Chapitre 3
Hôpital militaire
Charleston, Caroline du sud
1 semaine plus tard
30 Mai, 11h30.
_ « Beverly, excuse-moi de te déranger mais il y a quelqu’un qui veut te voir dans ton bureau. » Expliqua Julie, la jeune collègue de Beverly.
_ « Ah ? Euh… Tu peux terminer les visites pour moi ? »
_ « Bien sûr… »
Beverly se dirigea vers son bureau, se demandant qui pouvait bien lui rendre visite ici.
Elle entra dans la pièce et se figea sur place.
_ « Ron ? Ron… Oh mon amour ! »
Beverly courut se jeter dans les bras de son marin qui la souleva de terre et l’enlaça étroitement.
Ron finit par la reposer à terre et elle se blottit contre sa poitrine.
_ « Tu m’as tellement manqué mon bébé… Si tu savais comme j’attendais ce moment. »
Beverly le regarda dans les yeux.
_ « Oh moi aussi… je peux savoir ce que tu attends pour m’embrasser ? »
_ « J’attendais juste que tu me le demande. » Répondit Ron en lui adressant un magnifique sourire.
Beverly prit son visage dans ses mains et approcha ses lèvres.
Ce fut d’abord quelques petits baisers du bout des lèvres puis le baiser devint beaucoup plus passionné et intense.
_ « Ron je trouve que tu as un peu changé… tu as maigri. »Précisa Beverly.
_ « Tu sais, les militaires américains ne sont pas très bien traités dans les camps japonais. »
_ « Nous allons rentrer et tu me raconteras tout. Pour l’instant, j’habite encore chez mes parents mais je suis à la recherche d’un appartement. Attends-moi deux minutes ! Je vais m’arranger pour avoir ma journée de libre. »
Beverly quitta la pièce et revint quelques minutes plus tard.
_ « Tout est arrangé. Je suis autorisée à partir. Je vais te préparer un déjeuner copieux. Il faut que tu reprennes des forces. »
_ « A vos ordres bébé. »
Beverly ouvrit son placard et déboutonna sa blouse.
_ « Je me change et puis on file. »
Ron se plaça derrière Beverly et la prit dans ses bras.
_ « Je ne me souvenais plus que tu étais aussi belle et sexy… »
Il laissa ses mains glisser sur son corps, caressant ses formes, avant de s’arrêter sur son ventre.
_ « Je trouve que tu te laisse un peu aller… Tu as dû avaler des kilos de bonbons et de gâteaux pendant mon absence… »
_ « Pourquoi dis-tu cela ? »
_ « Tu as pris un peu de ventre… mais c’est pas un reproche. »
Beverly sourit.
_ « De toute manière c’est de ta faute… »
_ « Ah oui ? » Annonça Ron.
Beverly prit la main de Ron dans la sienne et la promena sur son ventre.
Ron regarda intensément Beverly avant d’écarquiller les yeux.
_ « Je…tu es enceinte ? »
_ « Ben oui gros bêta ! Tu as mis du temps à comprendre ! »
_ « Je vais être papa ! »
Ron s’empara de Beverly et la fit tourner dans la pièce.
_ « Ron ! Arrête ! J’ai le vertige ! »
Ron s’agenouilla et caressa lentement le ventre de Beverly avant de le couvrir de baisers légers comme des plumes.
_ « Il bouge ce petit ange ? »
_ « Pas encore. Je commence mon 4e mois la semaine prochaine. Il devrait bientôt se mettre à bouger. Tu es au courant que j’ai rencontré tes parents ? Ils sont heureux d’être grands-parents prochainement. »
_ « J’ai écrit à mes parents mais je suis venu directement ici. Je n’étais au courant de rien. »
Beverly releva le visage de Ron et vit ses yeux remplis de larmes.
_ « Hé ! Tu ne vas pas pleurer… »
_ « Je suis tellement heureux… Beverly, est-ce que tu voudrais m’épouser ? »
_ « Ron… tu es sérieux ? »
_ « Je t’aime. Je veux te rendre heureux… Alors ? »
_ « Oui ! Oh je t’aime Ron… »
Ron se releva et l’embrassa.
Puis il sortit une petite boite noire de sa poche.
_ « Voici une vraie bague de fiançailles…un solitaire pour la femme de ma vie… »
_ « Oh mon dieu… Elle est magnifique. »
Ron enleva la chevalière que Beverly portait à la main gauche et y glissa le solitaire.
Domicile des parents de Beverly
Chambre de Beverly
Le soir-même 22h00.
_ « Ron, tu ne vas rester toute la nuit planté devant ce lit… Allons viens me rejoindre. » Indiqua Beverly en tapotant l’oreiller à côté d’elle.
_ « Bébé je … je ne sais pas… Je ferais mieux d’aller dormir dans la chambre d’amis que ta mère m’a préparé… »
_ « Cesse de dire n’importe quoi ! Ma mère a parlé de la chambre d’amis en plaisantant ! Mes parents ne sont pas aussi vieux –jeu au point de nous obliger à faire chambre à part jusqu’au mariage… De toute manière çà ne risque plus rien, je suis déjà enceinte… »
Ron adressa un grand sourire à Beverly avant de venir s’installer à côté d’elle.
Il releva sa nuisette et posa sa tête sur son ventre.
_ « Je n’arrive toujours pas à croire que je vais être bientôt papa… »
4 heures plus tard.
Ron regardait, depuis quelques minutes déjà, Beverly dormir blottie contre lui.
Elle était tellement belle et paisible.
Doucement il repoussa une mèche de cheveux qui venait de glisser sur sa joue.
Il sentit Beverly se réveiller.
Elle ouvrit lentement les yeux.
_ « Hé… Qu’est ce qui se passe ? » Lui demanda t-elle.
_ « Rien je te regarde dormir. »
Beverly se redressa et hésita quelques instants avant de parler.
_ « Ron… Tu es sûr que tout va bien ? Je pensais qu’à ton retour tu aurais envie de … Enfin… de me toucher… »
Ron se redressa à son tour et s’assit dans le lit.
_ « Beverly, tu es si belle, si douce, si fragile. Je ne veux pas faire de mal à notre bébé ou à toi. »
_ « Ron… Le bébé ne risque rien… Et je sais que tu ne me ferais jamais de mal…. »
_ « Je… J’ai peur de ne pas pouvoir me contrôler… »
_ « Ne t’inquiète pas pour cela. Laisse-moi m’occuper de tout… »
Sur ces mots, Beverly vint s’asseoir à cheval sur lui.
_ « Bébé, tu es sûre ? »
_ « Cela fait trop longtemps que j’attends. Je ne peux plus attendre davantage. J’ai envie de toi… »
Ron la regarda un moment avant de se décider à l’embrasser.
Il attrapa les bords de sa nuisette et lui releva.
Ses lèvres partirent à la découverte du corps de Beverly.
Celle-ci se sentait fondre sous les caresses de Ron.
Elle se laissa totalement aller dans ses bras.
Elle ne pensait à rien d’autre qu’au plaisir de sentir à nouveau le corps de Ron enlacé avec le sien…
Lotissement des officiers
Norfolk, Virginie
5 mois plus tard, 15 Novembre, 18h30.
Beverly s’assit sur le banc devant la maison.
Cela faisait maintenant 4 mois qu’elle et Ron vivaient dans cette maison en brique rouge.
Quinze jours après le retour de Ron, les deux amoureux s’étaient mariés mais uniquement à la mairie.
Ron et Beverly s’étaient mis d’accord pour se marier à l’église après la naissance du bébé et ainsi le baptiser par la même occasion.
La voiture de Ron se gara dans l’entrée de garage.
Beverly se leva pour l’accueillir.
Ron la prit dans ses bras et l’embrassa tendrement.
_ « Comment te sens-tu ? » Demanda Ron en caressant le ventre de sa femme.
_ « Très bien… Un peu ronde peut-être… »
_ « Ben pour une femme enceinte de 9 mois c’est un peu normal…. »
_ « Viens je t’ai préparé à dîner. »
Beverly prit Ron par la min et le guida à l’intérieur.
2 heures plus tard.
Ron s’installa dans le canapé et Beverly prit place entre ses jambes.
Le futur papa promena ses mains sur le ventre de sa femme.
_ « Beverly… Tu t’es décidée pour le prénom ? »
_ « Je croyais que l’on s’était mis d’accord… On pensait à « David » si c’est un garçon et si c’est une fille…euh… Là j’ai un peu plus de mal… »
_ « Que dirais-tu de « Sarah » ? »
_ « C’est très joli … C’est d’accord. »
_ « Eh ! Le bébé vient de bouger ! » S’exclama Ron.
_ « Cela veut dire que nos choix lui plaisent… » Continua Beverly.
Elle releva la tête et Ron l’embrassa.
_ « Chérie… Euh… Est-ce que tu veux que je reste avec toi pendant l’accouchement ? »
_ « Je n’ai rien à vouloir, Ron. C’est toi qui dois décider. Je serais très heureuse si tu m’aidais à passer cette épreuve mais si tu ne te sens pas prêt… »
_ « Je veux être là pour voir notre enfant venir au monde mais j’ai peur de ne pas pouvoir supporter de te voir souffrir… »
_ « Ron… C’est un accouchement, pas une séance de torture… » Répondit Beverly en souriant.
Ron rougit et bafouilla.
_ « Je … enfin je croyais que… Ce n’est pas une partie de plaisir, n’est-ce pas ? »
_ « Je suis d’accord avec toi mais le corps d’une femme est fait pour donner naissance et il a 9 mois pour s’y préparer. De plus, une femme supporte mieux la douleur qu’un homme…. Nous sommes habituées à avoir mal au ventre chaque mois… »
_ « Tout ce que j’espère c’est que je ne vais pas tomber dans les pommes. » Soupira Ron.
Beverly éclata de rire, bientôt suivie par Ron.
Domicile de Ron et Beverly Graham
Norfolk, Virginie
Le lendemain matin, 7h20.
16 Novembre.
Beverly posa la cafetière sur la table de la cuisine.
_ « Ron lève toi ! Tu vas être en retard si tu ne te dépêches pas ! »
Ne recevant aucune réponse, Beverly retourna dans la chambre.
Elle trouva Ron profondément endormi, blottit sous les couvertures.
Elle s’assit au bord du lit et se pencha vers lui.
Elle écarta les couvertures pour découvrir son visage qu’elle parsema de petits baisers.
_ « Debout chéri… C’est l’heure. »
_ « Mm… dodo.. »
_ « Maintenant çà suffit ! Debout !»
Beverly se releva et rejeta les couvertures.
_ « Beverly ! Doucement ! Je suis crevé…J’ai pas beaucoup dormi cette nuit »
_ « Ce n’est pas de ma faute si le bébé n’a pas cessé de bouger ! Cela m’obligeait à changer de position souvent afin d’en trouver une plus confortable. »
_ « C’est bon ! Je n’ai pas dit que c’était de ta faute…. »
Ron se leva et enlaça Beverly.
_ « C’est normal que le bébé bouge… Il manque de place maintenant. » Annonça Ron en caressant le ventre de Beverly.
_ « Je sais que je ne vais plus tenir longtemps… Le bébé est à terme… »
_ « Chérie, j’ai bien réfléchi… Je resterais avec toi pendant l’accouchement. »
_ « Cà me fait très plaisir… Mais en attendant, vas te préparer ! »
_ « A vos ordres. »
Ron disparu dans la salle de bains. Beverly entreprit de faire le lit.
Elle avait presque terminé quand une douleur aiguë lui coupa le souffle.
Elle s’assit au bord du lit et respira calmement.
La douleur disparut aussi vite qu’elle était apparue.
Ron sortit au même moment de la salle de bains.
Il s’agenouilla devant Beverly.
_ « Qu’est-ce qui se passe ? » Demanda t-il, alarmé.
_ « Je ne sais pas. Rien… J’ai dû faire un faux mouvement. C’est passé. Ne t’inquiète pas. Vas déjeuner, je te rejoins dans une minute. »
_ « Tu es sûre que tu vas bien ? »
_ « Je vais bien ! »
Ron se décida enfin à se rendre à la cuisine.
Beverly se leva précautionneusement au cas où la douleur reviendrait.
Elle s’habilla et se rendit dans la salle de bains.
Elle était en train de se maquiller quand elle sentit un liquide chaud couler le long de ses jambes.
_ « Ron… Ron !! »
Celui-ci accourut.
_ « Qu’est-ce qui se passe ? »
_ « Ron… c’est l’heure. »
_ « L’heure de quoi ? »
_ « Le bébé arrive… Je viens de perdre les eaux. »
_ « Oh mon dieu ! Tu vas bien ? Les contractions, quand elles commencent… Je ne me souviens plus. C’est 8 ou 5 minutes ? Ne bouge pas. Non, en fait, on va marcher un peu et respirer profondément. »
_ « Ron calme toi ! Je vais bien ! Ces contractions, ce n’est rien ! Juste de vagues douleurs de règles mais je préfèrerais que tu m’emmène à l’hôpital. »
_ « Pas de problème…. Viens-là ma belle. »
Beverly s’avança et se blottit dans les bras de Ron.
_ « Ron j’ai peur… »
_ « Ne t’inquiète pas… Je reste avec toi. »
Quelques heures plus tard.
Ron se pencha vers Beverly et l’embrassa sur les lèvres.
_ « Allez mon amour, tu peux le faire. »
_ « Ron, je n’en peux plus ! C’est trop dur ! »
_ « Beverly, je vois la tête ! Encore un dernier effort ! » Annonça la sage-femme.
_ « Aller ma puce ! Vas-y ! » L’encouragea Ron.
Beverly tourna la tête vers Ron qui l’embrassa d nouveau.
Sentant une nouvelle contraction, elle poussa de toutes ses forces, sachant que c’était maintenant ou jamais.
_ « Et voilà… » Annonça la sage-femme en recueillant le bébé qui se mit à crier.
Elle installa le bébé dans une serviette éponge et le déposa dans les bras de Beverly.
_ « Beverly, Ron, voici votre fille… »
_ « C’est … C’est une fille ? » Réussit à articuler Ron.
La sage-femme acquiesça.
_ « Tu aurais préféré un garçon ? » Demanda Beverly.
_ « Pas du tout je suis très heureux…. Et je t ‘aime… » Répondit Ron en embrassant Beverly.
_ « Moi aussi je t’aime…. Tu veux prendre ta fille dans tes bras ? »
_ « Je ne sais pas comment la porter. »
_ « Sarah Catherine Graham, tu vas aller faire la connaissance de ton papa. » Annonça Beverly en tendant le bébé à Ron.
Il prit la petite fille dans ses bras et l’installa tendrement contre sa poitrine.
Sarah cessa immédiatement de crier et agrippa une de ses petites mains sur la chemise de Ron.
Ron baissa la tête et croisa le regard de Sarah.
Ils se regardèrent longuement dans les yeux.
Il sut, à partir de cet instant, qu’il tenait dans ses bras non seulement la preuve de l’amour qui le liait à Beverly, mais aussi un cadeau de la vie…
« We are each of us angels with one wing and we only can fly when we embrace each other »