Légende :
H : Harmon Rabb jr
S : Sarah (Mackenzie)
J : Jennifer (Coates)
H S : Harriet (Sims)
L : Loren (Singer)
M : Merridis
Br : Le patron du saloon Mic Brumby
G : Le chérif Victor Galindez
B : Le docteur Bud Roberts
A J : Le pasteur A J chegwidden
T : Le réceptionniste d’hôtel Jason Tiner
H 1 : Homme n°1
H 2 : Homme n°2
C 1 : Client 1
C 2 : Client 2
21H11 DANS UNE VILLE DE L’OUEST DES ETATS UNIS : A L’INTERIEUR D’UN SALOON.
Le bâtiment est composé de deux étages. Au rez-de-chaussée se trouve le bar et les différentes tables. A l’étage se trouvent les chambres des " filles "qui travaillent au saloon, ainsi que celle de Brumby. Le saloon est presque bondé ce soir. Les " filles ", vêtues de robes assez décolletées tournent autour des clients. Mic, homme de taille moyenne et qui porte une barbe, est derrière le bar et sert des boissons. La soirée ne vient pourtant que de commencer, mais déjà plusieurs individus sont saoul. Harriet et Sarah sont près du comptoir, elles attendent les consommations demandées par deux clients. C’est une soirée habituelle dans le train de vie de cette ville. Un hommes entre alors dans le saloon, il porte un pantalon de cow-boy marron, une chemise à carreau bleu et il a noué un foulard rouge autour de son cou. En entrant il retire son chapeau, Harriet, le remarque.
H S : Ouaa , il n’est pas mal dit donc !
S (riant) : Harriet, tu n’es pas possible !
H S : Ne me dis pas que tu ne le trouves pas à ton goût.
Jennifer entendant leur conversation s’approche d’elles.
J : C’est vrai qu’il faudrait être difficile.
S (capitulant) : Bon d’accord je reconnais qu’il est plutôt beau garçon.
H S : ça, c’est le moins que l’on puisse dire. Aller j’y vais, il est pour moi.
Les deux autres l’a regarde s’éloigner en souriant. Merridis s’approche alors.
M : Aller les filles au travail, ces messieurs ont besoin de compagnies.
Elles prennent les consommations et se dirigent vers les tables. Pendant ce temps Harriet se place près du nouveau venu, qui est accoudé au bar. Son chapeau est posé sur le comptoir près de sa main droite.
H S : Vous jeune homme, vous n’êtes pas du coin, je vous aurais remarqué.
H (se retournant vers elle) : Non en effet. Vous êtes ?
H S : Harriet.
H : Enchanté mademoiselle.
H S (regardant le verre vide qu’il tient à la main) : Vous voulez boire autre chose ?
H : Non merci, peut être tout à l’heure…Vous ne connaissez pas un endroit où je pourrais passer la nuit ?
Harriet se colle à lui.
H R (souriant) : Oui, vous pouvez la passer ici avec moi.
Il l’a regarde quelques secondes surpris, puis il se ressaisit.
H (gentiment) : Je suis désolé mais j’ai fais une longue route pour venir jusqu’ici, alors si vous connaissez un endroit où je pourrais passer une ou même plusieurs nuits…
Harriet se recule un peu.
H S : Oui, il y a un hôtel près de l’atelier du forgeron , ils accepteront sûrement de vous héberger même à cette heure tardive.
H : Je vous remercie infiniment mademoiselle.
H S (en s’éloignant de lui) : Il n’y a pas de quoi. Si vous changer d’avis, vous savez où me trouver.
Il la regarde se diriger vers une table puis il se concentre sur son verre vide.
H (s’adressant à Brumby) : Pourrais-je avoir une autre bière s’il vous plait ?
Mic acquiesce puis remplit le verre. L’étranger semble ignorer complètement ce qui se passe autour de lui. Il boit son verre d’un air absent. Jennifer s’approche d’Harriet.
J (un air espiègle sur son visage) : Alors Harriet, on dirait que tu as perdu la main.
H S : C’est vrai que ça a été plus dur que prévu. Il dit qu’il est fatigué mais je crois plutôt qu’on ne l’intéresse pas. En tout cas il est très poli, ça change de ce qu’on voit d’habitude.
J : Laisses moi essayer.
Elle se dirige vers lui. Cinq minutes plus tard elle est de retour aux côtés d’Harriet.
J : Tu avais raison.
H S : Tu vois….
J : Peut être que Sarah devrais essayer.
Harriet cherche Sarah des yeux et la repère en compagnie d’un client.
H S : Pour l’instant, elle est occupée.…Retournons travailler, sinon Merridis va nous piquer une crise.
J : Tu as raison.
Elles se dirigent vers une table où sont installés quatre clients pendant que Loren monte les escaliers en compagnie d’un homme d’une cinquantaine d’années. Sarah se lève alors et quitte son client, elle se dirige vers le bar. En passant devant une table, un homme ivre l’attrape par la taille et l’a fait asseoir sur ses genoux.
H 1 : Alors ma belle, tu vas où comme ça ?
S (gentiment) : J’allais chercher une bière pour un client.
H 1 : Ah, mais tu pourrais aussi t’occuper de moi, je t’ai attendu toute la soirée.
S : Je suis désolée mais là je suis occupée avec quelqu’un d’autre, tout à l’heure peut-être……Je dois y aller maintenant.
Elle se lève mais l’homme la force à se rasoir sur ses genoux.
H 1 : Il n’en ai pas question, c’est mon tour maintenant.
S (perdant son sourire et le fixant d’un air inquiète): Lâchez moi.
H 1 (fourrant sa tête dans le cou de la jeune femme) : Voyons tu ne veux pas t’amuser avec moi ?
Sarah peut sentir son souffle chaud et sentant l’alcool à plein nez sur sa nuque. Elle essaye de le repousser dégoûtée, mais sans succès.
S (haussant le ton) : Je vous ai dit de me lâcher !
H 1 (relevant sa tête) : Eh, ne me parle pas comme ça, je te signale que tu es payée pour faire ça, alors tu fais ce que l’on te demande compris.
S : Je fais ce qui me plait comme bon me semble et avec qui je veux, alors lâchez-moi tout de suite !
Elle essaye à nouveau de se lever mais il resserre encore plus ses bras autour d’elle. D’autres clients les regardent en rigolant.
H 2 : Allons Sarah, tu ne faisais pas la difficile avant.
S : ça suffit ! vous allez me lâcher oui !
Un homme qui avait observé la scène de loin jusqu’alors s’approche.
H : Je crois que cette jeune femme vous a demander de la lâcher.
H 1 et Sarah se tournent vers le nouveau venu.
H 1 : De quoi vous mêlez-vous ? Et d’abord qui êtes-vous ?
H : Je m’appelle Harmon Rabb jr et je ne supporte pas qu’on manque de respect à une femme, alors lâchez la tout de suite.
Tout le monde observe la scène.
H 1 : Doucement l’étranger, ici vous êtes dans NOTRE ville, alors je vous conseille de passer votre chemin sinon….
H (souriant légèrement) : Je n’en ai pas l’intention.
H 1 : A bon ! Vous voulez jouer au plus malin.
Il repousse brutalement Sarah et se lève. Il s’avance vers l’étranger le poing en l’air et en tibutant, mais Harmon fait un écart et H 1 s’écroule sur une table. Il se relève.
H : Je ne pense pas que vous soyez en état de vous battre.
H 1 : Vous, on ne vous à rien demandé.
Il se ravance mais l’étranger lui coince le bras derrière le dos quelques secondes, puis il le lâche.
H : Je pense qu’on devrait en rester là.
Il se dirige vers le comptoir et prend son chapeau. Quatre hommes l’attaquent par derrière. Ils le projette à l’autre bout de la pièce. Harmon se relève difficilement. Les hommes boivent une gorgé de whiskies puis s’avancent vers lui. Sarah s’interpose alors.
S : Arrêtez ! ça suffit maintenant, laissez le !
H 1 (la poussant sur le côté) : Ne te mêle pas de ça Sarah !
S (se tournant vers le bar) : Fais quelque chose Mic !
Br : Qu’est ce que tu veux que je fasse ?
S : Mais ce saloon t’appartiens !
Br : Même si je le voulais je ne pourrais rien faire, ils sont bien trop nombreux.
S (s’adressant à Jennifer) : Va chercher le shérif vite !
Jennifer sort du bâtiment en courant. Harmon la lèvre coupée réussit à terrasser deux hommes, mais trois autres arrivent en renfort contre lui. Ils sont maintenant cinq sur lui. H 1 lui donne un coup de poing dans le ventre et l’étranger s’écroule par terre. Il commence alors à lui donner des coups de pieds dans le ventre.
S (s’aggripant au bras de H 1) : Arrêtez ! Vous allez le tuer !
Il la repousse.
H S : Mic fait quelque chose.
Br : Bon ça suffit maintenant, vous allez saccager mon saloon.
Ils l’ignorent et ils continuent de tabasser l’étranger. Le chérif entre alors suivi d’une Jennifer essoufflée.
G (hurlant) : Tout le monde dehors ! (s’adressant aux agresseurs) Et vous laissez cet homme tranquille (il sort son arme et tire deux coups en l’air) et tout de suite !
Le saloon se vide lentement et H 1 commence à dégainer son arme mais il stoppe son geste en voyant le shérif pointer son revolver sur lui.
G : Je serais vous je ne ferais pas ça.
Le chérif lui passe alors les menottes, ainsi qu’à deux autres agresseurs avec l’aide de Brumby. Les deux autres se sont enfuis. Sarah se précipite vers l’étranger et l’aide à se relever.
G (se retournant) : ça va aller monsieur ?
H : Oui merci…..je…je vais y aller.
Il essaye de marcher mais après trois pas il s’écroule sur le sol. Sarah s’accroupit à côté de lui.
S : Je pense qu’il devrait voir un médecin.
G : ça va malheureusement être impossible, le docteur Roberts est parti ce matin dans la petite ville voisine située à vingt kilomètres. Il ne rentrera pas avant deux jours.
Br : Allons ce n’est pas si grave que ça, il s’en remettra.
S : Tu as vu ce qu’il lui ont fait ? Ils l’ont vraiment amoché….Je vais l’emmener dans ma chambre pour le soigner.
Br : Il n’en ai pas question, et les clients alors. Une soirée de perdue ça va me coûter cher.
S : Tu n’auras qu’à retirer cette soirée de ma prime.
H (se tournant vers Sarah) : Je ne veux pas vous causer d’ennuis, je vais vous laissez.
S (lui souriant) : Ne vous inquiétez pas vous ne me dérangez pas le moins du monde….Allez venez.
Elle l’aide à se relever. Le shérif sort alors avec les quatre hommes.
G : Je vais mettre ces lascars à l’ombre. Brumby venez m’aider à les y emmener. (se retournant et soulevant son chapeau) Mesdemoiselles, monsieur…
Les filles lui font un signe de la main. Il sort en compagnie de Brumby et des trois prisonniers. Sarah passe le bras droit de Harmon sur ses épaules et le guide jusqu’aux escaliers. Leur progression est lente car l’étranger est grand et donc il pèse assez lourd. Jennifer prend son autre bras, qu’elle passe à son tour derrière ses épaules.
J : Je vais vous aider.
S (lui souriant) : Merci.
Ils arrivent devant la chambre de Sarah. Elle ouvre la porte.
S : Tu peux nous laisser, ça va aller, merci encore.
Jennifer le lâche et s’en va.
J : De rien Sarah.
21H50 A L’INTERIEUR DU SALOON : CHAMBRE DE SARAH.
Sarah l’aide à s’allonger sur son lit et lui enlève ses bottes. Elle se dirige vers son armoire et verse de l’eau dans une bassine, elle y trempe un chiffon propre. Puis elle s’assoie près de lui afin de lui éponger le visage. L’étranger lui prend la main.
H : Merci beaucoup pour ce que vous faites.
S : C’est normal. Après ce que vous avez fait pour moi ça serais plutôt à moi de vous remerciez….(baissant les yeux). C’est de ma faute si vous êtes dans cet état.
Il soulève sa tête de l’oreiller.
H : Non, ne dites pas ça. C’est moi, j’aurais dû prévoir que cet individu n’en resterait pas là.
S (lui souriant) : Vous êtes gentil.
Il lui sourit à son tour, lui lâche la main et laisse retomber sa tête lourdement. Elle continue de l’éponger. On frappe alors à la porte. La jeune femme va ouvrir.
H S : Je t’apporte des bandages, (jetant un coup d’œil dans la chambre) Je me suis dit que tu en aurais sûrement besoin.
Sarah prend les bandages.
S : Merci beaucoup Harriet, tu es un ange. Au fait Mic est rentré ?
H S : Oui, il a rouvert le saloon. Il n’est pas de bonne humeur. D’ailleurs je dois y retourner, il ne sait pas que je suis là. A bientôt.
S : A demain.
Elle referme la porte et pose les bandages sur sa table de nuit. Elle trempe à nouveau le chiffon dans l’eau et revient près de l’étranger.
H : Je m’en veux de vous créez des problèmes mademoiselle. Votre patron doit être furieux contre vous.
S : Ne vous en faîtes pas, il est presque toujours de mauvaise humeur.
Il lui sourit. Sarah lui bande la tête.
S : Vous allez avoir une sale bosse Harmon.
H : Vous pouvez m’appeler Harm, c’est mon surnom.
S : D’accord, mais dans ce cas appelez moi Sarah.
H : C’est un joli prénom.
S : Merci, Harm c’est pas mal non plus……….Vous allez être obligé de retirer votre chemise, vous devez avoir des blessures cachées là dessous.
H : Tout de suite Mademois…. (se reprenant) Sarah.
S : Je préfère. Aller du nerf on a pas toute la nuit.
Il déboutonne sa chemise mais Sarah est ensuite obligée de l’aider à lui enlever. Elle réprime une grimace en voyant son torse parsemé de bleus et sa peau rougit à certain endroit.
H : C’est si moche que ça ?
Il soulève sa tête mais Sarah le force à se rallonger.
S : Restez couché. Vous savez j’ai vu pire.
Elle commence à lui passer un chiffon sur le torse mais Harm gémit et retire la main de la jeune femme.
H : Aie !
S : Voyons monsieur, vous n’allez pas faire le douillet.
H : Ce n’est pas vous qui êtes blessé, je vous rappelle.
S : Bon très bien, je vous laisse vous débrouiller.
Elle se lève mais Harm la retient par le bras.
H : Non restez, je me laisserais faire promis, je serais muet comme une carpe.
S (se rasseyant en souriant) : Il y a intérêt.
Elle enroule la bande autour de son torse puis elle remonte les couvertures sur lui et se lève.
H : Sarah.
S : Oui.
H : Encore merci.
S : Il n’y a pas de quoi. Reposez vous maintenant.
Il ne se fait pas prier et épuisé, sombre rapidement dans un profond sommeil. Sarah s’assoit dans un fauteuil près de la fenêtre.
10H12 A L’INTERIEUR D’UN SALOON : CHAMBRE DE SARAH.
Les rayons du soleil filtrent à travers les rideaux de la chambre. L’étranger est toujours allongé sur le lit. Il ouvre les yeux et regarde autour de lui surpris. Il se redresse mais gémit de douleur et se rallonge aussitôt. Petit à petit ses souvenirs ressurgissent. Il passe une main sur son visage. Sarah entre alors dans la pièce , portant un plateau.
S : Alors Monsieur Rabb bien dormi ?
H : Oui très bien, c’est le réveil qui a été plus brutal.
S : Je suppose que vous avez faim.
Elle pose le plateau sur ses genoux.
H : En effet. Ouaa vous m’avez préparé pleins de bonnes choses dites donc.
S : C’est Harriet qu’il faut remercier, moi j’étais……disons occupée.
Il la regarde quelques instants, puis répond comme si ne rien n’était.
H : Je n’y manquerais pas.
Sarah se dirige vers la fenêtre, ouvre les rideaux et regarde à l’extérieur. La ville est déjà animée. On peut entendre le bruit des sabots des chevaux sur la terre battue ainsi que les conversations des habitants de la ville.
S :Je vais être occupée aujourd’hui, je dois aider les filles à faire le ménage et ensuite faire des achats. C’est Harriet qui vous apportera votre déjeuner.
H : D’accord, vous serez de retour quand ?
Elle se retourne et s’appuie contre la fenêtre.
S : En fin d’après-midi Mic ferme exceptionnellement le saloon pour la journée, je dois donc être de retour avant ce soir, pour l’ouverture.
H : Je vois.
Il pose son plateau sur la table de chevet.
H : C’était délicieux.
S (se rapprochant) : Vous n’avez presque rien mangé.
H : Je n’ai pas très faim, mais ne vous inquiétez pas, je me rattraperais à l’heure du déjeuner.
S (souriant) : Il y a plutôt intérêt, de toute façon je vérifierai auprès d’Harriet…….Bon maintenant je vais changer vos pansements.
Sarah s’exécute sous l’œil attentif de Harm puis elle se dirige vers la porte.
S : A plus tard Harm.
H : Oui, bonne journée.
Elle passe la porte, qu’elle referme avec soin derrière elle. Sarah croise alors Harriet dans le couloir.
S : Tu n’oublieras pas d’apporter le déjeuner de Harm.
H S : Ne t’inquiètes pas, je m’occuperais bien de ton blessé.
S : Mais je n’en doute pas.
Elles descendent les escaliers en plaisantant puis font le ménage avec les autres filles. Pendant ce temps Mic fait les comptes. A l’heure du déjeuner Sarah quitte le saloon, un panier à la main.
19H03 DANS UN SALOON : CHAMBRE DE SARAH.
Harm est allongé sur le lit les mains croisés derrière sa nuque. Il a les yeux rivé au plafond. Sarah entre alors, un plateau à la main. Harm se redresse péniblement.
S : Vous avez passez une bonne journée ?
H : Oui, mais je me suis un peu ennuyé.
S : Je suis désolé de vous avoir laissez seul. Harriet a t-elle été gentille avec vous ?
H : Oui très.
Elle pose le plateau sur ses genoux. Harm commence à manger.
S : Elle m’a dit que vous aviez mangé tout votre déjeuner.
H : J’avais plutôt intérêt, elle est restée à côté de moi jusqu’à ce que je le termine.
S : ça ne m’étonne pas d’elle. Vous savez c’est une chouette fille et elle fait très bien la cuisine.
H : ça je veux bien vous l’accordez.
S : Je dois descendre, ils m’attendent. Quand vous aurez terminé, poser le plateau sur la table de chevet, je le ramènerais demain matin. Ne m’attendez pas pour dormir, je reviendrais tard.
Bonne nuit.
H : Bonne nuit.
Sur ce Sarah quitte la pièce. Harm fixe la porte quelques instants puis se concentre à nouveau sur son dîner. Environ une heure plus tard, il entend des bruits de pas qui montent les escaliers. Il s’assoit et écoute, l’oreille aux aguets. Il croit alors percevoir la voix de Sarah. Il se lève et ouvre légèrement la porte. Il l’aperçoit en compagnie d’un homme d’une quarantaine d’années qui semble éméché et bien entreprenant.
S : Doucement, pas ici, la chambre est juste là.
Harm ne peut s’empêcher de ressentir du mépris pour cet homme. Le couple entre dans une chambre située au bout du couloir. Harm referme sa porte, s’appuit contre elle et prend sa tête dans ses mains.
H : Mais qu’est ce qui m’arrive ? C’est son métier bordel !
Il secoue la tête puis il se couche mais ne trouve le sommeil qu’après deux bonnes heures. A 5h33 Sarah entre dans la chambre plongée dans le noir et regarde la forme allongée sur son lit. Elle remarque soulagée que sa respiration est régulière, il dort profondément. Elle s’installe toute habillée dans le fauteuil pas très confortable et remonte la couverture sur elle.
9H12 CHAMBRE DE SARAH.
Harm se réveille doucement et se tourne vers le fauteuil près de la fenêtre. Sarah semble dormir paisiblement. Il décide de se lever mais il bute sur un objet, il se retient de justesse à la table de chevet.
S (d’une voix ensommeillée) : Qu’est ce qui se passe ? C’est vous Harm ?
H : Oui, j’ai trébuché sur quelque chose mais ça va. Désolé de vous avoir réveillé.
Sarah saute de son fauteuil et ouvre les rideaux. Une lumière éblouissante entre dans la pièce. Harm plisse les yeux.
S : C’est rien de toute façon, il était temps que je me lève.
Elle s’étire puis se tourne vers Harm.
S : Vous avez bien dormi ?
H : Oui et vous ?
S (essayant se sourire malgré ses courbatures occasionnées par le fauteuil) : Oui très bien….Vous avez faim ?
H : Un peu.
S : Ne bougez pas, je vais me changer et je reviens de suite avec deux copieux petit déjeuner.
Elle quitte aussitôt la chambre. Dix minutes plus tard Harm entend des voix provenant du couloir. Il se rapproche de la porte mais n’ose pas l’ouvrir.
Br : Et tu comptes le garder combien de temps ?
S : Je ne sais pas, jusqu’à l’arrivée du docteur.
Br : En attendant, tu ne fais pas ton boulot.
S : Tu exagères, j’ai travaillé hier soir comme les autres.
Br : Mais tu n’es pas restée jusqu’à la fermeture.
S : Il n’y avait presque plus personne. Les filles s’en sortaient très bien sans moi.
Br : Je n’aime pas ça Sarah.
S : Mais Mic, après ce qu’il a fait pour moi, je lui dois bien ça.
Br : Je ne veux rien savoir. Je te laisse jusqu’à ce soir et après il dégage. Tu m’as compris ?
S : Mais…..
Br (l’interrompant) : Il n’y a pas de mais ce n’est pas un hôtel ici !
Brumby s’éloigne alors d’elle précipitamment. Harm s’assoit sur le lit. Sarah entre le sourire aux lèvres et pose le plateau sur les genoux du blessé. Il mange en silence quelques minutes.
H : Vous ne mangez pas ?
S : Non je n’ai pas faim.
H : Ce n’est pas raisonnable. C’est moi qui vais devoir vous surveillez maintenant.
S (souriant) : Je mangerais tout à l’heure.
Il fini de manger puis Sarah retire ses bandages.
S : ça à l’air d’aller mieux, vos rougeurs disparaissent, il n’y a que vos bleus qui continuent de virer de couleur. Je ne vous remets pas celui à la tête, ce n’est plus nécessaire.
H : Comme vous voulez……….Sarah.
S : Oui ?
H : J’ai entendu votre conversation avec votre patron. Je ne vous causerez plus d’ennuis, je pars cet après midi, il paraît qu’il y a un hôtel dans le coin et…
S (lui coupant la parole) : Harm, ce n’est pas nécessaire je….
H (l’interrompant à son tour) : Non Sarah, j’ai pris ma décision, je pars aujourd’hui.
S : Je suis désolée.
H : Vous n’avez pas à l’être. Sarah écoutez moi vous m’avez soigné nourri et hébergé, personne n’en avait jamais fait autant pour moi. De plus je pense qu’il est temps que vous repreniez votre lit, je sais ce que s’est que de dormir dans un vieux fauteuil, ce n’est pas très confortable.
S : Il n’est pas si vieux que ça….
H : Sarah, c’est mieux ainsi. Et de toute façon je reviendrais vous voir, je pense rester encore une petite semaine dans cette ville.
S (souriant) : Vous avez plutôt intérêt.
Il lui sourit à son tour. La jeune femme termine son bandage.
S : Je vous ai mis des vêtements propres sur cette chaise. Vous pouvez les garder, ils appartenaient à un client saoul qui les a oublié chez nous et qui n’est jamais venu les réclamer.
H : Merci… Vous ne savez pas qu’elle heure il est ?
S : Il est 9h47.
H : Comment faites vous ça ?
S : Quoi donc ?
H : Savoir l’heure sans montre ni pendule.
S : Ah….Je ne sais pas, j’ai ce don depuis l’âge de 7 ans.
H : On peut dire que c’est pratique.
S : Oui en effet.
Ils se regardent en silence.
S : Je dois descendre, le saloon est ouvert. Je reviendrais à l’heure du déjeuner.
Harm acquiesce de la tête. La jeune femme sort et descend les escaliers pour retrouver un rez-de-chaussée à moitié plein.
H 2 : Alors Sarah on t’attendait.
Elle lui sourit et se dirige vers lui. Plus tard dans la matinée elle est rejointe au bar par Loren.
L : Alors ton petit protégé se porte bien ?
S : Oui très bien, il se remet lentement de ses blessures. Il peut maintenant marcher.
L : Bien, car j’en ai assez de travailler à ta place et de te prêter ma chambre pour les affaires.
S (lui lançant un regard rempli de haine) : Tu ne changeras donc jamais. Pour ton information il part cet après-midi, alors il ne te dérangera plus très longtemps.
L : Parfait, peut être que j’aurais le temps de passer le voir avant son départ, à moins qu’il ne soit déjà prit….
S (haussant le ton) : Arrêtes ça tout de suite Loren !
L : Voyons Sarah, ne te met pas dans des états comme ça, j’émettais juste une hypothèse, mais je crois que j’ai vu juste, non ?
S (se rapprochant d’elle) : Ma pauvre Loren, si tu crois vraiment ce que tu dis, je te plains. En attendant, si tu veux te ridiculiser, montes le voir, à près tout c’est ton problème.
Sur ce elle la quitte laissant une Loren abasourdie. Au alentour de midi Sarah monte les escaliers, un panier à la main. Elle croise Loren qui semble visiblement très énervée. Elle pousse la porte de sa chambre.
12H11 CHAMBRE DE SARAH.
S : Alors monsieur Rabb on s’amuse à briser des cœurs !
H : Vous voulez parler de la jeune femme qui vient de sortir. Elle m’a presque sauté dessus, j’ai eu toutes les peines du monde à la repousser. Je commence à croire que j’ai eu de la chance de tomber sur vous… (prenant un air inquiet) A moins que vous ne cachiez bien votre jeu…
S (prise d’un fou rire) : Rassurez vous, c’est la seule personne à se comporter ainsi. En tout cas je vois que vous n’avez pas profité de la situation.
H : Je ne supporte pas qu’on me force la main. C’est vrai je suis quand même encore libre de mes actes et de mes décisions.
Sarah s’esclaffe de plus belle en voyant la mine de Harm.
H : Vous vous moquez de moi ?
S : Je n’oserais pas.
Harm n’est pas très convaincu.
H : Vous savez, je sais encore me défendre.
S (riant de plus belle) : Je… je ne pense pas que vous soyez en état de le faire.
H : ça, c’est vous qui le dites.
Il l’attrape par la taille, la pousse sur le lit et commence à la chatouiller. Elle rit à en avoir mal au ventre.
H : Vous déclarez forfait ?
S : Jamais.
Elle rassemble tout son courage et profitant d’un moment d’inattention de Harm, elle parvient à le renverser. C’est maintenant elle qui le chatouille. Au début ça ne semble pas l’affecter mais petit à petit son sourire grandit puis le rire le gagne à son tour. Mais la jeune femme se rend rapidement compte qu’il reprend le dessus. Elle se recule alors vivement pour se retrouver debout au centre de la pièce.
S : Ex æquo ?
H : Je gagnais… (faisant mine de réfléchir). Bon d’accord, ex æquo , mais c’est bien pour vous faire plaisir.
15H32 ENTREE DU SALOON.
Harm et Sarah se tiennent au bord de la route près du saloon.
S (lui tendant son panier) : Tenez, prenez ces provisions, vous en aurez sans doute besoin.
H : Non, je regrette, j’ai déjà assez abusé de votre gentillesse.
S : Prenez le, c’est une obligation. Sinon, je ne vous laisse pas partir.
H (souriant) : Je vois que je n’ai pas le choix.
Il prend le panier.
S : Harm, promettez moi une chose.
H : Laquelle ?
S : Passez voir le docteur, il devrait être de retour ce soir.
H : C’est inutile, je me sens déjà mieux.
S : Harm ! ! !
H : Bon d’accord je passerais le voir. (voyant le regard septique de la jeune femme) c’est promis.
H : Je crois qu’il est temps que je parte, vous allez enfin être débarrassé de moi.
S (lui souriant) : C’est vrai que vous êtes le malade le plus grincheux que j’ai soigné.
Il lui rend son sourire et s’éloigne d’elle.
H : Au revoir et encore merci pour tout ce que vous avez fait. Je passerais vous voir un de ces jours.
S : A bientôt, faîtes attention à vous. Et je vous rappelle que ce n’est pas à vous de me remercier.
Il traverse la route le sourire aux lèvres sous le regard de la jeune femme.
15H45 BUREAU DU SHERIF GALINDEZ
Le shérif est assis à son bureau et remplit de la paperasse. On frappe à la porte.
G : Oui.
Harm entre alors, son chapeau à la main.
H : Bonjour shérif.
G : Ah vous êtes le monsieur du saloon, c’est ça ?
H : C’est bien moi.
Galindez se lève et serre la main au nouveau venu.
G : Vous avez l’air d’aller mieux.
H : Oui, c’est vrai. Je me remet.
G : Je suis ravi de l’apprendre.
H : Je venais vous parler au sujet de l’incident de l’autre soir.
G : Il n’y a aucun problème vis à vis de vous, je connais ces lascars, ils n’en sont pas à leur première bagarre, ni à leur dernière d’ailleurs. Je viens de les transférer à la prison de Denver. Il y seront jugés et sûrement condamnés.
H : Je suis content de l’apprendre…..Et en se qui concerne les deux autres ?
G : Ah, ces deux là. Je suis partis à leur recherche, mais j’ai perdu leur traces dans les montagnes. Ils doivent être loin à l’heure qu’il est. Mais je repartirais quand même tout à l’heure, une fois toute cette paperasse remplit, qui sait, peut être qu’ils se sont attardés dans le coin.
H : C’est peut probable…..
G : Oui, vous comptez rester combien te temps parmi nous ?
H : Pas plus d’une petite semaine je pense. Je vais loger dans votre hôtel, s’il reste de la place.
G : Certainement, il n’y a jamais foule, c’est une petite ville vous savez, les étrangers vont et viennent mais ne reste jamais bien longtemps.
H : C’est ce que j’ai cru comprendre….Je voulais d’ailleurs vous remercier pour l’autre soir.
G : Je n’ai fais que mon travail.
H (souriant) : Bon, je ne vais pas vous déranger plus longtemps, ravi d’avoir fais votre connaissance.
G : Revenez quand vous voulez….Au fait qu’elle est votre nom. ?
H : Harmon Rabb jr, mais mes amis m’appelle Harm.
G : Moi je suis le shérif Victor Galindez. Au revoir Harm.
H : Oh j’allais oublier, qu’avez vous fais de mon cheval ?
G : Il est chez le forgeron, demandez le de ma part, il vous le rendra.
H : Merci de vous en avoir occupé, je tiens beaucoup à lui.
Victor lui sourit, Harm sort alors du bureau du shérif pour se retrouver dans la rue animée. Il évite de justesse un cavalier à cheval. Il récupère sa monture puis il se rend à l’hôtel.
16H18 DANS L’HOTEL.
Harm s’avance vers le réceptionniste.
H : Bonjour, pourrais-je louer une chambre s’il vous plait ?
T : Mais bien sur monsieur. A l’étage ?
H : Oui.
T : Au nom de ?
H : Monsieur Harmon Rabb.
T : Pour combien de temps ?
H : Je ne sais pas… disons cinq jours.
G : Bien, vous devez payer maintenant, c’est la règle.
Harm paye puis le réceptionniste le conduit à sa chambre située au deuxième étage.
T : Si vous avez besoin de quoi que ce soit n’hésitez pas.
Il le quitte. Harm s’écroule sur son lit, exténué. Il a présumé de ses forces et il s’endort rapidement.
LE LENDEMAIN MATIN 11H12 DANS L’HOTEL : CHAMBRE DE HARM.
Harm se réveille. Il regarde la pendule sur le mur d’en face et constate effaré qu’il a dormi presque douze heures. Il se lève, quitte sa chambre, descend les escaliers, salut rapidement le réceptionniste, sort du bâtiment, s’arrête et regarde autour de lui. Il se rend compte qu’il ne sait pas pourquoi il est descendu et ne sait pas où aller. Il aperçoit alors un homme chantonnant, une bouteille à la main et soutenu par deux hommes. Une pensée lui traverse l’esprit : le saloon. Il se met en chemin d’un pas décidé.
11h20 DANS UN SALOON
Harm entre dans le saloon de nouveau bondé. Il jette un rapide coup de d’œil dans la salle puis il se dirige vers le bar.
H : Une bière s’il vous plait.
Br : Tout de suite.
Brumby le sert pendant que Harm se retourne et scrute la salle. Il repère Sarah aux côtés d’un client. Celui ci semble lui raconter une histoire ou une blague drôle car elle rit aux éclats. Elle finit enfin par l’apercevoir et lui fait un signe de la main le sourire aux lèvres. Il lui fait un signe de tête et la jeune femme se reconcentre sur son client. Harm boit sa bière tout en l’observant. Il ressent une étrange sensation montée en lui mais il n’arrive pas à la définir. Il sait juste qu’il a envie de donner un énorme coup de poing à cette homme. La jeune femme caresse machinalement les cheveux du client, maintenant en pleine partie de pokers. Harm finit par se rendre compte que Jennifer lui parle.
J : Vous allez bien ?
H (la regardant à peine et se reconcentrant sur Sarah) : Oui oui.
N’y tenant plus il se lève de sa chaise en bousculant Jennifer et se dirige vers la table de jeu.
H : Sarah, je peux vous parlez ?
La jeune femme se retourne.
C 1 : Vous ne voyez pas qu’elle est occupée.
S : ça ne peut pas attendre ?
H : Non.
S : Bon, j’arrive.
Elle se lève mais le client 1 la retient par le bras.
C 1 : J’ai dit que tu étais occupée Sarah , alors vous monsieur vous dégagez.
Br (s’approchant) : Qu’est ce qui se passe ici ? (Apercevant Harm) encore vous Rabb, décidément, je commence à croire que c’est vous qui cherchez les ennuis.
S : Je voudrais que Sarah m’accompagne (sortant une liasse de billet) j’ai de quoi payer.
Sarah le regarde surprise.
Br (prenant l’argent) : Bon très bien, allez-y.
C 1 : Hé, elle était d’abord avec moi.
Br : Je suis désolé mais il a payé en premier. Une autre fille se fera un plaisir de s’occuper de vous.
C 1 (renversant sa chaise) : Je ne veux pas d’une autre fille.
Sur ce il sort du saloon. Brumby foudroit Harm du regard puis il retourne derrière le comptoir. Sarah glisse sa main dans celle de Harm et l’entraîne vers les escaliers.
11H30 CHAMBRE DE SARAH.
Sarah referme la porte derrière elle. Puis elle pousse Harm sur le lit et commence à lui retirer sa chemise. Il lui prend les mains, La jeune femme le regarde étonnée.
H : Je….je n’avais pas l’intention d’en arriver là.
S (souriant) : Détendez vous.
Elle fait glisser la chemise de Harm. Celui ci la repousse alors.
H : Je……je suis désolé.
Elle se recule, son sourire a disparu.
S : Je vois (sur un ton sec) Excusez moi de vous avoir importuné.
Elle se dirige vers la fenêtre.
H (en reboutonnant sa chemise) : Sarah…..
S : Non ce n’est pas grave, j’ai compris.
H : Je ne pense pas.
S (en colère) : Arrêtez de me prendre pour une idiote, je sais que c’est parce que vous ne me trouvez pas à votre goût. Mais dans ce cas pourquoi avoir insisté pour m’avoir tout à l’heure ? Je ne supporte pas qu’on se moque de moi Harm ! Je ne vous croyais pas comme ça, mais de toute évidence je me suis trompée sur toute la ligne.
Elle fixe l’extérieur du saloon.
H (se levant) : Vous vous trompez Sarah. Je ne veux pas être un de vos vulgaires clients, je vous respecte trop pour cela. J’ai….
Il baisse les yeux. Elle se retourne vers lui.
S : Quoi ?
H : J’ai fais cela pour que vous soyez tranquille cet après midi et aussi pour pouvoir vous voir et vous parler.
S : C’est vraiment la vérité ?
H : Oui je vous le promet.
S : Excusez moi de mettre emportée comme cela, je ne suis qu’une idiote.
H : Non c’est de ma faute, c’est vrai que la situation laissait penser que….
S (finissant sa phrase) : Que vous vouliez coucher avec moi ?
H (gêné) : Oui c’est ça.
La jeune femme s’assoit sur le bord du lit bientôt imitée par Harm.
S : Au fait qu’a dit le docteur ?
H : Je……je n’ai pas encore eu le temps de le consulter.
S (le foudroyant du regard) : Harm ! ! ! ! !
H : C’est la vérité, je n’ai pas eu l’occasion, mais j’irais le voir avant demain promis.
S : Hum……
H (essayant de détourner la conversation) : Et….et vous ça