Chapitre 3 : « En échange de la vie »

27 juin 2003

8h56 heure locale

QG du JAG

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent lentement et le lieutenant-colonel Sarah Mackenzie en sortit d'un pas assuré, se dirigeant vers son bureau. Comme d'habitude, elle était légèrement en avance et tous les regards masculins se tournèrent vers elle. Auparavant, Mac était plutôt fière de susciter autant d'admiration chez la gente masculine. Seulement, ces derniers temps, elle avait l'esprit ailleurs et elle n'y prêta aucune attention. Mac croisa Harriet qui la salua :

« _H : Bonjour Madame.

_M : Bonjour Harriet. Comment vous portez vous ce matin?

_H : Ca peut aller, même si j'éprouve quelques difficultés à me déplacer, répondit Harriet en faisant une grimace. »

La jeune femme entamait son huitième mois de grossesse et le gonflement de ses chevilles affectait ses moindres déplacements.

« _M : Rassurez vous, il n'y en a plus pour très longtemps, répondit Mac en compatissant.

D'ailleurs, si je ne m'abuse, c'est votre dernier jour ici ?

_H : C'est exact. La présence d'une baleine n'est pas réglementaire, même dans la marine ! déclara Harriet en se moquant de sa silhouette et en regagnant son bureau. »

Mac ne put s'empêcher de sourire à la plaisanterie de son amie. Elle entra dans son bureau, accrocha son manteau et alluma son ordinateur. En sortant les dossiers de sa serviette, elle jeta un œil à son ordinateur et remarqua qu'elle avait reçu un e-mail. Son cœur s'accéléra pendant quelques secondes, elle n'avait pas eu de nouvelles de Harm depuis leur dernière dispute, 3 semaines auparavant. Il devait probablement être en mission à l'autre bout du monde. Elle cliqua sur sa messagerie et fut déçue de découvrir que ce message ne provenait pas de Harm mais de… Cupidon  ????? Qui était ce ?

Objet : Proposition décente et plus si affinités…

 

Message :

Ma chère Sarah,

Je suis plus que ravi d'avoir enfin quitté cet hôpital si ennuyeux, mais je serais encore plus heureux si vous acceptiez de venir dîner avec moi ce soir.

Je passerai vous prendre vers 20h00, mettez votre plus belle robe…

Tendrement

 

Cupidon

 

 

Mac esquissa un sourire en lisant ce message car elle reconnut immédiatement son destinataire. Elle se disait que cette soirée serait le meilleur moyen de se changer les idées et décida d'accepter l'invitation. Et puis, Clayton Webb était tellement mignon lorsqu'il prenait ses airs de prince charmant…

27 juin 2003

14h34 heure locale

QG de la CIA

Harm n'avait pas une minute à lui depuis qu'il travaillait pour la CIA. Il était rentré de mission hier et se retrouvait avec une montagne de paperasse à remplir. Il fallait se rendre à l'évidence, il serait bloqué ici toute la journée. Cependant, il était relativement satisfait d'avoir autant de boulot, cela l'empêchait de penser à autre chose et en particulier à quelqu'un…Il était tellement occupé et concentré qu'il n'entendit pas Catherine Gayle frapper à la porte de son bureau.

« _C : Bonjour, Harm ! De retour de mission ? demanda t'elle en désignant la paperasse.

_H : Oui et je vais finir pas regretter mon choix, répondit Harm, lassé de devoir remplir autant de documents.

_C : Ca tombe bien, j'ai une bonne idée pour vous changer les idées, ajouta t'elle en souriant

_H : Continuez, vous m'intéressez, répondit Harm en lui rendant son sourire.

_C : Il me semble que nous n'avons toujours pas résolu notre problème de « divorce ».

_H : C'est exact, mais où voulez vous en venir ? demanda Harm en fronçant les sourcils.

_C : A un dîner, ce soir, je connais un petit restaurant très charmant, à deux pas d'ici. Qu'en dîtes vous ? proposa Catherine en penchant la tête.

_H : C'est d'accord, je passe vous prendre à 19h30, répondit Harm avec un large sourire.

_C : Alors à ce soir…dit elle en quittant son bureau.

Après le départ de Catherine, Harm se posait des questions sur cette soirée. Cela ressemblait à un rendez-vous galant. Bien qu'il n'avait pas vraiment la tête à cela en ce moment, il se dit que cela ne lui ferait pas de mal de sortir. A cet instant, il eu une pensée pour Mac, que faisait elle en ce moment ? Elle devait sûrement penser à Webb, se dit il, avec dépit, en se remettant au travail.

Au même moment, dans une autre aile du bâtiment de la CIA, Webb revenait d'un déjeuner avec son patron. Il s'affala sur son fauteuil derrière son bureau, visiblement il avait trop manger ! Cela changeait radicalement de l'infâme nourriture à laquelle il avait le droit à l'hôpital il y a encore une semaine. Il observa son écran d'ordinateur et ne fut pas surpris de lire : «  Vous avez un nouveau message » , Mac avait dut répondre se dit il en cliquant dessus.

Objet : Sérieux dilemme…

 

Message :

Cher Cupidon,

Je suis contente d'avoir eu de vos nouvelles et j'espère que la reprise n'a pas été trop difficile. Concernant votre invitation à dîner, je suis prise entre deux feux. Car, voyez vous, le vendredi est réservé exclusivement à la promenade de Jingo et je doute qu'il apprécie que je manque à mon devoir.

Mais bon, je vais faire une exception pour vous et dénicher une robe à me mettre…

Au fait, je serais curieuse de voir à quoi vous ressembleriez avec des ailes dans le dos, un arc et des flèches !

A ce soir, 20h précises…

 

Sarah

Webb ne put s'empêcher de sourire en lisant la réponse de Mac. Il se disait que cette femme lui plaisait vraiment et qu'il allait mettre le paquet pour la séduire. Et puis, il avait toutes ses chances maintenant que Rabb n'était plus dans les parages !

27 juin 2003

19h53 heure locale

Restaurant « La bonne étoile »

Washington D.C.

La cuisine et le service semblaient irréprochables, à en juger le nombre important de personnes qui avaient choisi ce restaurant. Harm et Catherine venaient de s'installer à la table qui leur était réservée. Leurs commandes passées, ils commencèrent à discuter.

« _C : Alors, votre nouveau travail à la CIA vous convient ? demanda Catherine en remettant en place une mèche rebelle.

_H : Je ne m'en plains pas, répondit Harm aussi évasif que d'habitude.

_C : Le JAG ne vous manque pas ? dit elle en le fixant

_H : Pas du tout et cela ne fait que 3 semaines ! rétorqua t'il avec un sourire ironique.

_C : Vraiment ? Vos collègues non plus ? insista t'elle, peu convaincue par la réponse de Harm »

Harm ne répondit pas, il se contenta de pencher le tête et de sourire. Visiblement, c'était un sujet qu'il refusait d'aborder.

27 juin 2003

19h59 heure locale

Appartement de Mac

Mac venait d'ajouter la dernière touche à son maquillage lorsqu'elle entendit trois coups frappés à la porte. Elle s'empressa d'aller ouvrir. Webb se trouvait devant elle, très chic dans son costume beige et avec son bouquet de roses rouges. Mac sourit en se disant que non seulement il était tout à fait charmant, mais en plus il était ponctuel. De son côté, Webb ne pouvait articuler le moindre son. La femme qui se trouvait devant lui était tout simplement superbe ! Quelle classe elle avait dans cette robe noire qui laissait largement suggérer les formes de son corps si parfait. Mac se rendit compte de l'effet qu'elle produisait sur lui et parla la première :

« _M : Vous comptez dîner sur le pas de ma porte ? dit elle en riant

_W : Si vous êtes avec moi, ça ne pose pas de problème. Vous êtes vraiment très belle Sarah, répondit il en souriant d'un air malicieux alors qu'il pénétrait dans l'appartement.

_M : Merci, vous n'êtes pas mal non plus, rétorqua t'elle en allant mettre les roses dans un vase.

_W : Vous êtes prête ? demanda Webb en jetant un œil dans l'appartement.

_M : Oui, il ne me reste plus qu'à prendre ma veste, répondit Mac.

_W : Prenez votre temps, j'ai réservé pour 20h30, affirma t'il en mettant ses mains dans ses poches.

_M : Et puis je savoir où vous comptez m'emmener, Cupidon ? demanda Mac en allant chercher son manteau.

W : C'est une surprise…

27 juin 2003

20h22 heure locale

Restaurant « La bonne étoile »

Washington D.C.

Le service battait son plein. Dans un coin relativement isolé et tranquille, Harm et Catherine savourait leur entrée et discutaient toujours.

« _C : Je n'en revenais pas l'autre jour lorsque je suis allez voir ma mère à l'hôpital. Elle était levée et prête à rentrer chez elle ! déclara Catherine avant de déguster une bouchée de cette délicieuse entrée.

_H : C'est formidable ! répondit Harm en s'essuyant la bouche avec sa serviette.

_C : Oui, je n'avais plus d'espoir. Le seul problème, c'est que maintenant elle n'a plus qu'une seule idée en tête, nous remarier mais dans une église avec toute la famille et les amis !

_H : Le seul vrai problème, c'est de lui avouer que ce mariage est bidon sans qu'elle ne retombe malade ! rétorqua Harm avec un sourire ironique.

_C : Justement, je me disais que ce serait mieux que nous soyons tous les deux pour lui annoncer, proposa t'elle d'une voix incertaine. »

Harm n'eut pas le temps de répondre car deux têtes familières firent leur apparition au dessus de leur table. Visiblement, ils semblaient étonnés de les trouver attablés ensemble.

« _B : Bonsoir, madame. Monsieur, je suis vraiment content de vous revoir. Comment allez vous ? demanda Bud avec entrain.

_H : Tout va bien Bud, mais vous pouvez m'appeler Harm maintenant, lui dit il en lui serrant la main.

Et comment va votre père ?

_B : Beaucoup mieux, merci.

_H : Et vous Harriet, votre grossesse se déroule bien apparemment ?

_Ha : Oui, ça va d'autant plus que c'était mon dernier jour au JAG aujourd'hui ! répondit elle en souriant. C'est pourquoi mon cher mari s'est décidé à m'inviter au restaurant, ajouta t'elle en prenant le bras de Bud.

_B : Bon, nous allons vous laissez. Qui sait, nous allons peut être rencontrer le colonel, elle devait dîner avec Monsieur Webb ce soir, déclara Bud en recevant de sa femme un petit coup de coude dans les cotes.

_Ha : Passez une bonne soirée, dit Harriet en éloignant Bud de la table.

_C : Merci, vous aussi, répondit Catherine. »

Harm n'avait pas répondu, la déclaration de Bud avait réveillé une vieille rancœur. Visiblement, Mac et Webb étaient plus que jamais ensemble. Cette idée lui déplaisait fortement mais il en avait marre de se faire du mal pour rien. Alors, il décida qu'il passerait une bonne soirée. Après tout, la femme qui se tenait en face de lui était loin d'être repoussante…

27 juin 2003

21h18 heure locale

Restaurant « La flèche dans le cœur »

Washington D.C.

Le cadre choisit par Webb était sans aucun doute très romantique. De nombreux couples dînaient à la lumière des chandelles alors que les douces notes d'un piano envoûtait l'atmosphère. A leur table, Mac et Webb trinquaient avec des flûtes de champagne. Les deux flûtes contenaient en fait de l'eau gazeuse. Visiblement, se dit Mac, il me sort le grand jeu ce soir. Cela n'était pas pour lui déplaire. Le restaurant était charmant, la nourriture délicieuse et Clay adorable. Elle passait vraiment une agréable soirée.

« _W : Je lève mon verre à l'avenir, puisse t'il être aussi plaisant que cette soirée, déclara t'il en souriant. »

Mac rougit imperceptiblement et, à son tour, leva son verre.

« _M : A l'avenir, répondit elle alors que leur deux verres s'entrechoquaient.

_W : A quoi pensez vous ? demanda Clay en reposant son verre après avoir bu une gorgée.

_M : Je me disais juste que vous ne laissez rien au hasard.

_W : A quoi faites vous allusion ?

_M : Au nom du restaurant, Cupidon ! répondit Mac en souriant.

_W : Ah ça ! Ce n'est qu'une pure coïncidence, dit il en haussant les sourcils.

_M : Vous avez beau être un agent secret, vous mentez bien mal ! ajouta t'elle en secouant la tête.

_W : C'est parce que quand vous êtes avec moi, je perds tous mes moyens Sarah, déclara Clay en lui prenant la main . »

Mac ne savait quoi répondre. Elle se sentait vraiment touchée par l'aveu de Clay. Cependant, elle ressentait un certain malaise. A ce moment, la sonnerie du portable de Webb la sortit de ses pensées.

« _W : Je suis désolé mais ce doit être une urgence, rétorqua Webb, gêné.

_M : Je vous en prie, répondit Mac d'un ton compréhensif. »

Webb décrocha en faisant la grimace, ils choisissaient bien mal leur moment !

« W : Oui ? »

………….

« W : Vous en êtes sûr ? »

………….

« W : Très bien, je le préviens et on arrive »

Webb semblait vraiment contrarié de devoir écourter cette soirée.

« _W : Sarah, à mon grand regret, nous allons devoir en rester là pour ce soir.

_M : Rien de grave ? demanda Mac.

_W : Une urgence pour le boulot. Je vous ramène ? demanda t'il gentiment

_M : Bien sur, répondit elle, un peu déçue de terminer la soirée si tôt.

Dans la voiture, Webb avait une main sur le volant et l'autre tenait son portable, il appelait quelqu'un. A côté, confortablement installée sur le siège passager, Mac, intriguée, se demandait quel type d'affaire pouvait nécessiter une intervention à cette heure. Après quelques secondes, Webb parvint à joindre son interlocuteur.

« W : Rabb ? »

En entendant ce nom, Mac eut un sursaut, ce qui n'échappa pas à Webb.

« W : Je ne vous dérange pas ? »

………………

« W : oh….Ecoutez, vous devez vous rendre au point de rencontre tout de suite, c'est important. »

………………

« W : Je vous y attends. oh et Rabb, passez le bonjour à Catherine de ma part. »

Mac avait tout à fait compris la dernière remarque de Webb et ne put s'empêcher de ressentir une boule à l'estomac. Ainsi, Harm et sa « femme » ne semblaient plus se quitter. Cette constatation la troublait plus qu'elle ne voulait l'admettre…

30 juin 2003

9h05 heure locale

QG du JAG

Mac et le remplaçant de Harm, le lieutenant-colonel Josh Atkins, avaient été convoqués dès leur arrivée dans le bureau de leur supérieur. L'amiral était assis derrière son bureau, ses officiers étaient confortablement installés dans les fauteuils devant lui. Mac observa son nouveau partenaire, cela faisait maintenant une semaine qu'il travaillait au JAG. Il avait la quarantaine tout juste, le teint mat, de beaux cheveux noirs et une carrure assez impressionnante. Il était sans aucun doute charmant mais aussi très prétentieux et macho ! Cependant, elle devait reconnaître qu'il était doué. D'ailleurs, Mac l'avait appris à ses dépends la semaine dernière lorsqu'elle avait perdu son procès face à lui. L'amiral sortit Mac de ses pensées.

« _A : Il y a trois jours, le major Adam Riley et l'agent Daniel Rollins ont été enlevés par un groupe de terroristes en Syrie alors qu'ils tentaient de s'infiltrer. Il semblerait que ces terroristes aient parfois collaboré avec un groupe appartenant à Al Kaida.

_M : Mais quelle était leur mission, Monsieur ?

_A : Le major Riley et l'agent Rollins travaillaient en étroite collaboration. Ils se faisaient passer pour des marchants d'armes afin de savoir ce que préparait Al Kaida. Malheureusement, ils ont été démasqués et les terroristes les retiennent prisonniers.

_M : Sauf votre respect Monsieur, pourquoi ne les ont ils pas tuer, ils en savent beaucoup trop ?

_A : Vous avez raison colonel, mais ces deux hommes représentent une monnaie d'échange non négligeable. Les terroristes réclament cinq millions de dollars en échange de leur vie.

_J : Cinq millions de dollars ! Le gouvernement n'acceptera jamais de donner une telle somme à des terroristes en échange de deux vies humaines.

_A : C'est probable colonel, mais ces deux vies permettraient d'en sauver beaucoup d'autres. Il est fort probable que ces deux hommes en sachent suffisamment sur les intentions et les moyens d'Al Kaida pour nous éviter un nouvel attentat.

C'est pourquoi, je vous envoie tous les deux en Syrie pour participer aux négociations et pour vous assurer que nous en apprenions autant que la CIA. »

1 er juillet 2003

10h06 heure locale

Camps de l'armée U.S.

34 Km au sud d'Idlib

Syrie

Mac et Josh étaient arrivés en Syrie quelques heures plus tôt. Le décalage horaire était assez important mais ils s'étaient tous les deux reposés dans l'avion. A présent, ils se tenaient devant leur supérieur, le commandant Gibbs, dans la tente réservée à l'organisation des opérations.

« _Gibbs : Les terroristes sont entrés en contact avec nous. L'échange doit avoir lieu dans une petite église à 28 Km au Sud Est d'ici, demain à 17h. Si au delà de ce délai nous ne leur livrons pas l'argent, Riley et Rollins seront morts.

_Mac : Vous avez l'argent, Monsieur ?

_G : Non, bien sur. Le président a refusé de traiter avec les terroristes.

_Josh : Quel est votre plan alors ? demanda le colonel.

_G : Nous allons les piéger avec des faux billets, répondit le commandant en croisant les bras.

_M : Sauf votre respect, Monsieur, vous ne pensez pas que les terroristes vont se méfier du coup des faux billets ? demanda Mac en suivant le commandant à l'extérieur de la tante.

_G : Pour ce genre de questions, adressez vous à la CIA et en particulier à cet homme, répondit le commandant en s'éloignant»

Mac observa l'homme que le commandant avait désigné et qui parlait avec d'autres agents. Ce n'était autre que…

« M : Webb ! »

Mac eut un sursaut, si Webb était ici, cela signifiait que…

« Bonjour Marine ! » murmura une voix derrière elle.

Elle n'eut pas besoin de se retourner car elle savait sans le moindre doute qui se trouvait derrière elle.

« _M : Harm ! Mais que faites vous ici ? demanda Mac en se retournant, sans réfléchir à l'absurdité de sa question.

_H : La même chose que vous, je travaille ! répondit il en s'amusant de la surprise de Mac.

_M : C'est vrai que vous travaillez pour la CIA maintenant, rétorqua Mac d'un ton lourds de sous entendus et pleins de reproches. »

Harm ne répondit pas à la remarque de Mac car ils n'étaient pas tout à fait seul…

_H : Vous ne me présentez pas ? demanda Harm en désignant l'homme qui se tenait fièrement aux côtés de Mac.

_M : Si bien sûr, voici le lieutenant colonel Josh Atkins, votre remplaçant. Colonel, c'est Harmon Rabb JR, nouvelle recrue de la CIA, répondit Mac toujours sur la défensive. »

Les deux hommes échangèrent une poignée de main très musclée.

« _J : C'est donc vous le fameux capitaine Rabb. Bud n'a cessé de me parler de mon prédécesseur.

_H : Et pas le colonel Mackenzie ? demanda Harm en tentant de provoquer Mac à son tour. »

Mac ne voulut pas en entendre d'avantage et alla saluer Webb, ce qui n'était pas pour plaire à Harm. Josh avait tout de suite compris que quelque chose c'était passé entre ces deux anciens collègues. Le malaise était facilement perceptible rien que par les regards qu'ils échangeaient. Il se demanda si ces deux là n'avaient pas été plus que des collègues…Enfin, tout cela ne le regardait pas après tout.

Harm regarda Mac saluer Webb. Il était content de la voir mais la rancœur qu'il éprouvait avait automatiquement refait surface. Elle était plus que jamais attirante. Apparemment, elle semblait lui en vouloir d'avoir quitter le JAG. Et bien tant pis, se disait il, de toutes façons elle n'avait pas l'air d'avoir besoin de lui. Elle avait un garde du corps, pensa t'il en faisant allusion au colonel Atkins, et son petit ami, se dit il alors qu'elle adressait un large sourire à Webb.

Mac discutait avec Webb qui semblait ravi de la voir. Cependant, elle avait la tête ailleurs. Elle pensait à Harm. Décidément, la CIA semblait lui réussir, il avait plutôt bonne mine avec son bronzage. De plus, il était vraiment charmant dans ce jeans et cette chemise bleu. Bref, la tenue vestimentaire de Harmon Rabb ne changeait en rien au fait qu'elle lui en voulait à mort !

1 er juillet 2003

21h43 heure locale

Camp de l'armée U.S.

Syrie

Le camp était devenu beaucoup plus calme en début de soirée. La tombée de la nuit avait considérablement réduit le nombre d'allées et venues des agents et des militaires. Tout le monde avait rejoint ses quartiers car la journée de demain ne serait pas de tout repos. Mac savait qu'elle ne trouverait pas le sommeil, elle avait donc décidé de faire le tour du camp pour réfléchir. L'après midi avait été consacré à la mise au point du plan de la mission et elle n'avait pas revu Harm depuis ce matin. Apparemment, la CIA préparait aussi la mission de son côté. Webb avait été présent lors des discussions avec le commandant, elle avait d'ailleurs dîner avec lui dans la tente réservée à la restauration des militaires.

Mac se demandait toujours comment Harm avait pu démissionner sans même lui en parler avant. Le pire c'est qu'il semblait lui en vouloir à elle et ça elle ne le comprenait pas. A quelques mètres de la dernière tente du camp, Mac s'assit au pied d'un arbre et observa les étoiles. Le ciel était vraiment magnifique, cela lui rappelait l'Afghanistan. Perdue dans ces pensées, elle n'entendit pas la personne qui arrivait à ses côtés.

« _H : Vous ne dormez pas ? demanda Harm qui se tenait à coté de Mac

_M : Décidément ! Vous faites vraiment exprès de me surprendre aujourd'hui, rétorqua Mac après avoir sursauté.

_H : Je me demande à quoi vous pouviez bien penser, déclara Harm en s'asseyant à côté de Mac.

_M : Je me disais que ce ciel était aussi étoilé qu'en Afghanistan, répondit Mac en levant la tête vers ce ciel.

Mais ceci a probablement disparu de votre mémoire, comme le reste d'ailleurs, ajouta t'elle d'un ton méprisant.

_H : Que voulez vous insinuer ? demanda Harm surpris par tant d'agressivité dans la voix de Mac.

_M : Rien du tout, dit elle en se levant pour partir. »

Mais Harm ne lui laissa pas le temps de s'enfuir, il venait de se lever à son tour et la retenait fermement par le bras.

« _H : Attendez ! Je veux savoir pourquoi vous êtes aussi furieuse contre moi, dit il en la fixant droit dans les yeux.

_M : Je ne suis pas furieuse ! dit elle en haussant la voix

_H : Vraiment ? demanda t'il d'un ton ironique

_M : Non, je suis blessée et déçue ! répondit elle, les yeux remplis de colère.

_H : Je ne vois vraiment pas pourquoi, répondit Harm d'un ton faussement désintéressé.

_M : De toutes façons, vous ne comprenez jamais rien ! rétorqua Mac en extirpant son bras de l'emprise de Harm. »

Elle revenait vers le camp mais Harm la suivait, bien décidé cette fois, à s'expliquer avec elle.

« _H : Je peux comprendre, encore faut il que vous me disiez clairement ce qui ne va pas !

_M : ça vous va bien de dire ça, Monsieur je quitte le JAG sans en parler à personne ! rétorqua t'elle en continuant à marcher.

_H : Vous n'aviez pas l'air de vous soucier de moi ! Mais vous étiez peut être trop occupée avec Webb ! répondit Harm alors que Mac s'arrêta pour lui faire face.

_M : Je ne vois pas ce que vous voulez dire. Et vous pouvez parler, Monsieur Gayle !

Nous nous étions disputés, d'accord, mais vous auriez pu m'avertir que vous quittiez le JAG. J'ai quand même été votre partenaire pendant 8 ans ! Mais non ! Vous avez disparu comme un voleur sans prendre le temps de m'expliquer ! En ce qui concerne Webb, je m'entends très bien avec lui c'est tout, mais je ne vois pas en quoi cela vous regarde. »

Mac avait lâché cette tirade d'une seule traite laissant Harm sans voix comme à l'accoutumée. Elle s'était instinctivement rapprochée de lui lorsqu'elle avait sorti ces mots et il la regardait fixement sans réagir.

« _M : De toutes façons, je ne vois pas pourquoi je m'efforce à vous dire tout ça puisque vous vous en moquez. Parfois j'ai vraiment l'impression de ne rien représenter pour vous, ajouta t'elle d'une voix triste en se retournant. »

Elle ne put s'éloigner plus loin car une main puissante venait de l'agripper par la taille. Harm ramena Mac violemment contre lui et pris possession de ses lèvres avant qu'elle ne puisse articuler le moindre son. Ce baiser était plein de violence et de passion. Il représentait toute la frustration accumulée ces dernières années. Au bout de quelques instants, la tendresse remplaça la passion. Mac ne réfléchissait plus, elle ne comprenait pas cette vague d'émotions qui la traversait. Harm mit fin à ce baiser laissant Mac étourdie et perdue dans ses nouvelles sensations.

« _H : J'espère que ceci a répondu à toutes vos questions, murmura Harm alors qu'il tenait toujours Mac dans ses bras »

Mac ne pouvait articuler le moindre son, elle ne connaissait pas Harm si spontané, du moins pas avec elle. Elle était vraiment surprise de sa réaction, aussi agréable fut elle. Harm ne lui laissa pas le temps de s'exprimer car il était déjà parti, la laissant seule avec toutes ses émotions…

2 juillet 2003

15h39 heure locale

Route de Damas

Syrie

Toutes les équipes participant à l'opération, agents et militaires, avaient levé le camp et faisaient route à destination du lieu de rendez vous. C'était une belle journée d'été, très ensoleillée. La température extérieure avoisinait les 40°C, ce qui, en plus du stress, était pénible pour tous ceux impliqués dans cette délicate mission.

Mac et Josh avaient leur propre jeep, c'était elle qui conduisait. En tant qu'avocats, c'est eux qui avaient été choisis pour procéder à l'échange. De plus, étant tous deux des marines, ils avaient une certaine expérience des missions sur le terrain.

« _J : Tout va bien colonel ? demanda Josh en remarquant que Mac n'avait pas dit un seul mot depuis qu'ils étaient partis.

_M : ça va, je me disais juste que cette mission est vraiment suicidaire, répondit elle préoccupée.

_J : En quoi livrer de faux billets à de dangereux terroristes serait il suicidaire ? plaisanta t'il

_M : Vous avez raison, je me sens tout de suite mieux ! répondit Mac en plaisantant à son tour. »

La CIA se déplaçait avec deux camionnettes noires. Dans l'une d'elles, Harm et Webb peaufinaient les derniers détails de leur intervention. Les terroristes surveilleraient les alentours de l'église pour s'assurer qu'ils ne préparaient aucun assaut. Au moindre doute, les deux américains ainsi que Mac et Josh seraient exécutés. Ils devaient donc se montrer très prudents et rusés…

Au bout d'une demi-heure, les véhicules stoppèrent à quelques kilomètres de la petite église où se déroulerait l'échange. Mac éteignit le moteur de la jeep et aperçu Harm qui descendait de l'une des camionnettes noires. Occupée à organiser la mission, elle n'avait pas revu Harm depuis hier soir et ce fameux baiser. Elle décida d'enlever cette image de sa tête car elle devait se concentrer sur la mission et sur rien d'autre. Webb vint à la rencontre de Mac et Josh.

« _W : Tout va bien, vous vous sentez prête ?

_M : Aussi prête que l'on peut l'être dans ce genre de situation, répondit Mac avec un faible sourire.

_W : Bien. Comme vous le savez, le chef de la bande, Tarik, est très intelligent et connaît bien toutes nos stratégies. C'est pourquoi, il y a un petit changement de dernière minute.

_J : C'est à dire ? demanda Josh d'un ton très intéressé.

_W : Tarik vient de nous contacter en exigeant que ce soit une femme et seulement une femme qui livre l'argent, ajouta Webb en regardant Mac.

_M : Voilà qui est rassurant…

_W : Ne vous inquiétez pas, les soldats ne seront pas loin et vous porterez un micro caché dans ce collier. Au moindre problème, nous interviendront. Vous ne serez pas si seule que vous le croyez, déclara t'il en mettant sa main sur son bras en signe de soutien.

Mac ne comprit pas exactement le sens de la dernière phrase de Webb mais il avait réussit à la rassurer.

_H : Décidément Webb, vous réservez toujours les meilleures missions pour Mac, déclara Harm qui se tenait à côté de Mac sans qu'aucun d'eux ne l'ai vu arriver. »

Harm regardait avec mécontentement la main de Webb tenant le bras de Mac. Webb retira sa main et défia Harm du regard.

« _W : Venez colonel Atkins, je vais vous expliquer votre nouveau rôle dans cette opération, rétorqua Webb en laissant Harm et Mac tous seuls. »

« _H : Vous savez Mac, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de vous envoyer seule dans la fosse aux lions !

_M : Vous vous inquiétez pour moi maintenant ? demanda t'elle pour le provoquer en croisant les bras.

_H : Je me disais seulement que tout le sort de cette mission reposait sur vous, ajouta t'il en prenant un air aussi éloigné que possible.

_M : Je vous remercie pour toute la confiance que vous me portez, répondit Mac, vexée, en s'éloignant.

_H : Mac ! dit Harm d'une voix plus élevée » 

En entendant ce ton suppliant, Mac se retourna et regarda Harm.

« _H : Soyez prudente, demanda t'il avec une expression très sérieuse sur le visage. »

Alors que Mac était captivée par le regard de Harm, Webb l'appela pour qu'elle vienne s'équiper.

2 juillet 2003

16h57 heure locale

Eglise de Himis

Syrie

Mac avançait lentement en direction de l'église. Plusieurs terroristes se trouvaient sur un rayon de 50 mètres autour de l'église. Ils étaient armés jusqu'aux dents, communiquaient à l'aide de talky Walky et surveillaient les alentours à l'aide de jumelles. Les soldats les plus proches se trouvaient à 200 mètres de l'église.

Mac pouvait pratiquement entendre les battements de son cœur et ses doigts serraient avec force la poignée de la précieuse mallette. Les terroristes la laissaient avancer jusqu'à ce quelle arrive à la porte. Deux des hommes de Tarik la fouillèrent afin de vérifier qu'elle ne portait pas d'arme. Constatant que les conditions avaient été respectées, les deux gardes la laissèrent entrer.

Mac poussa la porte de la petite église et entra en priant pour que ce lieu lui porte chance. Elle aperçut deux silhouettes au fond de l'église. En avançant, elle reconnut les deux hommes qui étaient agenouillés et dont les mains étaient fermement ligotés derrière leur dos. Riley et Rollins étaient vivants mais affaiblis par toutes les tortures qu'ils avaient du subir. Deux autres terroristes dirigeaient leur armes sur chacun d'entre eux.

« Avancez chère demoiselle, déclara une voix dans un anglais plus que correct. »

Mac avança encore et aperçut un homme d'une cinquantaine d'années, avec des allures de chef qui venait à sa rencontre.

« _M : Vous êtes Tarik, si je ne m'abuse, demanda Mac très stressée mais s'efforçant de ne rien laisser paraître. 

_T : C'est exact, et puis savoir à qui ai je l'honneur ?

_M : Lieutenant colonel Mackenzie, avocat au JAG.

_T : Avocate et marine ! Vous m'impressionnez…répondit il en prenant le temps de l'examiner de la tête au pieds.

J'espère que cette mallette ne contient pas des compte rendus d'audience ! ajouta t'il en essayant de faire de l'humour. »

A 200 mètres, Harm écoutait la conversation dans la camionnette. Visiblement, ce Tarik semblait maîtriser aussi bien la langue que la culture américaine. Ceci n'avait rien pour le rassurer, il s'inquiétait de plus en plus pour Mac. Harm en voulait à Webb de mettre une fois de plus Mac dans une situation aussi dangereuse. Il chassa sa rancœur pour le moment et se concentra sur la conversation…

« _T : Ouvrez cette mallette face à moi! ordonna Tarik à Mac.

_M : Détachez d'abord vos prisonniers, exigea Mac.

_T : Vous n'êtes pas en position de fixer les conditions, colonel, répondit il en riant

_M : Vous croyez ? Cette mallette s'ouvre avec un code que je suis la seule à connaître. Et j'ajoute que si cette mallette n'est pas ouverte avant 12 minutes et 34 secondes, elle explosera et son contenu avec ! rétorqua Mac fièrement. »

Tarik réfléchit une seconde et se dit que de toute façon elle ne pouvait rien tenter, elle n'était pas armée et seule. De plus, les deux américains tenaient à peine debout.

« _T : Vous avez gagnez, libérez les prisonniers ! ordonna t'il à ses hommes.

L'agent Rollins et le major Riley vinrent se placer difficilement aux côtés de Mac.

_T : A présent, ouvrez la mallette !

_M : Je vous la donne, mais laissez nous atteindre la porte avant que je vous donne le code.

_T : Pas question ! Je vous ai montrer que je pouvais être conciliant mais il y a des limites. »

Mac se dit qu'elle n'avait pas le choix, elle devait lui donner le code.

_M : Très bien le code est : 157633

Tarik fit signe à l'un de ses hommes d'ouvrir la mallette. Celle ci s'ouvrit du premier coup laissant apparaître une grande quantité de billet de 500$.

« _M : Vous avez ce que vous vouliez, nous partons déclara Mac en se retournant. » Accompagnée de ses deux compatriotes, elle se dirigeait vers la porte. Tarik était agenouillé et contemplait sa nouvelle fortune. Puis il se releva, en faisant un signe à ses deux hommes.

« _T : Vous les américains, vous êtes vraiment stupides ! »

Mac, Riley et Rollins se retournèrent pour constater que deux armes étaient braquées sur eux.

_T : Vous me donnez de l'argent en pensant éviter de nouveaux attentats. Mais à votre avis à quoi va me servir cet argent ? demanda Tarik avec un sourire sarcastique.

Dans la camionnette, Harm était en pleine ébullition. Il avait terriblement peur de perdre Mac. La dernière phrase de Tarik le cloua sur place.

« _T : Tuez la fille d'abord ! » entendit Harm dans son casque.

Deux coups de feux très rapprochés retentirent et Harm se leva d'un bond en enlevant son casque.

« _H : Mac !!!!  cria t'il complètement paniqué »

A SUIVRE…