Il y a deux semaines de cela, Mac avait appris coup sur coup, le crash de l’appareil d’Harm et son sauvetage miraculeux par un bateau militaire croisant près du lieu du crash. Ce soir-là, Brumby avait demandé à ce que ce soit l’amiral qui lui annonce la nouvelle, Chegwidden étant la personne qui lui semblait soudain la plus proche de la jeune femme en cette triste soirée. Puis l’amiral avait laissé Mac à son bonheur et surtout, il sentait que quelque chose de capital pour son avenir venait de se passer et qu’elle devait en parler avec son futur mari.

Mic en la regardant, le cœur au bord des yeux, avait rassemblé le reste de son courage et lui avait dit d’une traite, alors qu’elle regardait toujours par la fenêtre, essayant de canaliser ses émotions.

 

« - Mac, j’ai pourtant lutté avec cette idée de nombreuses fois, mais je dois te le dire maintenant, car cela me parait une évidence. Et je crois que le moment est idéal, si il peux y avoir un moment idéal pour ce genre de chose. Rabb, tu l’aimes et tu l’aimeras toujours. Et même si tu me dis que tu éprouves des sentiments pour moi, ils ne seront jamais aussi forts que ceux que tu ressens pour lui. Je croyais qu’avec le temps et notre mariage, nous pourrions y arriver, mais je ne veux pas que tu passes ta vie à regretter notre mariage, c’est débile (il eut un rire sans joie) mais je t’aime trop pour cela. C’est pourquoi je te libère ce soir. Nous deux, c’était faux depuis le début. Je pense que tu le savais sans vouloir te rendre compte des conséquences. Moi je ne le savais pas, ou plutôt, je ne voulais pas le voir. Il ne me reste qu’une chose à dire : sois heureuse Mac. Sois la plus heureuse possible, avec Rabb ou pas. »

 

Elle n’avait rien dit pendant le monologue de Brumby et quand il était retourné dans le salon, elle ne l’avait pas suivi. Pourquoi ? Lui dire pardon, s’excuser d’en aimer un autre ? Non, cela lui aurait fait plus de mal qu’autre chose.

Il avait pris sa veste et était sortit. Si les convives n’avaient rien dit en le voyant partir seul, ils étaient plus tristes pour l’avocat perdant qu’étonné que cet événement arrive (enfin).

 

Deux semaines après avoir été repêché en mer, Harm revenait au JAG, physiquement bien remis de son aventure, mais dans sa tête tout était confus, encore plus qu’avant. Aimait-il Mac ? Pouvait-il gâcher son mariage sous prétexte qu’enfin il savait à quoi s’en tenir avec elle ? Et elle, était-elle prête à tout arrêter juste pour lui ? Oui, oui et oui. Il le savait.

 

 

10h00 G.M.T.

Quartier Général du JAG

Falls Church, Virginie

Harm avait décidé de lui parler dès qu’il la verrait ou plutôt, l’inviter chez lui ce soir pour en parler dans un cadre plus intimiste que les bureaux du JAG. Au moins, personne ne pourrait les déranger. Mais pour cela, il fallait qu’il la voit et ce matin, elle tardait à arriver, ce qui mettait le capitaine sous tension. En sortant de son bureau, bien décidé à demander des nouvelles de Mac à Harriet, il croisa son mari, ce qui l’arrangea.

 

« - Ah Bud, je vous cherchais. Savez-vous où est Mac ? Elle est déjà arrivée ? »

« - Oui, elle se trouve chez l’amiral depuis ce matin. »

« - Ah. Il y a quelque chose qui ne va pas ? »

« - Bah, depuis qu’elle ne se… enfin vous savez… Elle a besoin que… qu’on… »

« - Bud ? »

 

D’abord gêné, le jeune lieutnant finit par tout lâcher d’un coup.

 

« - Elle a annulé son mariage avec Brumby le soir de votre accident, alors elle ne va pas très fort. »

« - Annulé ? Quand ? Pourquoi n’ai-je pas été mis au courant ? C’est ma partenaire. » se justifia-t-il soudain, alors qu’il savait très bien que Bud avait deviné depuis longtemps les sentiments que Mac et lui éprouvaient l’un envers l’autre. Alors tous ces doutes qu’il avait eu, ces cauchemars qu’il avait fait, voyant Mac dans les bras de Brumby et l’australien qui le regardait en disant : «  tu pourrais l’avoir, mais c’est moi le gagnant dans l’histoire ! ». Mac, Sarh, elle était libre ! Il pourrait enfin lui avouer ses sentiments, mais en aurait-il la force ? Bud continua, répondant au capitaine :

« - Vous étiez dans un sal état quand on vous a retrouvé en mer. Alors vous annoncer cela, vu que vous êtes proche du colonel, cela aurait été une épreuve de plus. Et le colonel ne voulait pas qu’on vous le dise. »

 

Harm allait répondre quand Mac sortie du bureau de l’amiral. Marchant avec un port toujours fier, Harm remarqua qu’effectivement, elle ne semblait pas aller bien. Il l’interpella :

 

« - Mac ! »

« - Mac !! »

 

Elle se retourna et le regarda durement. Il ne s’attendait pas à ce genre de réponse, cela le déstabilisa quelque peu.

 

« - Je peux vous parler ? »

« - Oui. »

« - Dans votre bureau… »

 

Elle sembla soupirer d’agacement, puis elle lui dit d’un ton détaché.

 

« - Capitaine, j’ai beaucoup de travail alors si c’est urgent, dites-le moi ici. Sinon, je vais m’atteler à mes dossiers qui sont en souffrance depuis bien trop longtemps. »

« - Je… en fait non, cela peux attendre. »

 

Elle les quitta sans même les saluer, ce qui surpris les deux hommes, (enfin plus un que l’autre). Une fois dans son bureau, elle ferma la porte derrière elle et s’adossant à la vitre, elle laissa ses yeux s’emplir de larmes. Comment ne pas lui dire que le soir du dîner de ses fiançailles, quand elle avait cru le perdre à jamais, son cœur s’était littéralement brisé ? Qu’elle n’imaginait pas sa vie sans lui, que ce soit l’ami, l’amant, mais qu’il soit vivant ! Que si elle avait abandonné Brumby ce soir-là, c’est parce qu’elle l’aimait lui Harmon Rabb Junior, depuis toujours et qu’elle l’aimerait toujours. Que si elle employait ce ton froid et distant, c’était pour l’éloigner d’elle le plus possible. Elle voulait tant arrêter de souffrir par amour pour un homme qui disait ne pas l’aimer et pourtant qui lui avait montré son attachement certain plusieurs fois. Elle se souvint du dîner de se fiançailles, de sa bouche gourmande, de ses bras autour de ses épaules ; cela lui arracha un demi-sourire et c’est alors qu’on frappa à la porte. Elle devait agir vite et mettre un terme à tout cela.

Elle essuya ses larmes maladroitement et laissa entrer son visiteur. Heureusement, ce n’était qu’Harriet qui voulait savoir si elle avait bien reçu le dossier qu’elle avait demandée la veille.

 

 

19h00 G.M.T.

Domicile de Mac

Par chance, elle avait pu éviter de croiser Rabb durant toute la journée. Elle avait rapidement déjeuné dans son bureau d’un sandwich froid et dans l’après-midi, elle s’était rendue dans une caserne, pour voir un militaire, témoin dans une affaire de vol de véhicule appartenant à l’armée. Une journée normale au JAG en sorte et pour l’instant, cela lui convenait parfaitement. Enfin, c’est ce qu’elle se tuait à se dire toute la journée et à croire.

Enfin de retour chez elle, Mac regardait la pluie ruisseler sur les carreaux, adossée dans son canapé. La télévision et les magasines qu’elle avait à peine ouvert l’avait très vite ennuyée. Elle voulait penser. Laisser son esprit errer dans les méandres de ses sentiments et penser à lui. C’est pourquoi ce soir, le silence de son appartement lui convenait parfaitement. Elle avait souvent senti cette impression d’étouffement avec Mic sans qu’elle ne sache d’où cela venait, car lorsqu’il était là, elle ne pouvait pas espérer avoir de moments de calme, où elle pouvait penser à un autre homme.

A Harm, toujours et encore. Harm qui ne l’aimait pas assez pour lui dire.

Même avec la présence de son futur mari qui l’aimait alors et lui avait prouvé chaque nuit que Dieu faisait pour les réunir, elle pensait à lui. Une nuit même, alors qu’elle atteignait un semblant de plaisir, elle avait hurlé son nom, mais étouffé dans l’oreiller. Affolée, elle avait regardé Brumby. Par chance, il ne l’avait pas entendu, mais intérieurement, elle avait été chamboulée par cet aveu dans le plus intime des cadres. Elle aimait Harm et même le jour où elle aurait juré devant Dieu, qu’elle resterait fidèle à Mic pour la vie, jusqu’à ce que la mort les sépare, elle aurait aimé Harm en cet instant crucial de sa vie.

La sonnette d’entrée se fit entendre. Regardant Jingo avec un air surpris, elle resserra son pull ample contre elle et alla ouvrir. Il pleuvait toujours et IL était trempé.

 

« - Mais que faites-vous là ?! »

« - Mac ce matin je voulais vous dire quelque chose. En fait, depuis la soirée de vos fiançailles. »

« - Entrez. » dit-elle gravement.

 

Harm entra et retira son imperméable trempé, qu’il posa sur une chaise dans l’entrée puis il suivit Mac dans le salon. Mac s’assis dans le canapé alors qu’il allait s’adosser à un mur en face d’elle. Il n’avait pas l’air sûr de sa présence ici, dans le salon d’une femme qui lui avait un jour avoué son amour et qu’il l’avait rejeté. Jusqu’à ce qu’il comprenne enfin quels étaient ses réels sentiments pour elle, mais cela s’était alors avéré trop tard.

 

« - Je sais pour vous. Bud me l’a dit ce matin. »

« - Oh, il s’agit de mon mariage j’imagine.  »

« - Pourquoi ne m’avoir rien dit Mac ? Je croyais que nous étions amis avant tout ? »

 

Il s’approcha d’elle et s’assis sur la table basse pour pouvoir lire la réponse dans ses yeux. « Tout d’abord amis » mais qu’est ce que Harm voulait lui laisser entendre ? Qu’ils étaient autre chose que des amis, mais pourquoi la torturait-il ainsi ? Pensa-t-elle. Le voir si près d’elle la perturbait dangereusement. Juste quelques centimètres, à peine la taille de sa main et son visage touchait le sien et… Elle sortie de ses pensées, voyant qu’il attendait toujours sa réponse. Elle devait agir vite et mettre un terme à tout cela. Sur un ton trahissant son mensonge, elle lui déclara :

 

« - Pourquoi, c’est évident ! J’ai réalisé que je n’aimais pas assez Mic pour passer ma vie avec lui et puis, si je vous l’avais dit, vous auriez pu croire que c’était pour vous ! »

« - Pourquoi, ce n’est pas le cas ? »

 

Il posa sa main sur la nuque de la jeune femme, ce qui continua de la décontenancer dans ses idées et dans son discours. Il fallait qu’elle mette un terme à cette torture. Elle ne pouvait pas retomber dans cette spirale où elle était la seule à aimer, la seule à souffrir. Mais aimer, ne lui avait-il pas dit le soir de ses fiançailles ? Il fallait que ce jeux pervers auquel ils jouaient cesse. Tant pis si elle devait le regretter pour toujours.

 

« - J’ai assez souffert à cause de vous Harm. »

« - Répondez-moi Sarah. »

 

Soudain, il n’y tint plus et, approchant le visage de Mac du sien, il posa ses lèvres sur les siennes pour y déposer un baiser qu’elle aurait pu qualifier de trop chaste, mais il ne fallait pas brusquer les choses, pas maintenant qu’ils étaient si prêt de... si prêt de… Après leur brève étreinte, il se recula pour la regarder fixement dans ses prunelles brillantes de larmes, attendant quelque part toujours sa réponse.

Ses yeux-là, si bleus, si beaux, si pleins d’envie et d’amour confondus. Ces yeux-là, combien de fois ne les avait-elle pas imaginé en rêve ? Elle se pencha à son tour et l’embrassa avant de se reculer et dire :

 

« - Vous connaissez la réponse Harm. Depuis toujours. »

 

Il sourit. Ce sourire qui lui embrasait la moitié du visage et qui faisait perdre pied à la jeune femme, à chaque fois.

 

« - Je n’aurais jamais supporté de vous savoir avec lui pour la vie. » dit-il avant de l’embrasser à nouveau, mais d’une façon beaucoup plus virile cette fois-ci.

 

Elle passa ses bras autour du cou de l’avocat, ses doigts remontant dans ses cheveux, pendant qu’il passait ses mains autour de sa taille pour la serrer encore plus contre lui.

Mac. Sarah. Sa Sarah

Elle était là, à lui maintenant et il allait la posséder. Combien de fois n’en avait-il pas rêvé dans des tenues plus ou moins provocantes, digne des magasines pour hommes ! Plusieurs fois il lui était arrivé de crier son nom dans sa tête, alors que c’est avec Renée qu’il jouissait. Il sentit soudain son désir pour Mac se manifester d’une des manières les plus masculines possible. Avec un sourire mi-lutin, elle s’écarta de lui pour se lever et lui prenant la main, elle lui murmura, avant de le mordiller à l’oreille :

 

« - Viens. »

 

Avec le même sourire il se leva et la suivit jusqu’à l’entrée de sa chambre, mais il s’arrêta avant d’entrer. En l’embrassant, il lui murmura à l’oreille :

 

« - Mac… »

« - Quoi Harm ? »

« - Je voulais que tu saches avant. Que je… je te… tu sais… »

 

Sur la pointe des pieds, elle se hissa jusqu’à son visage et l’embrassa sur la bouche.

 

« - Je le sais. Et tu sais depuis très longtemps que moi aussi. Il en a toujours été le cas. » 

 

Il sourit. Elle savait ce qu’il avait essayé de lui dire, mais c’était encore trop tôt pour lui. Il ne pouvait pas encore avouer ses sentiments, mais seulement lui montrer cette nuit !

 

 

Lendemain matin

07h00 G. M.T

Domicile de Mac

Elle se retourna dans son lit et s’étendit avec un sourire de fatigue, mais de la fatigue comme elle aimerait en éprouver pendant toute sa vie au moins. Une nuit d’amour mainte fois répétée jusqu’au petit matin. En plus d’être un très bon avocat, il était un amant merveilleux. Bizarrement, elle n’avait pas senti de remords par rapport à Brumby.

            Quand elle étendit son bras à côté d’elle, elle fût déçue de trouver la place vide. Sur l’oreiller, un mot avait été laissé.

 

« Je suis parti chez moi pour me changer. On se retrouve au JAG.

Ton Harm 

PS : j’ai donné à manger à Jingo, il avait l’air d’avoir faim. »

 

Jingo ! Elle l’avait complètement oublié le pauvre ! pensa-t-elle alors que celui-ci venait justement quémander une caresse matinale. « Ton Harm » pensa-t-elle avec un sourire béa qui sembla étrange pour le chien qui fit part de son sentiment par rapport à cette situation dans un grognement sourd. Que sa maîtresse soit amoureuse était une chose, mais qu’elle oublie sa gamelle, c’en était une autre ! Heureusement que l’autre humain, qui lui avait gratté la tête ce matin, avait pensé à lui !

Décidément, elle était pire qu’une ado de quinze ans qui ne voit plus rien, si ce n’est le visage de son amoureux ! Elle se leva plus vite qu’elle ne l’aurait fait en d’autres matins de travail. Après une douche revitalisante, elle s’habilla et fonça au JAG. En retard pour une fois !

 

 

08h00 G.M.T.

Quartier Général du JAG

Falls Church, Virginie

Mac entrait dans le bâtiment quand elle aperçu la corvette rouge sur le parking. Elle soupira à la vue de la voiture, puis elle se reprit durement en silence. Il ne fallait que personne ne se doute de sa relation avec Harm, car dans tout ce bonheur, c’était contraire aux lois de l’armée. Et pourtant, avec le sourire qu’elle devait afficher malgré elle, cela serait vite su. Il faudrait voir cela avec l’amiral, mais plus tard. Pour l’instant, elle voulait simplement profiter de la nouvelle vie qui s’ouvrait à elle avec, à ses côtés, l’homme qu’elle aimait.

            En entrant, Bud la salua et elle fonça directement dans son bureau. Elle pensa : « Se mettre au travail, ne pas penser que Harm est derrière cette vitre, que si on fermait les stores, on pourrait peut-être… oh ! Calme-toi Sarah MacKenzie sinon la journée va te sembler très très longue. » et c’est ainsi qu’elle se plongea malgré elle dans ses dossiers.

 

 

10h00 G.M.T.

Elle se leva et sortant de son bureau, elle se dirigea vers la kitchenette du JAG. Et c’est alors qu’elle sentit ce parfum familier… Harm venait d’apparaître à ses côtés. Malgré ses doutes, elle ne se sentit pas trop gênée de le voir sans réfréner l’envie grandissante qu’elle avait de l’embrasser.

 

« - Bonjour Mac. Vous allez chercher un café ? »

« - Bonjour Harm. Il est dix heures, je ne failli jamais à ma pause de caféine. »

 

Ils étaient arrivés dans la kitchenette et Mac se servit en premier. Harm, resté près de la porte, jeta un coup d’œil dehors puis, dans un murmure, il dit :

 

« - Je pense qu’il serait incongru de dire que j’ai envie de t’embrasser là maintenant. »

 

Elle se retourna vers lui et lui tendant la tasse de café, elle répondit dans un sourire coquin :

 

« - Totalement capitaine. »

 

Leurs doigts s’étaient entremêlés quand Harm avait attrapé la tasse tendue par Mac et, maintenant, ils étaient toujours. Il suffisait que quelqu’un entre et de les voir se dévorant du regard, les doigts mêlés, un sourire barrant leur visage, même aveugle il aurait compris ce qui se passait à ce moment entre les deux avocats.

            Harm libéra les doigts de Mac de son emprise et, après avoir bu une gorgée, il dit :

 

« - J’ai passé une nuit merveilleuse. Si tu veux venir à la maison ce soir, je cuisinerais. »

« - Et j’apporterais le dessert. » dit-elle sensuellement faisant explicitement comprendre à son compagnon, la nature du dessert envisagé (ce n’est pas une tarte aux pommes lol !).

 

Le capitaine toussa, plus du fait que Mac ai donné sa réponse d’une manière des plus naturelle alors qu’elle sous-entendait des faits des plus... dévergondés. C’est à ce moment de la discussion que l’amiral fit son apparition.

 

« - Alors Rabb, le café ne passe pas ce matin ? »

« - Trop chaud amiral. Je retourne travailler, excusez-moi. »

 

L’amiral se retourna vers Mac, elle affichait un regard pétillant, des étincelles dansant dans ses yeux. Il eut l’impression soudaine d’avoir dérangé au mauvais moment ses deux meilleurs avocats. D’un côté, il était heureux, depuis le temps qu’ils s’aimaient ces deux-là et Harm qui ne voyait rien ou qui ne voulait rien voir ! Mais d’un autre côté, la marine réprimandait ce genre de lien entre ses membres et malgré son attachement notable pour le capitaine et le colonel, la marine était au-dessus. Il trouverait bien un moyen de les laisser s’aimer en paix, dusse t il les marier de force !

 

 

19h00 G.M.T.

La journée s’était étirée normalement jusqu’au soir. Dossiers après dossiers, paperasses administratives, rendez-vous à prendre, compte-rendu de procès. Maintenant, Sarah s’apprêtait à partir.

Si Harm était venu dans le bureau de Mac, ils s’étaient comportés comme les deux collègues qu’ils étaient, bien que la tentation de fermer la porte pour pouvoir être tranquille avec Mac avait effleurée l’esprit du capitaine ; il s’était repris intérieurement, sans imaginer une seule fois que Mac avait eut le même genre de pensées. Décidément, il devenait un obsédé quand Mac était dans les environs et surtout dans une pièce fermée et qu’il aurait très bien pu fermer la porte à clé.

Alors que Mac se dirigeait vers sa voiture, son portable sonna. C’était Harm.

 

« - Je voulais te dire que ce soir, tu pourras rentrer, j’aurai laissé la porte ouverte. Je dois aller faire deux trois courses pour le repas... au fait, tu viens toujours ? »

« - Oui, mais je dois passer chez moi pour me changer et donner à manger à Jingo. Au fait merci pour ce matin, le pauvre ! »

« - Et je n’ai pas l’impression que cela va être la dernière fois. »

« - Que je le fasse mourir de faim toute la nuit ? »

« - Car j’aurais fait passer à sa maîtresse la plus intense des nuits. »

« - C’est une proposition ? »

« - Hmmm… viens et je te le confirmerais. »

 

Elle raccrocha. La vie était belle et elle ne semblait pas vouloir s’arrêter en si bon chemin, au grand bonheur de Mac.

 

 

21h00 G.M.T.

Domicile de Harm

Elle entra en ayant d’abord frappé, bien que personne ne lui ai répondu. Déposant son sac et son uniforme sur le canapé crème du salon, elle entendit l’eau couler dans la salle de bain. Sans réfléchir longtemps, elle s’approcha silencieusement et, se débarrassant de ses vêtements civils, elle s’enroula dans une serviette avant d’entrer dans la douche.

            Harm sursauta puis il sourit, quand elle lui demanda :

           

« - Auriez-vous de la place pour moi capitaine ? »

 

La débarrassant de la serviette, objet devenu inutile, il la plaqua contre lui sous le jet d’eau et, alors qu’il l’embrassait dans le cou, il lui dit :

 

« - J’ai espéré faire cela toute la journée… »

« - Prendre une douche ? »

 

Dans un sourire qui n’appartenait qu’à lui, il la souleva et la serrant toujours contre son torse, il la plaqua brusquement contre la paroi glacée de la douche. Elle entoura ses jambes autour de la taille de son amant, sentant et observant le désir de son compagnon grandir entre eux.

 

« - J’ai espéré prendre une douche et toi avec dans la douche… » murmura-t-il alors qu’ils effectuaient déjà avec leur bassin un va et vient suggestif, pendant que Harm prenait possession de sa bouche, de son cou puis redescendant sur sa poitrine aux mamelons dressés.

 

Bientôt, il n’y tient plus et la fit redescendre sur son  membre érigé. Il s’en suivit un va et vient lent puis ils accélérèrent le mouvement jusqu’à ce que l’orgasme les surprennent tous les deux dans un unique cri, ce qui laissa une trace de morsure sur le cou d’Harm.

 

23h00G.M.T.

Après la douche, ils s’étaient sommairement habillés, Mac n’ayant revêtu qu’une chemise de Harm qui la couvrait tout de même largement, puis ils avaient mangés au son d’un des disques de musique de jazz préféré d’Harm.

            Maintenant, enlacés sur le canapé, ils restaient silencieux, profitant simplement de la présence de l’autre. Mac pensa étrangement que Mic lui s’était toujours ennuyé quand ils ne faisaient rien. Il lui aurait demandé de mettre la télé ou aurait lu un magasine. Avec Harm, ce genre de chose n’arrivait pas, peut-être aussi parce que leur relation _en tant que véritable couple_ débutait.

Au bout du troisième bâillement de Mac, Harm lui chuchota :

 

«- Tu es morte de fatigue. Allons-nous coucher. »

 

Plus vite qu’il n’en faut pour le dire, Mac s’était débarrassée de la chemise et dormait, à poings fermés. Harm se déshabilla de même et alors qu’il se pelotonnait contre sa compagne, il lui glissa :

 

« - Je vous aime Sarah MacKenzie. N’en doute plus jamais mon amour. »

 

Dans le noir, elle ouvrit les yeux et sourit à cet aveu timide.

Puis elle se rendormit.

 

 

A suivre…