Chapitre 6

Vendredi 24 Janvier 2003, 22H30

Une voiture devant la prison de Téhéran, Iran

Après notre arrivée ici mercredi matin, Webb et moi avons pris contact avec un de ses agents infiltrés ici, Michael Riggs, du moins c’est le nom qu’il m’a donné. Il travail à la prison de Téhéran, il nous a appris qu’une femme répondant au nom de Aïcha était emprisonnée dans un des quartiers qu’il est chargé de surveiller, et Webb m’a alors appris qu’Aïcha était le nom de couverture de Mac, de plus la description de l’agent correspond au portrait de Mac !

Clay a aussi réussi à nous obtenir l’aide d’un groupe d’Iranien armé qu’il avait aidé par le passé et qui lui devait une faveur, alors après avoir longuement étudié ensemble les plans de la prison nous avons établi un plan d’attaque. Le chef du groupe armé, Rachid devait créer une diversion avec ses hommes pendant que moi, Webb et Michael son agent infiltré pénétrions par la porte des gardes à l’arrière de la prison, l’agent nous ouvrirait les portes menant à la cellule de Mac et le groupe armé devrait nous couvrir pendant notre sortie. Ce plan est loin d’être parfait, j’en ai conscience, malheureusement c’est notre seule chance de libérer Mac et si le prix à payer et de risquer ma vie, alors je prends le risque, de toute façon je ne me le pardonnerai jamais si je n’essayais pas ! L’assaut est prévu pour 23 heures, pendant ce temps Webb et moi attendons dans une voiture derrière la prison, soudain il rompt le silence et me dit :

W : Harm, je… je ne vous ai pas tout dit, Michael ne voulait pas vous inquiéter d’avantage mais je crois que vous avez le droit de savoir.

H : Quoi, Webb, qu’est-ce qu’il y a ?

W : D’après lui la jeune femme qu’il pense être Mac et dans un sale état, apparemment elle se serait fait maltraiter avant d’être envoyée en prison.

Ses paroles me laissent sans voix bien que d’un côté ce qu’il m’annonce ne m’étonne pas trop, cependant ça ne fait qu’augmenter mon mal-être, j’aurais du l’empêcher de partir !

W : Croyez-moi Harm, je suis navré, je donnerais tout pour être à sa place, mais je comprends aussi votre colère envers moi…

H : Non Clay, je n’avais pas à vous traiter ainsi, et… et je sais très bien que Mac compte aussi beaucoup pour vous et que vous n’avez jamais souhaité ça… c’est juste que… j’ai peur de la perdre…

W : Je sais Harm, et vous savez… elle m’a demandé plusieurs fois comment vous alliez quand elle m’appelait pour faire son compte rendu.

H : C’est vrai, elle… elle pensait à moi ?

W : C’est véridique !

Je ne sais pas pourquoi mais cette pensée me réchauffe le cœur, elle ne m’a pas oublié ! Je dois avoir l’air d’un adolescent qu’on prend en flagrant délit mais je m’en fous !

Soudain Michael vient taper au carreau de la voiture pour nous faire signe qu’il est l’heure, alors je sors de la voiture en priant une dernière fois pour que se soit bien Mac et pour qu’on puisse tous sortir de là vivant !

Vendredi 24 Janvier 2003, 23H05

Intérieur de la prison de Téhéran

Alors que nous pénétrons à l’intérieur de la prison par l’arrière j’entends des coups de feu retentir à l’extérieur et les gardes s’y précipiter. Pendant que nous courrons dans le bâtiment à la recherche de la cellule de Mac, je suis amusé de voir à quel point la sécurité et mal organisée dans la prison, nous ne croisons pas un seul garde. Enfin nous nous arrêtons devant une porte et alors que Michael l’ouvre je suis effrayé de voir une Mac qui est recroquevillée sur elle-même. Doucement je m’approche et m’agenouille devant elle, elle ne réagit pas et ça m’inquiète, et pendant que j’entends Webb me dire que le temps presse, je la force à me regarder dans les yeux et lui parle doucement.

H : Mac… Sarah, c’est moi, c’est Harm, venez, je vous ramène à la maison !

M : Haaarrrmm…

Je sens de la douleur et du désespoir dans sa voix alors que je la soulève lentement dans mes bras et me dirige vers la porte. Elle semble si faible que j’ai peur de lui faire mal mais comme l’a dit Clay, le temps presse ! Vite nous reprenons le chemin inverse pour rejoindre la sortie mais malheureusement les garde nous attendent cette fois-ci et en voyant arrivé le groupe à Rachid qui les tient immédiatement en joue, je remercie intérieurement Webb de les avoir pour amis ! Rapidement nous sortons de la prison et courrons pour rejoindre le véhicule avec son chauffeur qui nous attend à la sortie alors que les gardes de l’extérieur nous tirent dessus. Et au moment où Webb m’ouvre la porte de la voiture je ressens une vive brûlure dans la cuisse droite, un des gardes m’a touché et heureusement que Clay est là autrement je crois que je me serais écroulé ! Délicatement j’arrive à déposer Sarah sur la banquette arrière avant de m’affaler à côté d’elle et de sentir la voiture démarrer précipitamment.

Quelques minutes plus tard, alors que Mac s’est endormie, je l’allonge délicatement de façon à ce que sa tête repose sur ma cuisse non blessée quand Webb, assis à l’avant se retourne pour me dire :

W : Est-ce que ça va votre jambe ?

H : Oui mais où est Michael, il ne devait pas prendre cette voiture avec nous ?

W : Si, mais ne vous en faites pas pour lui, il s’en sortira. Je vous présente Mohamed, il sera notre chauffeur jusqu’à une base aérienne de la CIA qui se trouve à 30 km de Téhéran, de là nous prendrons un hélicoptère qui nous emmènera à l’hôpital militaire américain de Tabriz au nord de l’Iran

H : Et quand est-ce que nous pourrons envisager un rapatriement au Etats-Unis ?

W : Dès que votre jambe et l’état de Mac le permettront, à propos, comment va-t-elle ?

Alors que Clay pose un regard inquiet sur Mac je caresse son visage de ma main et remets en place une mèche de cheveux avant de lui répondre :

H : Je crois qu’il était temps qu’on arrive, elle semble épuisée et en plus je n’ai aucune idée de l’importance de ses blessures. Nous devons vraiment faire vite Clay, son teint est tellement pale que je crains qu’elle ne fasse une hémorragie interne ou quelque chose de ce goût là !

W : Je vous assure que dès que nous arriverons à l’hôpital les meilleurs médecins s’occuperont d’elle et la remettront sur pieds !

H : Je l’espère Clay… oui je l’espère !

Samedi 25 Janvier 2003, 4H00

Hôpital militaire de Tabriz, Iran

Nous sommes ici depuis plus d’une heure et demie et ils sont toujours en train de l’examiner, je commence sérieusement à m’inquiéter.

Clay a contacté le QG de l’agence tout à l’heure pour leur dire qu’on avait retrouvé Mac pendant qu’un médecin s’afférait sur ma jambe, et Dieu merci la balle avait traversé sans toucher l’os ce qui fait que je peux donc marcher. Nous sommes assis dans cette salle d’attente à attendre qu’un médecin veuille bien prendre la peine de nous parler quand un homme en blouse blanche s’approche de nous.

D : Bonjour messieurs c’est vous qui nous avez emmené le Colonel Mackenzie ?

D’un bond je me lève de ma chaise et cache une grimace de douleur.

H : Oui c’est nous qui l’avons emmenée, je suis le Capitaine Rabb de la NAVY, le Colonel est mon équipière, comment… comment va-t-elle ?

D : Je suis le Capitaine Robinson, c’est moi le médecin qui s’occupe du Colonel et malheureusement pour vous je n’ai pas une bonne nouvelle.

H : Qu’est-ce qu’elle a, elle est…

D : Elle est vivante Capitaine… cependant, il semblerait que ses nombreuses blessures et un fort manque d’hygiène aient entraîné une septicémie ; c’est ce qui expliquerait sa grande faiblesse… son sang est contaminé !

A l’entente de cette déclaration je crois que mon cœur a manqué un battement, j’ai soudain la sensation d’étouffer, non ! Ce n’est pas possible, pas Sarah, ça ne peut pas lui arriver, pas à elle, non !

W : Est-ce que vous pouvez faire quelque chose ?

D : Nous avons déjà commencé à lui administrer des antibiotiques, mais… le problème est que nous n’avons aucune idée de l’importance de cette infection. Maintenant nous n’avons qu’attendre à faire, sa survie ne dépend que d’elle… elle doit se battre, c’est sa seule chance… je suis vraiment désolé.

Incapable de dire quoique ce soit, je sens que je vais m’écrouler mais Webb arrive à temps pour me soutenir et demander au docteur :

W : Est-ce qu’on peut la voir ?

D : J’accepterai qu’une seule personne à la fois, il faut vraiment qu’elle se repose !

W : Très bien, merci docteur !

D : Je suis désolé j’aurais aimé pouvoir faire plus. Elle se trouve aux soins intensifs, chambre 106.

Sur ces dernières paroles il s’éloigne de nous pendant que Clay et moi nous dirigeons vers la chambre indiquée.

Chapitre 7

Samedi 25 Janvier 2003, 10H30

Chambre 106, Hôpital militaire de Tabriz, Iran

Cela fait plusieurs heures déjà que je suis assis là, sur cette chaise à regarder sa poitrine monter et descendre lentement au rythme du bip incessant de la machine à laquelle elle est branchée. Clay m’a laissé avec elle dès que nous avons eu l’autorisation d’entrée dans la chambre prétextant le fait qu’une seule personne pouvait rester à ses côtés et qu’il devait de toute façon contacter plusieurs personnes, mais en réalité je sais pertinemment qu’il nous a laissés parce qu’il savait que j’avais besoin d’être seul avec elle. Il a beau ne pas le montrer, je suis persuadé qu’il connaît très bien mes sentiments pour Mac et c’est pour ça que je lui suis très reconnaissant de m’avoir laissé seul avec elle, il a compris que j’en avais besoin !

Je n’ai pas cessé de la regardé depuis que je suis entré, j’ai trop peur que sa poitrine cesse de se soulever à un moment, aussi sans vraiment savoir pourquoi je lui ai pris la main et je ne l’ai plus lâchée jusqu’à maintenant, bizarrement j’avais besoin de la toucher, de sentir qu’elle était toujours là, qu’elle était bien vivante… Tout à coup une infirmière pénètre dans la chambre, c’est la même qui vient toutes les heures mais cette fois-ci, elle m’adresse la parole pour la première fois :

I : Excusez-moi monsieur, mais votre ami monsieur Webb voudrait vous parler, il vous attend dehors.

H : Oh, très bien, merci.

Je me lève doucement de ma chaise et alors que je lâche à regrets la main de Sarah, je me penche lentement pour déposer un léger baiser sur son front et lui murmurer :

H : Je reviens très vite Marine !

A peine sortit de la chambre je vois Clay qui vient vers moi.

W : Harm, comment va-t-elle ?

H : Son état reste stationnaire.

W : Et votre jambe ?

H : Ca va je peux marcher sans trop de problème, bien sûr je boite un peu, mais d’après le docteur je devrais me remettre à 100%, mais qu’est-ce que vous vouliez m’annoncer, l’infirmière m’a dit que…

W : Oui, je voulais vous dire que j’ai réussi à organiser une descente chez Kamel Alkadir, des armes ont été saisies ainsi que de la drogue, lui et ses hommes vont plonger !

H : Ah, c’est bien… et est-ce qu’on sait pourquoi Mac était en prison ?

W : D’après ce que mes hommes ont réussi à apprendre, il semblerait qu’un de ses hommes ait soupçonné Mac d’avoir espionné Alkadir, dans le doute ils auraient décidé de ne pas la tuer mais de la jeter en prison après l’avoir torturée. Je suis désolé Harm, si…si j’avais su…

H : Vous ne pouviez pas avoir Clay, ce n’est pas de votre faute… maintenant il faut juste que nous soyons patients pour Mac, ça ne sert à rien de nous rejeter la faute et de toute façon je suis sûr qu’elle ira bien très vite !

W : Oui, vous avez sûrement raison.

H : Tant que j’y pense, il faut que je prévienne l’Amiral, vous n’avez qu’à aller voir Sarah en attendant que je revienne !

W : Oui, bonne idée, à tout de suite !

H : Oui à tout de suite Clay !

Alors que je le vois entrer dans la chambre je me dirige vers la sortie de l’hôpital. J’ai besoin de prendre l’air, je sens une boule d’angoisse me monter dans la gorge, j’ai mentie à Clay, je ne suis pas sûr du tout que Mac va aller mieux et ça me fait peur ! Quand je l’ai entendu me dire qu’elle avait été torturée ça m’a fait comme un coup de poignard en plein cœur, d’un coup je me suis senti mal, je me suis rendu compte à quel point Sarah avait du souffrir, et de penser que je n’ai rien fait pour l’aider me donne la nausée ! Et alors que je sors du bâtiment, je sens des larmes couler sur mes joues, toutes les émotions de ces derniers jours remontent à la surface, et d’un coup je ressens de la peur mélangée à de la haine et de l’amour… c’est vraiment trop dur à supporter, je n’en peux plus ! Je réalise enfin que je suis peut-être sur le point de perdre la seule femme que j’ai jamais aimée !

Après plusieurs minutes isolé où je n’ai pas pu retenir mes larmes je reprends un peu mes esprits et décide de contacter l’Amiral.

T : QG du JAG, que puis-je pour vous ?

H : Tiner c’est le Capitaine Rabb, est-ce que je peux avoir l’Amiral ?

T : Euh ! Je vous le passe tout de suite Capitaine !

A : Allo Rabb, est-ce que vous avez retrouvé Mac ?

H : Oui monsieur, nous l’avons retrouvé !

A : Et où êtes-vous ? Vous pensez rentrer quand ?

H : Nous sommes à Tabriz Amiral, à l’hôpital militaire. Il se trouve que Mac a une septicémie, et nous ne savons pas encore si elle va s’en sortir monsieur…

De repenser à l’état critique de Mac me fait craquer une nouvelle fois et alors que les larmes coulent à nouveau je sais que cette émotion s’est ressentie dans ma voix car l’Amiral semble comprendre clairement la gravité de la situation.

A : Oh mon Dieu… Harm est-ce que ça va ?

H : Elle est si pâle monsieur, si fragile…

A : Bon, écoutez Harm, je prends le premier avion et je serais là au plus tôt !

H : Non monsieur, ça ne sert à rien, le médecin refuse qu’il y ait plus d’une personne à la fois dans sa chambre, vous ne serez d’aucune utilité ici !

A : Très bien… alors contactez-moi dès qu’il y a du nouveau ! Et Harm…

H : Oui monsieur !

A : Tenez le coup fils, Mac a besoin de vous !

Sur cette dernière remarque plus que personnelle de sa part il raccroche sans me laisser le temps de répondre, et après avoir essuyé mes larmes une dernière fois je retourne à l’intérieur de l’hôpital, l’Amiral a raison, je ne dois pas craquer, pas maintenant !

Samedi 25 Janvier 2003, 21H30

Chambre 106, Hôpital militaire de Tabriz, Iran

J’ai passé toute la journée ici, à tenir la main de Sarah. Clay a du partir pour régler quelques détails pour notre retour au pays et j’en ai donc profité pour rester seul avec Mac toute la journée. De temps en temps une infirmière vient vérifier ses constantes, elle m’a dit que son médecin passerait dans la soirée.

J’ai aussi pensé à appeler Chloé mais je ne me sens pas la force de lui parler, je n’arriverais pas à rester fort si je dois lui parler de l’état critique de sa sœur, je préfère attendre que le docteur me dise exactement les chances de Mac, après je l’appellerais, elle a le droit de savoir.

Soudain le médecin que nous avons vu ce matin entre dans la chambre.

D : Capitaine Rabb, vous vous souvenez de moi ? Je suis le Capitaine Robinson, le médecin qui s’est occupé du Colonel.

H : Oui je m’en souviens… comment va-t-elle docteur ?

Lentement il se place à côté de moi et alors que je le regarde dans les yeux il me répond :

D : Son état ne s’est pas aggravé, mais il ne s’est pas amélioré non plus et je crains que le temps ne joue pas en notre faveur.

H : Comment ça ? C’est bon signe si son cas ne s’est pas aggravé, non ?

D : Oui, ça prouve que les antibiotiques ont été efficaces, mais le problème c’est que même si l’infection ne progresse plus elle est toujours présente, et à long terme une infection comme celle-là peut avoir de graves conséquences.

Incapable de répondre quoique ce soit, je reste le regarder pour lui faire comprendre que je souhaite qu’il continue son explication.

D : Il se trouve que si l’infection n’est pas éradiquée très rapidement elle pourrait endommager les organes vitaux.

H : …

D : Je vais continuer de lui administrer des antibiotiques mais je ne vous cache pas que les prochaines heures vont être cruciales. Je vais vous laisser, je suis vraiment désolé.

H : Merci docteur…

D : Capitaine ?

H : Oui ?

D : Elle vous entend vous savez, parlez-lui… elle a besoin de vous !

Alors qu’il quitte la pièce je me sens encore plus abattu, son état ne s’arrange pas et d’après ce que j’ai compris le temps nous est compté. Mais le docteur à raison, Mac a besoin de moi et moi aussi j’ai besoin d’elle, c’est pour ça qu’elle doit s’accrocher !

Doucement je rapproche ma chaise du lit et me penche vers son visage.

H : Vous avez entendu le médecin Marine ? Vous devez vous battre, vous devez combattre cette infection ! Je sais que c’est dur mais vous devez le faire pour vous en sortir… pour moi… pour nous…

Alors que j’ai de plus en plus de mal à contenir mes émotions, je lui dis d’une voix qui ressemble plus à un murmure de désespoir qu’à autre chose :

H : Si tu savais comme je m’en veux Sarah, j’aurais du t’empêcher de partir, j’aurais du te dire plus tôt ce que je ressentais pour toi… Je t’en prie mon amour, ne me laisse pas, pas maintenant, j’aimerais tellement pouvoir te serrer à nouveau dans mes bras, te voir de nouveau sourire, j’aimerais tellement qu’on puisse construire un « Nous » ensemble… Je t’en prie Sarah ne m’abandonne pas…

Doucement je dépose un baiser sur son front et lui murmure un dernier : je t’aime alors que Clay pénètre dans la chambre.

W : Oh, je suis désolé Harm je peux repasser plus tard !

H : Non... non c’est bon Clay, vous pouvez rester !

W : J’ai croisé le médecin il m’a dit que son état stationnaire pouvait avoir des conséquences…

H : Oui je sais…

W : … Il m’a aussi dit que maintenant nous pouvions rester tous les deux dans la chambre si nous ne la dérangions pas.

Lentement je lui montre la chaise ne face de moi pour lui indiquer que je veux bien qu’il reste. Sans un mot il s’assoie et prend l’autre main de Mac alors qu’une longue attente commence pour nous et un long combat pour Mac…

Chapitre 8

Dimanche 26 Janvier 2003, 18H00

Chambre 106, Hôpital militaire de Tabriz, Iran

Ca fait plus de 36 heures que Mac est dans ce lit et toujours rien ! Clay et moi avons veillé toute la nuit et il n’y a rien de nouveau, son état reste stable mais il n’y aucune amélioration, le médecin est venu il y a près d’une heure et malheureusement il semble toujours pessimiste quant aux chances de survie de Sarah ! Je suis de plus en plus soucieux moi aussi, j’aimerais tellement qu’elle se réveille, qu’elle me sourit de nouveau… Soudain, Clay me sort de mes pensées.

W : Harm, vous êtes là depuis plus d’un jour maintenant, vous devriez aller manger quelque chose.

H : Non-merci Clay, je préfère rester près d’elle.

J’apprécie qu’il soit près à veiller sur Mac pour me laisser me reposer, cependant sa voix rauque trahie aussi sa grande fatigue.

H : Par contre vous, vous n’êtes pas obligé de rester Clay. Vous avez sûrement plein de choses à régler depuis notre petite évasion !

W : Oh, ça c’est réglé depuis longtemps, j’ai même déjà réservé 3 billets en première classe pour le retour, avec ça Mac ne se plaindra plus des moyens de transports de la CIA !

Cette dernière réplique nous fait rire tous les deux, mais malgré tout, le cœur n’y est pas, je sais que Webb est aussi inquiet que moi et que l’idée de pouvoir perdre Mac nous terrifie tous les deux !

W : Sérieusement Harm, allez prendre l’air, juste quelques minutes, je veille sur votre Marine.

H : Je ne sais pas…

W : Mais moi je sais ! Sortez de cette chambre ! Vous avez besoin de souffler un peu, regardez-vous, on dirait un zombie !

H : Mais…

W : Il n’y a pas de mais ! Sortez d’ici tout de suite ! Je vous promets de vous appeler s’il y a le moindre problème !

H : D’accord, je vais aller prendre l’air dehors, c’est vrai que j’en ai besoin. Au passage je vais en profiter pour appeler Chloé, il faut que je la prévienne.

W : On ne bouge pas de là promis !

Alors que ça dernière phrase me fait rire, je sors de la pièce après avoir doucement embrassé la main de Mac.

Quelques minutes plus tard je suis devant l’hôpital mon portable à la main.

C : Allo !

H : Chloé, c’est Harm !

C : Hey Harm, ça fait un bout de temps! Qu’est-ce qui me vaut cet appel ? Tu veux séduire ma sœur et il te faut des conseils c’est ça ?

H : Euh, non pas… pas tout à fait Chloé.

J’ai employé un ton sérieux pour lui répondre et je crois qu’elle commence à comprendre que j’appelle pour quelque chose de grave. Elle me répond d’une voix paniquée :

C : Oh mon Dieu Harm, qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qui c’est passé ?

Alors que je ne sais trop comment lui répondre, je sens l’émotion reprendre le dessus dans ma voix.

C : Harm, répond-moi !

H : Elle… elle est malade Chloé…

C : Quoi, comment ça elle est malade ? Qu’est-ce qu’elle a ? Et puis d’abord où es-tu ? Je… je croyais que Mac était en mission à l’étranger !

H : Nous sommes dans un hôpital, quelque part en Iran, où des médecins soignent ta sœur.

C : En Iran mais qu’est-ce que vous foutez là-bas ?

H : Ecoute Chloé c’est trop long à expliquer ! Mac a été blessée et maintenant son sang s’est infecté. Je sais que ça peut être dur à comprendre mais je pensais que tu avais le droit de savoir.

C : Le droit de savoir quoi Harm, je ne comprends rien à ce que tu me dis ! Comment va Mac, c’est ça qui m’intéresse ?

H : Elle est dans un état critique, les médecins ne savent pas si elle va se remettre !

C : Non, non ce n’est pas possible elle m’avait dis que sa mission n’était pas dangereuse !

H : Je sais Chloé, je… je suis désolé…

C : Tu… tu es désolé, mais… mais tout ça c’est de ta faute, tu la laissais partir et… et maintenant elle va peut-être mourir !

H : Je suis vraiment désolé…

Alors que j’entends Chloé pleurer dans le téléphone des larmes coulent maintenant aussi sur mon visage. Elle a raison et ça me déchire le cœur ! J’ai laissé Mac partir et maintenant je vais peut-être la perdre parce que je n’ai pas eu le cran d’agir plus tôt ! Soudain j’entends Chloé me demander entre deux sanglots :

C : Est-ce que… est-ce que je peux faire quelque chose… venir la voir où je sais pas…

H : Ecoute Chloé… dès que son état ira mieux nous rentrerons à Washington d’accord, d’ici là il faut juste prier et être patient.

C : Dès que son état ira mieux… est-ce qu’elle ira mieux ?

J’aimerais tellement pouvoir lui répondre que Sarah ira mieux très bientôt mais je n’en ai pas la moindre certitude, malheureusement…

H : Euh Chloé je… je dois te laisser maintenant, je te promets de te prévenir dès qu’il y aura du nouveau, d’accord ?

C : …Euh… oui, d’accord…

H : Très bien Chloé, je te laisse alors…

C : Harm ?

H : Oui ?

C : Est-ce que… est-ce que tu peux dire quelque chose à Mac pour moi ?

H : … Euh, oui…

C : Dis-lui… dis-lui que je l’aime.

H : D’accord Chloé, je le lui dirais, au revoir.

Il était vraiment temps que je raccroche, d’entendre Chloé pleurer comme ça aurait fini par me faire craquer moi aussi. Rapidement j’essaie de reprendre mes esprits et retourne à l’intérieur de l’hôpital sans appeler l’Amiral, je n’ai pas le courage de le faire maintenant.

Sans faire de bruit je rentre dans la chambre, Clay, toujours au chevet de mac me regarde avec un air interrogateur pendant que je reprends place sur ma chaise.

W : Comment a-t-elle pris la nouvelle ?

H : Elle était ravie !

J’ai répondu avec un petit rire ironique ce qui a pour conséquence de mettre Webb mal à l’aise.

H : Je suis désolé Clay, je n’avais pas à vous répondre comme ça…

W : C’est bon Harm, je sais que vous êtes à cran et…

H : Et vous aussi, ce qui excuse encore moins mes paroles !

W : C’est bon je vous dis Harm ! Ecoutez, je vais aller contacter l’Amiral pour le tenir au courant, vous prenez soin d’elle d’accord ?

Alors que j’approuve d’un signe de tête il s’apprête à sortir de la pièce quand je le retiens :

H : Clay ?

W : Oui ?

H : Merci… merci pour tout !

W : Il n’y a pas de quoi, de toute façon je suis en parti responsable de ce qui arrive ici !

Je n’ai pas le temps de réponde qu’il a déjà quitté la pièce. Je sais qu’il se sent coupable de ce qui arrive et malgré toutes les choses horribles que je lui ai dites j’avoue que je lui suis très reconnaissant de m’avoir suivi en Iran et de m’avoir aidé à libérer Mac, je jure qu’à la fin de cette histoire je ne le considérerais plus de la même façon.

Soudain le bip de la machine à laquelle est branchée Mac me ramène à la réalité et je m’empresse de me rapprocher de son lit. Délicatement je reprends sa main et la caresse doucement en lui murmurant :

H : Hey Marine, je suis de retour, tu ne croyais quand même pas que je t’abandonnerais si vite ! J’ai parlé à Chloé tu sais. Elle m’a dit de te dire qu’elle t’aimait !

Lentement je me penche sur son visage et rapproche ma bouche de son oreille.

H : Tu entends Sarah, elle t’aime et laisse moi te dire qu’elle n’ai pas la seule ! Moi aussi je t’aime, tu entends ma belle, je te l’ai dit, je ne suis pas revenu sur mes paroles, je t’aime Sarah et je te promets que je le dirais et le redirais aussi souvent que tu en auras envie !

Tout à coup je sens sa main faire pression sur la mienne, je m’écarte de son visage pour voir si je n’ai pas rêvé, et non, je vois que ses yeux luttent pour s’ouvrir alors qu’elle pousse de petits gémissements.

H : Sarah ? Sarah, vous m’entendez ? C’est moi Harm ! Je suis là, tout va bien Marine ! Attendez, je vais chercher un médecin.

Et pendant que je me lève pour aller chercher un docteur je sens de nouveau une pression sur ma main et alors que ses yeux ne s’ouvrent toujours pas j’entends Mac me murmurer d’une voix rauque :

M : Haarrmm…

H : Oui Sarah, c’est moi, n’essayez pas de parler, je vais chercher quelqu’un.

Après l’avoir rassurée, je sors de la chambre tel un voleur et crie dans le couloir qu’elle s’est réveillée. En quelques secondes toutes les infirmières de l’étage ainsi que le docteur Robinson se précipitent vers la chambre pendant que je suis convié à attendre dans le couloir.

Soudain Clay arrive en courant à mon niveau et entre deux respirations saccadées me demande :

W : Qu’est-ce qui se passe, j’ai entendu crier ?

H : Mac s’est réveillée !

W : Quoi, mais comment va-t-elle ?

H : Je ne sais pas, je suis tout de suite venu chercher les médecins !

W : Oh mon Dieu j’espère que c’est bon signe !

H : Moi aussi Clay, moi aussi !

Chapitre 9

Dimanche 26 Janvier 2003, 19H30

Couloir de l’hôpital militaire de Tabriz, Iran

Déjà 20 minutes qui sont là-dedans et on ne nous dit rien, je commence sérieusement à m’inquiéter et Clay le voit.

W : Ca va aller Harm, je suis sûr que tout va très bien pour Mac… ils, ils veulent juste s’assurer qu’elle est vraiment sortie d’affaire !

Je sens bien qu’il dit ça pour me rassurer parce qu’il n’en sait pas plus que moi mais je l’en remercie mais alors que je m’apprête à lui répondre, le médecin ressort de la chambre suivit des infirmières et vient nous voir.

D : Capitaine Rabb vous pouvez remercier l’ange qui veille sur le Colonel parce qu’il a fait du très bon boulot !

W : Que voulez-vous dire ?

D : Que l’état du Colonel s’est grandement amélioré ces dernières heures et que je pense même pouvoir affirmer qu’elle va s’en sortir !

H : Vous… vous êtes sérieux elle va aller mieux ?

D : Oui Capitaine, elle est sortie d’affaire même si elle a encore besoin de beaucoup de repos, il semblerait que les antibiotiques aient fini par éradiquer l’infection !

Alors que je n’en reviens toujours pas je vois Clay serrer vaillamment la main du docteur et je m’empresse de faire de même.

H : Merci docteur, vraiment merci, vous venez de faire de moi l’homme le plus heureux du monde !

D : Je crois que c’est plutôt le Colonel que vous devriez remercier !

W : On peut la voir ?

D : Oui mais ne la fatiguer pas surtout, je repasserai la voir plus tard !

W : Très bien Capitaine et encore merci !

Pendant que le médecin s’éloigne de nous, Clay et moi pénétrons dans la chambre.

Dimanche 26 Janvier 2003, 19H30

Chambre 106, Hôpital militaire de Tabriz, Iran

Alors que je m’approche lentement du lit Mac remarque notre entrée et dit d’une voix à peine audible :

M : Hey…

H : Hey Marine… On nous a fait des frayeurs encore ?

M : Désolé…

W : Ne vous avisez plus de recommencer et on acceptera vos excuses

M : Promis j’essaierai de ne pas atteindre le record de Harm en ce qui concerne les séjours en hôpitaux…

Cette petite remarque nous fait rire tous les trois, et Dieu que son sourire m’a manqué ! Péniblement elle tente de s’asseoir dans sont lit mais une grimace de douleur fait intervenir Clay qui remet en place son oreiller derrière son dos.

W : Vous ne devez pas vous fatiguer Sarah !

M : Ca va Clay !

H : Webb a raison Mac, moins vous vous fatiguerez et plus tôt vous serez en forme pour rentrer à la maison et je vous assure qu’une certaine Mademoiselle Madison ne sera pas mécontente de vous revoir !

M : Oh mon Dieu Chloé, elle sait que je suis là ?

H : Je lui ai téléphoné il y a quelques heures !

M : Oh ! Elle doit être paniquée telle que je la connais.

H : C’est vrai qu’il vaut peut-être mieux que je la rappelle ?

W : Et il faudrait peut-être prévenir l’Amiral aussi ?

H : Oui en effet…

W : Ecoutez, je vais appeler l’Amiral et lui dire de téléphoner à Chloé d’accord ?

H : Vous pouvez faire ça pour moi Clay ?

W : Bien sûr, de toute façon il faut aussi que j’appelle mes chefs. Vous ne la lâchez pas d’une semelle d’accord ?

H : Ne vous en faites pas je ne la quitte pas d’un œil !

W : A plus tard alors !

M : A plus tard Clay !

Alors qu’il quitte la pièce je m’installe sur la chaise à côté du lit de Mac pendant qu’elle me dit :

M : Malgré toutes les galères dans lesquelles il a pu nous embarquer, je suis contente de l’avoir pour ami !

H : Oui, moi aussi, sans lui je ne vous aurai sûrement pas retrouvé…

Soudain elle me regarde d’un air grave, je crois qu’elle commence à se rappeler ce qu’elle vient de traverser et j’en suis désolé, je n’aurais pas du lui rappeler ces horribles souvenirs.

M : Merci d’être venu me chercher Harm, je crois que si vous n’étiez pas venu, je serais sûrement morte…

H : Chut… Sarah, c’est fini maintenant d’accord ? Dans quelques jours vous serez sur pieds et on rentrera à Washington, vous retrouverez votre appartement vos amis et le JAG, tout va rentrer dans l’ordre vous m’entendez ?

Tout à coup des larmes commencent à perler sur son visage et alors que je les essuie de mon pouce elle me dit :

M : J’ai cru que je ne vous reverrais jamais Harm !

Doucement je la prends dans mes bras et tout en la berçant je lui murmure à l’oreille :

H : Je sais, je se sais Sarah mais tout va bien maintenant, je suis là et je n’ai pas l’intention de partir !

Lentement elle s’écarte de moi et alors que les larmes emplissent toujours ses yeux elle me demande :

M : Et pour Alkadir ?

H : vous avez réussi votre mission Marine ! Clay a organisé une descente dans son palais, lui et ses hommes vont en prendre pour un bail et en plus vous avez sûrement empêché une importante transaction d’armes !

M : Alors c’est bon, ce salop va payer pour ce qu’il m’a fait !

H : Oui et je vous promets que si on m’attribut l’accusation je vais lui faire regretter de s’être attaqué à un Marine !

Sur cette réplique plus légère je réussis à lui décrocher un magnifique sourire alors que Clay pénètre dans la pièce.

W : Je vois qu’on s’amuse bien ici ! J’ai eu l’Amiral, il m’a dit de vous souhaiter un très bon rétablissement ! Il m’a aussi dit qu’il allait appeler Chloé.

M : Oh, j’aurais tant aimé pouvoir le faire moi-même !

D : Ce ne sera pas pour aujourd’hui Colonel, vous avez besoin de repos !

Nous n’avons pas entendu entrer le médecin et alors qu’il s’approche de Mac pour écouter sa poitrine elle lui répond :

M : Mais je suis en pleine forme !

D : Oui et c’est sans doute pour ça que vous avez les plus grandes difficultés du monde à garder les yeux ouverts !

M : Mais…

D : Il n’y a pas de mais ! En plus je suis sûr que Chloé pourra attendre demain pour entendre votre voix !

H : Le docteur à raison Mac, vous devez vous reposer !

D : Exactement et c’est d’ailleurs pour ça que je vais vous demander de quitter la chambre messieurs, je suis sûr que le Colonel Mackenzie sera très heureuse de vous revoir demain mais pour aujourd’hui les visites c’est fini !

W : Très bien docteur nous allons la laisser !

Pendant que le médecin sort de la pièce Clay s’approche de Mac et embrasse doucement sa main avant de quitter la chambre à son tour, alors lentement je m’approche de Sarah et la regarde droit dans les yeux.

H : Je reviens demain Marine alors d’ici-là pas de bêtises !

M : Promis !

Et alors que sans pourvoir y résister je la prends dans mes bras je lui murmure :

H : Je suis content de vous avoir retrouvé Mac… Je n’aurais pas supporté de vous perdre…

Délicatement je me détache d’elle et avant de quitter la pièce l’embrasse tendrement sur la joue.


Chapitre 10

Mercredi 29 Janvier 2003, 15H00

Chambre 106, Hôpital militaire de Tabriz, Iran

H : Mac vous êtes sûr que c’est une bonne idée, vous êtes encore faible !

M : Le médecin m’a dit que j’étais assez en forme pour pouvoir rentrer !

H : Oui mais il ne vous a pas dit de le faire de suite !

M : Ecoutez Harm, je suis en pleine forme et j’en ai mare de cette chambre d’hôpital alors je rentre !

H : Clay dites quelque chose pour la convaincre !

W : C’est vrai Sarah, Harm a raison, on devrait peut-être attendre encore un jour ou deux, les billets que j’ai réservés ne sont valables que pour le vol de vendredi !

M : Vous n’avez qu’à attendre si vous voulez moi je rentre !

Cette femme aura ma peau ! Elle est capable de se lever de son lit seule depuis seulement 2 jours et elle veut déjà partir ! Clay et moi avons pourtant essayé de la raisonner mais rien à faire, elle n’écoute pas !

On la regarde tous les deux impuissants ramasser ses quelques affaires quand je comprends que ça ne sert à rien de lutter, elle ne changera pas d’avis.

H : Est-ce qu’il y a au moins un avion pour Washington aujourd’hui Clay ?

W : Oui il y en a un à 17H30 qui part de l’aéroport de Tabriz mais je ne sais pas si on pourra embarquer sans avoir réservé !

M : Eh bien il n’y a qu’une seule façon de le savoir !

Elle avait dit ça en me poussant doucement pour atteindre la porte de la chambre, quand je la rattrape par le bras.

H : Mac… Mac !

M: Quoi encore?

H : D’abord vous allez vous calmer d’accord ?

M : …hum

H : Bon je prends ça pour un oui. Ensuite vous allez vous asseoir dans ce fauteuil !

M : Harm je n’ai pas besoin d’un fauteuil roulant, je peux…

H : Non ce n’est pas discutable, on accepte de partir aujourd’hui mais en échange vous acceptez de faire le moins d’efforts possibles !

Alors que je la tiens toujours par le bras elle détourne son regard du miens pour fixer Clay avec des yeux de chien battu.

W : Ce n’est pas la peine de jouer à ça Mac, je suis tout à fait d’accord avec Harm !

M : Bon ça va j’ai compris, mais je vous préviens quand je serais en pleine possession de mes moyens vous le regretterez tous les deux !

H : En attendant asseyez-vous et taisez-vous !

Mercredi 29 Janvier 2003, 16H45

Aéroport de Tabriz, Iran

Après une lutte sans merci pour qu’elle accepte de sortir du taxi en fauteuil roulant, Mac est maintenant assise à côté de moi dans l’aéroport pendant que Clay est parti se renseigner pour les billets. Elle n’a pas dit un mot depuis qu’on l’attend, je crois qu’elle m’en veut de la forcer à rester dans ce fauteuil, cependant elle a réussi à négocier avec Webb et moi pour ne plus être obligée de l’utiliser une fois sur le sol américain !

Enfin Clay arrive vers nous.

C : C’est bon j’ai réussi à échanger les billets et nous serons en première classe en plus, comme je vous l’avais promis Rabb !

M : Ca c’est à marquer dans les annales de la CIA, ce n’est pas tous les jours que leurs agents ont le droit à la première classe !

H : En effet, c’est même louche !

W : Bon arrêtez tous les deux ou je vais échanger ces billets contre des classes touristes et en plus je vous signale que les moyens de transports utilisés par la NAVY sont aussi très loin de ressembler au grand luxe !

A cette petite rebuffade de la part de l’espion nous éclatons de rire tous les trois quand un appel au haut-parleur nous fait comprendre qu’il est temps de se présenter pour l’embarquement.

Mercredi 29 Janvier 2003, 18H00

Vol 856 à destination de Washington DC

Comme prévu l’avion a décollé à l’heure et je suis bien heureux de voyager en première classe parce que je crois que mes articulations n’auraient pas supporté un siège dix fois trop petit ! Il faut dire que depuis quelques jours je ne me suis pas beaucoup reposé et mon corps commence à me le faire regretter ! Même si Clay et moi logions dans un hôtel assez confortable, rester assis toute la journée sur une chaise en plastique au chevet de Mac ne pas était très bénéfique ! D’ailleurs en parlant de Mac, j’en connais une qui à aussi beaucoup de sommeil à rattraper, elle a beau nous avoir presque convaincus de sa forme athlétique, à peine quelques minutes après le décollage elle sombrait dans un profond sommeille, qui ne me déplaît pas plus que ça d’ailleurs parce que ça tête repose maintenant sur mon épaule et me permet ainsi de respirer cette douce odeur qui l’enveloppe et que j’aime tant !

Je suis si heureux de l’avoir retrouvé et de la voir en bonne santé, c’est triste à dire, mais il a fallu que je la vois à la limite de la mort pour vraiment prendre conscience de l’importance qu’elle a dans ma vie, pour comprendre que sans elle ma vie n’a pas de sens, qu’elle est tout ce j’ai ! Mon Dieu, je n’aurais jamais pensé pouvoir aimer quelqu’un à ce point un jour, et je jure que maintenant que je l’ai retrouvé, je vais arrêter les conneries, je vais cesser de la faire souffrir, de l’éloigner de moi ! Je sais qu’elle a besoin de temps, elle me l’a dit, mais je serais patient, je l’attendrai…

Jeudi 30 Janvier 2003, 4H30

Aéroport de Dulles

Après un vol qui m’a semblé interminable enfin nous arrivons, je suis vraiment exténué et mes compagnons aussi apparemment ! Doucement je secoue l’épaule de Mac pour la réveiller alors qu’elle semble confuse de s’être ainsi laissée aller sur mon épaule.

M : Euh… Nous sommes arrivés ?

H : Et oui Marine fini de jouer à la Belle aux bois dormant ! Clay est déjà en train de descendre de l’avion, il faut se lever !

M : Très bien, très bien, je me lève !

Et alors qu’elle se lève péniblement je vois une grimace apparaître sur son visage et heureusement que je suis à côté d’elle pour la soutenir parce qu’elle manque de trébucher !

H : Mac, ça va ?

M : Oui merci, juste quelques courbatures dues au vol.

H : Ouais, je vois !

Je préfère ne pas chercher encore à la persuader qu’elle a besoin de repos parce que je suis vraiment trop fatiguer pour me disputer une nouvelle fois avec elle ! Cette femme est incroyablement butée !

A peine descendus de l’avion le froid de Washington à pour effet de nous réveiller complètement, et alors que je sens Mac que je soutiens toujours grelotter contre moi je m’empresse de passer ma veste autour de ses épaules et pour la première fois de puis plusieurs heures elle semble accepter que je m’occupe d’elle, elle me gratifie même d’un sourire timide. Soudain Clay casse le silence qui régnait jusque là :

W : Je vous ramène puisque ma voiture est là ?

H : Ce n’est pas sur votre route Clay, laissez, on va prendre un taxi ! Rentrez chez vous, vous avez autant que nous besoin de sommeil.

W : Très bien je vous rappelle dans la journée, il faudra qu’on discute du cas d’Alkadir.

M : Rentrez bien Clay !

W : Oui, vous aussi !

A peine Webb parti nous nous dirigeons vers un taxi et je sens le soulagement de Mac quand elle s’assoit dans la voiture, elle est vraiment à bout et je commence à regretter de l’avoir fait prendre cet avion aujourd’hui !

Jeudi 30 Janvier 2003, 5H15

Appartement de Mac

Alors que le taxi s’en va après que j’ai décidé de passer la nuit chez Mac pour pouvoir ainsi veiller sur elle, je la porte jusqu’à son appartement, elle était tellement exténuée qu’elle a capitulé à monter les marches menant jusqu’à sa porte !

Pendant que sa tête repose dans le creux de mon cou, je me débrouille pour ouvrir la porte sans la reposer et me dirige vers sa chambre où je la dépose délicatement sur le lit avant de lui enlever ses chaussures et de rabattre les couvertures sur elle. A ma grande surprise elle a déjà sombré aux pays des rêves et alors qu’un léger sourire se dessine sur ses lèvres je profite de son inconscience pour embrasser tendrement son front et lui murmurer :

H : Faites de beaux rêves Marine…

Lentement je me dirige vers le salon où je porte le fauteuil jusqu’à la chambre et sans un bruit je le dépose à côté du lit et m’y installe avant de moi aussi sombrer dans un profond sommeil bien mérité !

Jeudi 30 Janvier 2003, 15H00

Appartement de Mac

Lentement j’ouvre les yeux alors que la lumière qui transperce la fenêtre me force à les refermer quelques secondes. A la seconde tentative je me rends compte que Mac n’est pas dans le lit, rapidement je me lève en manquant de trébucher sur la couverture qui me recouvrait et découvre une Mac qui me regarde tout sourire dans la cuisine.

M : Fini de rêver Fliboy ?

H : Mac, mais quelle heure est-il ?

M : 3H00 de l’après-midi !

H : Oh mon Dieu déjà, je crois que j’avais vraiment besoin de sommeil !

Alors que je m’étire pour tenter d’effacer les courbatures, Mac me fait signe de venir m’asseoir à table où m’attendent un grand verre de jus d’oranges et des pencakes.

H : Dites-moi service 3 étoiles aujourd’hui ?

M : Je suis levé depuis plus d’une heure et demi, alors comme je ne voulais pas vous réveiller et que je m’ennuyais, je me suis dit que j’allais faire le petit déjeuner malgré l’heure tardive pour un petit déjeuner d’ailleurs !

H : En tous cas c’est gentil à vous de penser à ma santé physique en me faisant à manger !

M : Ne vous emballer pas Harm, ce sont des pencakes surgelés.

Alors qu’elle me dit ça je prends une grande gorgée de jus d’orange pour avaler une bouchée du pencakes que je viens de manger, en effet ils ont un goût plus que bizarre et ma grimace de dégoût à pour conséquence de provoquer un fou rire chez ma partenaire !

M : Désolé mais je n’avais pas d’œufs !

H : J’aurais du me douter de quelque chose, ce n’est pas votre genre de faire à manger !

M : Jingo ne se plaint pas lui !

H : C’est parce qu’il ne veut pas vous vexer ! Mais d’ailleurs où est-il ?

M : Je l’avais confié à ma concierge, la pauvre cela fait plus d’un mois que je suis partie et elle n’a même pas eu de nouvelles de moi il faudra que j’aille le récupérer avant ce soir !

Soudain je n’ai pas le temps de répondre que mon téléphone portable nous interrompt, rapidement je saute sur ma veste et décroche :

H : Allo ?

A : Rabb c’est l’Amiral Chegwidden !

H : Monsieur je comptais justement vous appeler !

A : Mais où êtes-vous bon sang, j’ai essayé de vous joindre toute l’après-midi !

H : Euh… je suis chez le Colonel Amiral…

A : Ah, je vois et comment va-t-elle ?

H : Comme un Marine qui vient de passer plus d’une semaine à l’hôpital monsieur, elle est en pleine forme !

A : Très bien alors souhaitez-lui un bon rétablissement de ma part et je voulais aussi vous prévenir que je ne veux pas vous voir au bureau avant lundi tous les deux !

H : Très bien monsieur !

A : Ah aussi Capitaine, j’avais pensé vous inviter vous et le Colonel ainsi que les autres membres du bureau à une petite fête chez moi pour fêter son retour, cependant si vous vous sentez trop fatigués je comprendrai…

H : Ce sera avec plaisir monsieur et je suis sûr que le Colonel sera ravie de revoir tous ses amis !

A : Très bien alors à 19H30 demain chez moi.

H : D’accord monsieur 19H30, nous y serons, au revoir.

A : Au revoir Capitaine.

Alors que je raccroche le téléphone je me retourne vers Mac qui me regarde incrédule.

M : Et je peux savoir où nous allons demain soir ?

H : Nous allons à une soirée organisée chez l’Amiral pour fêter votre retour !

M : Oh et qu’est-ce qui vous dit que j’ai l’intention d’y aller avec vous ?

H : Mais je ne vous laisse pas le choix ! De toute façon dans votre état il n’est pas recommandé de conduire et pourquoi payer un taxi puisque je vous propose de vous transporter gratuitement ?

M : Vous avez intérêt d’être là à 19H00 pile !

H : Oui mon Colonel !

Sûr cette réponse je me mets au garde à vous ce qui me vaut un coussin en pleine figure et une belle crise de fous rires ! C’est fou ce que ça a pu me manquer ! Et alors qu’un silence pesant s’installe, je décide qu’il est temps pour moi de partir, je crois qu’une bonne douche s’impose et surtout une vrai nuit de sommeil dans un grand lit !

H : Bon, euh… je vais vous laisser…

M : Vous voulez que j’appelle un taxi ?

H : Non je vais en appeler un une fois que je serais dehors, j’ai besoin de prendre un peu l’air ! Reposez-vous bien, l’Amiral ne veut de toute façon pas vous voir au bureau avant lundi, alors…

M : Oui je crois que je vais profiter du reste de la journée et de demain pour dormir, enfin quand j’aurais téléphoné à Chloé si je ne veux pas me faire incendier parce que je lui ai promis de l’appeler dès que je serais de retour aux Etats-Unis !

H : En effet si vous lui aviez promis, il vaudrait mieux que vous l’appeliez !

M : …

H : Bon, et ben… à demain soir alors !

M : Oui c’est ça à demain !

Alors que je me dirige vers la porte Sarah me retient le bras.

M : Harm…

H : Oui ?

M : Encore merci !

Sans un mot je l’embrasse doucement sur la joue et quitte l’appartement.