sam
_ Je n’en sais rien, pour compromettre votre programme peut-être. On n’hésite pas à descendre un lieutenant, pour un officier c’est plus délicat.
Jack réfléchissait à ce que venait de dire Harm. Ca pourrait tenir la route.
_ Le plus important pour le moment est de découvrir comment le lieutenant est entrée en possession de ces documents.
_ Bref nous ne sommes pas plus avancés, déclara Mac après avoir bu une gorgé de sa limonade. Il va falloir ré-interroger le lieutenant Simons pour avoir une liste d’ennemis potentiels. C’est le seul moyen pour avoir un début de piste. Il va également falloir vérifier son alibi à propos de la correspondante russe.
_ Pendant ce temps nous allons chercher un lien entre
le lieutenant et notre projet, déclara Sam.
_ Mais après avoir profité un peu de la soirée , renchérit Jack en levant sa bière.
Le lendemain
Base air waves
10h30
Jack se servit une tasse de café pour la troisième fois depuis une heure. En effet, lui et Daniel attendait depuis un long moment l’arrivée de la personne qui les avaient fait demander.
_ Ce que j’aimerais savoir, dit soudain le jeune archéologue, c’est pourquoi le général m’a envoyé moi à la place de Sam.
_ Enfin, Daniel. Ils avaient besoin d’elle à la base et je ne pense pas que Teal’c serait passé inaperçu avec ses manies de Jaffa. De plus, il avait des choses importantes à faire.
_ Et moi alors ! La traduction du livre trouvé sur P3X256 ne va pas se faire toute seule ! En plus, ça fait une heure qu’on attend !
_ Vous vous plaignez toujours.
_ Désolé, il y a confusion avec une autre personne.
Jack lui jeta un regard noir.
_ Sans commentaire. Bon ! Je suis patient par nature mais si ce gars n’arrive pas dans la seconde on s’en va.
Au même moment la porte s’ouvrit pour laisser passer un soldat et…
_ Melbourne ! s’exclamèrent les deux hommes.
_ Bonjour colonel. Professeur Jackson. Je suis moi aussi ravi de vous revoir.
_ Qu’est-ce que vous faites là ? demanda Jack
_ C’est moi qui vous ai fait venir.
Il s’approcha et se servit une tasse de café.
_ En fait, continua t’il, j’ai eut vent de cette histoire de haute trahison. Navrant, vraiment navrant ! Cela bien sûr rend l’avenir du projet stargate…incertain.
_ Que voulez-vous dire, demanda Daniel.
_ Et bien, le gouvernement ne peut tolérer qu’une telle fuite ait eut lieu. Imaginez si ce traître avait réussit son entreprise…. Avez-vous découvert comment le lieutenant Simons s’est procurée le dossier ?
_ Pas encore, grogna Jack.
_ Et bien je l’ai découvert, moi. Vous serez surpris d’apprendre que le demi-frère du lieutenant Simons est affecté au SGC.
_ Quoi !
_ Oui, un certain capitaine Grams, des archives. Communiquer ce dossier n’a pas dû être très difficile.
_ Une minute, l’interrompit Daniel. Je connais le capitaine Grams, et je l’imagine mal compromettant le programme SG.
_ L’argent corromps tous les cœurs, professeur Jackson, même les plus purs. Quoi qu’il en soit, le capitaine a été arrêté il y a une heure et est au moment où nous parlons « escorté » jusqu’ici pour être interrogé. Il est inutile de préciser que le président est très contrarié par toute cette affaire. Je crains fort que la fin du SGC ne soit toute proche. J’en suis navré.
_ Gardez vos regrets pour vous, Melbourne, ils ne sont pas très authentiques. Vous rêvez de fermer le SGC depuis toujours !
_ Colonel, je suis blessé par l’opinion que vous avez de moi.
Il sourit et se dirigea vers la porte.
_ Voyez le bon côté de la chose, vous allez enfin pouvoir prendre la retraite que vous méritez.
_ Fichez le camps Melbourne !
Ce dernier ricana avant de partir.
_ Et maintenant, demanda Daniel ?
_ On prévient les avocats.
Base air Waves
Salle d’interrogatoire
11h00
_ Réfléchissez encore, lieutenant. Y a t’il des gens qui pourraient avoir des raisons de vous en vouloir ?
_ Vraiment, capitaine, je ne vois pas. Je n’ai pas et n’ai jamais eu d’ennemis. Je ne suis ni excellente ni négligente, je fais mon travail, c’est tout.
Mac laissa échapper un soupir.
_ Nous ne sommes guère plus avancés qu’hier.
_ Désolé, colonel.
_ Cela ne sert à rien d’être désolé, lieutenant, cela ne vous empêchera pas de subir la peine capitale ! s’énerva Mac.
_ Mac…
_ Cet interrogatoire ne sert à rien, Harm. Elle clame son innocence mais est incapable de nous donnez des éléments pour sa défense !
Elle se leva et attrapa sa serviette.
_ Je vais faire un tour, déclara t’elle.
Après le départ de Mac, Harm tenta de continuer l’interrogatoire.
_ Bien. Si le but de toute cette histoire n’était pas de vous nuire personnellement, c’est que vous avez été utilisée comme un pion sur un échiquier.
_ Comment cela, capitaine.
_ Et bien, la finalité était peut-être plus importante, probablement en rapport avec ce que contenait ce dossier.
A ce moment là, la porte s’ouvrit et Jack et Daniel entrèrent.
_ Colonel O’Neill, salua Harm en se levant.
_ Capitaine. Lieutenant.
_ Le major Carter n’est pas avec vous ?
_ Une affaire urgente. Je vous présente le professeur Jackson, il fait partie de mon équipe.
_ Enchanté.
_ Moi de même.
_ Avez-vous découvert quelque chose ? demanda Jack
_ Ce n’est qu’une supposition, mais je crois que le lieutenant n’était pas directement visée dans cette affaire, et je crois que cela a un lien avec le dossier.
_ En effet.
_ Vous avez découvert quelque chose, demanda Harm.
_ Asseyons-nous. Lieutenant, connaissez-vous un certain capitaine Grams ?
_ Oui…c’est mon frère. Enfin…mon demi-frère, mais je ne vois pas ce qu’il…
_ C’est lui qui vous a procuré les documents.
_ Mais…
_ Il était chargé de les voler et vous de les transporter jusqu’en Russie.
_ Non ! Mon colonel, je vous jure que je n’ai pas fait ça ! Et mon frère non plus je pourrais le jurer.
_ Je le sais lieutenant, c’est pourtant ce dont vous allez être accusée.
_ Mais…
_ Votre demi-frère est affecté au programme dans lequel je travaille. Il vient d’être arrêté et est en route pour la base pour que l’on l’interroge
Daniel intervint.
_ Nous avons des raisons de penser que vous et votre frère avez été utilisés pour nuire à notre programme. Le seul problème est que nous ne pouvons pas le prouver.
_ Pour l’instant, dit Jack.
Au même moment
base air waves
mess
_ Encore du café, madame ?
Mac, plongée dans ses pensées, n’entendit pas la demande du jeune homme.
_ Madame ?
Elle sortit de ses pensées à cet instant et secoua négativement la tête.
« Bon sang ! Qu’est-ce que j’ai ? J’ai laissé ma vie privée influer sur ma vie professionnelle. D’abord je m’en suis prit à Harm et maintenant à une personne que je dois défendre. Il faut que tu te reprenne ma fille ! »
A ce moment là, Harm rentra dans le mess et aperçut Mac. Devait-il interrompre ses pensées pour lui communiquer la nouvelle au risque d’accroître sa mauvaise humeur ? Il n’eut pas le temps de méditer d’avantage car Mac le vit et s’approcha de lui.
_ Harm, je tenais à m’excuser pour mon comportement de tout à l’heure. En fait, mon comportement de ces derniers jours. Vous n’êtes pour rien dans ma rupture avec Mic et je n’avais pas le droit de me défouler sur vous.
Il sourit.
_ Ce n’est rien, Mac.
Il n’arrivait plus à détacher son regard du sien, hypnotisé malgré lui par les deux yeux noisettes qui le fixaient avec intensité. Le moment n’était certainement pas idéal, le lieu encore moins, pourtant, il avait envie de la prendre dans ses bras et lui murmurer qu’il serait toujours là pour elle, qu’elle pouvait compter sur lui et qu’il ne l’abandonnerait jamais.
_ Vous avez du nouveau ? lui demanda t’elle soudain.
_ Oui !…enfin, le colonel O’Neill pense que la théorie du complot est exact. D’après lui, le but serait de nuire à leur projet.
_ Et « ils » se seraient servis pour cela du lieutenant Simons ?
_ Oui, ainsi que de son demi-frère qui travaille apparemment au sein même de ce projet.
_ Bref nous aurions affaire à une conspiration secrète visant à mettre fin à un programme secret gouvernemental ? C’est un peu tiré par les cheveux, non ?
_ Possible, mais j’ai confiance en le colonel O’neill. Je crois même qu’il sait qui serait à l’origine de ce complot, mais il n’a rien dit.
_ Mais c’est agaçant à la fin ! Comment peut-on défendre ce lieutenant si on ne nous dit rien !
_ Je crois que cette affaire nous dépasse, Mac. Je ne serais pas surpris si l’amiral nous ordonnait d’abandonner cette affaire et de rentrer au Jag.
_ Dans ce cas il ne fallait pas nous envoyer ici ! Où est le colonel ? demanda t’elle
_ Il téléphone à son supérieur.
_ Et maintenant ?
_ On retourne à l’hôtel et on attend.
25 minutes plus tard
chambre de Mac
Mac jeta sa veste sur le lit d’un geste rageur.
_ Allons, Mac, dit Harm en souriant. Ca ne vaut pas la peine que vous vous mettiez dans un état pareil.
Il s’assit à côté d’elle et commença à lui masser délicatement les épaules.
_ Mmmm. Merci, Harm, ça fait du bien.
_ Mac…
_ Oui ?
_ Je… je voulais vous dire que je suis désolé pour vous et Mic. C’est vrai je ne l’aimais pas beaucoup, mais je le respectais.
_ Merci, Harm, répondit-elle les yeux fermé.
_ Mais…enfin…je me demandais…pourquoi vous vous êtes disputé ? A quel propos ?
Mac ne répondit pas et se releva.
_ Pardon, Mac. Je…ça ne me regarde pas.
Elle s’approcha de la fenêtre, sentant les battements de son cœur s’accélérer.
_ Oubliez ce que je viens de dire, je ne sais pas ce qui m’a prit, je…
_ C’était à propos de vous, lança t’elle soudain.
Il ne répondit rien., les yeux fixés sur elle.
_ Nous étions tranquillement installés, devant une délicieuse paella. On parlait de la liste des invités pour le mariage.
Elle sourit.
_ On comptait le nombre de tables qu’il faudrait pour la réception après le mariage. Et d’un seul coup, il m’a dit qu’il ne voulait pas vous voir au mariage, ni à la réception.
Harm resta interdit.
_ Au début j’ai cru qu’il plaisantait. Mais non. Il m’a avoué qu’il ne supportait pas de savoir que nous travaillions ensemble, qu’on se voyait tous les jours. Il est jaloux de notre relation.
_ Mais…
_ Je sais. Nous n’avons pas de relation. On travaille ensemble, on est ami. Je le lui ais dit. Mais il ne voulait rien entendre. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Je savais qu’il était un peu jaloux mais je n’avais jamais imaginé à quel point. Il ne voulait rien entendre et m’a même posé un ultimatum. Soit je ne vous invitais pas au mariage et je demandais à ne plus travailler avec vous, soit il annulait le mariage. Alors je lui ai rendu sa bague et je suis partie.
Harm ne savait pas quoi dire. Il se leva et s’approcha d’elle.
_ Vous avez des regrets, lui demanda t’il enfin.
_ Pourquoi voyons ? J’ai juste préféré mon meilleur ami à mon fiancé et perdu ainsi le seul homme qui m’ait vraiment jamais aimé. Je me retrouve seule, j’ai fais de la peine à Mic, mais non, je n’ai aucuns regrets !
_ Je suis désolé, Mac.
_ Votre problème Harm, c’est que vous êtes tout le temps désolé, même si vous n’y êtes pour rien. J’appréciais beaucoup Mic, j’allais l’épouser, porter ses enfants. Mais je n’ai jamais laissé et ne laisserais jamais un homme diriger ma vie et m’imposer ses choix. Je pensais que Mic était différent, mais je me suis trompée, comme pour mon mari, comme pour Dalton. Je suis incapable de juger un homme.
_ Mac, ce n’est pas vrai.
_ Et pourtant… Je ne sais même pas comment je vais annoncer ça à tout le monde. Je ne regretterais pas Mic, mais je me retrouve seul, une fois de plus.
Harm la força à se retourner et la regarda droit dans les yeux.
_ Vous n’êtes pas seule, Mac. Je suis là.
Ils échangèrent probablement là le plus long regard de l’histoire.
_ Pour combien de temps ? Que se passera t’il lorsqu’une nouvelle Renée fera son apparition ?
_ Je ne sais pas.
_ Moi je le sais. Je me retrouverais seule, une fois de plus. Et je ne peux plus le supporter. Vous m’aviez dis d’attendre, ce soir là dans le port de Sydney, et j’ai attendu. Maintenant c’est terminé. Vous n’arriver pas à savoir ce que vous ressentez alors t’en pis. Mais dans ce cas Harmon Rabb junior, sortez de ma vie et laissez-moi en paix !
Sur ces derniers mots, elle s’écarta de lui et alla dans la salle de bain. Harm ne savait pas quoi faire ou quoi dire. Elle avait raison, sur tout. Il sortit de la chambre après avoir lancé un dernier regard à la porte close de la salle de bain.
Mac, en entendant la porte claquer, éclata en sanglot.
Chambre du colonel Jack O’Neill
Hotel princess
_ Oui…quand ?…Le général est au courant ?…Très bien, c’est la fin de cette affaire je crois. Dites au général que je veux me charger moi même de son cas. Ah ! Carter ! Vous revenez à Boston ?… Pour dire au revoir au colonel Mackensie… Très bien, je lui dirais. A ce soir, Carter.
Il raccrocha et sourit à Daniel. Il allait enfin pouvoir coincer Melbourne. Il passa un coup de fil à Harm, lui demanda de les rejoindre au plus vite avec le colonel Mackensie. Ceux-ci arrivèrent deux minutes plus tard. Jack remarqua les yeux du colonel, rougis par les larmes mais ne fit aucun commentèrent.
_ J’ai…enfin, Carter a trouvé de quoi innocenter votre client, déclara t’il après les avoir fait rentrer.
_ Comment cela ?
_ Nous tenons le VRAI coupable.
_ Qui est-ce ?
_ Un officier de l’air force que je ne peux pas voir en peinture, d’où l’air victorieux que vous pouvez voir sur mon visage. Carter apporte les preuves ce soir et nous le coincerons.
_ Que pouvons nous faire pour vous ? demanda Mac.
_ Malheureusement, cette affaire ne concerne plus le Jag de part la confidentialité de l’affaire, répondit Daniel.
_ Mais ce coupable, qui qu’il soit, va devoir passer en cour martiale ! s’étonna Harm.
_ Ne vous en faites pas, nous avons des avocats rattacher au programme. C’est tout un petit monde vous savez.
_ Autrement dit, nous n’avons plus rien à faire ici.
_ En effet, colonel. Mais je tenais à vous remercier pour l’aide que vous nous avez apporté, et pour avoir respecté le secret défense.
_ Je crois que nous n’avions pas le choix, rétorqua t’elle en se levant. Puisque notre présence n’est plus indispensable, je vais sortir faire un tour. Harm, si vous voulez bien vous charger de prévenir l’amiral.
_ Euh…oui, bien sûr.
Sur ce, elle sortit, laissant les trois hommes dans une situation quelques peu embarrassante.
_ Excusez-là, mon colonel. Elle est un peu déçue par la finalité de cette affaire, c’est tout.
_ Je ne crois pas que ce soit ça, capitaine, intervint Daniel.
_ La ferme, Daniel ! Vous n’allez pas recommencer !
_ Mais Jack, je n’ai rien dit !
_ Ouais… Capitaine, je peux vous inviter à boire une bière ? C’est lorsque Daniel est ivre qu’il est le moins fatiguant.
Harm sourit et accepta, alors que Daniel affichait un visage outré au propos de Jack.
Ils se trouvaient à présent dans un bar non loin de la base, ce qui pouvait expliquer la présence de nombreux militaires au bar. L’après-midi était bien entamé, et nos trois amis avaient passé leur temps à faire connaissance, à échanger des souvenirs de fac. Harm avait été surpris et ravi d’apprendre que Harm était un pilote, et la conversation changea alors radicalement de sujet, ce qui ne réjouit pas Daniel qui commençait à s’ennuyer. Au bout d’un moment, Jack dû contacter la base pour régler certains points avec le général. Pendant ce temps, Harm et Daniel firent une partie de billard.
_ Harm ?
_ Oui, Daniel, répondit Harm alors qu’il rentrait sa cinquième boule.
_ Je sais que ce ne sont pas mes affaires, mais j’ai cru ressentir une certaine tension entre vous et le colonel Mackensie tout à l’heure.
_ Vous avez raison, Daniel.
_ Ah, oui ?
_ Ce ne sont pas vos affaires.
_ Je m’en doutais un peu, vous êtes le sosie de Jack sur ce point. Parfaits militaires, mais incapables d’assumer leurs sentiments. Ecoutez-moi, Harm. Ma femme est morte il y a presque cinq ans, et il ne se passe pas un seul jour sans que je ne veuille la serrer contre moi et lui dire combien je l’aime. Mais je ne peux pas, le destin en a décider autrement. Quand je vois des gens passer à côté de l’amour, j’ai tellement de peine et de colère, que je ne peux pas m’empêcher d’en parler. Il est évident que vous avez des sentiments pour le colonel Mackensie, je serais prêt à parier ma vie là dessus, et pourtant je ne vous connais pas depuis longtemps.
_ Daniel, ce n’est pas…
_ Si facile, je sais. J’ai droit à ça très souvent de la part de Jack.
_ Nous travaillions ensemble.
_ Il y a des exceptions Harm, vous n’avez pas le droit de vous cacher derrière de fausses excuses parce que vous avez peur.
_ Qu’est-ce qui vous fait dire que j’ai peur ? demanda Harm d’un air faussement indigné.
_ Parce que Jack et Sam font pareil ! Et d’après ce que j’ai pu voir, vous avez fait de la peine au colonel Mackensie, beaucoup de peine.
_ Je sais.
_ Et… ?
_ Et rien. Je…je sais ce que je ressens, mais je ne peux pas.
_ Peux pas quoi ?! Vivre heureux avec la femme que vous aimez ? Vous allez attendre qu’il lui arrive quelque chose pour réaliser que vous ne pouvez pas vivre sans elle ?
_ J’ignorais que vous étiez psy ET voyant.
_ Je vous en prie, Harm !
_ Mais enfin ! Vous ne comprenez pas que ce n’est pas si facile que ça ! Je n’ai jamais ressenti ça pour personne. Vous m’entendez, personne ! Et si je la fais souffrir, si je lui fais du mal et qu’elle m’en veut ? Elle a assez souffert comme ça.
_ Vous ne pensez pas que c’est en lui refusant votre amour que vous la blessez ? Est-ce que tous les militaires sont aussi obtus ? Bon sang ! Réfléchissez, Harm. C’est à côté de l’amour que vous êtes en train de passer.
_ Je…
_ Vous l’aimez ?
_ Quoi ?
_ Est-ce que vous l’aimez ? demanda encore Daniel, le plus patient du monde.
_ Vous n’avez pas à poser cette question !
_ Harm ! Est-ce que oui ou non vous l’aimez ?
_ Oui. Oui je l’aime, à en mourir.
_ Alors qu’est-ce qui vous retient ?
_ Nous n’arrivons pas à nous entendre.
_ Non, Harm, c’est vous qui ne voulez pas entendre, pas elle ! Allez la voir, et dites lui qu’elle ne peut pas vivre avec l’homme qu’elle aime parce qu’il a trop peur pour faire quoi que ce soit !
Harm ne répondit rien, il fixait la table de billard d’un regard étrangement vide. Daniel avait raison, il le savait. Il inspira profondément.
_ Vous savez ce qui vous restes faire, déclara Daniel.
_ Oui.
Il posa sa canne sur la table et récupéra sa veste. Il bouscula Jack qui revenait vers eux.
_ Et bien, Harm ! Où allez vous comme ça ?
_ Changer ma vie, déclara le jeune capitaine en se précipitant vers la sortie.
Jack resta un instant interdit, puis rejoint Daniel, qui avais repris le jeu.
_ Qu’est-ce qu’il a ? lui demanda t’il.
_ Lui au moins n’a pas les oreilles complètement bouchées !
Jack fronça les sourcils, mais ne chercha pas à comprendre son ami.
18h30
Devant la chambre de Mac
Hotel princess
Harm était là depuis une heure, faisant des allées et venues devant la chambre de Mac. Elle n’était pas là, et le réceptionniste ne savait pas où elle était allée. Pour couronner le tout, il n’arrivait pas à la joindre sur son portable. Il répétait dans sa tête tout ce que lui avait dit Daniel et arrivait toujours à la même conclusion : il devait avouer ses sentiments, il devait lui dire ce qu’il ressentait pour elle, et espérer qu’elle ne le repousse pas. Il s’assit devant la porte et se recroquevilla sur lui même.
Soudain, quelqu’un lui tapa sur l’épaule.
_ Harm, que faites vous là ?
Il releva la tête et vit Mac debout devant lui. Il se leva aussitôt, manquant de la faire basculer.
_ Mac !
Les mots lui manquèrent soudain en la voyant.
_ Quoi ? demanda t’elle, le regard sombre.
_ Euh… je peux entrer ?
_ Si vous voulez.
Il la suivit dans la chambre et la regarda poser sa veste et son sac sur le lit.
_ Ou étiez vous ? demanda t’il.
_ Je suis allée faire un tour, j’étouffais.
_ Oh !
_ Oui, oh ! Elle soupira. Que voulez vous Harm ? Je crois que nous nous sommes tout dis tout à l’heure.
_ Non. Non je n’ai pas tout dis. Mac, je voudrais m’excuser.
_ De quoi ? De ne pas éprouver les mêmes sentiments que moi ?
_ Non, de ne pas avoir été capable de vous dire que je n’étais qu’un abruti.
Elle le regarda, étonnée.
_ Que voulez-vous dire ?
_ Je… Ce soir là dans le port de Sydney, vous m’avez livré votre cœur, et je l’ai piétiné. Vous avez eu le courage de m’avouer vos sentiments et moi j’ai réagit comme un enfant.
_ C’est du passé désormais.
_ Non, Mac. C’est le présent au contraire. Je sais que je ne suis pas doué pour tout ce qui concerne les sentiments. Particulièrement depuis la mort de Diane. J’ai vécu relations sur relations, sans jamais m’attacher ni m’impliquer, et je le regrette. Je sais ce que je ressens, Mac, et c’est si fort que ça me fait peur. J’ai peur parce que je ne veux pas nous faire du mal, vous faire du mal.
_ C’est pourtant ce que vous avez fais, rétorqua t’elle, amère.
_ Oui, je sais.
Il s’approcha d’elle et lui caressa la joue.
_ Je ne veux pas perdre encore un jour sans vous avoir dis que je vous aime. Je t’aime Sarah Mackensie.
Doucement, dans un mouvement presque imperceptible, il pencha la tête vers elle, et effleura sa bouche d’un baiser. Au moment où il allait la serrer dans ses bras, elle le repoussa.
_ Mac…
_ Qu’est-ce que vous vous imaginez, Harm ? Vous m’avez fais souffrir, j’ai pleuré, tellement pleuré à cause de vous.
_ Je suis désolé.
_ Arrêtez de vous excuser ! Je ne veux plus vous entendre demander pardon, c’est insupportable !
Des larmes commençaient à couler le long de ses joues, lui donnant un air si fragile que Harm résista à l’envie de la prendre dans ses bras à nouveau.
_ Je ne suis pas un jouet, Harm ! Vous ne pouvez pas me jeter et me reprendre à votre guise, vous n’en avez pas le droit !
_ Je ne veux plus te faire souffrir, Sarah. C’est pour ça que je suis là.
_ Vous m’aimez ? C’est ce que vous avez dit ?
_ Oui.
_ Mais et le règlement ? ironisa t’elle. Nous travaillons ensemble, ce serait mal vu, vous savez.
_ Mac, je sais que je me suis comporté comme un imbécile. J’en suis conscient. Mais c’est terminé. Je t’aime comme un fou ! J’étais trop bête pour réaliser que je te perdais un peu plus chaque jour parce que je m’entêtais à nous refuser le bonheur.
Il se rapprocha d’elle à nouveau et la reprit dans ses bras en lui caressant les cheveux. Cette fois, elle ne le repoussa pas.
_ Je t’aime, Sarah.
_ Est-ce bien vrai ? Est-ce que tu ne va pas te rétracter une fois de plus. Je ne supporterai pas un autre rejet, Harm, mon cœur ne le supportera pas.
_ Plus jamais mon amour, plus jamais, lui murmura t’il à l’oreille.
Elle releva la tête, et son regard croisa le sien. Elle y lu tant d’amour, tant d’émotions, qu’elle ne put retenir les larmes qui perlaient au coin de ses paupières.
_ Non, Sarah, ne pleure pas, je t’en pris ! Je ne supporte pas de te voir pleurer.
Mais elle n’arrivait pas à se contrôler. Il la conduit jusqu’au lit où il la fit s’allonger, avant de la prendre dans ses bras. Ils ne dirent plus rien, se satisfaisant de la présence de l’autre. Doucement il la berçait, lui murmurant des mots doux à l’oreille. Puis elle se calma, et s’endormit.
Au même moment
mess de la base air waves.
Jack était debout devant un tableau, attendant que Melbourne arrive. Soudain, la porte s’ouvrit, et il le vit entrer.
_ Jack ! Pourquoi m’avez vous fais venir ? Vous avez réalisé que c’était la fin pour vous ?
_ Pas tout à fait. En réalité, j’ai quelque chose à vous montrer.
_ De quoi s’agit-il ?
Il lui tendit un dossier qu’il ouvrit.
_ Il s’agit de la déposition d’un certain lieutenant Winston. Ce nom vous dit peut-être quelque chose ?
_ Pourquoi, il devrait ? demanda Melbourne, quelque peu agité.
Jack jubilait intérieurement en le voyant commencer à paniquer.
_ Lisez-plutôt.
_ Je ne vois en quoi tout cela me concerne.
_ Vous n’y mettez pas du votre, vraiment. Donnez moi ça, je vais vous lire le passage le plus intéressant.
« C’est alors que le colonel Melbourne m’a contacté et m’a offert une grosse somme d’argent et la promesse de passer capitaine pour que je lui subtilise certains documents des archives de la base. »
_ C’est ridicule ! Je n’ai rien avoir avec ça ! Ce lieutenant ment, et un juge saura faire la différence. Cette preuve sera rejeté par une cour martiale, et vous le savez !
_ Oh, et bien, elle l’aurait sûrement été s’il n’y avait eut ceci.
Il sortit de sa poche un petit magnétophone et l’enclencha. On pouvait entendre la voix de Melbourne et celle d’une autre personne.
« Allons lieutenant ! Je suis sûr que le grade de capitaine ne serait pas pour vous déplaire, et la somme de 50 000 dollars devrait vous convaincre de voler ses dossiers. Je veux détruire ce projet, et vous allez m’y aider si vous ne voulez pas rester lieutenant toute votre vie ! »
_ De nos jours, personne n’a confiance en personne. dis Jack en coupant le magnétophone. Je pense que ça suffit.
_ Je vous détruirais, colonel !
_ Je ne crois pas.
Au même moment, cinq gardes entrèrent dans la pièce et lui mirent des menottes.
_ Vous êtes en arrestation pour trahison, colonel Melbourne.
_ Envoyez moi une carte postale quand vous serez en prison, ça me ferait plaisir.
_ Je vous déteste !
_ Si vous saviez à quel point ça me touche !
Les gardes l’emmenèrent, et Sam entra dans la pièce.
_ Vous avez l’air heureux, mon colonel, déclara Sam en s’approchant de lui souriant.
_ Vous trouvez ? Au fond, un Melbourne sous les verrous vaut toutes les vitamines du mondes !
Sam sourit à la blague de son colonel, ce qui fit accélérer les battements du cœur de ce dernier.
_ Je peux vous inviter à boire un verre ? demanda t’il soudain.
_ Avec plaisir, mon colonel.
_ Ce soir ce sera Jack.
_ Jack.
Ils se sourirent et se jetèrent un regard plein de promesses.
Chambre de Mac
hôtel princess
Harm regardait Mac blottie dans ses bras, endormie. Il avait le cœur plus léger, mais était encore incertain de la décision de Mac. Pour la première fois, elle était la seule à pouvoir décider, tout dépendait d’elle. Il espérait qu’elle pourrait lui pardonner toutes ses années de frustration et de souffrances. Il la sentit s’éveiller.
Mac ouvrit doucement les yeux et mit quelques secondes à réaliser où elle était et avec qui.
_ Tu es réveillée.
Elle s’assit sur le lit et le regarda dans les yeux.
_ Oui. Elle sourit. J’ai du mal à croire que je me sois endormie après tout ce que tu m’a dis.
_ Ce n’est pas grave, je comprend.
_ Harm, j’ai besoin de savoir, d’être sûre que tu ne reviendras pas sur ce que tu m’as dis tout à l’heure. Dis-moi que ta déclaration était sincère et que tu es prêt à construire quelque chose avec moi.
_ J’était sincère, tout comme mes sentiments envers toi.
Il approcha son visage du sien et le prit entre ses mains.
_ Je t’aime Sarah Mackensie. Je sais ce que je veux, et c’est toi. Mais toi, que veux-tu ? Tu n’as rien dit depuis le début.
Mac garda le silence quelques instants, afin de remettre ses idées en place. Mais Harm ne compris pas. Il afficha aussitôt un regard triste et la lâcha.
_ Je comprends, Mac. Je…j’ai trop attendu. Il est normal que vous ne vouliez plus de moi. Je vais vous laissez.
Il allait se lever et partir lorsque Mac le repoussa gentiment sur le lit.
_ Idiot, dit-elle en se penchant vers lui pour l’embrasser.
Au moment où leurs lèvres se frôlèrent, Harm su qu’il était perdu. Il serra la femme qu’il aimait dans ses bras et lui donna un baiser passionné.
_ Oh, Mac ! J’ai eu si peur de te perdre !
Tout en déposant une multitude de baisers sur le visage de Mac, il sentait les mains de cette dernière parcourir son corps avec avidité, demandant plus de caresses et voulant en donner. Il la renversa sur le lit et plongea son regard dans le sien.
_ Dis-le moi, Mac, j’ai besoin de l’entendre.
Elle sourit.
_ Je t’aime Harmon Rabb Junior.
Il eut un soupir de soulagement avant de l’embrasser passionnément. Mac frissonnait sous les caresses habiles de Harm et le serra encore plus contre elle.
_ Maintenant, Harm. Je ne crois pas que je pourrais tenir plus longtemps.
Harm sourit avant de l’embrasser à nouveau.
FIN