Quartier Général du JAG

Falls Church-- Virginie

 

Harm arriva comme a son habitude au quartier général du JAG où il y travaillait depuis maintenant près de 8ans.

Il n’y avait pas encore beaucoup de monde, mais les quelques personnes qui étaient là étaient déjà occupées à leurs taches.

-Bonjour, monsieur

-Bonjour Bud

Harm se dirigea dans son bureau, y déposa sa mallette et sa casquette et ressortit de son bureau en jetant un coup d’œil au bureau de sa partenaire qui était vide.

Une voix s’éleva derrière lui :

- Bonjour, cher matelot.

Harm se retourna et lui fit un sourire, un de ce sourires qui voulait tout dire.

- Bonjour Mac.

Elle lui rendit son sourire et lui dit :

- Alors, comment s’est passé votre week-end ?

- Comme d’habitude, pas très intéressant.

Ils se dirigèrent vers la cuisine. Harm se servit une tasse de café. Mac le regarda faire :

- Pas de nouvelle petite amie ? lui demanda-t-elle avec un petit sourire au coin des lèvres.

- Mac, vous savez que mon cœur est déjà pris.

Sarah noya son regard dans les yeux de ce matelot qui était a coté d’elle, elle perçut une petite étincelle dans ses yeux bruns.

Harm but une gorgée de son café fumant, la regarda et sortit de la pièce avec un petit sourire, laissant une Mac pensive à cette dernière phrase prononcée par son équipier. Qu’avait-il voulu dire par là ?

Mac soupira et se dirigea vers son bureau.

 

Générique de JAG

Tam Harm

Tam Mac

Tam Bud

Tam Chegwidden.

 

 

Quartier Général du JAG

Falls Church- Virginie

 

- Euh…Pardonnez- moi Madame ?

Mac se retourna…

- Oui Bud ?

- Voici le dossier sur l’affaire Jenkins que vous m’avez demandé hier.

- Bien, merci Bud.

Elle prit le dossier d’une main, le café de l’autre, fit volte-face et s’en alla s’asseoir à son bureau, prête à se plonger dans les nombreuses affaires à traiter.

Elle posa sa coiffe a coté d’elle et but une gorgée…

- Ouille, mais ce café est brûlant…Comment Harm peut-il avaler un truc aussi bouillant ??

Elle reposa la tasse et ouvrit le dossier que Bud venait de lui remettre.

Alors entra Harm…

- Mac ?

- Oui Harm ?

- Ça vous dirait de dîner avec…

 

Il n’eut à peine le temps de finir sa phrase que la sonnerie du téléphone retentit…

- Lieutenant-Colonel Sarah Mackenzie, bureau du JAG.

Oui…Hmm…Entendu, j’en prends note…

Harm, passez-- moi ce stylo…( chuchotant)…Hmm, oui attendez, je le note…

Merci Harm…( chuchotant une nouvelle fois).

 

Elle écrivit un nom, une adresse ainsi qu’un numéro de téléphone…

- Bon, très bien, c’est noté, je vais tâcher d’y passer le plus rapidement possible. Très bien, merci et au revoir…( elle raccrocha le combiné).

J’ai l’adresse d’un témoin qui aurait soi-disant aperçu le sergent Jenkins non loin du lieu du meurtre de la jeune fille.

- Excellent Mac…

- Ah oui, au fait, vous disiez quoi tout à l’heure avant que le téléphone sonne ? dit elle en récupérant son béret.

-Oh…euh, rien d’important en fait, allons plutôt interroger ce soi-disant témoin.

- JE conduis cette fois-ci Harm.

- Bon d’accord, je prendrais le retour alors…( haussant les sourcils et hochant légèrement la tête).

- Ca, n’y comptez pas non plus très cher…( esquissant un sourire à Harm).

Bud ?

- Oui madame ?

- Trouvez- moi tout ce que vous pourrez sur un certain…Harry Salzy. Habitant a cette adresse, voulez-vous ?

 

Elle montra l’adresse à Bud qui nota les informations avant de le lui rendre pour l’y replacer dans sa poche.

 

En passant près du bureau de Chegwidden, comme par hasard, celui-ci ouvrit la porte :

- Où courrez-vous ainsi vous deux ?

- Nous allons interroger un soi-disant témoin prénommé…

-…Un certain Harry Salzy.

- Oui, sur l’affaire Jenkins, Amiral.

- Hum, que savez-vous de lui ?

 - Justement Amiral, j’ai demandé à Bud de rassembler des informations sur lui…

- Bien, répondit l’Amiral. Mais faites vite, vous savez sans nul doute que le ministre me met la pression sur cette affaire.

- Oui, Amiral. Dit Raab.

- Soit, alors ne restez pas plantés là. Allez, dépêchez vous, qu’est ce que vous attendez ?

- À vos ordres !

 

Mack et Harm, poussant la porte de sortie :

- Pauvre amiral.

Harm et Mack, pendant qu’ils descendent les marches du JAG :

- Chegwidden s’en sortira avec le ministre, il arrive toujours à s’en sortir avec lui...

 

Petit rire de Mac

- Bien, en route Matelot…

 

Harm s’arrêta net de marcher, Mac qui l’avait remarqué, se retourna vers lui :

- Qu’est ce qu’il y a ? demanda-t-elle.

- Le dossier Mac…

Ils se regardèrent un instant, Sarah chercha un bref instant dans sa mémoire puis se souvint :

- J’avais oublié.

- C’est ce que j’ai compris…Bon, si nous allions déjeuner pendant que Bud compose le dossier que nous avons besoin avant d’enquêter.

 

Mac sourit et se dirigea vers son partenaire :

- Avec plaisir.

Elle passa en premier et Harm lui emboîta le pas.

Ils mangèrent autour d’une petite table sur la terrasse du JAG, tout en discutant de tout sauf de l’affaire qu’ils devaient s’occuper.

Harm balaya son regard sur le visage de Mac, qui s’en aperçut presque aussitôt. Elle leva les yeux et rencontra son regard. Ils se regardèrent un instant puis Harm détournit les yeux pour tomber sur son verre d’eau à peine entamée. Mac le regarda encore un instant et sourit intérieurement en buvant une gorgée de son soda.

 

À près un moment de silence qui parût une éternité à Harm, il décida de le rompre et s’adressa à son équipière :

- Et si on allait voir si Bud a fini de rassembler les informations pour le dossier ?

- Bonne idée. Dit Mac en hochant la tête.

 

Ils se levèrent et se dirigèrent vers l’enceinte du bâtiment du JAG.

 

Par chance, Bud venait d’avoir fini, il n’avait pas mis trop de temps à faire le dossier.

- Merci Bud. Dit Harm.

- À vos ordres Monsieur.

- On y va ? demanda Mac qui avait déjà avancé vers l’ascenseur avec les portes ouvertes.

Harm traversa le quartier général du JAG en pressant le pas et ils s’engouffrèrent dans l’ascenseur.

- N’oubliez pas que c’est moi qui conduit Harm…Donnez- moi les clefs.

Harm prit les clefs de sa poche et les lui tendit en esquissant un sourire.

 

Mac démarra sur les chapeaux de roues, les pneus crissant au sol.

Bien que peu disposé à ce type de conduite, Harm avait fini au fil du temps par s’y accommoder. Cependant il nota :

- Mac mettez votre ceinture, vous savez aussi bien que moi qu’elle peut vous sauver la vie.

C’était un de leur point de divergence.

- Mais imaginez qu’ils nous arrivent quelque chose par exemple, je dois m’extirper du véhicule à tout moment.

- Mettez votre ceinture et fin de la discussion.

Avec une mauvaise volonté évidente, Mac finit par boucler sa ceinture avec un regard de reproche.

 

Au bout de quelques minutes, Harm sortit le dossier composé par Bud sur Harry Salzy :

-Bon résumons. Harry Salzy est un homme de race blanche, âgé de 38ans, célibataire, sans casier ni antécédent judiciaire, profession : cadre commercial.

Jusqu’ici le parfait contribuable et citoyen américain. Il a déclaré à la police, avoir appercu en rentrant à son domicile, un véhicule avec un militaire montant à son bord, démarrant précipitamment. Féru de l’armée, de logistique et des grades en général, il aurait reconnu sur l’uniforme de l’individu celui de sergent. C’est le lendemain en lisant les journaux qu’il aurait appris l’affaire du meurtre de la jeune fille et qu’il serait venu faire spontanément sa déposition. Étant donné le cadre militaire de cette affaire, l’armée a été avertie. On lui a alors soumis un certain nombre de portraits de militaires et il aurait alors formellement reconnu celui du sergent Jenkins. On nous a alors transmis l’affaire pour en savoir davantage.

- De toute façon, dans ce type d’affaire, le coupable est forcément un homme.

- Qu’est ce que vous en savez ? Jusqu'à présent on ne sait rien.

- Allons Harm, vous savez tout comme moi que, dans ce type d’affaire, le coupable est pratiquement sûr d’être un homme. D’autant plus s’il y a eu violence sexuelle. Les statistiques le prouvent.

- Ça c’est une réflexion féministe et sexiste.

- Attendez, je peux savoir ce que vous sous-entendez au juste ?

- Je dis juste que vous accusez un homme d’être coupable uniquement parce qu’il est un homme, surtout qu’il s’agit d’une affaire de jeune fille assassinée de mort violente. Moi j’appelle ça une attitude sexiste.

- Quoi, quoi, quoi ? Moi je suis sexiste ? Je ne le suis absolument pas. De toute façon, je n’ai pas besoin de l’être étant donné que j’ai un sexiste rétrogradé à côté de moi.

- Si vous l’êtes.

- CA SUFFIT….

 

Durant tout le reste du voyage, Mac ne desserra pas les dents et ne prononça pas une parole. Elle était trop en colère pour pouvoir parler. Du coin de l’œil, Harm vit sa poitrine se soulever sous l’effet d’une rage contenue et réprima un sourire. Elle était encore plus belle et désirable.

 

Domicile d’Harry Salzy

15h 52 GMT

 

- Harry Salzy ? Lieutenant-Colonel Sarah Mackenzie et Capitaine Harmon Raab du bureau du JAG. Nous aimerions vous poser quelques questions.

Harry Salzy les fit entrer dans le salon et écouta :

- Bien. Vous êtes Harry Salzy, 38ans, célibataire, de profession cadre commercial. C’est exact ?

- Oui. En tout point exact.

- Vous avez déclaré à la police hier qu’en rentrant chez vous, vous aviez aperçu le sergent Jenkins quitter précipitamment les lieux du crime à bord d’un véhicule que vous avez identifié comme étant une jeep militaire. C’est toujours exact ?

- Oui, en effet. Mais je n’ai reconnu l’individu tout de suite, ce n’est que le lendemain, lorsque j’ai été convoqué par l’armée que j’ai reconnu cet homme comme étant le sergent Jenkins.

- J’y viens, monsieur Salzy, j’y viens. Toutefois vous aviez bien pris soin de préciser que vous aviez reconnu sur l’uniforme de l’homme, le grade de sergent. N’est-ce pas ?

- Oui, en effet.

- Alors dites- moi monsieur Salzy coupa Mac. Comment quelqu’un comme vous qui se dit objecteur de conscience, qui s’est fait réformé pour incompatibilité d’idéaux, peut en connaître autant sur l’armée et son fonctionnement. Par ailleurs, on sait que l’endroit où a été découvert le corps n’était pas équipé d’éclairages. Surprenant ne trouvez vous pas ?

- Euh…C’est possible.

- Bien. C’est suffisant pour aujourd’hui. On vous contactera très bientôt.

 

Dans la voiture, Harm et Mac analysèrent leur entrevue :

- Il est évident que ce type en sait plus sur ce qu’il veut bien nous dire. Il va falloir approfondire de ce côté-là.

- Oui c’est évident. Mais ne négligeons pas les autres hypothèses qui se présenteront. À commencer par le sergent Jenkins.

 

Mac démarra et pris la route de Falls Church.

- Bouclez votre ceinture.

 

Bureau du JAG

Falls Church, Virginie

19h00 GMT

 

Harm tapa au bureau de Mac et passa la tête dans l’entrebâillement de la porte.

- Je viens vous apporter le mémo sur l’entrevue avec Salzy.

- Bien, posez le là, je le regarderais plus tard. Dites, à propos de notre petite discussion dans la voiture, c’est oublié. Ce n’est vraiment pas la peine de se monter le bourrichon pour si peu de chose…

- Bien sûr Mac, vous avez raison. Dit Harm en souriant.

Il se dirigea vers la porte et passa dans l’entrebâillement

- Sexiste, dit-il avant de refermer la porte…

 

Harm afficha un petit sourire satisfait, persuadé que sa remarque avait fait mouche. Il croisa Bud en sortant du bureau. Le jeune lieutenant lui tendit une feuille de papier :

- Monsieur, voici l’adresse de la mère de la jeune fille assassinée.

- Merci Bud.

Harm soupira, il détestait devoir aller interroger les familles des victimes.

 

Domicile de Grace Jonhson

Alexandria, Virginie

21 :12GMT

 

Harm gara la voiture devant l’allée. Mac sortit du véhicule et sonna une fois à la porte du pavillon. Une belle femme quoique visiblement vieille et fatiguée leur ouvrit la porte :

- Mrs Jonhson, Capitaine Harmon Rabb et Colonel Mackenzie du bureau du JAG. Toutes nos condoléances pour Rebecca. Nous souhaiterions vous poser quelques questions sur le meurtre de votre fille.

 

Grace esquissa un sourire, elle ne laissa transparaître aucun signe de lassitude :

- Bien sûr, entrez je vous en prie.

 

Installé sur le canapé, une tasse de café bouillant sur la table basse, Harm et Mac observaient la femme assise en face d’eux, les yeux rougis par les évènements qui s’étaient déroulés 48heures plus tôt. Harm prit la parole :

- Connaissiez-vous quelqu’un qui aurait pu vouloir du mal à Rebecca ?

Grace répondit calmement :

- Rebbie était une jeune fille sans histoires. Elle venait de fêter ses 17ans avec ses amis. Elle était pom-pom girl au lycée. Rien n’aurait pu laisser présager qu’il puisse lui arriver quelque chose.

Grace Jonhson se leva et décrocha un cadre du mur :

- Regardez, n’a-t-elle pas l’air d’une fille épanouie ? Pourquoi voulez vous qu’elle aille trainer dans un bois a deux heures du matin ? Il est évident que quelqu’un l’a suivie et l’a emmenée là-bas de force.

 

Aucune colère ne semblait l’affecter.

 

Mac, qui était restée silencieuse jusqu'à maintenant, admira son courage. Elle poursuivit :

- Avait-elle un petit ami ? ou quelqu’un qui s’intéressait de près à elle ?

 

Grace soupira :

- Vous savez, c’était une jolie fille et forcément quelques garçons du lycée lui tournaient autour, mais rien de bien méchant. À ma connaissance, elle ne fréquentait personne.

 

Mac entreprit :

- Pourrions nous jeter un œil à sa chambre ?

- Si vous voulez, je l’ai laissée en état après que la police soit venue.

- Je vous remercie Mrs Jonhson. Fit Mac en se levant. Harm la suivit.

 

Seuls dans la chambre l'adolescente, Mac interrogea son partenaire.

"Qu'en pensez vous Harm ? Croyez-vous que Rebecca connaissait son meurtrier ?"
"Je n'en sais rien, Mac. Je ne serais pas surpris d'apprendre qu'elle était là-bas de son plein gré. Les parents apprennent parfois des choses surprenantes sur leurs enfants."
"Que voulez-vous insinuer ? Qu'elle fréquentait ce Sergent Jenkins sans que sa mère le sache ?".
"Je n'affirme rien, et je vous rappelle qu'il n'a pas encore été prouvé qu'il s'agissait de Jenkins. Salzy nous a affirmé que c'était lui, mais je doute que le témoignage d'un homme qui rentre en pleine nuit d'une soirée arrosée chez des amis ne soit très crédible." Harm pris soin de peser ses mots, surtout après leur dispute du matin. Il ne voulait certainement pas envenimer les choses alors que leur relation semblait commencer à s'améliorer.
"Nous verrons bien ce que donnera le rapport d'autopsie. Pour l'instant nous avons un témoin affirmant que le Sergent Jenkins s'est enfui du lieu du crime, et ce même Sergent Jenkins qui est à ce jour introuvable. Avouez que cela ne lui laisse pas beaucoup d'arguments de son côté."
"Nous verrons, Mac." Harm était soucieux, quelque chose lui échappait dans cette affaire.

- Hum, je connais ce regard Harm. Quelque chose vous échappe, je le sais...
- En effet Mac.
- Allez-y, dites moi votre théorie...
- Admettons que Jenkins et la petite Johnson se fréquentaient, disons depuis quelques mois...
- Oui...?
- Il doit bien forcément y avoir une amie avec qui elle partageait ses secrets...
- Quelqu'un comme une certaine... Debbie ?

*Harm d’un air surpris*
- Vous avez trouvé quelque chose Mac ?
*Mac esquissant un sourire de gagnante*
- Hum... peut-être, regardez ces photos dans le cadre.

Harm avança sa main vers le cadre et frôla la main de Mac.
Ils s'échangèrent un rapide regard avant que Mac ne reculent sa main comme par réflexe tandis qu'Harm se détournait d'elle pour observer ce cadre.

- Oui Mac, en effet, cela se pourrait bien être un début de piste.


*Mac, revenant au salon*
- Dites moi Madame Johnson, qui est cette Debbie en photo avec votre fille
*lui tendant le cadre*

- Oh, c'est Debbie Carlson, son amie d'enfance, Elles sont dans la même classe...

A ce moment-là, Mme Johnson fondit en larme et Mac la prit dans ses bras pour la consoler
- Je sais que c'est dur Mme Johnson mais pouvez-vous me dire où habite cette Debbie ?

*Mme Johnson, reprenant légèrement ses esprits et s'essuyant les yeux avec les revers des mains*
- Snif... oui... attendez, je vais vous l'écrire sur un morceau de papier

Elle partit dans la cuisine et revint quelques secondes après, le papier en main.

- Merci Mme Johnson...

*Harm, passant la tête par la rambarde d'escalier*
- Mac ? Vous avez une minute ?
- Euh oui, excusez moi...
- Qu'y a-t-il Harm ?
- Vous ne trouvez pas curieux qu'il n'y ait pas de photos de Jenkins où que ce soit dans la chambre ?
- Si justement
- Et justement, je ne vois pas pourquoi Mac.
- Mais peut-être que ce n'était pas elle que fréquentait Jenkins, peut-être était-ce Debbie ?
- C'est possible, en tout cas, nous en saurons plus en allant interroger cette... Debbie.
- Oui, en effet mais là, il se fait tard, rentrons et poursuivons demain.
- Je n'aurai pas dit mieux Mac...
- Et JE conduis pour le retour, il me faut bien récupérer ma voiture au JAG quand même hum ?
(hum, un hum souriant avec intonation montante)
- Cela va de soit... sans oublier votre ceinture Mac.
*esquissant un sourire narquois*



9:15 GMT, Résidence des Carlson
Alexandria, Virginie


Ding Doooooonnnnnnnnngggggggggg
- Waf waf, waf !!!!
Ding dong, ding doooonnnnnnnngggggg

- Oh ! fit Harm, voyant le chien se faufiler près de lui, éhéh...
- Kikki, viens ici, kikki !!! Oh excusez le svp...
- De rien Madame, je suis le Cl McKenzie et voici le Cpt Harmon Rabb, nous sommes du Juge Avocat Général.
Nous désirerions parler à Debbie, est-elle là ?


*Mme Johnson, agrippant le collier du chien tandis que Rabb le caresse*
- Oh non, désolé, elle est partie y'a vingt minutes environ mais je vous en prie, entrez, elle devrait revenir d'ici une demi-heure...
Désirez-vous une tasse de thé, j'allai m'en préparer à l'instant...
- Oui volontiers, dit Mac.

*Harmn, ôtant sa casquette, et d'une voix un peu maladroite*
- Euh... je préférerai une tasse de café si vous ni voyez pas d'inconvénient...
- Ah non pas du tout, rétorqua Mm Johnson
- Merci bien Madame.

Mac à Harm, lui parlant de dos et examinant les photos sur la cheminée
- Attention aux effets du café Harm... Vous avez déjà pris deux tasses tout à l'heure...
- Et un bol entier
(insistant bien sûr entier) au réveil aussi, ajouta t-il
- Je l'aurai parié, dit-elle en tournant la tête dans sa direction…

 

Domicile des Carlson, Virginie
12h07 GMT

Cela faisait environ plus de trois heures que Harm et Mac attendaient le retour de Debbie, l'amie de Rebecca Johnson, retenue en interrogatoire par le Bureau du shérif et le FBI. Bien que le café et les cookies de Mme Carlson, tous chauds sortis du four aidaient à patienter, ces derniers commençaient à trouver le temps long...
- Mme Carlson, dit Harm, votre fille se prénomme bien Debbie, est âgée de 18 ans et s'apprête à rentrer à l'Université de Richmond, c'est exact ?
- Oui, en effet
- D'après Mme Johnson et ce que nous avons pu en juger chez elle, Debbie et Rebecca avaient l'air très proches, on peut même dire qu'elles étaient les meilleures amis du monde. Est-ce exact ?
- Oui c'est exact, elles se connaissaient depuis toutes petites. Elles sont tout de suite devenues amies et depuis ne sont plus quittés que ce soit à l'école puisqu'elles ont fait le collège et le lycée toutes les deux ou pour les hobbies en général. Elles faisaient tout ensemble : le ciné, le shopping, la gym et bien sûr les premiers flirts avec les garçons. Ah j'oubliais elles faisaient aussi partie de l'équipe de majorettes qui accompagnait l'équipe de foot du lycée.
Rebecca était une belle et adorable jeune fille, vous savez, capitaine Rabb. Son horrible disparition a complètement anéantie Debbie, je ne sais pas si un jour elle réussira à oublier.... J'essaie de lui apporter tout mon soutien mais c'est loin d'être évident.
- Mme Carlson, pensiez-vous que Rebecca avait un petit ami attitré ou voyait quelqu'un en particulier, je veux dire de façon amoureuse ?
- Vous savez capitaine Rabb, ma fille me confie déjà peu de choses sur elle, alors sur son amie. J'ai cru comprendre que Rebecca a eu pendant un certain temps le béguin pour le capitaine de l'équipe de foot, un certain Peter Davis, mais je ne sais pas s'il y a eu quelque chose entre eux. À mon avis, je ne crois pas, ce gars avaient toutes les plus jolies filles du lycée qui lui couraient après et je ne pense pas que Rebecca ait pu l'intéresser. Je veux dire, elle n’était pas laide, mais il y avait quand même des filles plus jolies qu'elle.
- Mme Carlson, coupa Mac, est-ce que nous pourrions jeter un œil dans la chambre de Debbie en son absence ?
- Je vous en prie, Colonel, faites. En attendant, je vais refaire du café.

Lorsqu'il arrivèrent en haut des escaliers menant à la chambre de Debbie, Harm demanda :
- Mac, je peux savoir pourquoi vous avez soudain ressenti le besoin irrépressible d'aller jeter un œil dans la chambre ?
- Tout simplement parce que les chambres de jeunes filles sont souvent très significatives de la personnalité des personnes qui les occupent. Par exemple, on peut y trouver des lettres, des cadeaux, des souvenirs ou de vieux objets qui n'ont d'importance que pour la personne qui l'occupe. Bien que c'était pas la joie, ce fût mon cas lorsque j'ai quitté le domicile familial.

Si le domicile des Johnson ne contenait que quelques photos, la chambre de Debbie était un véritable hymne au souvenir et à l'amitié. La chambre de Debbie était recouverte de photos passées ou plus récentes témoins de l'amitié unique qui avait unie ces deux jeunes filles. On y voyait Rebecca et Debbie posant devant le ciné, au Museeum d'Histoire naturelle, à la fête foraine, lors de la remise des diplômes à la fin du Lycée ou encore dans vieux photomaton riant aux éclats et faisant le V de la victoire.
- Bon dit Harm il semble évident de devoir interroger rapidement Mlle Carlson. Je pense qu'elle seule pourra nous donner une piste sérieuse sur les garçons que Rebecca voyait ou fréquentait. En attendant , je propose de retourner au Jag, j'ai besoin de regrouper les données des différents éléments d'enquête. On repassera plus tard interroger Debbie.
Harm et Mac redescendirent les escaliers.
- Mme Carlson, vu l'heure, nous repasserons plus tard interroger Debbie. Dites lui ne pas partir avant que nous l'ayons interrogée. c'est extrêmement important.

Harm et Mac regagnèrent leur voiture, Mac démarra et prit la route de Falls Church
- Mac, pour l'amour du ciel, bouclez votre ceinture...

 

Bureau de Harm
Falls Church, Virginie 9h30

Harm était en train de travailler sur les divers éléments regroupés dans les interviews de la mère de la jeune fille assassinée et d'Harry Salzy lorsque Bud frappa à la porte.
- Oui, Bud
- Monsieur on vient de recevoir le rapport du médecin légiste, le docteur Scarpetta, ainsi que le profil psychologique du meurtrier.
- Le profil ?
- Oui, Monsieur, étant donné la violence et la connotation sexuelle du meurtre de Mlle Johnson, un mémo a été envoyé à Quantico où un des experts en profil psychologique du FBI, un certain agent Mc Caleb, a fait un rapport détaillé à partir des divers éléments d'enquête, dit Bud en parcourant ses notes
- Bien déposez le tout là, je dois m'entretenir avec le Colonel MacKenzie
Harm prit les dossiers, sortit de son bureau et frappa à celui de Mac
Mac leva la tête quand Mac entra
- Bon Mac voici le rapport d'autopsie du médecin légiste. D'après elle, la victime a été retrouvée à demi nue, il ne lui restait sur le corps que son pull, en position fœtale, vraisemblablement tué par arme blanche, couteau ou cutter, puisque qu'elle a eu la gorge tranchée. Tout porte à croire qu'elle a subi des violences sexuelles post-mortem. Par ailleurs le corps porte des ecchymoses et de nombreuses traces de morsures. Pas de trace d'ADN ni de cheveux ou de fibres n'ont été retrouvés sur le lieu du crime ce qui tend à prouver un meurtrier particulièrement organisé et méticuleux.
Mac sentit sa gorge se nouer...
- Etant donné la connotation violence sexuelle du meurtre, un rapport a été demandé à Quantico au FBI. Voici ce qu'ils disent : le meurtrier est un homme de race blanche, âgé entre 25 et 40 ans, organisé, ayant subi des traumatismes dans sa tendre enfance probablement de sa mère d'où une déviance et une grande colère envers les femmes, il est inséré socialement, a un métier valorisant, est organisé, méticuleux, ne laisse rien au hasard et qui connaît les techniques d'investigations modernes. Le modus operanti laisse à penser au comportement d'un sérial-killer.
- Rien ne vous surprend dans ce rapport ?
- Si, il tend à écarter la thèse de la participation d'un militaire. d'un autre côté le penchant méticuleux et organisé se rapproche d'un militaire..
- Je sais pas vous, mais moi je trouve ce rapport ressemblant à Salzy. Age, race, profession, tout correspond.
En plus, en général, ces malades ne supportent pas de pas savoir ce qu'on sait sur eux et revendiquent généralement un lien avec le crime : témoin, lettres. Rappelez vous David Berkowitz, le fils de Sam.
- Je pense aller voir l’amiral pour lui faire un topo général de l’enquête.

Harm sortit du bureau...

 

Quartier Général du JAG
Bureau de l'Amiral Chegwidden - 9h45

Tiner frappa à la porte de l'Amiral.
- Monsieur, le Capitaine Rabb et le Colonel Mackenzie désirent vous voir.
- Merci Tiner, faites-les entrer.
Harm et Mac entrèrent dans le bureau, le dossier Jenkins à la main. Ils saluèrent leur supérieur hiérarchique.
- Repos. Alors, j'espère que cette affaire Jenkins est en passe d'être résolue. J'ai encore reçu trois coups de fil du Secrétaire d'Etat ce matin, et je peux vous dire que l'affaire fait déjà grand bruit au plus haut niveau.
Harm jeta rapidement un regard à Mac. Elle ne semblait pas décidée à prendre la parole. Harm se dévoua, bien qu'il redoutait devoir avouer à l'Amiral leur impuissance à résoudre cette affaire.
- Hum Monsieur, à vrai dire nous ne sommes pas encore convaincus que Jenkins soit mouillé dans cette histoire. Le rapport du légiste n'indique rien qui puisse le mettre en cause. Tout ce que nous avons est un témoin qui affirme l'avoir aperçu sur le lieu du crime mais nous doutons de sa crédibilité, la défense n'aura aucun mal à démonter son témoignage. Le dossier est encore très insuffisant pour mettre en place une Court Martiale. Nous devons encore interroger Deborah Carlson, la meilleure amie de la victime, peut-être pourra t-elle nous en apprendre plus.
L'Amiral regarda intensément les deux officiers, un de ces regards qui intimidait toute personne se tenant devant de lui.
- Selon vous, si ce n'est pas Jenkins, qui est le coupable ?
Cette fois Mac intervient, bien qu'elle su que ce qu'elle s'apprêtait à dire n'allait pas plaire à son interlocuteur :
- le profil établi par l'agent McCaleb, un expert profiler du FBI, correspond en tout point au soi-disant témoin, Harry Salzy. Cet homme a été réformé de l'Armée il y a 13 ans, et il se pourrait qu'il désire se venger d'une manière ou d'une autre. Faire porter le chapeau au Sergent Jenkins semblerait une des manières d'assouvir sa vengeance auprès d'une institution qu'il avait autrefois vénérée.
L'Amiral intervint :
- Et où se trouve le Sergent Jenkins à l'heure actuelle ? L'avez-vous interrogé ?
Cette fois-ci, Harm répondit :
- Justement c'est bien là le problème, il est introuvable. S'il est effectivement le meurtrier il a de bonnes raisons de s'être enfui, mais si ce n'est pas le cas il se peut que quelqu'un ait décidé de le faire disparaître. Le FBI et la police ont déjà envoyé plusieurs équipes d'intervention pour tenter de le localiser, mais les recherches n'ont rien donné pour l'instant.
L'Amiral soupira. Tout cela n'allait pas apaiser les esprits auprès du Secrétaire d'Etat, mais il n'était pas du genre à se laisser intimider. Toute la vérité devait être faite sur cette affaire et il n'était pas question d'ordonner à ses officiers d'expédier le dossier.
- Ce sera tout ? demanda l'Amiral. Harm et Mac acquiescèrent.
- Alors rompez.
- A vos ordres ! Les deux officiers saluèrent et firent demi-tour en direction de la sortie.

De retour dans le bureau d'Harm, Mac soupira.
- Harm, vous pensez vraiment que Jenkins se serait fait kidnapper, voire tuer par Salzy ? Cela me paraît bien compliqué, ou bien trop simple au contraire. Le meurtrier qui vient lui-même faire un faux témoignage à la police afin de se disculper, on se croirait dans un film de série B. Si le coupable est effectivement Salzy, le mobile de vengeance me paraît bien faible. Assassiner et violer une jeune fille, puis faire disparaître un sergent pour que tout cela retombe sur l'Armée et lui donne une mauvaise image ? Non cela ne me paraît pas crédible. Et pourquoi avoir choisi d'accuser Jenkins en particulier ? Et je vous rappelle que nous n'avons toujours pas interrogé cette Debbie Carlson. Dans tout les cas, celui qui a fait le coup est un dangereux déséquilibré. Harm, vous m'écoutez ?
Harm avait décroché depuis bien longtemps, il s'était juste contenter de l'observer intensément pendant qu'elle faisait part de ses hypothèses. Harm détourna rapidement le regard, en espérant qu'elle n'avait rien remarqué. Mais Mac semblait trop perdue dans ses pensées pour s'être rendue compte de quoi que ce soit. Elle sourit :
- Mais au fait, vous avez peut-être opinion sur le sujet ? Je crois que me suis laissée quelque peu emporter.
Harm afficha un de ses fameux sourires, qui fit son petit effet comme d'habitude. Mac sentit ses joues rougir légèrement. Elle essaya de dissimule son trouble, tout en se disant qu'après tout ce temps il avait bien dû finir par s'en rendre compte.
- Excellente théorie, Mac. Bon maintenant que fait-on ? On va perquisitionner chez Salzy ?
- Sans mandat ? Et sans la police ? Mais vous êtes tombés sur la tête ?
- Vous savez bien qu'il nous faudra une éternité pour obtenir un mandat, et vous savez aussi que la police nous mettra forcément des bâtons dans les roues. Selon eux c'est leur enquête et nous empiétons sur leur territoire. Il y a une chance sur 1000 pour que le tueur soit effectivement Salzy, mais au moins on en aura le cœur net. Si c'est le cas il n'y a pas de temps à perdre, il faut à tout prix l'empêcher de recommencer. Je ne vous oblige pas à m'accompagner, Mac.
Mac parut inquiète. Elle frissonna à la pensée de laisser Harm partir seul chez ce psychopathe.
Mac sourit.
- Pas question de vous laisser seul, Matelot. Je vous accompagne.
Harm sourit, il reconnaissait bien là son officier des Marines préféré.

 

Domicile de Harry Salzy, Virginie
11h04 GMT

Mac et Harm mirent peu de temps pour arriver devant le domicile d'Harry Salzy. Mac se gara devant le pavillon et ils descendirent tous les deux de voiture.
- A priori Salzy n’est pas chez lui, sa voiture n'est pas garée dans l'allée
- Peut-être, mais ça nous ne disons pas comment on va faire pour rentrer chez lui dit Harm une fois arrivé devant la porte. Sans oublier qu'on n'a pas de mandat.
- Ce type a forcément un double des clés planqué quelque part. Peut-être dans le pot des fleurs, dis Mac en regardant, ou alors sous le paillasson en jetant un coup d'œil dessous.
- Ou bien alors dans la boîte aux lettres.
Harm sortit de sa poche un petit trousseau regroupant divers fils métalliques, en prit un dans sa main en sifflotant et après quelques tentatives, la boite aux lettres céda et s'ouvrit. Scotché au fond de la boite, il vit le double des clés de Salzy
- Je suppose que ce n'est même pas la peine que je vous demande où vous avez appris ce tour de passe-passe.
- Vous supposez bien Mac
- En tous cas il faudra penser à ce que vous changiez votre cachette du double des clés maintenant, c'est prévisible...
Harm lança un regard en coin à Mac puis sourit et rentra à l'intérieur.
- Et bien dit Mac, ça m'avait déjà frappé lorsqu'on l'avait interrogé mais vide c'est encore plus évident. Sa maison dégage une atmosphère de tristesse et de grande solitude. Regardez, pas de souvenirs de voyage, de bibelots, d'objets, de tableaux ou de peinture. Sans parler l'absence totale de féminité.
- Ce type est célibataire, ceci explique peut-être cela.
- Il n'empêche, quelle impression de vide et de néant.
- Bon, allons jeter un œil à l'étage à la chambre de Salzy.

Harm et Mac montèrent les escaliers Ils entrèrent dans la chambre et eurent toutes les peines du monde à réprimer un mouvement de dégoût. La chambre de Salzy était un concentré abject de haine et de bêtise humaine.
Partout dans la chambre étaient étalés des magazines et des photos pornos. Sur le mur étaient affichés des photos et des portraits à la gloire d'Adolf Hitler, de la Wehrmacht et divers articles prônant la supériorité de la race blanche. Sans parler de clichés jaunis du Klu Klux Klan célébrant avec une fierté cérémoniale la pendaison d'un homme noir autour de croix enflammées.
Sur l'étagère de Salzy prônait en bonne place divers ouvrages paramilitaires et revues d'extrême droite ainsi que Mein Kampf.
- Et bien on est loin de l'image du petit commercial sage et bien sous tous rapports
- En plus il se renseigne sur l'enquête dit Harm en parcourant un dossier posé sur le Bureau de Salzy. Regardez Mac se type collectionne articles et coupures de presse sur l'enquête ainsi que les photos du lieu du crime. 
- Bon je crois qu'on peut mettre Salzy en tête de listes des suspects du meurtre de Rebecca Johnson
- Attention Mac. Salzy a des fantasmes et des idées plus que contestables et condamnables, je vous l'accorde, mais ce n'est qu'un témoin jusqu'à présent. On n’a pas de preuves solides contre lui pour l'instant...
- D'après le profil psychologique de l'agent McCaleb, le tueur nourrit une déviance et une grande colère envers les femmes provenant probablement de sa mère durant son enfance. D'après Bud, Harry Salzy a perdu son père tout gosse et a été élevé seul par sa mère. On ferait peut être mieux d'aller interroger la mère Mme Salzy
- Elle habite à Richmond. On va y aller, de toute façon, il vaut mieux filer avant que Salzy rapplique. Une fois qu'on l'aura interrogé, on rentre au Jag. Le capitaine Coulter veut nous voir. Elle a reçu le rapport d'autopsie du docteur Scarpetta et veut nous donner quelques précisions.
- Bien allons y

Mac et Harm sortirent, fermèrent la porte, remirent la clé dans la boîte aux lettres. Mac démarra et prit la route du domicile de Mme Julia Salzy.
- Mac....
- Oui je sais la ceinture.....

 

Domicile de madame Say.

Harm sonna a la porte. Quelques secondes plus tard une femme d un certain age leur ouvrit, les deux avocats se présentèrent :
- Bonjour madame Salzy, je suis le capitaine de corvette Raab et voici le Colonel Mackenzie, nous sommes du JAG et nous voudrions vous poser quelques questions au sujet de votre fils.

La femme avec un air surprit leur pria d’entrer. Ils la suivirent jusque dans le salon et leur fit signe de s'assoirent sur le canapé.
- Que se passe-il avec mon fils ? Il a fait quelque chose de mal 
- Non madame. Votre fils a été témoin dans une affaire de meurtre et nous devons savoir un peu plus sur lui pour voir si c’est un témoin crédible. C est la procédure. dit Harm avec un léger sourire.

La vieille femme les scruta du regard pendant quelques instants :
- Bien, que voulez-vous savoir 

Mac prit la parole :
- Et bien, comment était-il durant son enfance?
- Mon fils était très renfermé, calme, qui ne laissait pas montrer ses sentiments facilement et timide. Je n’ai eu aucun problèmes avec lui.
- Et au niveau scolaire demanda Harm.
- Il travaillait bien, il a toujours eu de bonnes notes.
- Comment était-il avec les filles 
-Et bien... je dois dire que je ne l’ai jamais vu avoir une petite amie. Disons qu’il n'avait pas beaucoup de succès. Elles le rejetaient directement.

Mac et Harm s'échangèrent un regard.
- Bien, Madame, je pense que nous avons ce que nous voulions savoir. Merci d'avoir répondu a ces questions.
- Mais de rien, c'était avec plaisir.
Madame Salzy se leva en même temps qu’Harm et Mac.
- Au revoir madame Salzy et merci pour votre hospitalité. dit Harm
- Au revoir.
Les deux avocats sortirent de la maison et se dirigèrent vers la voiture.
- Je ne sais pas pourquoi mais je me croirais en plein xfiles. Lança Harm en montant dans la voiture. Mac lui lança un regard :
- Ne me dites pas que vous regardez cette série?
- Quand j’ai le temps, en général pendant les week-end. Pas vous ?
- Non, ce n'est pas le genre de série que je regarde. Ça ne m'as jamais intéressé une série sur le paranormal et l’étrange.
- Pourtant c'est une série très intéressante et très recherchée.
- Si vous le dites.
- Pourquoi, vous c’est quoi votre genre ? les feux de l’amour ? dit Harm avec un petit sourire aux coins des lèvres.

- Ha, ha. Très drôle.

Elle démarra la voiture.
- Vous oubliez encore votre ceinture.
- Vous pouvez bien parler cette fois-ci.
Harm regarda s’il avait bien mis sa ceinture mais remarqua qu’ il l'avait oubliée. Mac souriait de satisfaction. Il grogna légèrement et mit sa ceinture.

La voiture s’engagea sur la route en direction de Quantico...

 

Département médical relié au FBI
Quantico, Virginie
17h 08 GMT

Au premier abord, les bâtiments de Quantico paraissait froids, tristes et gris. Mais ce lieu faisait la fierté du FBI. Outre l'entraînement des futurs agents, il regroupait la plupart des plus grands experts du FBI, et notamment ceux du profil psychologique.
L'agent spécial Terry McCaleb ne ressemblait pas vraiment à l'image que l'on pouvait se faire d'un expert en profil psychologique des serial-killer
Grand, élancé, les traits fins, des cheveux courts et des yeux qui pétillaient de malice derrière des petites lunettes. Par le genre de gars stressé et obsédé par des images sexuelles violentes
L'agent McCaleb s'était rendu célèbre lors de l'arrestation de deux célèbres serial-killers : le Tueur au code qui laissait des messages codés près de ses meurtres et le Rôdeur des cimetières , ainsi surnommé parce qu'il avait l'habitude de rendre visite à ses victimes. Dans les deux cas, le profil fait par l'agent McCaleb avait parfaitement correspondu à la personnalité de ces monstres.
- Agent McCaleb ? Capitaine Rabb et Colonel Mackenzie du Bureau du Jag
- Ah oui, le Bureau m'a prévenu de votre arrivée
-Etant donné le cadre militaire de cette affaire, nous avons reçu votre rapport concernant le meurtre de Rebecca JOhnson. Nous souhaiterions avoir quelques précisions. D'après vous, le tueur pourrait un homme de race blanche âgé de 25 à 40 ans, ayant un métier valorisant, intégré socialement, c'est exact ?
- Oui, capitaine. Il faut savoir que dans 90 % des cas les serial killer sont des hommes de race blanche de cette tranche d'âge. Ils ont en général un travail sérieux et entretiennent des bonnes relations avec tout le monde
- Selon vous, le meurtrier de Rebecca Johnson pourrait laisser supposer qu'il s'agit de l'un d'eux ?
- Disons que le modus operanti s'en rapproche. Mais c'est loin d'être une science exacte...
- Vous dites aussi que le tueur aurait une déviance et une grande colère envers les femmes...
- C'est exact, cela remonte aux souffrances et aux brimades endurées durant leur enfance et leur adolescence
- Donc on peut supposer qu'un individu dont on sait qu'il était un enfant solitaire, renfermé, sans amis, et qui nourrit adulte des fantasmes sexuels violents, peut être un tueur en puissance ?
- Oui, c'est possible
- Mais il est aussi réalisable pour quelqu'un de bien renseigné de faire passer un meurtre qui obéirait à d'autres motifs pour un crime d'un serial killer ?
- Oui c'est tout à fait réalisable, surtout que la presse a fait ses choux gras avec ces genres d'affaires
- Merci agent McCaleb. Nous avons les renseignements que nous souhaitions...
Lorsqu'ils sortirent, une belle jeune femme rousse entra dans le bureau de McCaleb et regarda Harm avec insistance avant de baisser rapidement les yeux devant le regard furieux que lui lança Mac
- Ca nous rapproche encore de Salzy dit Mac en regagnant la voiture
- Je sais pas pourquoi mais j'y crois pas. Ce type n’a pas l'envergure pour faire ce genre de meurtre. Bon, allons voir le capitaine Coulter, elle a des précisions à nous donner sur l'autopsie
Mac démarra et prit la route de Falls Church
-Je sais, la ceinture...

Bureau du JAG
Département du médecin légiste
18h 10 GMT

Lorsque Harm et Mac entrèrent dans le bureau du capitaine Coulter, celle-ci était en compagnie d'une femme et d'un homme que Mac et Harm n'avaient jamais rencontrés.
- Capitaine Rabb, Colonel Mackenzie, je vous présente le docteur Kay Scarpetta, médecin légiste à Richmond et le chef de la police le capitaine Pete Marino
Le docteur Scarpetta était une séduisante femme d'une quarantaine d'années qui dégageait une autorité naturelle. En revanche, le capitaine Marino était le portrait type de l'amiracan way of life. Bedonnant, le visage joufflu rongé par le stress, il ne se déplaça même pas pour venir leur serrer la main et resta adosser au mur, les mains dans les poches
- Etant donné que le principal suspect est le sergent Jenkins, le docteur Scarpetta m'avait envoyé le rapport d'autopsie de Rebecca Johnson. Si elle ici, c'est que des éléments nouveaux sont apparus.
- Oui, intervint le docteur Scarpetta, j'avais fait procéder à des analyses sanguines et toxicologiques sur Mlle Johnson. On vient de recevoir les résultats : Mlle Johnson a été droguée. On peut donc supposer que Mlle Johnson a été enlevée puis tuée avant puis déposer ensuite sur les lieux du crime. Par ailleurs les traces de morsure ont été faites post-mortem
- A quelle heure estimez-vous l'heure de la mort demanda Harm ?
- Environ entre minuit et 1h 30 du matin
- le corps a été retrouvée par un garde forestier, un certain Vince Dallaglio, à 8h 15 intervint le capitaine Marino. On a vérifié, Mlle Johnson habitait à moins de 5km du lieu de découverte du corps. Si le meurtrier a tué Mlle Johnson ailleurs, il a forcément dû la déplacer, mais il aurait pris le risque de se faire repérer. Pourtant on a découvert ni traces de pneus, ni marques de chaussures
- Avez vous mesurer la distance entre le domicile du témoin Harry Salzy et le domicile des Johnson ?
- Qu'est ce vous croyez ? Nous aussi on fait bien le boulot dit d'un ton agressif le capitaine Marino.
Devant le regard noir que lui lança le docteur Scarpetta, le capitaine Marino changea immédiatement de ton
- Salzy habite à moins de 7 km des Johnson et à environ 5 km du sous-bois
- Saviez vous que Salzy a des idées très prononcées pour l'extrême droite?
- Ouais on s'est renseigné. On sait que Salzy est proche d'un mouvement paramilitaire prônant la supériorité de la race blanche et qu'il fréquente assidûment les sites Internet de cette mouvance. On soupçonne aussi Mlle Johnson d'en avoir fait partie de près ou de loin mais on n'a pas de preuves concrètes. Mlle Carlson avait l'air de le savoir, mais elle a tout nié en bloc. À mon avis elle ment....
- Y a quelque chose qui ne colle pas dit Harm. À mon avis le lien c'est Jenkins
- Harm ou allez-vous demanda Mac 
- Voir Bud pour se renseigner sur Jenkins. Je veux tout savoir sur lui : dossier militaire, famille, ami, lieu de résidence. S'il est toujours en fuite, il doit y avoir un moyen de le localiser

Harm sortit du bureau du capitaine Coulter et alla voir Bud...

 

Mack emboîta le pas à Harm qui s'empressa de trouver Bud.

- Euh, vous êtes bien certain Capitaine...
- Oui Bud, je sais que ce travail va être pénible pour vous mais vous devez vous rendre aux archives militaires.
- Donc cela inclut bien le voyage à...
- Ouiiiii Bud.
- Euh... À vos ordres Capitaine.

- Mais enfin à quoi jouez-vous Harm ?
A l'heure qu'il est, Jenkins est introuvable...

- Je n'en suis pas convaincu Mack. Pourquoi Jenkins prendrait-il la fuite s'il est innocent ?
- De peur qu'on l'accuse forcément...
- Non non, ça ne colle pas...
- Vous croyez ? toutes les preuves l'accablent pourtant...
- Si nous sommes certain que c'est Salzy le coupable, quel est le rapport avec Jenkins ?
Nous savons qu'il n'a aucun rapport avec la défunte mais simplement un rapport avec Debbie. (c la meilleure amie de la morte)

- Oui, c indéniable... Pourtant, selon le médecin légiste, pas de trace de viol ni de rapports sexuels...
- Et c’est ça qui me dérange aussi Mack...
A moins que...
- Oui ?
- Non, rien, c trop saugrenu comme raisonnement...
- Dites tjrs matelot ?
- Et bien, imaginons que Jenkins et Salzy se connaissent... Quel pourrait être le lien entre les deux ? Sûrement pas un lien de parenté, c pas possible...
- Non, c’est totalement à exclure...
- Mais sûrement ils sont ou du moins, étaient amis dans le passé...
- Moui, mais cela n'explique pas le meurtre...

- J'y viens Mac, j'y viens...
Et si c t Salzy qui voulait tuer Jenkins ? Cela expliquerait pk, il se cache...
- Oui, du style une vengeance personnelle ?
- Oui, je sais, c’est tellement saugrenu comme je l'ai dit que cela en est invraisemblable... (rigolant légèrement)
- Pas tant que ça Harm, pas tant que ça... Cela paraît invraisemblable mais pas impossible... Le mieux à faire, c'est d'attendre que Bud ait fini ses investigations...
- En effet... rentrons... Nous en saurons sûrement plus demain au retour de Bud.



Quartier général du JAG
16h23 GMT

Harm tournait comme un lion dans sa cage au beau milieu de son bureau...
Quelque chose le tracassait...
- Allons, détendez vous Harm...
- Oui mais Bud qui ne revient pas de Washington, il devait être là ce midi !!!
- Sûrement son vol a du retard, dehors il pleut terriblement...

Drinnnnnnnnggggggg, Drinnnnnngggggg
Mack, assise sur le rebord du bureau, décrocha le téléphone avant Harm qui avait sursauté en entendant la sonnerie...
- Hum.. Ahem... Oui Bud... Ouiii

Harm chuchotant
- Qu'est ce qu'il dit...
Mack lui fit signe de la main de s'en aller...
- Ahem, bien Bud, j'attend votre fax.

- Alors ?
- Et bien il semblerait que Bud ait trouvé quelque chose ?
- Il a trouvé Jenkins ?
- Non, mais quelque chose de plus intéressant...
- Allez y, dites- moi...
- Et bien Bud est allé vérifier le casier judiciaire de Jenkins... et il n'a rien trouvé...
- mais ?
- mais en poussant plus loin et en interrogeant divers témoins et en consultant des rapports, il est tombé sur un rapport d'expertise d'un accident...
- Continuez...
- Apparemment, il y a quelques années de cela, avant que Jenkins ne rentre dans l'armée et du temps où il était au lycée, Il sortait avec une certaine Maud...
- Quel rapport ?
- Devinez un peu le nom de cette Maud ?
- Salzy ! s'exclama Rabb ...
- Gagné !!!
- Mais alors...
- Oui Harm, Harry Salzy était le frère de Maud...
- Etait ?
- Oui, elle est morte dans cette accident de voiture en revenant d'une soirée avec Jenkins...
L'expertise a démontré que c'était un accident car il avait plût, la route était glissante... La voiture a dérapé dans le virage à cause d’une flaque d'huile sur la route...
Huile + eau, de quoi envoyer qq1 dans le fossé.
Enfin, la voiture est allée s'encastrer dans un arbre en face et Maud a été tué en traversant le pare-brise...
- hum hum...?
- D'après les ouï dire que Bud a entendu, Salzy aurait chassé Jenkins de l'enterrement de sa soeur en le menaçant de lui faire payer un jour...
- Oh mais je comprends mieux maintenant...
- Vous aussi matelot ?
- Jenkins et Debbie sortent ensemble, Salzy les surveille et pour faire payer Jenkins, il décide de tuer la fille...
Malheureusement pour lui, dans la rue pas très éclairée, il aperçoit les 2 filles qui se séparent et là, il suit la mauvaise pour finalement la tuer...
- C’est exact harm... Il a donc assassiné la mauvaise fille...
- Oui mais c'est une toute petite erreur qui s'ouvre à lui, il décide donc de faire porter le chapeau à Jenkins pour le faire plonger encore plus...
- QUe fait t on Harm ?
- Il faut trouver Jenkins à tout prix pour confirmer cette version car Salzy pourrait s'enfuir sans que nous puissions le rattraper...
- Bien sûr mais encore faut-il trouver Jenkins quand même...
- Et oui Mac, et oui... (soupirant)

 

Bud fit irruption dans le bureau.
- Monsieur c'est Mme Carlson sur la ligne 2.
-- Merci Bud. fit Harm en décrochant son poste.
- Capitaine Rabb.
- Monsieur Rabb, c'est la mère de Debbie. Ma fille a disparu depuis hier soir, je ne sais pas quoi faire ! J'ai appelé la police qui ne veut pas intervenir avant 48h, ils affirment qu'à cet âge il y a de grandes chances qu’il s'agisse d'une fugue. Mais ce n'est pas le genre de ma fille, aidez-moi je vous en prie !
- Ne bougez pas Mme Carlson, nous arrivons tout de suite.
Mac avait observé son coéquipier avec inquiétude.
- Que se passe-t-il, Harm ?
- Debbie Carlson a disparu. J'ai bien l'impression que sa piste va nous mener directement à Jenkins.
- Ne perdons pas de temps, allons-y.
***************************************
Motel Penny Inn - Atlanta, Georgie
- Chris écoute, tu ne peux plus te cacher comme ça. Ils sont tous à ta recherche, la police et ces deux avocats du JAG. Ils finiront par te coincer, et ta fuite n'a fait que te soupçonner encore plus.
- Debbie tu ne te rends pas compte ! Je n'arriverais jamais à prouver mon innocence, tout est contre moi ! Lorsque j'ai vu le corps de Rebecca et ce qu'il lui avait fait, j'ai pensé que c'était toi... je... C'était une vison atroce. J'ai paniqué et plutôt que d'appeler la police, j'ai voulu te venger... Je voulais tuer ce salaud, tu comprends Debbie ?? Fit Jenkins dans un sanglot. Il prit une grande inspiration et poursuivit.
- Écoute Debbie, il faut que je t'avoue quelque chose... Lorsque j'étais au lycée, je fréquentais une fille, Maud. Mais un soir alors que nous rentrions d'une soirée, j'ai perdu le contrôle de ma voiture. J'en suis ressorti indemne, mais elle n'a pas survécu.
Chris Jenkins fermait les yeux en se remémorant cette scène. Debbie pâlit à l'énoncé de cette histoire.
- Mon Dieu Chris c'est affreux... Mais quel est le rapport avec cette histoire ?
Jenkins laissa échapper dans un souffle :
- Le frère de Maud s'appelle Harry Salzy. Il m’a juré qu’il se vengerait…. Je crois qu’il a mis son plan à exécution.
Debbie le regarda avec effroi.
*****************************************
Domicile des Carlson
Lorsque Harm et Mac arrivèrent dans l'allée, ils aperçurent Mme Carlson qui les attendait. Elle se précipita vers eux :
- J'ai téléphoné à ma banque, un retrait par carte bleue de 211$ a été effectué à l'aéroport de Dulles hier soir à 22h10. Mon Dieu, faites qui ne lui soit rien arrivé !!
- Ne vous inquiétez pas, Mme, nous allons la retrouver. En route Mac, nous partons à l'aéroport..

Aéroport de Dulles, Washington - 18h37 GMT
Harm et Mac se dirigèrent vers le guichet.
- Mademoiselle, pourriez-vous nous montrer les registres des vols en partance de Washington dans les alentours de 22h hier soir ?
- Je m'excuse, euh Monsieur... ces informations sont strictement confidentielles.
Harm fit un grand sourire. Écoutez Mademoiselle, je me doute que vous avez des ordres, mais il s'agit d'une enquête officielle. Nous sommes les Capitaine Rabb et Colonel Mackenzie du bureau du JAG.
La jeune fille hésita un moment mais finit par accepter.
Mac soupira. - Vous obtenez vraiment tout ce que vous voulez avec ce sourire, Harm.
- Presque tout, Mac. Presque tout.
Mac n'eut pas le temps de réfléchir à ce qu'il avait voulu insinuer, la jeune fille revint avec plusieurs livrets et les tendit à Harm.
- Voici les registres. Les vols intérieurs s'effectuent surtout en journée, entre 22h et 23h il n'y a eu que deux vols : un à destination de Seattle, l'autre pour Atlanta.
Harm parcouru rapidement la liste des passagers et s'exclama : Mac regardez : Deborah Carlson - Atlanta, Georgie : 22h35. Je vous parie qu'elle est partie rejoindre Jenkins.
Mon Dieu Harm ! Regardez le nom du passager n° 97 ! Harm jeta un coup d’œil et pâlit.
- Nous aimerions deux places dans le prochain vol pour Atlanta, Melle.
La jeune fille s’exécuta, elle n’eut même pas le temps de remettre les registres à leur place que les deux officiers avaient déjà disparu dans le hall d’embarcation. Elle jeta un œil sur la liste des noms des passager. À la ligne 97 il s’agissait d’un certain Harry Salzy.
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Motel Penny Inn, Atlanta
Debbie commençait à paniquer.
- Harry Salzy !! L’extrémiste que connaissait Rebecca ? Il m’a toujours fait peur, j’ai essayé de convaincre Rebecca de ne plus le rencontrer dans ces groupes. Alors ce serait lui qui a tué Rebecca ? Mais pourquoi elle ?
Ils sursautèrent, on venait de frapper à la porte de la chambre. Une voix se fit entendre :
- Sergent Jenkins, c’est le Capitaine Rabb du JAG. Je sais que vous êtes innocent, je voudrais vous aider. Ouvez je vous prie.
- Jenkins chuchota.
- Qui est ce type ? Tu le connais Debbie ?
- Je sais qu’un Capitaine Rabb est venu interroger ma mère et qu’il était accompagné d’une femme, le Colonel Mackenzie je crois. Tu devrais lui ouvrir, Chris.
- Bon j’y vais. Va vite te cacher dans la salle de bains et fais bien attention.
Chris Jenkins se dirigea vers la porte et ouvra avec précaution. Dans l’entrebâillement, il aperçut un homme dont la silhouette lui était familière. Cet homme qui quelques années plus tôt avait juré de se venger.
Il n’eut pas le temps d’esquisser un geste qu’il sentit une masse s’abattre sur sa tête.

 

Aéroport d'Atlanta, Géorgie
00h 17 GMT
Harm et Mac se précipitèrent dans le hall de l'aéroport et n'eurent pas de mal à réquisitionner une voiture de location
- Cette fois-ci c'est moi qui conduit, prévenez la police d'Atlanta qu'elle vienne nous donner un coup de main
- Je n’en reviens pas, Salzy avait tout planifié depuis le début. Ça doit faire des années qu'il rêve de se venger et de faire la peau à Jenkins. Il a mis au point son plan minutieusement et lorsque l'occasion s'est présentée, il a agi et a fait passer le meurtre de Rebecca pour un crime d'un serial killer dit Mac en pianotant sur son portable...
- C'est sans doute pour ça que, Jenkins étant militaire, Salzy suivait régulièrement l'évolution de l'enquête. Il devait se douter que tout ou tard, les enquêteurs de l'armée allaient orienter l'enquête vers Jenkins et fouiller son passé. Dès lors le lien était fait et tout le condamnait. Voilà pourquoi il a décidé d'agir et d'aller à Atlanta
- Je vous rappelle que vous le pensiez incapable de faire ça....
- Tout homme ivre de vengeance et aveuglé par la colère est capable des pires atrocités Mac
- La police est prévenue dit Mac en raccrochant. Le dernier retrait bancaire de Debbie provient d'un distributeur à côté du Motel Penny Inn. Je parie que Jenkins et Debbie sont là-bas. Le problème c'est que Salzy le sait probablement aussi
- Le motel se trouve à cinq minutes, prions pour arriver à temps

Motel Penny Inn, Géorgie
00h 21

Debbie hurla lorsque Jenkins vacilla et s'écroula comme une masse sur le sol. Calmement et prenant tout son temps, ne faisant pas de gestes brusques, Harry Salzy enjamba le corps de Jenkins. Il semblait comme possédé et lorsqu'il vit Debbie un mauvais sourire se dessina sur son visage. De ses mains gantées, il sortit un long couteau à la lame aiguisée, comme celui utilisé par les chasseurs pour dépecer le gros gibier. Apeurée et paniquée, Debbie essaya de se réfugier dans la salle de bain, mais Salzy fut plus rapide et lui coupant la route, la força à se rabattre contre le mur du salon.
Salzy avança toujours vers elle en souriant mais rangea son couteau pour sortir de sa poche une bombe lacrymogène.
Il resta quelques secondes devant elle, comme un chat guettant sa proie, puis soudain attaqua et frappa.
Aveuglée, suffocant Debbie essaya de se débattre et de se défendre en donnant des coups de poings et de pieds. Mais Salzy lui fit une clé de bras et l'immobilisa
Ricanant, sa langue fouillant son cou, il lui dit en chuchotant:
- T'en fais pas salope, ton tour viendra, ne t 'inquiètes pas. À côté, ta copine, ce sera de la rigolade. De toute façon, j'ai tout mon temps. Mais auparavant j'ai un vieux compte à régler avec le salopard à côté. Ça fait des années que j'attends ce moment...
Debbie vacilla puis s'écroula au sol, assommée d'un coup sec.

Harry Salzy sortit du ruban adhésif et s'en servit pour ligoter et bâillonner Debbie puis la positionna sur une chaise. Il en fit de même avec Jenkins mais ne le bâillonna pas. Tranquillement il s'assit à son tour, sortit une cigarette et l'alluma.
Il fallut relativement peu de temps à Jenkins pour revenir à lui. Lorsqu'il reconnut l'homme assis en face de lui, ses yeux s'écarquillèrent de terreur.
- C'était un accident, Salzy. Je te jure que pour Maud c'était un accident
- TA GUEULE hurla Salzy. Tu ne crois tout de même pas que....

Il fut interrompu par des sirènes hurlant dans la rue, des pneus crissant au sol, des portières claquant et des pas précipités dans les escaliers
Salzy eut à peine le temps de sortir son couteau et de positionner la lame sur le cou de Jenkins quand Harm et Mac fracassèrent la porte, leurs armes aux poings
- Capitaine Rabb, Colonel Mackenzie, vous en avez mis du temps à comprendre. Vous me décevez vous savez.....
- Vous êtes fait, Salzy. C'est terminé...
- Oh je ne crois pas. Vous tirez, je le bute, vous faites un mouvement brusque, je le bute aussi...
- Alors on fait quoi ?
- On discute.....

Mac se mit à réfléchir rapidement pour gagner du temps, elle savait que Salzy était devenu fou.
- Que voulez -vous, salzy 
- je veux que vous me laissiez partir avec la fille (il savait qu'en gardant jenkins en otage, cela allait le ralentir) dit-il en levant debbie de sa chaise et en s'en servant comme bouclier, et une voiture et pas de coup foireux ma belle sinon la petite y passe. Moi, je m'en fous, j'ai déjà tout perdu à cause de ce salaud ! Il va payer, mais si on venait à apprendre que vous aviez laissé tuer une innocente ! Imaginez la pub pour les flics et l'armée (ironisa -t'il)Mac et Harm pouvaient lire la terreur dans les yeux de Debbie et ses larmes coulées le long de ses joues.

- Alors! elle vient votre réponse, hurla t'il
mac lança un regard à Ham comme désolée et laissait moi faire.
- J'ai une idée harm mais faite moi confiance.
Harm commença à s'inquiéter :
-Laquelle ?
- je vais m'échanger avec l'otage mais d'abord faites patienter Salzy, ok Harm 
- non, mais vous êtes folle, Sarah !
Mac lui lança un sourire tendre ,il l'appelait Sarah que quand il était inquiet pour elle.
- Faites- moi confiance, j'ai un plan et je vous l'expliquerais après.
Harm soupira :
- De toute façon je n’ai pas le choix, alors ok mais faites vite !
leur échange n'avait duré qu'une minute et il vit partir mac à la voiture.
- Ok salzy, on va vous laisser partir ma collègue est allée chercher une voiture.
Pendant ce temps, Mac était a coté des policiers et leur demanda :
- Inspecteur Malloney, avez - vous une voiture banalisée
- Oui madame, elle est derrière la vôtre, c'est la mienne. Que voulez-vous en faire? dit l'inspecteur.
- Je veux la donner à Salzy et prendre la place avec la fille, mais comme on ne dispose pas d'émetteur, je vais mettre mon portable sous le siège, allumé. Avez-vous un moyen de me repérer ?
- Pas de problème donner moi votre numéro et j'appelle tout de suite l'unité compétente comme ça, on ne va pas perdre de temps.
- Ok inspecteur.
Mac lui donna rapidement son numéro et plaça sous le siège passager son téléphone allumé. Elle savait qu'il avait une autonomie de 10h encore.
Elle repartit rejoindre son coéquipier.
La situation n'avait pas bougé devant la porte du motel.
- Alors elle arrive cette voiture! Vous manigancez quoi? hurla Salzy
Harm vit arriver mac et sourit.
- Salzy voilà la voiture est prête.
Mac prit pris la parole :
- Ecoutez Salzy, la gamine n'est pour rien alors je vous propose quelque chose. Je prends sa place, ils n’oseront pas tirer sur moi!
Salzy parut réfléchir, mais il savait que la femme avait raison.
- Ok ! Alors Colonel avancez doucement 
Mac s'approcha de l'homme et se plaça devant lui. Il repoussa violemment Debbie qui s'écroula sur le sol.
Tous les policiers ainsi qu'Harm se poussèrent et Salzy et son otage prirent place dans la voiture bleue et blanche.

Cinq minutes s'étaient écoulées et Harm venait de se rendre compte que Mac ne lui avait pas dit son plan et la il prit peur.

 

00h30 appartement d'Harriet et Bud

Une sonnerie retentissante se fit entendre dans la chambre du couple. Bud dans un réflexe conditionné chercha le combiné de sa main. Il prit le combiné et dit d'une voix endormie :

- Allo
- Bud, c'est harm! J'ai besoin de vous ! On a un problème.
- Comment Monsieur mais il est 00h30 !

Bud jeta un léger regard à sa femme qui se retourna vers lui en dormant et chuchota :

- Bon, expliquez- moi le problème
- Voila, vous savez que nous sommes partis à la recherche de Jenkins et de Debbie.
- oui monsieur et alors ?
- Le problème, c'est que Salzy était là et que Mac a voulu faire l'échange avec la fille que Salzy a pris en otage.

À cette explication, Bud sursauta et s'écria :

- j'arrive Harm, je m'habille et je saute dans le premier avion.
Ils échangèrent encore quelques propos car Harm avait encore quelques explications à fournir. Bud se leva et entendit la voix d'Harriet :

- Hum, Bud que se passe-t-il ?
Bud la regarda d'un air attendri (elle était son univers avec AJ)

- Mac est prise en otage par Salzy et Harm a besoin de moi.
Ce que venez de dire Bud acheva de la réveiller et répondit :

- Va te doucher, je vais appeler l'aéroport et te réserver une place.
Bud se pencha et embrassa sa femme tendrement :
- sans toi, je serais perdu ma chérie et merci.

Harriet se leva et décrocha le téléphone et composa le numéro de l'aéroport :
- Bonsoir mademoiselle, je voudrais savoir quel est le prochain vol pour Atlanta 
- dans 20 min madame, vous voulez que je vous réserve une place
- Oui svp, merci.
Harriet nota l'heure et le numéro de réservation et descendit préparer un café pour Bud.
10 min plus tard, Bud et Harriet partirent en direction de l'aéroport.

 

Pendant ce temps la-Route inconnue

Ca faisait un bon moment qu'ils roulaient vers une destination inconnue.
Mac était au volant et Salzy à côté d'elle la  mettait en joue avec son arme qu’il tenait avec précision et détermination.
- Qu'allez vous faire de moi ? se risqua de demander Mac.

L'homme a coté d’elle était redevenu un peu plus calme depuis qu’ils étaient partis du motel. Il ne répondit pas tout de suite, fixant son regard sur la route qui défilait sans cesse dans le noir le plus obscur à travers les phares de la voiture.
Il se tourna enfin vers Mac et la regarda un long moment, puis enfin se décida :
- Je ne sais pas. lui répondit-il calmement en soupirant légèrement.

Mac le regarda un instant mais n'y perçu rien dans son regard qui était vide de toute émotion. Comme si son esprit était ailleurs.
Sarah se re-concentra sur la route. Elle commençait sérieusement à paniquer, elle espérait seulement que son plan allait marcher et que Harm le découvrirait rapidement.
Elle espérait en effet, ne pouvant plus que faire cela dans cette situation délicate et..suicidaire. Espérant que le temps ne la rattraperait pas.

Parking du motel Penny Inn

Harm et la police locale n'avaient toujours pas bougé des lieux. Debbie avait été emmené en ambulance directement après la fuite de Salzy.
Jenkins qui n’avait été que blessé a la tête avait été prit en charge par une deuxième ambulance restée sur les lieux.
Harm se dirigea vers celui-ci :
- Vous avez une idée ou Salzy pourrait aller ? demanda Harm fermement en regardant Jenkins dans les yeux. L'homme réfléchit un moment puis secoua la tête en signe de négation.
– Capitaine ! cria une voix un peu plus loin derrière lui. Harm se retourna et vit que c'était l’inspecteur qui l'appelait visiblement pressé. Il se dirigea vers l’inspecteur qui était sortit à moitié d'un camion de police.
- Vous avez du nouveau? demanda Raab.
- Oui capitaine, on a su repérer le portable du colonel Mackenzie. Ils se dirigent vers le Nord, visiblement vers le Tennessee.
- Bon sang ! Mais qu'est ce qu'il va faire là-bas?
- On vient de vérifier, sa mère a une résidence secondaire pour les vacances. Il va sûrement s'y rendre.
- Bon, combien de temps a Salzy sur nous?
- Un peu plus d'1heure.
- Et combien de temps y a-t-il d'ici jusque là-bas?
- À peu près deux heures capitaine.

A ce moment-là, une voiture arriva assez vite sur le parking. C'était Bud qui était arrivé. Il descendit de la voiture et se dirigea directement vers Harm:
- Monsieur, j ai fait le plus vite possible pour arriver...Que fait-on maintenant?
Bud était arrivé a sa hauteur, Harm le regarda un instant puis fixa devant lui l'horizon qui s’étendait a perte de vue dans les ténèbres étincelés par quelques lumières qui faisaient son apparition ça et là et qui disparaissaient aussi tôt.

 

Harm se retourna et regarda Bud. Il lui expliqua le plan de Mac et lui dit un peu perdu :

- Je crois qu'il faut prévenir l'amiral car il doit savoir les dernières nouvelles.

Bud était déjà aller plusieurs fois aux feux avec Harm mais là c'était la première fois qui le voyait dans cet état. Il prit une décision et lui dit froidement :

- Ressaisissez- vous monsieur, Mac et moi avons besoin de vous! Sinon partez et laissez- moi appeler l'amiral !

C'était la première fois qu'il lui parlait comme ça et il pria pour sa carrière.
Harm secoua la tête comme pour chasser ce cauchemar.

- Merci Bud mais le jour où je devrais partir c'est que je ne serais plus de ce monde Bud!
Bud sourit et dit :

- content de vous revoir parmi nous, capitaine!
Harm ordonna :
- Appelez Chegwidden pour lui faire le topo des derniers évènement ainsi que Galindez pour qu'il aille accueillir à la résidence de sa mère.
- À vos ordres monsieur dit-il tout en composant le numéro de l'amiral sur son portable.

Maison de l'amiral, 3h30 du matin

La sonnerie réveilla l'amiral en sursaut et il maudit le plaisantin qui l'appelait à une heure pareille. Il décrocha et aboya :

- Chegwidden, j'écoute.
- Monsieur, c'est le lieutenant Roberts.
L'amiral leva les yeux au ciel et cria :
- J'espère que vous avez une bonne raison pour m'appeler à une heure pareille.
- M., le colonel Mackenzie a pris la place de l'otage de Salzy et maintenant ils sont en route vers le nord. Le capitaine pense savoir où ils vont et il me demande d'appeler le sergent Galindez pour le ceuillir.
- Roberts!
- oui monsieur
- La prochaine fois que vous ou le colonel ou Rabb ayez des idées comme celle-là. Prévenez- moi de suite! Non de dieu, c'est qui commande ici! Bon, vous et Rabb vous ne bougez pas d’où vous êtes et j'arrive! compris, roberts!
- oui, monsieur bredouilla Bud.

- Roberts, je vais appeler Galindez et vais lui donner l'adresse du fou.
IL nota celle-ci et raccrocha violemment.
- Bon sang, il ne manquait plus que cela! dit-il en composant le numéro du JAG pour avoir l'officier de quart.

Pendant ce temps-là, quelque part sur une route

Mac commençait à avoir peur et se mit à prier pour que le plan fonctionne sans embûche. Elle pouvait voir le regard vide de l'homme, voir même mort. Elle avait essayé de le faire parler pour cerner son profil psychologique mais elle n'y arrivait pas.
L'homme la regarda et lui dit sobrement :
- de toute façon, j'ai plus le choix, je sais que pour moi c'est la chaise éléctrique. Je ne veux pas vous tuer, mais j'ai un plan. À la prochaine ville, on va s'arrêter, j'ai du fric à prendre.
C'est ce qu'il firent 10 min plus tard. Salzy assomma Mac avec la crosse de son arme, l'attacha, la bâillonna et la mit dans le coffre de la voiture. Il en profita pour la fouiller.
Il se dirigea tranquillement vers le distributeur et retira de l'argent. Comme toutes les villes moyennes américaines, il y avait un motel et comble de chance pour lui, il était juste en face.
Salzy traversa la route et se dirigea vers une porte au hasard. Il prit même le temps de choisir le numéro 13, comme de l’ironie c'était son numéro fétiche. Il frappa à la porte et entendit un homme hurlé qu'il arrivait. La porte s'ouvrit :
- Oui?
- Mr, vous avez oublié d'éteindre les feux de votre voiture!
L'homme lui sourit et le remercia. Il alla chercher un peignoir et prit ses clés.
Il se dirigea vers sa voiture et eut juste le temps de dire :

- Mais ils sont éteints...
Salzy venait de lui donner un coup mortel.
- Merci pour la voiture vieux! J'en prendrai bon soin ironisa-t-il.
Il prit les clés et tira l'homme vers la chambre du motel (heureusement qu'il ne saignait pas trop).Salzy referma la porte, cela lui laisserait encore du temps d'avance.
Il alla vers la berline bleu nuit, entra et la démarra. Il se dirigea vers l'autre voiture. Il se doutait que dans l'ancienne, il devait avoir un émetteur ou un truc dans le genre. Il sortit de la voiture et ouvrit le coffre de l'ancienne. Il porta Mac sur son épaule comme un vulgaire sac de pomme de terre. Salzy la plaça devant le volant et la gifla pour la réveiller. Mac ouvrit les yeux et se toucha la tête. Elle sentit une bosse sur son crâne. Dieu qu'elle avait mal à la tête.

- Femme! On reprend la route.
Mac sentit la moutarde lui monter au nez ! D'accord, on pouvait la prendre en otage, l'assommer mais lui parler de façon sexiste, non !

 

Voiture d’Harry Salzy
Quelque part sur la route
2h 04 GMT

Mac commençait à sentir l'inquiétude la gagner et elle se demandait si elle avait bien fait de faire confiance à son intuition. Ce type qui conduisait à côté d'elle était non seulement capable de tout mais il avait commis un crime odieux. Elle regarda attentivement Salzy. Et puis soudain elle comprit....
Le visage d'Harry Salzy s'était complètement transformé, aucune trace de haine et de violence, seulement un homme comme un autre anéanti par une peine immense et qui s'était laissé aveugler par la vengeance...
A côté d'elle Harry Salzy pleurait...
Mac se dit que Harm avait probablement raison quand il disait que tout homme qui rêvait de se venger était capable du pire.
- Monsieur Salzy, je sais que vous vous en foutez mais j'aimerais comprendre. Pourquoi avoir tué Rebecca Johnson, elle n'avait rien à voir avec cette histoire ? C'était Jenkins que vous vouliez...
- Vous avez raison Colonel, ce fils de pute de Jenkins m'a pris ce que j'avais de plus cher au monde. Ma soeur Maud.
- Alors l'agent MacCaleb avait raison dans un sens. Votre haine remonte à votre enfance, n'est-ce pas ?
- Ecoutez vous savez rien de moi....
- Justement j'aimerais comprendre
Harry Salzy eut toutes les peines du monde à ne pas éclater en sanglot. Ses souvenirs remontaient en lui comme une vague de chaleur et il luttait pour ne pas se laisser envahir par une peine immense
- Très bien puisque vous y tenez. Mon père n'avait rien d'un père, du moins dans le sens d'amour paternel auquel on l’entend. C'était un salopard alcoolique qui ne connaissait que les coups. Des baffes et des coups de ceinture voila ce à quoi l’on avait droit Maud et moi. Sans parler de ma mère, elle aussi avait droit à sa ration. Je me suis toujours demandé pourquoi elle ne l'avait pas quitté mais je suppose qu'elle l'aimait. Un jour qu'il rentrait une fois de plus bourré, il a cogné ma mère et elle a chuté dans les escaliers. Elle attendait un enfant, elle a fait une fausse-couche. Et cet enfoiré riait... Il a même dit que c'était une bouche en moins à nourrir
Je me suis juré de lui faire la peau plus tard, mais il est mort avant. Qu'il pourrisse en enfer.
Alors j'ai essayé de protéger Maud pour qu'elle ne connaisse plus jamais ça. On est devenu très proche. Oh, elle a bien eu quelques boyfriends, mais dans l'ensemble ça n’’était pas sérieux. Jusqu'à ce qu'elle rencontre ce salaud de Jenkins...
- Vous-même étiez en enfant renfermé, solitaire et sans amis
- Quand vous avez vécu une enfance comme la mienne vous avez du mal à vous lier d'amitié. J'avais Maud et ça suffisait à mon bonheur. Et puis cet enfoiré a tué Maud.
- C'était un accident, Harry
- J'AI EN RIEN A FOUTRE hurla Salzy. Ce salaud m'a pris ce que j'avais plus de cher au monde, il méritait de payer.
Un mauvais sourire se dessina sur le visage de Salzy. Plus aucune trace de l'émotion et de la sensibilité qu'il l'avait un instant envahi. Mac n'y vit qu'une haine totale et entière.
- Et quoi de mieux que de lui prendre ce qu'il m'avait pris ricana Salzy. Une femme qui tenait une place primordiale dans sa vie. C’est-à-dire une des deux putes qui traînaient avec lui.
- Alors vous avez attendu, repéré et tué Rebecca en faisant en sorte de faire accuser Jenkins. Mais vous saviez que tôt ou tard on finirait par comprendre.
- Quelle perspicacité Colonel.
- Je peux savoir où l’on va ?
- Vous le saurez bien assez tôt...

Voiture de Bud
Quelque part sur la route
02 h 11 GMT

Harm sortit une carte de la boîte à gants de la voiture de Bud et examina la carte attentivement. Bud jugea qu'il v