Appartement de Harm
20H00

Harm était en train de préparer le dîner pour lui et Mattie. L’adolescente était une fois de plus en retard. Son portable était éteint, il lui avait offert la semaine dernière suite à ses retards répétés pour qu’elle puisse le prévenir au cas ou, mais elle continuait à n’en faire qu’à sa tête. Il faudrait qu’ils aient une conversation dès qu’elle serait à la maison. Harm commençait à s’inquiéter, sa protégée avait plus de deux heures de retard. Encore dix minutes, et il irait à sa recherche.
La porte s’ouvrit sur Mattie au moment où il enfilait sa veste pour sortir la chercher

Mattie : Bonsoir Harm.

Harm : Mattie tu as plus de deux heures de retard, je m’apprêtais à sortir te chercher !

M : Je suis désolée.

H : Tu es désolé, Mattie c’est la troisième fois cette semaine !!! Tu peux me dire à quoi te sers le portable que je t’ai offert. J’ai essayé de te joindre plus de vingt fois.

M : J’ai oublié de le rallumer à la fin des cours.

H : Tu as oublié de le rallumer !

M : Oui, Harm. Et tu n’es pas obligé de répéter toutes mes phrases. Je n’ai pas l’habitude d’avoir un portable, et puis tu me l’as offert juste pour pouvoir me suivre à la trace.

H : Bon sang, Mattie je suis responsable de toi !!! Si il t’arrives quelque chose que vais-je dire au juge ?

M : À voilà on y est, tu es inquiet pour ta réputation, tu as peur de ce que pourrait penser les gens et Mme La juge. Et moi tu t’en fiches de ce que je pense et de ce que je peux ressentir.

H : Ne dis pas de bêtises.

M : C’est la vérité, depuis que je suis ici pas une fois tu m’as ouvert ton cœur.

H : Mattie, tu sais très bien que je tiens à toi. Et puis où était tu ????

M : Avec mon père.

H : Ton père !

M : Oui, Harm, mon père. Tu y vois un inconvénient, tu seras bientôt débarrassé de moi. C’est ce que tu voulais, non, en essayant de me réconcilier avec lui. Il a finit sa cure et il va déposer une demande la semaine prochaine pour avoir ma garde !!!!!!!! Plus besoin de t’inquiéter, de préparer le dîner le soir, d’aller voir mes profs et tout le reste………….

H : Mattie, je ne veux pas que tu retournes chez ton père tout de suite, il a encore besoin de temps pour se remettre… Je m’opposerais à ça.

M : Ah oui, et comment tu vas l’en empêcher, c’est mon père après tout.

H : Je trouverais un moyen. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher ça.

M : Tu n’as pas le droit de faire ça. Lui au moins il m’aime.

H : Mais moi aussi je t’…………..

Il n’avait pas eu le temps de finir sa phrase, l’adolescente était parti en pleurs et en claquant la porte. Il était perplexe de la tournure qu’avait pris la conversation. Devait-il aller la rejoindre pour finir la conversation, ou la laisser se calmer et réessayer demain ? Il ne pensait pas que s’occuper d’une ado pouvait être aussi fatiguant physiquement mais surtout moralement. Il allait la perdre, mais c’était de sa faute, c’est lui qui avait tenu à rapprocher la fille et le père. Mais c’était trop tôt, il ne pouvait pas la lui reprendre, il n’était pas encore prêt à reprendre soin de sa fille. Il l’en empêcherait, pour le bien de Mattie. Il irait lui parler demain, pour lui dire qu’il s’opposerait pour le moment à ce qu’il récupère ses droits parentaux.

Il n’avait plus faim, de toute façon les pâtes à la sauce Milanaise étaient froides depuis longtemps. Il allait travailler sur cette affaire de trafic de drogue que l’Amiral lui avait confié avant de prendre sa retraite. Il devait essayer de trouver un arrangement pour son client, avec Mac demain matin, même si il n’avait pas grand espoir qu’elle lui facilite la tâche. Elle était d’une humeur massacrante depuis la mort de Webb, et la révélation que lui avait faite le médecin de Bethesda.

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
8H00

Harm se dirigea tout de suite vers le bureau du Colonel, mais il était encore vide. Il se cogna à elle en se retournant. Elle fit la grimace, elle était très pâle, et elle avait les traits tirés.

H : Je suis désolé, Marine, je vous ai fait mal ? Vous vous sentez bien ?

Sarah : Ca va, merci. Vous vouliez me voir ?

H : Oui au sujet de mon quartier maître, accusé de trafic de drogue.

S : Je sais très bien de quoi votre client est accusé.

H : Très bien. Nous pourrions peut être trouver un arrangement, pour vous éviter un procès long et difficile, vous avez l’air fatigué.
S : Sortez de mon bureau, tout de suite et rendez-vous au procès. Vous verrez qui n’est pas en forme.

H : Je ne voulais pas, insinuer que……..

S : C’est pourtant ce que vous venez de faire, maintenant si vous voulez bien, j’ai du travail.

H : Mac, je………

S : Dehors !!!!!!!

Il avait été maladroit, une fois de plus, il voulait vraiment lui faire comprendre qu’il était inquiet pour elle, et il avait manqué de tact, comme d’habitude. Il avait toujours autant de mal à exprimer ses sentiments directement, même si il y avait eu se rapprochement entre eux à la soirée d’adieu de l’Amiral. Elle lui avait confié son secret après tout. Mais à chaque fois qu’il semblait se rapprocher, ça les éloignait un peu plus, et pourtant, il l’aimait. Mattie avait réussit à le lui faire avouer. En parlant de Mattie, il fallait qu’il s’occupe de son père. Il avait un peu de temps devant lui, il avait bien avancé sur l’affaire hier soir.

H : Bonjour Jenifer.

Jenifer : Bonjour Capitaine. Je suppose que vous voulez des nouvelles de Mattie. Elle est rentrée en pleurs hier soir. Elle s’est enfermée dans sa chambre et n’a pas desserré les dents de la soirée. Vous vous êtes disputés une fois de plus ?

H : Oui, on a eu une petite discussion à propos de ses retards.

J : Elle avait l’air d’aller mieux ce matin, la nuit porte souvent conseil.

H : Jenifer, je dois sortir pour mon affaire, je serais de retour après le déjeuner.

J : Bien, Capitaine. A plus tard.

Il repassa devant le bureau de Macl, elle avait la tête posée sur ses coudes et elle regardait fixement l’écran de son ordinateur. Il essaierait de se faire pardonner après le déjeuner. Ca lui brisait le cœur de la voir ainsi. Si seulement il pouvait arrêter de se chamailler, après tout il lui avait promis d’être toujours la pour elle, et elle en avait besoin en ce moment, avec ce qu’elle traversait.

Centre de Cure
Washington
11H00

Harm venait d’arriver devant la chambre du père de Mattie, la porte était ouverte, il était en train de faire sa valise. Mattie avait dit vrai, il avait vraiment finit sa cure. Il faudrait que Harm discute avec le thérapeute.

H : Bonjour.

Papa de Mattie : Bonjour Capitaine, je ne m’attendais pas à votre visite.

H : J’avais à faire dans le coin, alors je suis passé vous voir. Il fallait que je vous parle.

P : Il y a un problème avec Mattie ?

H : Non elle va bien. Mais je voulais vous parler de sa garde. Elle est souvent en retard le soir, elle me dit qu’elle est avec vous. Vous savez bien que je ne voie pas d’inconvénient à ce que vous vous voyez. Mais je suis responsable d’elle, donc prévenez moi la prochaine fois que vous devez la ramener un peu plus tard.

P : C’est ma fille, elle a besoin de moi et moi j’ai besoin d’elle. D’ailleurs si vous êtes là je suppose que Mattie vous a parlé de mon intention de redemander sa garde définitive et exclusive.

H : Vous ne pouvez pas faire ça, vous n’êtes pas encore remis. Mattie a besoin d’une structure stable, c’est ce que je lui offre, elle a repris l’école, elle mange correctement tout les soirs.

P : Vous oubliez vos absences fréquentes pour missions, et je n’aime pas l’idée que Mattie puisse avoir accès à une arme, votre arme.

H : Mais de quoi vous parlez, mon arme est sous clé dans une armoire, Mattie n’y a pas accès. En ce qui concerne mes absences, Mattie n’est pas seule dans ces moments là, il y a Jennifer.

P : Le thérapeute m’a fait une attestation et je suis sobre depuis trois mois, je suis capable de reprendre la relève, que ça vous plaise ou non.

H : Je vous en empêcherais.

P : C’est ce que nous allons voir.

H : JE VOUS GARANTI QUE JE NE VOUS LAISSERAIS PAS FAIRE !!!

Le thérapeute venait d’arriver à l’étage il entendait des éclats de voix, une dispute violente avait lieu dans la chambre du père de Mattie. Les deux hommes en étaient venus aux mains, il arriva à temps pour les séparer. Mais le mal était fait, le père de Mattie avait un œil tuméfié. Le Capitaine avait l’air de s’en tirer plutôt bien.

Thérapeute : Je crois que vous feriez mieux de partir M. Rabb.

H : Je m’en vais-je n’ai plus rien à faire ici, mais nous nous retrouverons et je vous empêcherais de la reprendre par tous les moyens.
P : Se sont des menaces.

H : Prenez le comme vous voulez, en attendant ne vous approchez plus de Mattie, ou….

P : Ou quoi Capitaine vous allez encore me frappez ?

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
13h30

Harm était de retour au Jag, il n’y avait pas de traces de Mac, par contre Mattie l’attendait dans son bureau.

H : Tu devrais être en cours.

M : Mon père m’a appelé pendant la pause de midi, tu es fier de toi, tu étais obligé de le frapper ?

H : Je vois qu’il n’a pas perdu de temps, Mattie, je suis désolé, je voulais juste lui faire comprendre qu’il n’était pas encore prêt à s’occuper de toi, et la conversation a dégénéré.

M : Moi non plus je ne suis pas prête à reprendre la vie commune avec lui.

H : Pourtant hier soir………

M : Hier soir j’étais en colère contre toi. J’ai encore besoin de temps, même s’il n’était pas ivre au moment de l’accident, il n’a rien fait pour m’aider, ni pour s’aider. Lui aussi à encore besoin de temps, pour se remettre, ça ne fait que trois mois qu’il est de retour…………………….

H : Mattie, même si je ne te le dis pas je tiens à toi et hier soir quand tu es parti j’étais en train de te dire que moi aussi je t’aime.
M : Tu devrais le dire plus souvent, mais pas seulement à moi. Je pense que quelqu’un d’autre, même si elle n’en a pas conscience serait heureuse de l’entendre.

H : Pas en ce moment…….
M : Vous vous êtes encore disputé

H : Oui, pour des broutilles, comme d’habitude.

M : Bon il faut que je retourne en classe, j’ai un devoir d’histoire dans une heure.

H : Mattie, tu es fâchée ?

M : Oui un peu, je suis déçu par votre attitude, à tous les deux, vous battre comme des chiffonniers. On se retrouve ce soir je te promets de ne pas être en retard pour le dîner.

H : Très bien à plus tard. Bonne chance pour ton devoir.

Appartement de Harm
19h00

M : Bonsoir.

M : J’ai dit : Bonsoir. Je suis à l’heure.

L’appartement semblait vide. Mattie n’avait obtenu aucune réponse. C’était le comble pour une fois qu’elle était à l’heure, son tuteur, lui ne l’étais pas. Elle décida de lui préparer le dîner, il était certainement coincé dans un bouchon.

M : À te voilà enfin, je suis à l’heure et toi tu es en retard.

H : Je suis désolé, je suis passé chez Sarah, pour m’excuser, elle n’étais pas au bureau cet après midi.

M : Harm ça va tu as l’air bizarre.

M : Ouh, ouh, Harm tu es avec moi là.

H : Excuse moi, j’étais en train de penser à autre chose. Tu disais.

M : Je voulais savoir si tu allais bien, tu as l’air bizarre.

H : Oui je vais bien, ça sent bon, dis moi.

Ils passèrent à table, Harm avait l’air préoccupé, il ne parla pas beaucoup et il ne répondit pas aux questions de Mattie sur le Macl. Après le dîner, Mattie demanda de l’aide à Harm pour sa prochaine dissertation de littérature. Il avait toujours de très bonnes idées, mais ce soir, l’inspiration n’était visiblement pas au rendez-vous. Il pensait certainement à Mac.

Appartement de Harm
22h00

On frappa à la porte, certainement Jenifer, qui voulait savoir si Mattie étais chez Harm. Mattie se leva, ce n’était pas Jenifer. Harm se leva pour la rejoindre.

Inspecteur Graham : Capitaine Rabb, je présume et tu dois être Mattie. Je suis l’inspecteur Graham. Je suis désolé de vous déranger aussi tardivement, mais j’ai de mauvaises nouvelles pour vous.

H : Le Colonel…….

I : Le Colonel ?????

H : Le Colonel Mac Enzie, il lui est arrivé quelque chose ?

I : Je ne connais pas de Colonel Mac Enzie. En fait il s’agit du père de Mattie.

M : Mon père est à Washington, en centre de cure.

I : Mattie, ton père n’est plus au centre de cure. Je suis désolé, mais je crains d’avoir de très mauvaises nouvelles.

Mattie était devenue très pâle.

H : Est-ce qu’il est……..
I : Je suis désolé, mais votre père est décédé ce soir.

Mattie ne répondit rien, elle fixait l’inspecteur. Elle se tourna ensuite vers Harm.

M : Tu es content, maintenant tu as eu ce que tu voulais……….

Mattie s’enfuyait en courant.

H : Mattie, attends, ne dis pas de bêtises.

Appartement de Mattie et Jenifer
22H10

H : Mattie attends……..

Mattie était sur son lit la tête enfuit dans son oreiller, elle était agité de sanglots. L’inspecteur les avaient suivi, il était étonné par la réaction de la jeune fille.

I : Mattie, que voulais tu dire ?

L’adolescente se retourna et s’assit sur le lit, elle avait le visage baigné de larme.

M : Il est content, il ne voulait pas que je retourne chez mon père, maintenant je n’irai plus jamais.

H : Mattie…..

I : Attendez, Capitaine, c’est intéressant, si on considère qu’il a été assassiné, ce n’était pas un accident. Quelqu’un lui a tiré dessus. Je suis désolé, Mattie. Je sais que c’est difficile mais j’aurais besoin de vous pour identifier le corps.

M : Je vous suis.

H : Je viens avec toi.

I : Très bien, j’avais quelque question à vous poser.

M : Jenifer, je sais que je te demande beaucoup, mais tu veux bien venir avec moi. Je ne pourrais pas toute seule.

J : Bien sûr, Mattie. Je t’accompagne.

I : Bien allons-y.

H : Je suis là, Mattie je t’accompagne.

M : Non, Harm, je ne veux pas que tu viennes, je suis désolée.

Commissariat Local
Falls Church
23H20

Mattie était descendu avec Jenifer, on avait demandé à Harm, d’attendre dans une salle d’interrogatoire. Il était troublé par les paroles de Mattie. Il savait que la jeune fille lui en voulait, mais il avait passé une soirée tranquille, elle semblait s’être calmé. L’inspecteur était de retour.

H : Ou est Mattie ?

I : Elle est rentrée avec son amie, elle a besoin de repos. Elle a identifié le corps.

H : Il faut que j’y aille, je dois lui parler.

I : Je suis désolé, Capitaine, mais vous allez devoir rester un peu et répondre à une ou deux questions. Vous devriez peut-être appeler un de vos collègues.

H : Qu’est ce que ça signifie ?

I : Vous avez eu une altercation avec le père de Mattie, ce matin, vous en êtes même venu aux mains, je me trompe ?
H : Non, mais ça ne veux pas dire que, enfin vous ne croyez tout de même pas que…

I : Ecoutez, Capitaine, des témoins vous ont entendu vous disputez avec la victime, c’était très violent, et le médecin a été obligé de vous séparer. Et il y a les paroles de Mattie, quand elle a appris la mort de son père.

H : C’est vrai, mais écoutez, je n’ai pas tué cet homme. Et Mattie était perturbé. Je dois rentrer maintenant, elle a besoin…….

I : Oui, entrez…….

Un officier en uniforme entra dans la pièce et chuchota quelque chose dans l’oreille de son collègue………

I : Très bien Capitaine, il est 23H30, et je vous signifie votre garde à vue : vous avez le droit de……..

H : C’est bon je connais mes droits, mais qu’est ce que ça signifie ??????????

I : Veuillez enlever les lacets de vos chaussures, votre ceinture et me donner vos affaires personnelles……..

H : MAIS ENFIN VOUS ALLEZ FINIR PAR ME DIRE CE QUI CE PASSE ????????

I : Vous êtes accusé de meurtre voilà tout. Vous avez droit à un appel, avant qu’on vous conduise à vos quartiers de nuit.

Nous reprendrons cette discussion demain à la première heure.L’inspecteur toqua à la porte, l’officier en uniforme entra à nouveau dans la pièce.

I : Emmenez le Capitaine, je viens de lui signifier sa garde à vue. Il a droit à un appel.

Officier : Venez Capitaine.

H : Je ne bougerais pas avant de savoir sur quoi vous vous basez……

I : Vous avez bien une arme, M. Rabb, un 9 Millimètre ……..

H : Oui, mais elle est à la maison, sous clé.

I : Elle a dû aller faire un tour alors, on viens de la retrouver dans une benne à ordure, a deux ruelles de la scène de crime. Et devinez quoi vos empreintes sont sur l’arme. Allez, emmenez le, nous verrons ça demain matin, nous aurons les résultats de l’autopsie.

H : VOUS CROYEZ VRAIMENT QUE ????????????????????

Appartement de Mattie et Jennifer
23H35

Le téléphone se mit à sonner au moment où Mattie venait de s’endormir, Jenifer avait glissé un somnifère dans son thé, pour qu’elle puisse dormir un peu.

J : Allo ?

H : Jenifer, est ce que Mattie, est là ?

J : Elle vient de s’endormir, je lui ai donné un cachet, elle était assez agitée ? Mais vous êtes toujours au commissariat ?

H : Ecoutez bien Jenifer, j’ai peu de temps, il faut que vous appeliez le Colonel, demandez lui de me rejoindre au commissariat, ne me posez pas de question, faites le s’il vous plait. Au revoir, Jenifer et merci.

J : Mais……..

Il avait raccroché avant qu’elle puisse ajouter quoi que se soit. Il se passait quelque chose de grave.

Appartement du Colonel Mac Enzie.
23H45

Le téléphone sonna au moment où Mac embrassait quelqu’un dont le visage était dans l’ombre mais c’était agréable. Elle étendit machinalement le bras vers le téléphone.
S : Al……

J : Colonel, ici Jenifer,

S : Jenifer…….

J : C’est le Capitaine qui me demande de vous………

S : Vous direz au Capitaine qu’……….

J : Colonel……….

S : …………il est presque minuit et de plus s’il vou………..

J : Madame, je……….

S ……..lait s’excuser pour son attitude de ce matin il est assez grand pour le faire lui- mê………….

J : COLONEL, MADAME, C’EST IMPORTANT VOUS VOULEZ BIEN M’ECOUTEZ ?????????????? Le père de Mattie a été assassiné ce soir, et je crois que le capitaine a des ennuis, il est au commissariat et il n’a eu droit qu’a un appel, il voulait parler à Mattie mais elle dort, alors il m’a demandé de vous appeler.

Le quartier Maître Coates raconta en détail la fin de soirée au Colonel, l’identification du corps, les paroles de Mattie et leur retour à l’appartement sans le Capitaine.

Commissariat Local
Falls Church
00H30

Harm tournait dans sa cellule comme un fauve en cage, il avait du mal à comprendre ce qu’il l’avait mené au fond de cette cellule. Enfin à vrai dire il le savait, il y avait eu les paroles malheureuses de Mattie qui avait dû mettre la puce à l’oreille de l’inspecteur et ensuite il y avait eu le thérapeute qui s’était sûrement empressé de raconter ce qu’il avait vu et entendu. Ce qu’il ne comprenait pas en revanche c’était l’arme, SON ARME, au fond de cette benne. Mais son sort ne l’inquiétait pas trop il avait confiance en son Marine qui allait sûrement le sortir de là, d’ailleurs elle ne devrait pas tarder à arriver si Jenifer avait fait son travail. Non ce qui l’inquiétait vraiment c’était la réaction de sa protégée. Pensait-elle vraiment qu’il pouvait se réjouir de la mort de son père. Même s’il avait une altercation assez violente avec lui, tout ce qu’il voulait c’était le bonheur de Mattie, et si pour ça il avait dû la rendre à son père dans quelque mois, il l’aurait fait, pour son bonheur à elle. Il fallait qu’il lui parle, qu’il sache ce qu’elle pensait vraiment. Elle avait eu son lot de malheurs ces derniers temps et le sort continuait à s’acharner sur elle, désormais c’était à lui et à lui seul de prendre soin d’elle. Il était tout ce qu’il lui restait, enfin si elle voulait bien de lui comme tuteur à temps complet. Etre un père pour elle, voilà ce qu’il voulait être pour elle. Mais pour ça il devait sortir d’ici le plus vite possible, et ne plus avoir peur de lui ouvrir son cœur.

Commissariat Local
Falls Church
01H00

Mac avait roulé aussi vite qu’elle avait pu, sans risquer de se tuer au volant à cause des premières plaques de verglas. Elle se présenta hors d’haleine à l’officier de quart.

S : Bonsoir, je suis le Colonel Sarah Mac Enzie, je viens voir l’inspecteur chargé de l’enquête sur le meurtre du père de Miss Grace.
Officier : Un instant.

L’inspecteur arriva avec une tasse de café à la main, elle aurait donné cher pour en avoir un, la nuit promettait d’être longue.

S : Bonjour je suis le Colonel Sarah Mac Enzie, je voudrais voir le Capitaine de Frégate Harmon Rabb Jr.

I : Je suis désolé, mais les visites ne sont pas autorisées.

S : Il est en garde à vue ?

I : Oui

S : Pour quels motifs ?

I : Vous êtes de la famille ?

S : Je suis sa collègue de travail, au Jag, en fait nous sommes amis.

I : Dans ce cas là, vous devriez lui trouver un bon avocat, il en aura besoin, il est accusé de meurtre avec préméditation. Mais vous êtes à la source cela ne devrait pas vous poser de problème. Il pourra voir son avocat demain matin lors de son interrogatoire à 8H00 précise.

S : Je voudrais le voir juste deux minutes, pour lui dire que quelqu’un s’occupe de lui trouver un avocat. Je n’échangerai aucune information avec lui, vous serez présent.

I : Je n’en ai pas le droit normalement. Mais compte tenu de l’heure et de la route que vous avez dû faire pour arriver ici, je vais faire une petite exception.

S : Merci

Harm n’était pas couché, il tournait en rond, il eu un large sourire quand il vit Sarah arriver, sa belle était venu à son secours. Elle était encore plus pâle que ce matin, il s’en voulait de l’avoir tiré de son lit.

S : Alors, Pilote ?

H : Je suis content de vous voir, vous allez bien, vous êtes………

S : Vous n’allez pas recommencer, ou je m’en vais tout de suite !

H : Je suis désolé, je m’en veux pour ce matin, j’ai été maladroit comme d’habitude, mais je suis vraiment inquiet pour vous.

S : Vous devriez être inquiet pour vous, vous êtes accusé de meurtre avec préméditation.

H : Je sais, dites vous voulez bien être mon avocate ?

S : Je vais vous trouvez quelqu’un, ne vous inquiétez pas.

H : Pourquoi pas vous ?

S : J’ai demandé un congé pour maladie cet après-midi, je ne pourrais donc pas être votre avocate. Mais je vous promets de vous en trouvez un d’ici demain matin à la première heure. Il sera ici à huit heures.

H : Un congé ? Mac, vous me cachez quelque chose, vous devez subir une nouvelle intervention, ou votre état s’est aggravé ?
S : Ne vous en faites pas pour moi, j’ai juste besoin de repos, mais je ne vous oublie pas. Vous souvenez de votre promesse d’être toujours là ?

H : Je serais toujours là pour vous, vous le savez.

S : Eh bien, je vous retourne la promesse. Je vais vous trouver quelqu’un et je l’assisterai dans l’ombre sans enfreindre le règlement, vous savez que tant que je suis en maladie, je ne peux pas exercer.

I : Je suis désolé, mais l’entrevue est terminée.

H : Merci Mac, et prenez soin de vous, merci d’être venu si tard.

S : Je vous retrouve bientôt.

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
2H00

Elle avait décidé de se rendre au Jag. Le retour avait été encore plus périlleux que l’aller. Mais ça l’avait réveillé, elle avait promis un avocat pour Harm demain matin, elle se devait de tenir sa promesse. Il ne restait pas grand monde au Jag, depuis le départ de l’Amiral, il y avait le Capitaine Roberts ou le Capitaine Turner. Les deux ne seraient pas de trop, mais elle ne pouvait pas monopoliser deux avocats en même temps. Elle pensa que Bud serait très bien, il est dévoué à Harm, Sturgis aussi, mais il semblait toujours dans une passe difficile même si il commençait à reprendre le dessus grâce à sa belle chanteuse.

Elle se décida pour Bud, au risque de réveiller toute la petite famille, elle composa le numéro de la maison Roberts. C’est Harriet qui décrocha, elle lui passa Bud, il l’écouta et il lui promit d’être au Jag dans l’heure. Elle lui fit promettre d’être prudent à cause de la glace sur la route, elle entendait le bébé pleuré, elle s’excusa avant de raccrocher.

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
3H00

Bud était ponctuel, il était arrivé une heure après, ils avaient réveillés pas mal de gens pour en savoir plus et notamment le thérapeute, l’inspecteur avait finit par confier au Colonel que des témoins avaient entendus les deux hommes se disputer violemment ce matin et que le Capitaine Rabb avait jurer de faire son possible pour empêcher le père de Mattie de la reprendre. Le colonel fut désolé d’apprendre que le Capitaine en était venu aux mains, cela ne jouait pas en sa faveur, et Bud se demandait dans quel pétrin il avait bien pu mettre les pieds. Ils passèrent le reste de la nuit à essayer de faire jouer leurs relations pour la libération sous caution éventuelle du Capitaine.

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
7H00

L’Amiral retraité arriva de bonne heure dans ses anciens locaux. Il fut surpris d’y trouver le Colonel, Le secrétaire d’Etat lui avait pourtant dit qu’elle avait pris un congé maladie.

Amiral : Bonjour

Bud et Sarah : Bonjour Amiral !

A : Au rapport dans mon bureau dans cinq minutes.

Le Capitaine et le Colonel se regardèrent, sans vraiment comprendre ce qui se passait.

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
Ancien Bureau de l’Amiral
7H05

L’Amiral était assis derrière son ancien bureau. Même s’il avait du mal à se l’avouer, il lui avait manqué.

S : Amiral sauf votre respect, que faites vous là ?

A : Je vous retourne la question on m’a dit que vous aviez demandé un congé pour prendre soin de vous.

S : Oui c’est vrai. Seulement, le Capitaine Rabb, a une fois de plus changer mes plans, et les votre aussi, sinon vous ne seriez pas là, n’est ce pas ?

A : Oui, enfin en partie. Le secrétaire d’Etat m’a demandé de reprendre un peu de service, comme mon successeur n’a pas encore été nommé, et que les avocats dans ces bureaux se font de plus en plus rare………

S : Et vos projets avec votre fille ????

A : Ca attendra encore un peu……… Ce n’est que partie remise. Bon je vous écoute !!! Que nous a encore concocté le Capitaine, cette fois-ci.

Commissariat Local
Falls Church
08h00

Le Colonel avait décidé d’accompagner Bud, sans être sûr de pouvoir voir Harm, mais au moins elle serait juste à côté, au cas ou. L’inspecteur les attendait dans le Hall, il conduisit Bud dans la salle d’interrogatoire ou se trouvait Harm, Sarah fut invité à attendre à l’accueil.

Harm avait les traits tirés, il n’avait pas beaucoup dormi, tiraillé entre son inquiétude pour Mattie et celle pour Mac.

Bud: Bonjour Capitaine.
H : Bonjour Bud, content de vous voir.

I : Bon, tout le monde est là nous pouvons y aller.

I : Très bien Capitaine, nous avons pratiqué l’autopsie tôt ce matin. Le meurtre a eu lieu hier soir vers 19H00, ou étiez vous à cette heure-ci ?

H : J’étais en route pour la maison.

I : Vous avez croiser quelqu’un, que vous connaissiez, vous êtes vous arrêté pour faire des courses ?

H : Rien de tout ça.

I : Bien je vois. En ce qui concerne la balle qui a tué la victime, elle provient de votre arme. Alors je vous écoute.

H : Je ne l’explique pas.

I : Quand avez-vous vu ou utiliser votre arme pour la dernière fois ?

H : Tôt hier matin pour une séance d’entraînement de tir. Je l’ai nettoyé et je l’ai remise sous clé.

I : Donc si nous résumons, vous n’avez pas d’alibi au moment du meurtre, votre arme s’est apparemment volatilisé et a servi à tuer un homme, avec qui vous avez eu une violente dispute le matin même et vous n’avez rien à me dire ?

B : Vous ne croyez pas que vous y allez un peu vite ?

I : Que vous faut-il de plus ?

B : Il n’y a aucune preuve directe que le Capitaine ait appuyé sur la détente.

I : Ses empreintes sont dessus, vous le niez ?

B : Non, mais il vient de vous dire qu’il avait participé à une séance d’entraînement de tir la semaine dernière.

I : Oui et il a aussi affirmé qu’il l’avait nettoyé ensuite, donc les empreintes aurait du être effacé.

H : Vous croyez vraiment que je suis assez stupide pour tuer un homme avec mon arme de service, y laisser mes empreintes et la jeter dans une benne à ordure ensuite.

I : On est capable de tout quand on est en colère.

H : C’est du délire !!!!!!!!

I : Nous allons vous garder et vous serez mis en examen pour meurtre dès que nous aurons eu le rapport officiel du médecin légiste, et la déposition officielle de M. Morales, le thérapeute de la victime.

B : Vous n’êtes pas sans savoir que le Capitaine de Frégate Harmon Rabb Jr fait partie de l’armée, en conséquence de quoi nous allons mener notre propre enquête, vous devrez pour cela me fournir toutes les pièces du dossier, ainsi que tous les nouveaux éléments. En outre j’ai fait une demande de transfert pour le Capitaine Rabb, pour qu’il soit placé sous la garde de l’armée. Il sera traduit devant une cours martiale, si l’autorité convocatrice estime que cela est nécessaire au vue des éléments du dossier.

I : Vous protégez les vôtres, n’est ce pas ? Mais pour l’instant c’est mon enquête et nous allons continuer à offrir l’hospitalité au Capitaine Rabb.

H : Surtout, ne vous battez pas pour moi !!!!!!!!

B : Les papiers de transfert ainsi que la demande officielle des pièces déjà versées au dossier devraient arriver d’ici peu. En attendant j’aimerais m’entretenir avec mon client, seul à seul.

I : Vous ne me retirerez pas mon enquête aussi facilement.

B : Nous ne vous la retirons pas, nous voulons y participer, c’est tout. Et maintenant si vous voulez bien nous laisser, j’ai le droit de m’entretenir avec mon client.

I : Très bien je vous laisse, vous avez une demi-heure.

Commissariat Local
Falls Church
09h00

H : Alors Capitaine, je vous écoute. Vous avez quelque chose à me dire.

B : Enfin Bud, vous ne croyiez tout de même pas que j’ai pu tuer cet homme ?

H : Bien sûr que non Capitaine, mais les faits ne plaident pas en votre faveur.

H : Je sais Bud, mais vous devez me sortir de là, il faut que je parle à Mattie. Elle croit que je suis heureux que son père soit mort.
B : Elle l’a exprimé devant l’inspecteur ?

H : Malheureusement, oui. Bud, arrêtez de faire cette tête là, on croirait que c’est vous qu’on a jeté en cellule après vous avoir accusé de meurtre.

B : J’ai demandé votre transfert ce matin à la première heure, les papiers ne devraient pas tarder, vous allez être transféré au centre de détention provisoire de l’Armée. J’ai également déposé une demande de remise en liberté sous caution, mais je ne suis pas très optimiste, je suis désolé.

H : Pas autant que moi, mais vous n’avez pas à être désolé, vous en avez déjà beaucoup fait. Mac a dû vous réveiller en pleine nuit ? Comment va-t-elle ? Je suis inquiet pour elle. Vous pouvez veillez sur elle, Bud ?

B : C’est oui pour vos deux questions.

On frappa à la porte. C’était l’inspecteur, il avait les papiers de transfert à la main, et l’escorte du Capitaine attendait dans le couloir.
I : Bien, Capitaine, vous allez être transféré au dépôt de l’Armée, mais faites moi confiance nous nous reverrons, je ne laisserai pas un meurtrier s’en tirer.

B : Dites moi, Inspecteur, la notion de présomption d’innocence vous dis quelque chose ? Bien Capitaine, nous y allons.

Les deux gardes s’approchèrent avec les menottes, Harm aperçut Sarah dans le couloir.

H : Les menottes sont-elles nécessaires ? Je ne compte pas m’enfuir !

Garde : Je suis désolée Capitaine, ce n’est pas ce qui est inscrit sur vos papiers de transfert, il y a eu un précédent, lors d’une autre affaire.

Harm se laissa faire, il ne pouvait pas dire le contraire, il avait en effet échappé à la surveillance de ses gardes, pendant l’affaire où, il avait été accusé d’avoir tué par jalousie Diane, sa meilleure amie.

Dépôt de l’Armée, Centre de détention provisoire.
14H00

Harm était à nouveau en cage. Il pensait à Mattie, à ce qu’il pourrait lui dire en la voyant. Il n’était pas trop inquiet pour lui, après tout il n’avait tué personne et Bud était un très bon avocat.

Dépôt de l’Armée, Centre de détention provisoire.
Deux jours plus tard.

Bud n’avait pas réussi à obtenir sa liberté sous caution, il était toujours coincé entre ces quatre murs, et les visites lui avait été interdites, mises à part celles de son avocat. Il n’avait des nouvelles de Mattie que par Bud. L’enterrement était cet après-midi, il aurait du être à ses côtés, il lui avait écrit un mot mais il n’avait eu aucune réponse jusqu’à présent. Il savait, par Bud, que le Juge pour enfant avait décidé de confier la garde provisoire de Mattie à Mac, pour ne pas perturber l’adolescente une nouvelle fois, l’Amiral avait dû user de son influence, pour que le juge cède. L’enquête était au point mort, il n’y avait pas d’autres suspects, et tous les éléments étaient en sa défaveur. Quand il vit Bud arriver, il comprit qu’il n’avait pas de très bonnes nouvelles.

H : Bonjour, Bud.

B : Bonjour, Capitaine. Je suis désolé, mais je n’ai pas de très bonnes nouvelles.

H : Je m’en doutais, votre tête en dit long.

B : En effet, l’autorité convocatrice à décider de se passer d’une audience préliminaire, vous allez être traduit devant une cours martiale dès lundi, pour meurtre avec préméditation.

H : J’ai droit à une audience préliminaire !!!!

B : Pas nécessairement, c’est rare c’est vrai, mais la victime est un civil, la presse fait le siège de nos bureaux, ainsi que de celui du Sous Secrétaire d’Etat.

H : Je vois, si le Sous Secrétaire d’Etat et la presse sont impliqués je comprends mieux. On se sert de moi, pour montrer au public, que les militaires ne sont pas intouchables, et que le crime d’un civil sera puni.

B : Je crois qu’il y a de cela.

H : Bien nous avons tout le week-end pour trouver une ligne de défense. Nous pourrons essayer de déposer une mention pour absence d’audience préliminaire, nous gagnerons peut-être un peu de temps pour trouver des preuves de mon innocence. Mais pour l’instant dites moi comment va Mattie ? Vous lui avez donné ma lettre ?

B : Heu, oui, je l’ai fait, mais……….

H : Elle ne l’a pas lu ?

B : C'est-à-dire que, enfin, vous savez elle est bouleversée, elle a perdu ses deux parents à moins d’un an d’intervalle.

H : Dites, Bud, vous croyez que je pense à quoi entre ces quatre murs ? Elle l’a jeté, n’est ce pas ?

B : Brûlée, dans la cheminée du bureau de l’Amiral. Je suis désolé. Ca lui passera.

H : Vous n’y êtes pour rien, je me fais du souci pour elle.

B : Vous devriez penser à vous, vous risquez la peine capitale.

H : Vous êtes d’un vrai réconfort, Bud.

B : Euh, Capitaine, je ne voulais pas, mais vous devriez vous souciez de vous pour le moment. Vous savez Mattie est très bien entouré.

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
Salle de Tribunal
8H50, Lundi Matin.

Bud attendait le Capitaine qui devait arriver d’une minute à l’autre, la salle d’audience était bondée. On l’avait ouverte à la presse, bien que Bud s’y soit farouchement opposé. Cependant le souci de transparence de la justice militaire avait primé, le Sous Secrétaire d’Etat avait tranché.

Bud avait passé le Week end au centre de détention, où ils avaient finalement décidé de mettre en avant le fait que c’est Harm qui avait tenu à réconcilier Mattie et son père. Bud avait demandé au Colonel de bien vouloir témoigner de la bonne volonté d’Harm.

Jenifer avait aussi été citée à comparaître, c’est à elle qu’Harm avait demandé de retrouver le dossier de l’accident. Il voulait prouver à Mattie que son père n’était pas ivre au moment de l’accident. Il avait tout fait pour les rapprocher, les dîners à trois, et que s’était même lui qui avait donné à Mattie les lettres qu’avaient écrit son père pour sa femme.

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
Salle de Tribunal
09H00, Lundi Matin

Harm était arrivé cinq minutes avant le Juge. C’est le Capitaine Turner qui avait été désigné pour l’accusation. Il restait peu d’avocat au Jag. Harm savait que Sturgis ne faisait pas ça par plaisir, bien que les réactions de son ami, l’avait quelque peu étonné ces derniers temps, et Sturgis en voulait toujours à Bud, espérons que ce ne soit pas lui qui en fasse les frais.
La séance venait de s’ouvrir et Bud demanda à obtenir la libération de son client sous caution. Mais le juge refusa. Harm resterait au centre de détention jusqu’à ce que le verdict soit prononcé. Harm se retourna, il vit Mattie et lui sourit, mais il n’obtient rien en retour. La jeune fille lui en voulait, mais elle ne pouvait tout de même pas penser qu’il aurait pu tuer son père.

 

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
Salle de Tribunal
15H00, Lundi Après Midi

La matinée avait été consacrée à l’énoncé du chef d’accusation et au plaidoyer d’ouverture des deux avocats. Sturgis l’accusa d’avoir tué le père de Mattie de sang froid, par colère, pour l’empêcher de reprendre sa fille. Bud répliqua que le Capitaine Rabb avait tout fait pour rapprocher le père et la fille. Harm n’avait toujours pas réussi à avoir de contact avec Mattie. Il avait été transféré dans la pièce voisine pour le déjeuner et n’avait eu le droit de voir personne.

Depuis cinq minutes l’expert balistique expliquait que la balle récupérée sur la victime provenait de l’arme enregistrée au nom du Capitaine Rabb. Ensuite vint le tour de l’expert du laboratoire de la police qui attesta que les empreintes sur l’arme étaient bien celle du Capitaine, il n’y en avait pas d’autres. Enfin vint le tour de l’inspecteur chargé de l’enquête qui répéta les paroles que Mattie avait prononcé en apprenant le décès de son père. Et la séance fut suspendue jusqu’au lendemain après-midi. Harm fut ramené dans ses quartiers.

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
Salle de Tribunal
14H00, Mardi Après-Midi

Harm avait pensé à l’attitude de Mattie toute la nuit, elle serait la première à témoigner aujourd’hui.

Turner : Miss Grace, vous êtes la pupille du Capitaine Rabb, ici présent. Est-ce exact ?

M : Oui.

T : Et la victime était votre père ?

M : Oui.

T : Pouvez décrire quelles étaient les relations du Capitaine Rabb avec votre père.

M : Harm à tout fait pour que je me réconcilie avec mon père.

T : Donc ils avaient des relations amicales ?

M : Au début, oui.

T : Que voulez vous dire ?

M : Quand j’ai dit à Harm que mon père voulait redemander ma garde il a changé d’attitude et le lendemain mon père m’a appelé pour me dire qu’Harm était venu au centre de cure, qu’ils s’étaient disputés et qu’Harm l’avait frappé.

T : C’est arrivé le jour de son décès ?

M : Oui.

T : Je sais que c’est dur de vous rappeler ces moments, mais qu’avez-vous pensé en apprenant la mort de votre père ?

M : J’ai dit que…….

T : Vous avez dis ?

M : Je ne me souviens plus, j’étais sous le choc……

T : Miss Grace, je vous rappelle que vous êtes sous serment……..

B : OBJECTION VOTRE HONNEUR, c’est une adolescente, elle vient de perdre son père.

Juge : Capitaine Turner, veuillez en venir au fait.

T : L’inspecteur était présent, je vais vous aidez vous avez dis au Capitaine Rabb « Tu es content maintenant tu as eu ce que tu voulais……. »

M : Je ne me souviens plus…..
T : Le Capitaine Rabb était à la maison quand vous êtes rentré de l’école, le jour du décès de votre père ?

M : Non, il avait du retard.

T : Il vous a dit où il était.

M : Oui il m’a dit qu’il était passé voir le Colonel Mac Enzie, il avait eu une dispute le matin, il voulait s’excuser.

T : Je n’ai plus de question votre honneur.

Bud se tourna vers le Capitaine, il avait menti il avait prétendu être coincé dans les bouchons, pourquoi ne pas avoir dis qu’il était chez Mac, il avait un alibi. Pourquoi n’avait-il rien dit ? Il ne pouvait pas demander une suspension d’audience sans éveiller les soupçons, mais il aurait aimé discuter avec le Capitaine et lui demander pourquoi il avait menti au sujet de son emploi du temps de la soirée du meurtre. Il continua donc et interrogea Mattie sur son état d’esprit le soir du drame pour prouver aux jurés qu’elle avait prononcé ces paroles en état de choc.

Le Colonel fut appelé à la barre. Sturgis en profita pour lui demander pourquoi elle n’avait pas signalé aux autorités que le Capitaine était chez elle le soir du meurtre. Mac devint blanche et ne trouva rien à répondre.

S : Mais il……… enfin je ne l’ai pas vu.

T : Merci, Colonel, plus de questions.

Bud ne comprenait plus rien. Une suspension d’audience aurait été la bienvenue, mais difficile sans éveiller les soupçons des jurés. Il fit donc parler le Colonel, des efforts que le Capitaine Rabb fournissait pour réconcilier Mattie et son père. Enfin un témoignage positif ; puis Jenifer relata la recherche du rapport de police de l’accident. L’audience fut suspendue jusqu’au lendemain matin.


Dépôt de l’Armée, Centre de détention provisoire.
20H00, Mardi Soir

B : Vous me devez des explications. Vous étiez en voiture au moment du meurtre ou peut être chez le Colonel, ou alors ailleurs ?
Bud avait rejoint le Capitaine Rabb et avait réussi à obtenir un droit de visite.

H : Vous ne pensez tout de même pas que………

B : Comment voulez vous que je vous défende si vous n’êtes pas honnête avec votre avocat.

H : Ecoutez Bud je ne vous ai pas menti, on s’est mal compris. Je me rendais effectivement chez le Colonel, puis au dernier moment j’ai fait demi-tour et je me suis retrouvé coincé dans les bouchons.

B : Vous êtes sur ?

H : Oui.

B : Vous vous doutez que ces incohérences ne joue pas en votre faveur.

H : Les témoignages de Jenifer et Mac sont bons pour nous, ne vous faites pas de souci.

B : C’est vous qui me dites ça, on a intérêt à trouver quelque chose et vite pour vous disculper. Vous ne me cachez plus rien cette fois-ci ?

H : Non, Bud.

B : Bien, sinon il faudra vous trouver un autre avocat.

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
Salle de Tribunal
10H00, Mercredi Matin

L’audience avait repris depuis une heure, le témoignage du thérapeute venait de se terminer. Il avait été accablant, Bud avait fait ce qu’il avait pu pour limiter la casse. Un garde vint remettre un papier au juge. Il demanda au deux parties de s’approcher.

Juge : Je veux vous voir dans mon bureau dans cinq minutes. LA SEANCE EST SUSPENDU JUSQU'A CET APRES MIDI, 14H00.

Quand Bud ressorti du bureau du juge, il avait du mal à contenir sa colère. Le message venait de l’inspecteur. On avait aperçu le Capitaine Rabb le soir du meurtre roder autour du centre de cure. Plusieurs témoins avaient reconnu le Capitaine Rabb ; qu’il voyait de temps en temps au centre quand il venait en visite chez le père de Mattie ; ils ont tous prétendu que le Capitaine avait suivi la victime.

Cette fois-ci le Capitaine Rabb était cuit, il avait menti sur son emploi du temps, il y avait la dispute le matin du meurtre et l’arme retrouvé sur les lieux. Bud ne voyait plus comment défendre son client.

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
Salle de Tribunal
14H00, Mercredi Après-midi

L’inspecteur revint témoigner l’après-midi, Bud n’adressa pas un mot au Capitaine, qui avait fait une drôle de grimace en entendant le témoignage de l’inspecteur. Il refusa de le faire venir à la barre, en prétendant qu’il n’avait pas besoin d’aggraver son cas en allant raconter des mensonges à la barre. La journée de demain serait réservée au plaidoyer, mais Bud voyait mal comment il pourrait défendre le Capitaine.

Quartier Gal du JAG
Falls Church, Virginie
Salle de Tribunal
14H00, Jeudi Après-midi

Les jurés venaient de revenir dans la salle. Les plaidoyers avaient eu lieu ce matin. Bud avait fait ce qu’il avait pu pour minimiser la casse, mais les révélations de hier risquaient d’être fortement préjudiciable au Capitaine. Il avait décidé de terminer sa mission en défendant la Capitaine malgré le fait qu’il lui ait encore menti, mais aucun autre avocat n’aurait pu prendre connaissance du dossier avant l’audience de cet après-midi. Mais il n’avait pas cherché à cacher sa déception et sa colère au Capitaine. Harm avait d’ailleurs compris qu’il risquait gros, et ses peurs se confirmèrent.

J : Que l’accusé et son avocat se lèvent. Bien j’ai pris connaissance du verdict.

« CAPITAINE DE FREGATE HARMON RABB JR, À L’ACCUSATION DE MEURTRE AVEC PREMEDITATION NOUS VOUS DECLARONS COUPABLE » L’audience est suspendue jusqu'à demain matin pour l’énoncé de la sentence.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE