Lundi 14 Octobre 2002, 12H00
Bureau de Harm, QG du JAG
Je suis assis dans mon bureau depuis plus de deux heures maintenant à travailler sur ce dossier. Un homme a déserté il y a de cela deux semaines et il dit maintenant qu’il l’a fait parce qu’en se réveillant un matin il s’est aperçut que sa vie était nulle et il en a donc déduis que c’était la faute de la NAVY !
Le pire dans tout ça, c’est que quand je prends le temps d’analyser ma propre vie, je me rends compte aussi que c’est un beau gâchis ! Bien sûr j’ai réussi à faire ce dont je rêvais, j’ai suivi les traces de mon père en devenant pilote de chasse, j’ai même réussi à apprendre la vérité sur sa disparition, mais le reste est tout simplement chaotique ! Certes je n’ai pas à me plaindre sur ma nouvelle carrière d’avocat, je dois même dire que je suis assez doué, mais en ce qui concerne ma vie privée c’est le désastre total ! Je vais avoir quarante ans et je suis célibataire, je n’ai jamais été marié et je n’ai pas d’enfants ! Les seules femmes avec qui j’ai réussi à avoir une relation de plus d’une semaine ont fini par me larguer, à croire que les rumeurs sur les uniformes blancs et les ailes dorées sont fausses !
Plus sérieusement, quand j’y pense vraiment, la seule personne qui n’aie jamais vraiment comptée dans ma triste vie est Mac ! C’est vrai, elle est la seule à avoir réussi à percer ma carapace, à avoir compris qui j’étais vraiment ! Quand j’y repense, elle a toujours été là pour moi, quand j’ai appris la vérité sur la mort de Diane, quand je suis parti en Russie sur les traces de mon père et plus tard quand j’ai rencontré Sergueï ! Dieu sait que sans elle je serais déjà mort depuis longtemps !
Je la regarde à travers les persiennes de son bureau, elle est si belle, si désirable, même en uniforme. Je ne sais pas exactement depuis quand j’ai commencé à la voir autrement que comme une amie, en fait, je ne sais pas ce qu’elle représente réellement à mes yeux. Nous avons traversé tellement d’épreuves ensemble, partagé tellement de choses ces dernières années, que je ne me suis pas rendu compte de l’importance qu’elle avait prise dans ma vie !
J’aimerais pouvoir mettre un nom sur ce que je ressens pour elle, mais je n’y arrive pas, et je crois que je n’ai pas vraiment envie d’y arriver, ça me fait peur, j’ai peur de cette sensation de dépendance qui me submerge petit à petit. J’ai l’impression de ne vivre que par elle, que pour elle, pour la voir, pour l’entendre ou la toucher dans de trop rares occasions… Mon Dieu cette femme me rend fou !
Soudain je la vois debout à la porte de mon bureau, elle me regarde d’un air incrédule.
M : Harm ça va, vous êtes avec moi ?
H : Euh oui ! Pardon Mac je rêvais, vous vouliez quelque chose ?
M : A vrai dire je venais juste vous demander si ça vous disait de venir déjeuner avec moi, à moins que vos rêves soient de meilleure compagnie ?
H : Oh! Disons que je crois pouvoir vous caser entre deux rêves pour un déjeuner !
M : Alors ne laissons pas trop attendre ces jolis rêves et allons déjeuner, j’ai vu qu’un nouveau resto avait ouvert pas très loin et il se trouve qu’ils y font des menus végétariens !
H : Très bien Marines, alors allons-y avant que votre estomac d’ogre ne se réveille !
Ma dernière réplique a eu le but escompté, Mac m’a décoché un magnifique sourire, un de ses sourires que je n’ai plus vus depuis que je suis revenu de ma ré-affectation en escadrille et je dois avouer que ça m’avait manqué.
Lundi 14 Octobre 2002, 12H35
Un restaurant de Washington
Nous venons de nous installer à une table, c’est fou le nombre de militaires qu’il y a dans ce restaurant ! Nous commandons Mac et moi et je suis heureux de voir que l’ambiance est détendue entre nous, un peu comme avant et ça me fait sourire.
M : Qu’est-ce qui vous fait sourire ?
H : Quoi, j’ai plus le droit de sourire ?
M : Si bien sûr, c’est juste que, ça fait longtemps que je ne vous aie pas vu comme ça !
H : Disons que, ça fait longtemps que je n’ai pas eu une raison de sourire comme ça !
M : Oh, et qu’est-ce qui a changé pour qu’aujourd’hui vous ayez envie de sourire !
Je n’ai pas le temps de répondre que le serveur prend note de nos commandes et pendant qu’il s’éloigne, je laisse mon regard se poser sur le visage de Mac et je peux lire dans ses yeux qu’elle attend une réponse à sa question.
H : Ca m’a manqué Mac !
M : Quoi, qu’est-ce qui vous a manqué ?
H : Tout ça… tout ça m’a manqué Mac, de… de pouvoir parler avec vous, de pouvoir prendre le temps de déjeuner entre ami sans que l’ombre de Mic ou de Renée ne pèse sur nous… juste… comme avant.
J’ai dit cette dernière phrase en posant ma main sur la sienne, doucement je caresse son annulaire maintenant nu et lentement je me penche pour l’embrasser tendrement sur les lèvres. Quand je me détache d’elle je peux sentir que Mac est gênée par cette situation, je sais que j’ai dépassé les limites cette fois car elle semble vraiment désorientée, calmement elle se lève et par réflexe je lui attrape le bras.
M : Excusez-moi Harm mais je n’ai plus très faim en fait et je viens de me rappeler que j’ai une audience à travailler avec Sturgis, il faut que j’y aille.
H : Mac attendez…
Trop tard, elle est déjà partie… quel idiot je suis, alors que tout allait bien il faut que je la déstabilise ! Je crois que je n’arriverais décidément jamais à faire ce qu’il faut avec elle…
Lundi 14 Octobre 2002, 18H30
Bureau de Harm, QG du JAG
Je ne l’ai pas vue de toute l’après-midi et je n’ai de cesse de repenser à ce midi, à ce doux baiser qui me fait encore frémir même si je sais que je n’aurais pas dû…
Je ne sais pas pourquoi est-ce que je suis si troublé par elle ces derniers temps. Depuis plusieurs mois déjà, en fait depuis le départ de Mic et Renée, je pense à elle constamment ! Je revois ce baiser échangé sous le porche de l’Amiral, j’en ressens encore les émotions, cette passion, ce désire, cette sensation de chaleur qui me consumait petit à petit et qui continue encore de le faire quand j’y repense. Je rêve d’elle la nuit, j’imagine ce qui se serait passé si ce soir là nous n’avions pas à sa soirée de fiançailles, si rien ne nous avait retenu…
Une chose est sûr c’est que je ne peux pas continuer ainsi, je dois trouver pourquoi est-ce que j’ai l’impression d’attendre autre chose que de l’amitié de notre relation ? Et pourquoi est-ce qu’à sa soirée de fiançailles, après que nous nous soyons embrassés ça m’a fait autant de mal de l’entendre me dire que ce n’était qu’un adieu ?
En attendant de trouver des réponses à mes questions je pense qu’il faut avant tout que je lui parle parce que je crois vraiment l’avoir troublée ce midi. Soudain, alors que le JAG commence à se vider, je la vois passer devant mon bureau et se diriger vers l’ascenseur, j’attrape mes affaires et arrive juste à temps pour retenir les portes et me retrouver seul avec Mac. Le temps semble durer une éternité sans que ni Mac ni moi n’osons dire un seul mot et je sens une gêne s’installer alors que je me décide à prendre la parole.
H : Vous savez Mac, je suis désolé, je ne voulais pas vous gêner tout à l’heure, je crois que je me suis un peu trop laissé aller et…
Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que les portes de l’ascenseur s’ouvre et Mac en sort me disant timidement.
M : C’est bon Harm, il n’y a pas de problèmes… à demain.
H : Euh... oui, à demain Mac...
Alors que je la vois s’éloigner, je me rends compte que ça réponse sonnait faux, j’ai la douloureuse sensation qu’elle m’en veut.
Chapitre 2
Vendredi 18 Octobre 2002, 19H00
Bureau de Harm, QG du JAG
Alors que nous travaillons sur cette affaire de vol tous les deux je me mets à la regarder. Depuis ce déjeuner lundi midi j’ai l’impression qu’elle m’évite, quand je l’invite à déjeuner, elle trouve toujours une excuse ou quand on se croise c’est juste pour échanger des commodités, je crois vraiment qu’il y a plus que notre conversation au restaurant qui l’a remontée contre moi mais je ne sais pas quoi.
H : Mac et si nous plaidions la folie passagère ?
M : …
H : Mac vous êtes avec moi ?
M : Quoi ?
Elle m’a répondu d’un ton si froid que j’en ai sursauté, décidément je ne la reconnais plus. Elle s’aperçoit de ma surprise et me dit d’une voix plus calme.
M : Je suis désolé Harm, je ne suivais pas…
H : Oui je vois ça ! Mac vous pouvez me dire ce qu’il y a parce que depuis lundi vous m’ignorez complètement !
M : Qu’est-ce que vous allez imaginer encore ? Je vous signal que vous n’êtes pas le centre du monde Capitaine !
H : Vous voyez, vous utilisez constamment un ton agressif quand vous me parlez !
M : Et pourquoi ce serait constamment à moi de me remettre en question !
H : Ecoutez Mac j’essaie d’être agréable avec vous, de préserver ce qui nous reste d’amitié, et vous, vous n’arrêter pas de passer vos nerfs sur moi ! Je ne suis pas un bouc émissaire !
J’ai dit cette phrase sur un ton très dur, et alors que je vois ses yeux me fusiller, elle bondit de sa chaise.
M : Vous voyez, ça tourne encore autour de vous ! Je peux savoir depuis quand c’est à vous de décider quand est-ce qu’on doit essayer d’arranger notre relation ? Est-ce que j’ai aussi le droit de donner mon avis ?
Je reste bouche bée à sa dernière réplique et alors qu’elle claque violemment la porte de mon bureau je suis incapable de réagir ! Heureusement que nous étions les seuls dans le bâtiment parce que ça n’aurez pas arrangé notre réputation !
En repensant à ce que Mac m’a dit, je n’arrive pas à comprendre sa réaction. Je rêve ou est-ce qu’elle m’accuse de vouloir m’intéresser à l’avenir de notre relation ? Je ne crois pas avoir jamais agit de façon à lui laisser croire que son avis de m’importait pas !
Lentement je me laisse glisser dans mon fauteuil, ses paroles et son regard glacial qui me fusille me reviennent en tête et je ne peux que me rendre à l’évidence que sa réaction me déchire le cœur !
Vendredi 1 Novembre 2002, 22H30
Appartement de Mac
Je suis devant sa porte depuis au moins 10 minutes et je n’arrive toujours pas à me décider à frapper. Cela fait 2 semaines qu’elle ne m’a rien dit d’autre que bonjour et au revoir, et encore c’était seulement s’il y avait quelqu’un d’autre avec moi ! Mais ce soir alors que je regardais d’anciennes photos de nous je me suis décidé à lui parler parce que je ne supporte plus cette situation, alors sans réfléchir j’ai pris ma voiture et j’ai roulé… et me voilà devant sa porte à me demander si j’ai fait le bon choix en venant ici ! Soudain mes pensées sont coupées quand la porte s’ouvre sur Mac. Un long moment nous restons là à nous regarder et alors que le silence devient pesant elle me dit froidement.
M : Que faites-vous là Capitaine ?
H : Euh… Mac excusez-moi, je ne voulais pas vous déranger, vous alliez sortir ?
M : Oui j’allais sortir Jingo, mais puisque vous êtes là dîtes-moi ce que vous me voulez !
Son ton est sec et distant et le fait qu’elle utilise mon grade n’annonce rien de bon, mais maintenant que je suis là, comme elle l’a dit, je ne vais pas me défiler, il faut que je lui dise ce que j’ai sur le cœur.
H : Euh… je voulais vous parler…
M : Ca je m’en doute ! Alors qu’est qu’il y a ?
H : Je pourrais entrer peut-être…
Lentement elle s’efface de la porte pour me laisser passer et je crois que c’est déjà une grande victoire même si le plus dur reste à faire. Elle ferme la porte et se tourne face à moi les bras croisés sur la poitrine.
M : Alors je vous écoute !
H : Mac, écoutez… je, je ne sais pas ce que j’ai fait qui puisse vous mettre si en colère contre moi mais, quoique ce soit… je m’en excuse.
M : Vous vous excusez ?
H : …
M : De toute façon c’est tout ce que vous savez faire !
Là je ne comprends plus, je me suis excusé même si je ne sais pas de quoi et alors que je pensais arranger les choses, je serais près à parier que c’est de la haine que je vois dans ses yeux, et ça me fait horriblement mal !
H : Mac… je vous en prie expliquer moi…
M : …
H : Sarah… s’il vous plaît dites-moi ce que j’ai fait ou pas fait qui puisse créer autant de haine chez vous…
M : Ce que vous avez fait Harm ? Pendant 6 ans vous m’avez ignoré, vous m’avez même repoussé… et… et alors que je commençais à me résoudre à cette situation vous venez tout chambouler, vous arrivez avec vos belles paroles sur notre amitié qui vous a manqué et vous m’embrassez… mais… mais qu’est-ce que je suis censée comprendre moi, comment est-ce que je suis censée réagir ?
H : … je ne sais pas…je…
M : C’est ça le problème Harm, vous ne savez pas ce que vous voulez alors vous agissez sur des coups de tête et sans même vous en rendre compte vous faites souffrir toutes les personnes qui vous entourent, vous me faites souffrir Harm, et aujourd’hui je ne veux plus souffrir ! Il m’a fallu du temps pour accepter le fait que je ne serais jamais qu’une amie à vos yeux et maintenant que j’y suis arriver vous me reprocher de me mettre en colère contre vous parce que vous m’embrassez et vous m’accusez presque de ne pas vouloir nous donner une chance, mais… mais c’est vous Harm qui n’avez pas voulu nous donner de chance il y a 2 ans dans ce port à Sydney !
H : Je vous ai demandé d’attendre et vous ne l’avez pas fait, vous avez sauté sur Brumby et moi je suis resté là impuissant à vous regarder couler le parfait bonheur avec lui !
M : Je ne lui ai pas sauté dessus, il m’a juste offert ce que j’attendais alors que vous vous ne l’avez pas fait ! Harm, est-ce que je pouvais être sûr que vous agiriez si je vous laissais du temps ?
H : …
M : Non je n’avais aucune certitude, alors j’ai préféré tenter ma chance avec un homme qui m’aimait !
H : C’est vrai que vous n’aviez pas de certitudes, mais est-ce que… est-ce que vous avez la moindre idée du mal que ça m’a fait de vous voir 2 jours après que je vous ai demandé de m’attendre entrain de vous embrasser avec lui une bague au doigt !
M : Harm vous savez aussi bien que moi que j’ai mis plus d’un an à changer de doigt à cette bague, vous auriez pu agir, vous auriez pu vous opposer à cette union mais non, vous avez préféré me laisser croire que vous étiez heureux pour moi et vous vous êtes afficher comme un homme comblé au bras de Renée !
H : Vous voulez que je vous dise, cette situation vous a plu ! Ca vous plaisez de me voir souffrir quand vous vous affichiez avec Brumby mais à partir du moment où il y a eu Renée vous étiez jalouse parce que ça voulait dire que j’avais abandonné et que maintenant Brumby et moi on arrêterait de se battre pour vous avoir !
M : Vous êtes odieux Harm vous osez dire que je prenais du plaisir à vous voir souffrir ? Mais c’est vous qui m’avez fait souffrir en jouant avec mes sentiments !
H : Je n’ai jamais joué avec vos sentiments moi !
M : Ah oui ! Et à ma soirée de fiançailles alors ! Quand vous parliez de quelqu’un amoureux de moi et quand m’avez embrassée vous ne jouiez pas avec mes sentiments peut-être ?
H : Rectification, c’est vous qui m’avez embrassée d’abord et je n’ai fait que répondre à ce baiser ! Ensuite j’ai dit la vérité en parlant d’une personne amoureuse de vous, il s’agissait de Brumby !
M : Oh, non, c’est faux parce que c’est Brumby qui a dit cette phrase donc il ne parlait pas de lui, il parlait de Bud, de l’Amiral et de vous et vous m’avez dit qu’il avait raison en parlant d’une personne amoureuse de moi ! Alors je vais reposer la même question que ce soir-là, de quelle personne parlait-il ?
H : …
M : Je vois, une fois de plus vous jouez avec moi ! Je n’en reviens pas et vous osez dire que c’est moi qui vous ai fait souffrir et vous prétendez qu’aujourd’hui c’est moi qui suis en train de sacrifier notre dernière chance !
Je ne sais pas quoi répondre à cette dernière réplique, Mac est toujours devant moi, des larmes coulent sur son visage et je sens que les miennes menacent aussi. Je la regarde alors que je repense à toutes les horribles choses qu’on vient de se balancer à la figure et je me rends compte maintenant seulement à quel point je tiens à cette femme et à quel point j’ai pu la faire souffrir ! Lentement j’essuie ses larmes à l’aide de mon pouce et alors qu’elle lève les yeux vers moi, ce n’est plus de la haine que je vois, non, c’est de la tristesse, une énorme tristesse emplit ses yeux… et j’en suis la cause !
Je sens les larmes commencer à couler sur mon visage alors que cette fois c’est Mac qui passe sa main sur ma joue, et doucement alors que ma voix trahit mon émotion je lui murmure.
H : Où est-ce que ça nous mène Mac ?
M : Je n’en sais rien Harm, je sais juste que je ne veux plus être celle qui souffre.
H : Je vous promets que ça n’arrivera plus, je ne veux plus être la cause de votre douleur, je veux qu’on construise un « nous » ensemble…
M : Harm… vous ne comprenez pas… nous avons laissé passer notre chance il y a déjà longtemps… tout ce que nous pouvons faire maintenant c’est nous faire du mal…
H : …
M : Partez Harm, c’est mieux ainsi, je crois que nous avons tous les deux besoin de temps et d’espace pour réfléchir et pour peut-être un jour tenter de reconstruire notre amitié…
Elle a dit ça en ouvrant la porte et sans réfléchir, incapable de dire quoique ce soit, je sors et rentre chez moi avec la douloureuse sensation d’avoir perdu une partie de moi…
Chapitre 3
Lundi 16 Décembre 2002, 11H00
Bureau de Harm, QG du JAG
Elle est dans le bureau de l’Amiral avec Webb depuis 2 heures et je n’en peux plus d’attendre ! Ca fait 46 jours qu’elle ne me parle plus, je la soupçonne même d’avoir demandé à l’Amiral de ne plus la faire travailler avec moi ! Cette situation me détruit de jours en jours, chaque matin quand je me réveille j’espère avoir fait un mauvais cauchemar et la voir arriver au JAG avec le sourire, comme avant. Mais non, cela dois faire plus de 2 mois que je ne l’ai plus vu sourire, et le pire c’est que j’en suis la raison !
Après notre dernière mise au point je ne vis plus, j’ai mal au cœur à chaque fois que je la croise et qu’elle ne m’adresse même pas un regard, d’ailleurs je crois que tout le monde ici a remarqué le malaise qu’il y a entre nous !
J’ai mal au cœur il est vrai de la voir ainsi avec moi, cependant quand j’ai vu Webb arriver ce matin et Mac le suivre dans le bureau de l’Amiral, ça m’a fait encore plus mal de penser que c’était sans doute pour parler d’une hypothétique mission que Clayton était là. Je sais que ses missions sont toujours très dangereuses, pour preuves elles ont failli nous coûter la vie plus d’une fois à Mac et à moi, et du coup même si je souffre de ma situation avec Sarah, je préfère la voir me haïr que de risquer de la perde… même si je sais que de toute façon c’est son choix.
Enfin ils sortent du bureau et alors que je vois Webb s’en aller vers les ascenseurs un sourire aux lèvres, je vois Mac entrer directement dans son bureau en me jetant un regard sans émotion quelconque…
Lundi 16 Décembre 2002, 19H00
Bureau de Harm, QG du JAG
Je regarde ma montre et je me rends compte de l’heure déjà tardive. Mac est partie il y a déjà plus d’une heure ainsi que le reste du bureau d’ailleurs. Je crois être le dernier quand je vois l’Amiral devant ma porte.
A : Vous êtes toujours là Capitaine ?
H : Oui, j’avais envie de terminer ce rapport avant de rentrer.
Soudain je le vois entrer dans mon bureau et prendre place en face de moi.
A : Harm, vous savez que ce n’est pas de mon genre de m’impliquer dans la vie privée de mes officiers.
H : Oui monsieur.
A : Et bien aujourd’hui, je vais cependant faire une exception. Voilà Harm, euh… je pense que vous avez remarqué que le Colonel est… comment dire… ailleurs ces derniers temps.
H : Euh… je ne sais pas…
Ma dernière réplique ne la pas convaincu et moi non plus d’ailleurs… cependant il reprend d’un ton calme.
A : Ecoutez Harm, je n’ai pas l’intention de vous faire la morale mais je vous connais assez vous et Mac pour savoir que quelque chose s’est passée, quelque chose qui vous a contrariée tous les deux au point que depuis plus d’un mois vous ne vous adressez plus la parole.
Pas vraiment surpris que même l’Amiral l’ait remarqué, je baisse la tête sans savoir quoi répondre.
A : Je vois, bon… je n’agirais pas si cela n’interférait pas sur votre travail, mais c’est malheureusement le cas.
H : Je suis désolé monsieur mais je croyais être resté professionnel…
A : Je n’ai jamais dit le contraire Harm, cependant il y a quelques jours le Colonel m’a fait part de son souhait de retourner sur le terrain. Apparemment elle y pensait depuis pas mal de temps déjà et…
H : Et c’est pour ça que Webb était là ce matin ?
A : Effectivement, Webb lui a proposé une mission…
H : Elle l’a acceptée ?
A : Elle part à la fin de la semaine.
H : …
A : Ecoutez Harm, je ne sais pas ce qu’il y a eu entre vous et je ne veux pas le savoir, cependant je me permets de vous informer de cette mission car je crois que Mac l’a acceptée parce qu’elle essaie de fuir quelque chose…
H : … ou quelqu’un…
A : Oui, Harm, cette mission est très dangereuse et Mac n’a pas besoin de ça pour sa carrière, je crois… je crois vraiment qu’elle fait une erreur.
H : Et vous pensez que je pourrais l’en dissuader ?
A : …
H : Désolé mais je ne crois pas être la bonne personne !
A : Très bien alors je me suis trompé sur vous…
H : Pourquoi ?
A : Rien, c’est juste que… je croyais que vous l’aimiez…
Sur cette dernière phrase il quitte mon bureau et je reste là pendant plusieurs minutes à repenser à ce qu’il m’a dit et je dois avouer que ça me laisse perplexe.
Vendredi 20 Décembre 2002, 17H00
Bureau de Harm, QG du JAG
L’Amiral a fait une annonce en salle de briefing mardi nous disant que Mac partirait pour une mission de durée indéterminée vendredi de la même semaine, et ça y est, elle vient de partir, elle vient de quitter le JAG !
Toute la semaine elle ne m’a pas adressé une parole ni même un regard et il y a 10 minutes quand les portes de l’ascenseur se sont refermées sur elle, elle m’a regardé, pour la première fois depuis des semaines, elle m’a vraiment regardé, et ce que j’ai vu dans ce regard n’est rien d’autre que de la tristesse et de la déception ! Depuis ma conversation avec l’Amiral je ne vis plus, je ne dors plus, je repense à ses paroles constamment ; « …je croyais que vous l’aimiez… » et ce que je ne comprends pas c’est pourquoi est-ce que ça me trouble autant qu’il ait dit ça, c’est vrai, si j’étais sûr de moi ça ne me marquerait pas autant…
En fait, je crois que je sais très bien pourquoi est-ce que ça me touche à ce point, je crois tout simplement que l’Amiral n’a fait que dire tout haut ce que moi je pense tout bas depuis un bout de temps déjà, oui, je crois que je peux me l’avouer maintenant ; j’aime Sarah Mackenzie.
Bizarrement ça me soulage de l’admettre, oui je me sens comme libéré d’un poids, je m’aperçois que depuis le début j’étais amoureux d’elle et que c’est pour ça qu’aujourd’hui je souffre autant de la voir s’éloigner de moi ! Il faut que j’agisse, je dois le lui dire, je dois lui dire que je l’aime, je dois l’empêcher de partir !
Le temps que je réalise que je ne sais pas où elle se trouve en ce moment je suis déjà devant l’ascenseur, et alors qu’une boule d’angoisse se forme dans mon ventre je vois l’Amiral qui me regarde.
H : Monsieur, je sais qu’il est tôt mais...
A : Elle est partie pour l’aéroport de Dulles.
H : Merci monsieur.
A : Bonne chance Capitaine !
Je crois que cet homme m’étonnera toujours, il sait toujours ce que je m’apprête à faire ! Enfin, il est trop tard pour les réflexions maintenant, je dois empêcher Mac de prendre cet avion !
Chapitre 4
Vendredi 20 Décembre, 17H45
Aéroport de Dulles
Je crois que je n’ai jamais roulé aussi vite et en plus je me suis garé à la place réservée aux ambulances ce qui m’a valu toutes les insultes possibles de la part d’un chauffeur de taxi qui m’a même menacé d’appeler la fourrière ! En fait c’est la première fois que je me fous complètement de ma corvette, ils peuvent très bien l’embarquer pour la fourrière que ça m’est égal, aujourd’hui ma cause est beaucoup plus importante que l’avenir de cette voiture qui représente pourtant toutes mes économies (mon Dieu je n’en reviens pas de ce que je suis en train de penser) !
Je suis en train de courir dans l’aéroport depuis près de 5 minutes quand je me rends compte que je ne connais même pas le numéro du vol de Mac ! Je me précipite vers l’accueil et sors mon plus beau sourire à l’hôtesse qui se trouve en face de moi, je crois que ça marche parce qu’elle rougit.
X : Je peux vous aider Lieutenant ?
H : A vrai dire c’est Capitaine, mais ce n’est pas grave, je cherche le numéro de vol d’une personne.
X : Je suis désolé mais seul les personnes de la famille peuvent avoir ce genre de renseignement !
H : En fait, il s’agit… de ma fiancée ! On a eu une dispute à propos de la date du mariage et elle est partie sur un coup de tête, j’ai peur qu’elle fasse une bêtise et retourne voir son ex !
Je ne sais même pas pourquoi j’ai inventé cette histoire mais c’est ce qui m’est venu à l’esprit et je crois que ça marche car l’hôtesse à l’air d’avoir pitié de moi.
X : Et elle s’appelle comment votre fiancé ?
H : Sarah, Sarah Mackenzie !
X : Attendez, je rentre son nom dans l’ordinateur on va voir ce qu’il en dit.
H : Merci.
Pendant que l’hôtesse fait ses recherches je regarde ma montre et m’aperçois qu’il est 6 heures moins 5, je prie intérieurement pour que son avion n’ait pas déjà décollé quand l’hôtesse m’annonce.
X : Désolé Capitaine mais je ne trouve aucune personne enregistrée à son nom !
H : Vous êtes sûr ?
X : Oui, navré !
H : Ce n’est pas grave merci quand même !
Alors que je m’éloigne du guichet je ne comprends pas pourquoi Mac n’est enregistrée nulle part, quand soudain je réalise qu’elle a sûrement un nom d’emprunt fournit par la CIA et c’est là que je comprends qu’une seule personne peut m’aider ! Alors que je prends mon cellulaire je remercie Dieu de ne pas avoir effacé le numéro de Webb depuis notre dernière mission !
W : Oui Rabb je vous écoute !
H : Mais comment est-ce que vous savez que c’est moi qui vous appelle ? Euh non, laissez tombé, et dites-moi plutôt sur quel vol se trouve Mac !
W : Vous rigolez j’espère, vous ne pensez tout de même pas que je vais vous donner le numéro de vol d’un agent qui part en mission pour la CIA !
H : Alors premièrement Mac n’est pas un agent et ensuite si vous ne me donnez pas immédiatement le numéro de son vol je vous tue à mains nues.
W : Je n’ai pas les papiers concernant son vol avec moi, et de toute façon vous n’arriverez jamais à temps à l’aéroport, son embarquement était à 6 heures !
H : Je suis déjà à l’aéroport alors vous allez me dire pour quelle destination son avion doit décoller !
W : Son vol est à destination de Téhéran.
H : En Iran, mais vous êtes inconscient Webb ou quoi ?
W : Mais Rabb, dites moi ce que vous avez l’intention de faire, vous n’allez pas l’empêcher de partir n’est-ce pas… Rabb répondez-moi !
Je n’ai pas le temps d’entendre la fin de la phrase de Webb quand la voix au haut-parleur qui annonce l’embarquement du vol à destination de Téhéran Porte 5 attire mon attention. Je raccroche mon portable et commence à courir à travers l’aéroport, évidemment je suis à l’opposé de la Porte 5 !
Alors que j’arrive au niveau de la porte d’embarquement il n’y a déjà presque plus personne et je ne distingue pas Mac. Quand soudain, je la vois dans la file d’attente, elle est en civile c’est pour ça que je ne l’avais pas reconnue tout de suite ! Le problème c’est qu’elle est déjà bien avancée et que des gardes m’empêchent de l’atteindre, je n’ai donc d’autre choix que de crier son nom ce qui a pour conséquences d’attirer l’attention de tout le monde !
Alors qu’elle se retourne vers moi confuse je lui fais signe de venir et c’est en la voyant rouge de colère que je me rends compte que je ne sais même pas ce que je vais lui dire !
M : Harm vous êtes inconscient ! Vous voulez griller ma couverture c’est ça !
H : Je suis désolé Mac mais c’était le seul moyen d’attirer votre attention !
M : Bon, et qu’est-ce que vous me voulez, je vous signal que j’ai un avion à prendre !
H : Ne le prenez pas Sarah, cette mission est trop dangereuse et en plus vous n’avez pas besoin de ça pour votre carrière !
M : Et je peux savoir depuis quand vous vous souciez de moi et de ma sécurité !
H : Comment est-ce que vous pouvez dire ça, j’ai toujours été là pour vous, j’ai toujours essayé de vous protéger au mieux !
M : Ecoutez Harm, je n’ai aucune envie de me disputer une nouvelle fois…
H : D’accord, d’accord, j’arrête, je m’excuse mais s’il vous plaît écouter moi Mac ! Je peux comprendre que vous ayez besoin de temps pour y voir plus clair au sujet de notre relation, mais s’il vous plaît ne partez pas, je… je suis prêt à attendre le temps qu’il faudra mais… mais ne partez pas pour me fuir…
M : Harm, arrêtez de croire que toutes mes décisions sont liées à vous… désolé mais je dois embarquer !
Alors qu’elle fait demi-tour je la retiens par le bras et sans réfléchir, je colle mes lèvres sur les siennes. Notre baiser est plein de passion et de douceur à la fois et alors que l’hôtesse fait un nouvel appel au micro pour le vol à destination de Téhéran je détache mes lèvres de celles de Mac et pose mon front contre le sien pendant que nous reprenons chacun notre souffle. Sans bouger je lui murmure alors :
H : Ne pars pas… je sais que je t’ai fait souffrir et je m’en excuse mais je t’en prie ne pars pas… ne pars pas parce que je t’aime.
Lentement elle se détache de moi et me regarde les yeux à la limites des larmes et me dit d’une voix à peine audible :
M : Pourquoi… pourquoi seulement maintenant ?
H : Parce que je ne suis qu’un idiot qui a mis sept ans à ce rendre compte à quel point il était fou amoureux d’une femme merveilleuse.
M : …
H : Je ne veux pas te perdre Sarah, si tu as besoin de temps je t’en donnerai et… et si tu ne veux pas de moi alors…
Elle ne me laisse pas le temps de finir ma phrase qu’elle pose son doigt sur ma bouche et murmure :
M : Chut… ne revenez surtout pas sur vos paroles Fliboy, pas maintenant… elles ont trop d’importance à mes yeux mais il est vrai que j’ai besoin de temps pour faire le point sur ma vie !
Elle a dit cette phrase avec tout le sérieux dont elle est capable et je crains de comprendre par ce ton qu’elle compte toujours partir.
H : D’accord, mais…
M : Non ne dites rien ! Harm je suis vraiment navrée mais en ce moment je suis incapable de vous parler, je suis tout simplement incapable de réfléchir et je sais qu’en restant ici ça ne s’arrangera pas… c’est vrai que j’ai accepté cette mission en partie pour m’éloigner de vous parce que j’ai besoin de partir de faire le point sur ma vie, de faire le point sur nous Harm, mais ce n’est pas la seul raison, mon pays a aussi besoin de moi ! Alors je vais prendre cet avion, accomplir cette mission et quand je reviendrai, je vous promets d’être capable de vous affronter… mais maintenant c’est impossible, j’ai trop de choses à régler avec moi-même ! Je suis désolée Harm, mais…
H : Chut… cette fois c’est à toi de te taire ! Je te l’ai dis… je serai patient, je t’attendrai, mais… mais promets-moi de revenir en vie !
M : Vous avez ma parole Fliboy !
Et alors que je me penche pour un dernier baiser cette fois-ci plus doux et surtout plein de tendresse, j’entends l’hôtesse effectuer un dernier appel pour l’embarquement. A contre cœur Mac détache ses lèvres des miennes et alors que je la sers une dernière fois dans mes bras je lui murmure à l’oreille :
H : Fais attention à toi Marine et surtout n’oublie pas qu’ici il y a un homme qui t’attend et qui t’aime !
Je sens que mes paroles la touchent parce qu’elle ne peut retenir ses larmes que je m’empresse d’essuyer de mon pouce. Doucement elle s’éloigne de moi et se dirige vers le sasse d’embarquement tout en continuant à me regarder et d’un dernier geste de la main elle me dit :
M : Non je n’oublierai pas Harm… à bientôt !
H : A bientôt Sarah…
Ca doit bien faire 10 minutes déjà que son avion a décollé quand je me décide à bouger. Heureusement pour moi ma Corvette n’a pas disparu et je peux donc rentrer chez moi !
Samedi 21 Décembre 2002, 4H05
Appartement de Harm
Je suis allongé sur mon lit à regarder le plafond depuis au moins 3 heures et je ne trouve toujours pas le sommeille ! Dès que j’ai vu l’avion s’envolé une boule s’est formée dans mon ventre et depuis elle ne me quitte plus et sincèrement je crois qu’elle n’est pas prête de le faire !
Je pense à Mac constamment, je revois tous les moments qu’on a passés ensemble et je prie pour pouvoir en vivre encore beaucoup d’autres, pour pouvoir goûter à nouveau à ses lèvres douces et sucrées… mon Dieu j’espère que je pourrais encore la serrer dans mes bras !
Lentement j’allonge mon bras pour attraper une photo de nous deux au baptême du petit AJ sur ma table de nuit. Je la contemple quelques instants avant de la poser doucement sur ma poitrine et de m’endormir en murmurant une dernière fois :
H : Je t’attendrai Sarah.
Chapitre 5
Mardi 24 Décembre 2002, 18H45
Bureau de Harm, QG du JAG
4 jours, ça ne fait que 4 jours qu’elle est partie et déjà je n’en peux plus ! Je suis mort d’inquiétudes et pourtant ce n’est pas la première fois que Mac part en mission à l’étranger, mais cette fois c’est différent… quelque chose a changé entre nous… quelque chose a changé en moi ! Je ne pense plus à elle comme on pense à une amie, je pense à elle comme si elle était ma seule raison de vivre, comme si sans elle ma vie n’avait plus de sens ! Et plus les jours passent et plus ma peur s’amplifie !
En plus aujourd’hui c’est la veille de Noël et je sais à quel point Mac déteste cette période de l’année, je le sais parce que pour moi c’est pareil, cette période ne nous rappelle que de mauvais souvenirs… Bud et Harriet m’ont bien invité à partager la dinde avec eux et ma mère aussi voulait que j’aille à la Jolla pour passer les fêtes avec elle et Franck, mais… mais je n’ai pas pu… je n’avais pas assez le moral pour faire la fête !
Mac et quelque part en Iran, seule et peut-être même en danger, alors non, je n’ai pas envie de faire la fête ! L’Amiral est parti dans la matinée pour l’Italie voir sa fille et m’a donc laissé les commandes du bureau, alors, il y a environ une heure, quand la neige a commencé à tomber j’ai congédié tout le personnel et je suis donc seul ici avec les quelques gardes de l’entée.
Péniblement je regarde ma montre et m’aperçois de l’heure déjà assez tardive, alors lentement je me lève de mon fauteuil, prends mes affaires et quitte le JAG.
Mardi 24 Décembre 2002, 19H30
Mur des soldats disparus, Washington
Il y a encore beaucoup de monde cette année, je me demande même si je n’ai pas déjà vu certaines de ces personnes les années précédentes. Doucement je m’approche du mur où est gravé le nom de mon père, et à l’aide mon pouce je chasse la neige qui le recouvre.
H : Joyeux Noël papa ! Je sais que je ne suis pas venu depuis longtemps mais je n’ai pas vraiment eu le temps ! Tu sais Sarah ou plutôt Mac la femme dont je te parle souvent, et bien je crois que notre relation va évoluer, d’ailleurs un jour je viendrais avec elle, je te le promets !
Mardi 21 Janvier 2003, 10H00
Bureau de Harm, QG du JAG
Je suis en train de travailler sur un dossier quand mon regard s’égard sur une photo de Mac et moi prise au mariage de Bud et Harriet, elle est vraiment très belle ! Mais cette photo me ramène aussi à la dure réalité, cela fait aujourd’hui un mois qu’elle est partie et je n’ai toujours aucune nouvelles d’elle ! L’Amiral ne sait rien et quant à Webb il est impossible de le joindre et de toute façon je suis sûr qu’il ne me dirait rien ! Je sais pertinemment que c’est ne mission dangereuse et que Mac doit employer une couverture, c’est d’ailleurs pour protéger cette même couverture qu’elle ne me téléphone pas… en tout cas j’espère que c’est la raison !
Soudain, alors que mes pensées sont encore en train de divaguer, je vois Webb entrer en trombe dans le QG, et il se dirige droit sur le bureau de l’Amiral ! Vite je me lève pour faire de même mais quand j’arrive au niveau de la porte de mon Commandant Tiner me dit qu’il a demandé à ne pas être dérangé, alors frustré, je retourne m’enfermer dans mon bureau !
Mardi 21 Janvier 2003, 11H00
Bureau de Harm, QG du JAG
Je n’arrive pas à travailler, ça fait une heure qu’ils sont dans ce bureau et toujours rien, je suis sûr que Webb et là pour Mac et je suis mort de peur à l’idée qu’il lui soit arrivé quelque chose ! Tout à coup, Tiner vient frapper à ma porte.
T : Monsieur, l’Amiral veut vous voir tout de suite.
Il ne m’en faut pas plus pour bondir de mon fauteuil et me diriger vers son bureau.
Doucement je frappe à la porte et à la voix de l’Amiral je rentre et referme derrière moi. Il é la tête des mauvais jours et ça ne fait qu’augmenter mon angoisse. A côté de moi Webb me salue brièvement de la tête et je peux voir qu’il n’a pas l’air beaucoup enthousiaste qu’AJ !
A : Capitaine asseyez vous je vous prie !
H : Non merci monsieur, je suis très bien debout.
A : Bon, très bien… euh…Webb ne voulait pas vous en parler mais je crois que vous avez le droit de savoir, alors…
H : Monsieur est-ce qu’il est arrivé quelque chose au Colonel Mackenzie ?
W : Euh… il semblerait qu’elle ait disparu Rabb.
Je crois que j’aurais du m’asseoir parce que j’ai l’impression que mes jambes vont se dérober sous moi, mais soudain je sens la colère monter en moi et je me tourne vers Webb.
H : Comment ça… disparu ?
W : Elle a disparu Harm…
H : Expliquer moi comment quelqu’un peut disparaître Webb !
W : Nous avons perdu le contact avec elle il y a 3 jours et nos agents sur place l’ont perdu de vue au même moment.
H : Vous… vous avez perdu Mac…
W : Je suis désolé Harm…
H : Vous avez perdu Mac et… et vous osez me dire que vous êtes désolé !
A : Calmez-vous Harm, je suis sûr qu’ils vont bientôt retrouver sa trace et…
H : Que je me calme ! Vous voulez que je me calme alors que cet espion d’opérette vient nous annoncer qu’il a perdu la trace de Mac comme s’il s’agissait d’un petit pépin technique ! Vous voulez que je me calme alors qu’il a mis sa vie en danger et qu’elle est peut-être morte à cause de lui à l’heure qu’il est !
W : Harm…
Je ne lui laisse pas le temps de continuer que je lui colle une droite magistrale et plonge sur lui pendant que l’Amiral appelle Tiner pour tenter de nous détacher.
Mardi 21 Janvier 2003, 11H30
Bureau de l’Amiral Chegwidden, QG du JAG
Pour finir, il aura fallu l’intervention de l’Amiral, Tiner et Sturgis pour nous détacher et surtout pour me calmer ! Nous sommes maintenant assis chacun sur un fauteuil en face de l’Amiral qui regarde Webb avec un petit sourire. En effet, j’ai plutôt bien arrangé notre espion, il a le nez en sang depuis 20 minutes et son arcade sourcilière n’est pas loin derrière, et en ce qui concerne son œil droit qui est caché par une poche de glace, il ressemble plus à un œuf ! Cependant je ne regrette pas une seule seconde l’avoir fait, c’est de sa faute si Mac a des ennuies, c’est lui qui l’a envoyé pour cette mission.
A : Bon messieurs est-ce que nous pouvons discuter calmement maintenant que vous vous êtes calmés !
Je fais un signe de tête à l’Amiral pour lui dire que je suis prêt alors que j’entends Webb murmurer :
W : Vous voulez dire si cet énergumène s’est calmé !
H : Vous n’avez eu que ce que vous mérité Webb, c’est de votre faute si Mac est en danger et vous vous ne semblez pas plus inquiet que ça, je croyais pourtant que vous la considériez comme une amie !
W : Contrairement à ce que vous pensez Rabb sa disparition me touche beaucoup plus que vous ne l’imaginez et je ne crois pas avoir mérité un tel traitement de votre part surtout que c’est Mac qui a voulu cette mission !
H : Mais…
A : STOP !!!!!!!!!
L’Amiral a bondi de sa chaise pour crier ça ce qui nous a fait sursauter Webb et moi.
A : Vous avez fini vos enfantillages tous les deux ! Premièrement Webb, vous méritiez cette correction pour cette fois mais aussi pour toutes les fois où vous avez mis mes hommes en danger ! Et deuxièmement Rabb vous ne pensez pas qu’il y a mieux à faire pour aider Mac que de taper sur la seule personne susceptible de nous donner des informations sur sa mission ?!
Lentement il se rassoit dans son fauteuil pendant que Clay et moi restons complètement interdits ! Alors après quelques instants il reprend d’une voix plus calme.
A : Webb qu’avez vous à nous apprendre sur cette fameuse mission !
W : Mac effectuait une mission sous couverture à Téhéran. Nous avions réussi à l’infiltrer en tant que domestique dans un palais de la ville. Ce palais appartient à un baron de la drogue Iranien, Kamel Alkadir que nous soupçonnions de vouloir organiser un trafic d’armes internationales, et principalement d’armes biochimiques. La mission de Mac consistait donc à nous renseigner sur les réelles intentions de Kamel. La mission se déroulait parfaitement bien jusqu’à il y a 3 jours, Mac nous avait déjà bien renseignés, en effet elle nous avait appris qu’un coup important se préparait, une vente devait avoir lieu et donc nous pourrions en profiter pour coincer les protagonistes de ce trafic en flagrant délit ! Mais…
H : Mais Mac a disparu…
W : En effet et croyez moi j’en suis vraiment désolé !
A : Webb avez-vous la moindre petite idée d’où pourrait se trouver Mac ?
W : Je n’ai aucune certitude, mais un de mes agents infiltrés à la prison de Téhéran croit l’avoir reconnu.
H : Vous voulez dire qu’elle serait en prison ?
W : Si c’est elle, alors oui !
H : Il faut envoyer un commando la libérer Clay !
W : Ce n’est pas si simple Harm ! Officiellement Mac n’est pas en mission, l’Armée refuse d’entendre parler des problèmes de la CIA !
H : Qu’est-ce que vous proposez alors, qu’on la laisse là-bas en espérant qu’un jour ils la libéreront !
W : Non, bien sûr que non, mais nous ne sommes même pas sûr qu’il s’agit bien d’elle !
H : Et bien moi ça me suffit ! Je vais la chercher !
A : Quoi, qu’est-ce que vous dites Rabb ? Vous voulez aller seul en Iran pour tenter de libéré Mac d’une prison hautement surveillée alors que vous ne parlez pas un mot de farsi et en plus sans même être sûr que c’est bien d’elle qu’il s’agit !
H : Ecoutez Mac et quelque part là-bas et il est hors de questions que je l’y laisse alors désolé mais je ne vois pas d’autres solutions !
W : Si vous êtes d’accord j’aimerais y aller avec vous Rabb !
H : Je crois en effet que nous ne serions pas trop de deux !
W : Très bien alors je m’arrange du transport, je vous re-contacte dans la journée pour vous dire quand nous partons !
H : D’accord !
Alors que Webb quitte le bureau je me rends compte que j’y suis peut-être allé un peu fort, je vois bien qu’il s’en veut de ce qui arrive à Mac et j’avoue que je lui suis très reconnaissant de vouloir m’accompagner. Soudain j’entends l’Amiral pousser un long soupir ce qui me sort de mes pensées.
A : Est-ce que vous êtes sûr de vous Rabb ?
H : Oui monsieur, je… je dois retrouver Mac !
A : Ah ! Je n’ai jamais compris ce qu’il y avait entre ces deux là !
Je sais qu’il ne comptait pas dire cette remarque tout haut mais il l’a fait et ça semble le gêné car il me regarde comme si on venait de le prendre en faute, alors pour le tirer de son embarra je lui réponds :
H : Moi non plus je ne suis pas sûr de ce qu’il y a exactement entre nous !
Cette remarque de ma part ne crée pas l’effet escompté, en effet elle jette un blanc dans la conversation ! Elle a sonné tellement vrai dans ma voix que je me suis rendu compte les mots à peine sortis de ma bouche que c’était la vérité ! Je n’ai aucune idée de ce qu’il y a entre Mac et moi, et je crois d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle je tiens absolument à la retrouver, je veux la réponse à cette question ! Je suis sûr de moi, je l’aime, mais elle qu’est-ce qu’elle ressent pour moi ? Qu’est-ce qu’elle attend de nous ? Soudain je reviens à la réalité quand l’Amiral me dit :
A : Bon écouter Harm, bien que je vous considère vous et Webb comme fous… je dois avouer que si je le pouvais, je partirais avec vous ! Alors je crois que je n’ai qu’une chose à faire… vous souhaiter bonne chance !
Lentement il se lève de son fauteuil et pendant que je fais de même me serre la main. Je sens de la peur dans son regard, qu’il le veuille ou non, je sais que malgré toutes les embrouilles dans lesquelles Mac et moi avons pu l’entraîner, il tient à nous… d’ailleurs c’est sans doute c’est sans doute cette capacité d’être un ami en plus d’un commandant qui fait de lui un grand officier !
A : Faites attention à vous Capitaine et ramenez-nous Mac !
H : Merci Amiral, je ferais de mon mieux !
Sûr ce, je quitte son bureau et rentre chez moi après qu’il me l’ait conseillé.
Mardi 21 Janvier 2003, 18H30
Appartement de Harm
Depuis que Webb m’a appelé pour me dire qu’il passerait me prendre pour aller à l’aéroport vers 18 heures je suis comme un lion en cage ! J’ai du refaire mon sac au moins 3 fois, je ne compte plus le nombre de fois que j’ai vérifié que mon téléphone marchait bien et encore moins le nombre de fois que j’ai jeté un coup d’œil par la fenêtre pour voir s’il arrivait ! Mais bon dieu qu’est-ce qu’il fou ?
Tout à coup j’entends un klaxon en bas de mon immeuble, je prends mon sac sur le bras et alors que j’allais refermer la porte je retourne à l’intérieur pour récupérer la photo de Mac et moi au baptême du petit AJ, je la regarde une dernière fois avant de la glisser dans la poche intérieure de ma veste et de sortir.