2 juillet 2003
17h09 heure locale
Eglise de Himis
Syrie
Après avoir entendu les coups de feu, Harm s'était levé, bien décidé à agir. Webb s'était levé à son tour pour empêcher Harm de sortir de la camionnette.
« _W : Rabb, attendez ! Vous ne devez pas sortir, les soldats ne vont pas tarder à donner l'assaut, répliqua t'il en lui bloquant le passage.
_H : Attendre !! Je ne crois pas ce que j'entends ! Si vous teniez vraiment à elle, vous vous précipiteriez pour vous assurez qu'elle va bien ! répondit Harm avec colère en le fixant droit dans les yeux.
_W : Croyez moi, je tiens à elle ! rétorqua Webb en élevant la voix.
Harm et Webb n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, ils se regardaient droit dans les yeux, aucun d'eux ne voulaient céder.
« Monsieur Webb ! Nous n'entendons plus rien depuis les coups de feu ! Je croyais que c'était un problème de réglages mais le micro semble être hors service ! déclara un jeune agent de la CIA. »
Webb sembla très surpris de ce contre temps et l'inquiétude pouvait se lire sur son visage tout comme sur celui de Harm. Dehors, l'assaut venait d'être donné, les gardes terroristes ne résisteraient pas longtemps.
« _W : Ok, on y va ! suggéra Webb à Harm qui n'attendait que cela.
Dans la petite église, Mac avait vu sa vie défiler devant ses yeux. Heureusement pour elle, les deux coups de feu n'avaient pas été tirés par les deux terroristes mais par…
« _M : Gunny !
_G : Madame, vous allez bien ?
_M : ça va maintenant, merci, répondit elle en poussant un soupir de soulagement.»
Gunny semblait maîtriser la situation. Les deux terroristes qui allaient tirer étaient morts tous les deux, et Tarik avaient les mains levées devant le revolver de Gunny.
« _M : On peut dire que vous arrivez toujours au bon moment, ajouta Mac d'un ton ironique.
_T : Alors toi aussi tu n'étais qu'un traître ! Si tu n'étais pas le complice de ces maudits américains nous aurions pu partager l'argent, rétorqua Tarik avec une mine pleine de dégoût à l'égard de Gunny.
_M : J'en doute, ces billets ont été réalisés par des experts. Techniquement, ils sont identiques aux vrais, mais légalement c'est de la fausse monnaie, répliqua Mac.
_T : J'ai toujours su qu'il ne fallait jamais faire confiance à des américains !
_M : De plus, vous comprendrez dans quelques secondes, pourquoi vous n'auriez pas pu utiliser ces billets, ajouta Mac en désignant la mallette. »
A peine eut elle terminé sa phrase, que la mallette explosa, répandant un nuage de confettis de dollars ! Tout le monde avaient été surpris et s'était protéger la tête. Tarik avait pensé profiter de cette surprise pour s'échapper, mais Gunny ne s'était pas laisser prendre.
« _M : Je suis désolée. Mon horloge interne doit être légèrement déréglée après toutes ces émotions, dit Mac en souriant. »
A quelques mètres de l'église, Harm et Webb avaient entendu l'explosion. Les terroristes étaient pratiquement tous maîtrisés maintenant.
« _H : Cette explosion, c'était la mallette, n'est ce pas ? demanda Harm pour se rassurer.
_W : Je l'espère…répondit Webb de plus en plus inquiet. »
Ils progressaient rapidement sous les coups de feu et arrivèrent bientôt devant l'église. Ils poussèrent la porte de la petite battisse.
A l'intérieur, Mac entendit la porte s'ouvrir et se retourna vers l'entrée. La première chose qu ‘elle aperçut, fut le soulagement de Harm lorsqu'il la vit.
« _H : Mac, vous allez bien ? demanda t'il en arrivant à sa hauteur et en baissant son arme.
_M : Oui, mais vous ne le savez pas ? répondit elle sans comprendre pourquoi il semblait si inquiet.
_W : Votre micro est hors service, expliqua Webb qui se trouvait juste derrière Harm. »
Suite à cette remarque, Mac passa la main autour de sa nuque et réfléchit quelques secondes avant de réaliser l'origine du problème.
_M : Je comprend ! Le major Riley a du me l'arracher. Quand il s'est mis devant moi pour me protéger, il était déséquilibré. Il s'est accroché à mon collier.
Alors que Mac s'expliquait, Harm fronça tout à coup les sourcils en regardant au fond de l'église.
« _H : Gunny, mais qu'est ce que vous faites ici ? demanda t'il en le voyant se rapprocher avec Tarik, toujours les mains levées.
_G : J'étais en mission top secrète, monsieur. Seul monsieur Webb savait que je m'étais infiltré au groupe de terroristes.
_M : A vrai dire, je le savais aussi…avoua Mac avec une petite voix.
Harm regarda Mac puis Webb, il se sentait un peu vexé de ne pas avoir été mis dans la confidence.
_W : Je ne devais en parler à personne, expliqua Webb à Harm.
_H : Vous l'avez dit à Mac, rétorqua Harm en haussant un sourcils.
_W : J'ai toute confiance en elle et puis elle devait procéder à l'échange. Riley et Rollins ne savaient pas non plus que Gunny était de leur côté. Il était infiltré depuis plusieurs semaines avant qu'ils arrivent. »
Webb et Harm s'affrontait du regard. Il ne fallait pas être devin pour comprendre que cette mission n'était pas le seul point de désaccord entre eux.
Ils furent interrompus par les soldats qui venaient de franchir la porte. Les terroristes étaient maintenant tous maîtrisés…
2 juillet 2003
9h27 heure locale
QG du JAG
L'amiral Chegwidden raccrocha le téléphone puis appuya sur un des boutons du combiné.
« A : Quartier-maître, dites au Capitaine Turner de venir dans mon bureau.
_J : Maintenant monsieur ?
_A : Non, dans trois mois ! Bien sûr maintenant ! s'impatienta l'amiral.
_J : C'est que, monsieur, il est au tribunal en ce moment, expliqua Jen.
_A : Je vois. Prévenez le dès qu'il en sortira alors, ajouta l'amiral en remettant ses lunettes.
_J : A vos ordres ! »
L'amiral allait remettre le nez dans ses dossiers lorsque la voix se fit à nouveau entendre dans l'interphone.
« _J : Monsieur ?
_A : Oui ?! demanda t'il un peu agacé
_J : Le lieutenant Roberts souhaiterait vous voir. »
L'amiral esquissa un petit sourire en refermant son dossier. Visiblement, il ne le lirait pas avant la fin de la matinée.
« _A : Faites le entrer. »
2 juillet 2003
18h47 heure locale
Camp de l'armée U.S.
Syrie
Dans sa tente, Mac préparait son paquetage. Elle venait juste de contacter l'amiral Chegwidden qui lui avait donné l'ordre de rentrer. Il pensait qu'après le Paraguay et cette mission, elle devait avoir besoin de repos. L'amiral avait ordonné que ce soit le colonel Atkins qui reste pour récolter les informations fournies par le major Riley. Il devait aussi s'assurer que la marine en apprendrait autant que la CIA sur les intentions et les moyens des terroristes.
Mac tira sur la fermeture éclair pour fermer son sac. A ce moment, une voix venant de l'extérieur l'interpella :
« _H : Mac, c'est Harm. Je peux entrer?
_M : Entrez, j'ai terminé, répondit Mac, un peu contrariée de devoir partir si tôt.
_H : Qu'avez vous terminé ? demanda Harm en entrant.
_M : Mon paquetage. L'amiral m'a donné l'ordre de rentrer au JAG, répondit elle en désignant son sac.
_H : Vous ne devriez pas rester pour interroger le major Riley ? s'étonna Harm en fronçant les sourcils.
_M : C'est pourquoi le colonel Atkins reste, expliqua t'elle.
_H : Je vois, rétorqua Harm sans cacher sa déception.
_M : Cela à vraiment l'air de vous enchanter ! ajouta Mac en souriant pour le taquiner.
_H : Oh vous savez, un marine est un marine. Alors que ce soit vous ou lui…répondit Harm en la taquinant à son tour.
_M : Pourquoi étiez vous venu me voir au fait ? demanda t'elle en croisant les bras.
_H : Et bien…Je pense que nous devrions parler, déclara Harm, visiblement mal à l'aise.
_M : Parler de quoi ? demanda Mac, bien décidée à le laisser se débrouiller tout seul.
_H : De certains malentendus, de… »
Harm ne put finir sa phrase, Webb venait chercher Mac.
« W : Sarah, vous partez pour Damas dans 5 minutes. De là vous prendrez un avion qui vous emmènera jusqu'à Washington. Rabb vous devez venir avec moi tout de suite, nous allons interroger Rollins. »
Harm et Mac se regardèrent en comprenant qu'une fois de plus de nombreuses choses ne seraient pas résolues. Harm sortit le premier de la tente.
« _H : Bon retour, Mac, déclara t'il avec une note de désespoir.
_W : Je vous appelle dès que je suis de retour à Washington, Sarah, rétorqua Webb. »
Mac se retrouva toute seule sous sa tente. Décidément, rien ne se passe jamais comme il le faudrait, se dit elle. Pourquoi ces deux hommes n'échangeraient ils pas leur phrase ? Sa vie serait beaucoup plus simple ! Elle pris son sac et quitta à son tour la tente…
2 juillet 2003
10h34 heure locale
QG du JAG
Sturgis venait de sortir du tribunal et se tenait maintenant devant l'amiral. Il se demandait bien pourquoi, il l'avait convoqué dans son bureau.
« _A : Asseyez vous capitaine, suggéra l'amiral en désignant la chaise devant son bureau. Le colonel Mackenzie m'a appelé il y a plus d'une heure me confirmant le succès de l'opération.
_S : Nos deux hommes vont bien ?
_A : Ils sont vivants et, de plus, le chef des terroristes, un dénommé Tarik, a été capturé.
_S : Je pense qu'il n'échappera à la justice, rétorqua Sturgis avec fierté.
_A : C'est exact, c'est pourquoi je vous charge de l'accusation avec le colonel Atkins qui sera de retour dans quelques jours avec Tarik.
_S : Mais, monsieur, pourquoi le colonel Mackenzie ne se charge t'elle pas de ce dossier ?
_A : Disons qu'elle a été au cœur de l'action une fois de plus, je lui ai donc donné quelques jours de repos, expliqua t'il en remettant ses lunettes.
_S : Elle va bien monsieur ? demanda Sturgis avec sollicitude.
_A : Oh oui, j'ai du lui ordonné de prendre ces congés. Et d'après ce que j'ai compris, elle avait plusieurs anges gardiens avec elle. Webb, le sergent Galindez…ainsi que Rabb, participaient à la mission. »
2 juillet 2003
21h19 heure locale
Camp de l'armée U.S.
Syrie
Harm était épuisé par cette folle journée. La nuit venait de tomber sur le camp qui se vidait peu à peu. En effet, dans 2 jours, les tentes seraient démontées et chacun retournerait à ses occupations. Sans réfléchir à la direction qu'il souhaitait prendre, Harm marchait pour se changer les idées. Il arriva près de l'arbre où Mac et lui étaient hier soir. Il s'assit, observa le ciel toujours aussi étoilé, et repensa systématiquement à sa conversation avec Mac. Elle lui en voulait d'être parti du JAG sans lui en avoir parlé. De son côté, Harm s'interrogeait toujours sur la véritable nature de sa relation avec Webb. Elle n'avait pas clairement répondu la veille. Puis, il repensa à ce baiser qu'il lui avait volé. Il s'était sentit tellement vivant à cet instant, c'était un sentiment qu'il avait rarement éprouvé…
« _G : Vous avez l'air bien songeur ce soir, Monsieur.
_H : Gunny ! Mais d'où sortez vous ? demanda Harm après avoir légèrement sursauté.
_G : Excusez moi, mais depuis que je travaille avec la CIA, je suis de plus en plus furtif ! expliqua Gunny en riant et en s'asseyant à côté de Harm.
_H : Et ça vous plait de travailler pour eux ?
_G : Oh disons, qu'on ne s'ennuie jamais. Et vous, qu'en pensez vous ?
_H : Ce n'est pas aussi passionnant que je l'aurais pensé, répondit Harm avec une pointe de regrets.
_G : Le JAG vous manque, monsieur ?
_H : Entre autre oui…avoua Harm en regardant à nouveau les étoiles. »
7 juillet 2003
10h53 heure locale
QG du JAG
C'était un lundi très pluvieux malgré la saison à laquelle on se trouvait. Ce temps si maussade ne faisait que refléter l'humeur de Mac aujourd'hui. Elle était contente de reprendre le travail car ces quelques jours de congés avaient été d'un ennui mortel. Cependant, elle était de mauvaise humeur et ne savait pas vraiment pourquoi. En réalité, elle le savait bien mais refusait d'admettre que Harmon Rabb était une fois de plus en cause. Il ne l'avait pas appelée alors qu'il avait souhaité lui parler en Syrie. Une fois de plus, il disparaissait dans la nature. La tête résolument ailleurs, Mac ne remarqua pas Sturgis et fonça tout droit sur lui. Les dossiers qu'il avait soigneusement empilé s'envolèrent dans les airs, avant de déverser la totalité de leur contenu sur le sol.
« _S : Vous ne pourriez pas faire attention où vous mettez les pieds ! se plaint Sturgis.
_M : C'est vous qui étiez sur mon chemin ! rétorqua Mac avec colère.
_S : J'ai l'impression qu'il vaudrait mieux se retrouver dans un champ de mines que sur votre chemin, ces temps ci, lâcha Sturgis d'un ton très ironique, en ramassant ses dossiers.
_M : Que dois je comprendre ? demanda Mac légèrement vexée.
_S : Rien, si ce n'est que vous êtes trop souvent sur la défensive en ce moment, en particulier lorsque le nom d'un ancien capitaine de frégate est prononcé. »
La remarque de Sturgis ne laissa pas Mac indifférente, et sa colère disparût instantanément.
« _M : Vous avez raison, je suis désolée, déclara t'elle en se baissant pour l'aider à ramasser ses dossiers.
_S : N'en parlons plus. Mais, à l'avenir, regardez devant vous quand vous marchez, ajouta t'il en se relevant. »
Ce conseil était tout ce qu'il y avait de plus avisé. Cependant, Sturgis ne tarda pas à réaliser l'absurdité de sa remarque lorsqu'il se retourna…et percuta Bud de plein fouet, renvoyant ainsi les précieux dossiers dans les airs ! A cet instant, le sourire de Mac n'avait d'égal que l'incrédulité du pauvre Bud face au regard désespéré de Sturgis…
7 juillet 2003
11h23 heure locale
Appartement de Harm
Harm ouvrit la porte de son appartement et repris le sac qu'il avait posé au sol. Une fois à l'intérieur, il posa son sac et ses clés et s'assit sur le divan en poussant un soupir de soulagement. Dieu que c'était agréable de se retrouver chez soi ! Cela faisait plus d'un mois qu'il travaillait pour la CIA et il n'avait pas souvent été chez lui. Sa nouvelle vie était bien loin de le satisfaire autant qu'il l'aurait espéré. Son métier d'avocat lui manquait, il n'avait pas encore eu la chance de voler, et il devait supporter fréquemment les airs supérieurs de Webb. Harm en avait assez, il était fatigué de tout cela. Enfin, c'était loin d'être le seul problème qu'il avait en ce moment. Il se disait qu'il n'avait toujours pas eu sa conversation avec Mac. Elle lui manquait plus qu'il ne voulait le reconnaître. Harm fut sorti de ses réflexions par son téléphone portable qui sonna.
« H : Rabb »
« W : Vous devez venir au QG tout de suite ! »
« H : Bonjour Webb, vous allez bien ? demanda Harm en se moquant du manque de politesse de son cher collègue. »
« W : Je n'ai pas le temps de plaisanter. J'ai une mission pour vous au Panama. »
« H : Quoi ? Mais je viens tout juste de rentrer ! s'exclama Harm. »
« W : Si vous ne vous sentiez pas à la hauteur, il ne fallait pas venir travailler à la CIA ! »
« H : Vous m'en voulez ? Mais que vous ai je fais ? demanda Harm sans comprendre.
« W : Je vous demande juste de faire votre boulot ! ça au moins vous le faites à peu près bien, ajouta t'il d'une voix lourde de sous entendus.
« H : Et vous croyez que je vais me laisser traiter comme cela ? s'énerva Harm. Vous pouvez le gardez votre boulot !
« W : Très bien ! Considérez que vous ne faites plus partie de la CIA. »
Harm allait répondre mais Webb avait raccroché. Il ne comprenait pas du tout l'attitude de Webb. Quoiqu'il en soit, il se retrouvait maintenant sans emploi et bizarrement, cela ne le chagrinait pas plus que cela de ne plus travailler pour la CIA. Il fallait voir le bon côté des choses, au moins il aurait du temps pour lui. Harm avait vraiment besoin de se retrouver seul pour faire le point sur sa vie qui se compliquait toujours plus…
7 juillet 2003
15h02 heure locale
QG du JAG
Mac était assise derrière son bureau et tapait avec entrain sur le clavier de son ordinateur quand on frappa à la porte. Elle leva la tête et remarqua Bud qui se tenait devant elle. Elle l'avait aperçut ce matin mais n'avait pas encore eut le temps de parler avec lui depuis qu'elle était revenue de Syrie.
« _M : Je peux faire quelque chose pour vous lieutenant ? demanda poliment Mac.
_B : En fait, Madame, je voulais savoir si vous aviez des nouvelles du capitaine Rabb. J'ai entendu dire qu'il faisait partie de la mission en Syrie.
_M : C'est exact, mais il n'est plus capitaine à présent, rappela Mac.
_B : Son nouveau travail à la CIA lui plait ? demanda Bud désireux de savoir ce que devenait son ami.
_M : Il n'a pas l'air de s'en plaindre. Apparemment, il travaille souvent avec Clay, répondit Mac en restant très évasive. »
En prononçant son nom, Mac se rappela ce qui s'était passé hier. Clay était venue la voir chez elle alors qu ‘elle s'attendait plutôt à voir Harm.. Il avait décidé de passer à la vitesse supérieure et lui avait clairement fait comprendre qu'il voulait avoir une relation avec elle. Mac l'avait repoussée, elle n'avait pas les mêmes sentiments à son égard. Lorsqu'il lui avait demandé si cela avait un rapport avec Harm, elle n'avait pas répondu. Clay était parti fâché, son orgueil avait été blessé.
Bud était toujours dans le bureau de Mac, il avait remarqué que la jeune femme ne semblait plus vraiment être dans son bureau.
« _B : Vous allez bien Madame ?
_M : Oui, oui, Bud. Et vous, comment s'est passé votre procès contre le colonel Atkins, ce matin ? demanda t'elle en revenant sur terre.
_B : Pas très bien, j'ai perdu. Le colonel Atkins est vraiment très fort, déclara t'il d'un air désespéré.
_M : Vous ne devez pas vous laisser intimider par lui, vous êtes un très bon avocat, avoua Mac pour motiver Bud.
_B : Merci, Madame, répondit Bud en se dirigeant vers la sortie. Et si vous revoyez le capitaine Rabb, passez lui le bonjour de ma part, ajouta t'il en sortant. »
« M : Il n'a pas l'air pressé de me revoir » murmura Mac alors que Bud avait déjà quitté son bureau.
11 juillet 2003
18h12 heure locale
Appartement de Harm
Harm était satisfait de sa journée, il l'avait passé à voler avec « Sarah ». Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas sentit aussi bien. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le seul endroit où il se sentait vraiment chez lui, en ce moment, était dans les airs à bord de son cher biplan. Voler lui faisait oublier tous ses soucis et surtout à quel point le JAG, ainsi qu'une certaine personne y travaillant, lui manquait. Harm savait qu'il ne devait pas trop attendre pour parler à Mac mais il avait vraiment besoin de faire le point, seul. Il venait d'ouvrir la porte du frigo lorsqu'on frappa à la porte. Il referma le frigo et alla ouvrir, se demandant qui pouvait bien être son visiteur.
« _S : J'espérais bien boire une bière avec un ami qui ne m'a pas donné de ses nouvelles depuis un mois, déclara Sturgis en souriant.
_H : Entre. J'allais justement en boire une, répondit Harm en refermant la porte derrière Sturgis qui alla s'asseoir sur un fauteuil.
_S : La CIA ne te laisse pas une seconde répit, constata Sturgis en remarquant le sac que Harm avait emmener lorsqu'il était parti voler.
_H : Au contraire, mais Mac ne te l'a pas dit ? demanda Harm surpris, en s'asseyant en face de Sturgis.
_S : Mac ne m'a pas dit quoi ? rétorqua Sturgis, intrigué, en saisissant la bière que Harm lui tendait.
_H : Webb m'a viré de la CIA. Je pensais qu'il l'avait dit à Mac.
_S : Je ne crois pas qu'elle le sache. Elle serait encore de plus mauvaise humeur ! lâcha Sturgis avec un sourire malicieux.
Harm ne releva pas la déclaration de Sturgis. Peut être avait il raison, Mac ne le savait probablement pas.
_H : A part ça, tout va bien au JAG ?
_S : Oh, ça va si ce n'est que l'on est tous débordés. Le capitaine Manetti est partie, et le colonel Atkins et moi sommes très occupés avec le procès de Tarik qui traîne en longueur. Bud est moins présent pour être aux côtés d'Harriet. Quand à Mac, elle a la tête ailleurs en ce moment. Bref, on aurait bien besoin d'un coup de main, ajouta Sturgis en regardant Harm.
_H : Si ça ne tenait qu'à moi… déclara Harm avant de boire une gorgée. »
12 juillet 2003
11h17 heure locale
Maison de l'amiral Chegwidden
Le week-end s'annonçait magnifique. Le soleil était le seul élément décelable dans ce ciel si bleu. Pas le moindre nuage à l'horizon et pas l'ombre d'un courant d'air. Le seul nuage visible était constitué de la poussière que les roues d'une puissante corvette rouge propulsaient dans les airs. La corvette stoppa à hauteur de la maison. Harm en sortit, vêtu d'un jeans et d'un polo bleu marine. Il appréhendait cette nouvelle rencontre avec l'amiral car il ne l'avait pas revu depuis qu'il avait démissionné un mois et demi plus tôt. Harm se retrouva sous la véranda et retira ses lunettes de soleil. Ce lieu lui rappelait des souvenirs à la fois bons et mauvais. La porte était grande ouverte. Il frappa tout de même.
« _H : Il y a quelqu'un ? demanda t'il en élevant la voix. »
Il n'eut pas de réponse, la maison semblait vide et sans bruit.
« _H : Amiral, vous êtes là ? répéta Harm en criant presque.
_A : Ce n'est pas la peine de hurler Harm. Je ne suis peut être plus tout jeune, mais mes facultés auditives sont excellentes, rétorqua l'amiral alors qu'il arrivait de l'autre côté de la véranda.
_H : Excusez moi, Monsieur. Je me demandais pourquoi vous ne répondiez pas alors que la porte était ouverte, expliqua Harm en tendant la main pour serrer celle de l'amiral.
_A : J'étais simplement parti chercher des documents dans ma voiture qui est garé derrière. Entrez. Vous allez bien ?
_H : En fait, c'est un peu pour cela que je suis ici… »
12 juillet 2003
11h19 heure locale
Georgetown
C'était un samedi très agréable et idéal pour faire du shopping. Mac avait décidé de se balader et de renouveler sa garde robe. Les rues regorgeaient de monde en cette saison. Mac sortait de son troisième magasin et s'était déjà offert une robe légère, deux petits hauts très sympa et un pantalon qui lui allait à ravir. Elle avait tout regroupé dans un seul sac, facilitant ainsi ses déplacements. Alors qu'elle arrivait à l'angle de la rue, elle faillit percuter une jeune femme blonde qui sortait d'un bar. Lorsque celle ci releva la tête, les deux jeunes femmes se reconnurent instantanément.
« _M : Miss Gayle, quelle coïncidence ! déclara Mac d'un air étonné.
_C : En effet ! Vous allez bien colonel Mackenzie ? demanda Catherine poliment.
_M : Très bien, je profite de cette belle journée. Vous aussi ?
_C : Je le voudrais bien mais je travaille, expliqua t'elle en haussant les épaules.
_M : Décidément, vous ne vous arrêtez jamais à la CIA. Harm n'est pas avec vous ? demanda Mac en regardant derrière Catherine.
_C : Cela ne risque pas ! rétorqua t'elle.
_M : Que voulez vous dire ? demanda Mac sans comprendre l'allusion de Catherine.
_C :Vous n'êtes pas au courant ? Il ne fait plus partie de la CIA, il a été renvoyé. »
A cet instant, Mac ne savait plus quoi répondre. Une fois de plus, elle avait l'impression d'être la dernière à savoir ce qui se passait dans la vie de Harmon Rabb. Ces derniers temps, elle se sentait plus que jamais exclue de sa vie et elle lui en voulait.
12 juillet 2003
11h23 heure locale
Maison de l'amiral Chegwidden
Harm et l'amiral étaient assis autour d'une table et discutaient tranquillement en buvant leur bière.
« _A : Alors comment se passe votre travail à la CIA ?
_H : Cela se passait bien jusqu'à la semaine dernière.
_A : Que voulez vous dire ?
_H : J'ai été renvoyé.
_A : Je le sais. Et je me demandait combien de temps il vous faudrait avant que vous ne veniez me voir.
_H : Sturgis vous a tout dit
_A : Non, c'est Webb qui m'a fait savoir que si je voulais vous reprendre dans mon équipe je le pouvais. Il m'a dit que vous n'étiez pas fait pour travailler à la CIA.
_H : Et il a raison. Je dois avouer que j'ai apprécié ces quelques semaines passées sur le terrain. Mais mon métier d'avocat me manque, le JAG me manque.
_A : C'est vous qui l'avez choisit Harm. Vous avez démissionné rappelez vous.
_H : C'est vrai. Je croyais que c'était le bon choix, mais je m'étais trompé. Je le regrette maintenant.
_A : Et qu'est qui vous fais croire que j'accepterais de vous réintégrer dans l'équipe ?
_H : Même si vous pensez que je me laisse contrôler par mes émotions, je reste un excellent avocat. De plus, je crois savoir que vous manquez de personnel en ce moment.
_A : C'est exact, mais vous n'êtes pas le seul avocat disponible dans la marine ! »
Cette phrase eut l ‘effet d'un coup de poignard pour Harm. La partie qui loin d'être jouée d'avance semblait peine perdue.
« _H : Vous avez raison, excusez moi de vous avoir dérangé, dit il en se levant. A un de ces jours amiral, ajouta t‘il en se dirigeant vers la porte. »
Harm avait atteint la porte et s'apprêtait à quitter la maison. Il se demandait bien ce qu'il lui avait pris de venir ici en espérant convaincre l'amiral. A cet instant, l'amiral se tourna vers lui pour prononcer une phrase qu'il n'espérait plus.
« _A : Je vous attend lundi matin, dans mon bureau, à 9h précises, capitaine !
_H : A vos ordres, merci amiral, déclara Harm en retrouvant le sourire.
_A : Ne me remerciez pas, vous ne savez pas ce qui vous attend… »
14 juillet 2003
8h58 heure locale
QG du JAG
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et l'homme qui en sortit surpris tout le monde. Les quelques personnes déjà présentes à cette heure se retournèrent sur son passage et certains laissèrent échapper un sourire. Harm, vêtu de son uniforme se dirigeait tranquillement vers le bureau de l'amiral. Sa démarche laissait transparaître une certaine nervosité. En effet, il se demandait comment se passerait son retour au JAG et, plus que tout, il se demandait comment Mac réagirait lorsqu'elle le verrait ici. Il ne lui avait pas parlé depuis cette fameuse mission en Syrie, 2 semaines plus tôt.
Harm passa devant le quartier-maître Coates qui ne cacha pas sa satisfaction de retrouver le capitaine de frégate.
« _J : Ravie de vous revoir parmis nous , monsieur, déclara Jen en se levant.
_H : Merci Jen. Je suis content de revenir. L'amiral est là ?
_J : Oui, allez y, il vous attend. »
Harm n'attendit pas plus longtemps, il frappa à la porte de l'amiral. Après avoir entendu « entrez », il pénétra dans le bureau.
« _H : Capitaine Rabb au rapport, monsieur ! déclara Harm, droit comme un piquet.
_A : Repos, asseyez vous Capitaine, répondit calmement l'amiral assis derrière son bureau. »
Harm obtempéra sur le champ. Il faisait face à l'amiral qui enleva ses lunettes. Harm se demandait bien quel sort il lui réservait pour son retour.
« _A : Comme vous le savez sûrement, nous avons un nouvel élément dans notre équipe, le lieutenant colonel Atkins.
_H : Oui, monsieur, je l'ai rencontré lors de la mission en Syrie.
_A : Bien. Le capitaine Manetti étant partie, vous comprendrez que ce soit le colonel Atkins qui récupère son bureau. Le capitaine Turner occupe le bureau où vous étiez avant, vous occuperez donc son ancien bureau. Nous croulons sous les dossiers mais ne croyez par pour autant que vous retournerez dans un tribunal de si tôt. Des piles de dossiers attendent sur votre bureau d'être étudiés et classés. Voilà, je pense que c'est tout. »
Harm ne s'attendait pas à obtenir un traitement de faveur mais il n'aurait jamais pensé être obligé de classer des dossiers ! Voyant qu'il ne réagissait pas l'amiral l'interpella :
« _A : Des questions Capitaine ?
_H : Non, non, Amiral.
_A : Alors rompez, vous avez du boulot Rabb ! rétorqua l'amiral en remettant ses lunettes et baissant la tête pour lire son dossier.
_H : A vos ordres ! répondit Harm en prenant congé de son supérieur. »
Une fois sortit du bureau de l'amiral, Harm était encore abasourdi par tout le travail qu'il devrait fournir. Mais il était, par dessous tout, satisfait de revenir travailler au JAG. Et peu importe s'il devait faire la basse besogne, il le ferait, enfin pendant un certain temps. Du moins jusqu'à ce qu'il regagne la confiance de l'amiral. Préoccupé par ses nouvelles attributions, il n'avait pas remarqué qu'il se dirigeait vers le bureau de Sturgis qui n'était plus le sien. Il fit rapidement volte face, et se retrouva nez à nez avec…
« _H : Mac !
_M : Harm ?!! déclara t'elle en l'observant de la tête au pied sans comprendre pourquoi il était ici et en uniforme ! »
Harm était dans l'incapacité de déchiffrer clairement l'expression sur le visage de Mac. Visiblement, elle ne savait pas trop quoi penser elle même . Cependant, Il pouvait y lire une grande incompréhension qui se transforma bientôt en ce qui allait être l'une de ses plus grandes colères…
A SUIVRE…